95 citations d’Albert Camus

Portrait d'Albert Camus en 1957

Créer, c’est vivre deux fois.

Un destin n’est pas une punition.

Pour se connaître, il faut s’accepter.

La vie est la somme de tous vos choix.

Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur.

Créer, c’est donner une forme à son destin.

Parler de ses peines, c’est déjà se consoler.

Une amitié saine comprend aussi des défauts.

L’honneur est la dernière richesse des pauvres.

Le besoin d’avoir raison, marque d’esprit vulgaire.

Vieillir, c’est passer de la passion à la compassion.

Le sens de la vie est la plus pressante des questions.

Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.

Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités.

Mieux vaut souffrir certaines injustices que les commettre.

Je m’efforce de ne pas mépriser ce à quoi je n’ai pas accès.

N’attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été.

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.

L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est.

N’être plus écouté, c’est cela qui est terrible lorsqu’on est vieux.

La révolution consiste à aimer un homme qui n’existe pas encore.

En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout.

La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas.

Le bon pouvoir est l’administration saine et prudente de l’injustice.

Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur.

Le plus haut des tourments humains est d’être jugé sans loi. Camus

Vivre en homme libre, c’est refuser d’exercer et de subir la terreur.

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.

On fait la guerre avec le désespoir de ceux qui ne veulent pas la faire.

Il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

Qui aurait besoin de pitié, sinon ceux qui n’ont compassion de personne.

L’art et le monde sont toujours en recherche d’équilibre ou d’opposition.

L’intelligence dans les chaînes perd en lucidité ce qu’elle gagne en fureur.

Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.

Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

Ceux qui manquent de courage ont toujours une philosophie pour le justifier.

Aller jusqu’au bout, ce n’est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.

De toutes les écoles de patience et de lucidité, la création est la plus efficace.

L’œuvre d’art permet de mesurer la valeur morale de l’homme qui la compose.

On ne peut pas dissocier la politique de la morale sans produire les barbarismes.

Tout ce qui dégrade la culture, raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.

La grandeur de l’homme réside dans sa décision d’être plus fort que sa condition.

La rébellion la plus élémentaire exprime, paradoxalement, l’aspiration à un ordre.

Tout accomplissement est une servitude. Il oblige à un accomplissement plus haut.

Le premier besoin de l’homme, son premier droit, son premier devoir, c’est la liberté.

Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit.

Il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer.

Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient.

Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.

Il est toujours aisé d’être logique. Il est presque impossible d’être logique jusqu’au bout.

Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ?

La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. Camus

Sans travail, la vie devient pourrie. Mais quand le travail est sans âme, la vie étouffe et meurt.

Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu’on fait contre le destin qui nous est imposé.

J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.

Je ne puis pardonner à la société contemporaine qu’elle soit une machine à désespérer les hommes.

Un homme est toujours la proie de ses vérités. Une fois qu’il les a admises, il ne peut plus s’en libérer.

Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.

Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’avoir tort.

Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.

L’espoir, au contraire de ce que l’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, ce n’est ne pas se résigner.

Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme.

L’homme n’est rien en lui-même. Il n’est qu’une chance infinie. Mais il est le responsable infini de cette chance.

L’effort le plus épuisant de ma vie a été de juguler ma propre nature pour la faire servir à mes plus grands desseins.

L’homme n’est pas entièrement coupable ; il n’a pas commencé l’histoire ; ni tout à fait innocent, puisqu’il la continue.

L’instant du désespoir est unique, pur, sûr de lui-même, sans pitié dans ses conséquences, son pouvoir est sans merci.

La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur.

Peut-être que la plus grande œuvre d’art a moins d’importance en elle-même que dans l’épreuve qu’elle exige de l’homme.

Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir: ils savent que l’amour existe.

Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?

L’homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l’écraser.

Le seul moyen d’affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu’on fasse de sa propre existence un acte de révolte.

Ce n’est pas la souffrance de l’enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. La souffrance use l’espoir et la foi.

Dans cet effort quotidien où l’intelligence et la passion se mêlent et se transportent, l’homme absurde découvre une discipline qui fera l’essentiel de ses forces.

Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche juste à côté de moi et sois mon ami.

On veut gagner de l’argent pour vivre heureux et tout l’effort et le meilleur d’une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin.

Le bonheur, pourquoi le refuser ? En l’acceptant, on n’aggrave pas le malheur des autres, et ça aide même à lutter pour eux. Je trouve regrettable cette honte qu’on éprouve à se sentir heureux.

Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse.

On vit avec quelques idées familières. Deux ou trois. Au hasard des mondes et des hommes rencontrés, on les polit, on les transforme. Il faut dix ans pour avoir une idée bien à soi dont on puisse parler

Je me révolte, donc je suis.

(L’Été)

Nul homme n’est hypocrite dans ses plaisirs.

(La chute, 1956)

Les hommes ne savent jamais comment il faut aimer.

(Le malentendu, 1944)

L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites.

(Le Mythe de Sisyphe)

Il n’est pas une vérité qui ne porte avec elle son amertume.

(Noces ,1939)

L’habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même.

(La peste, 1947)

Ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige.

(L’Homme Révolté)

La valeur la plus calomniée aujourd’hui est certainement la valeur de liberté.

(Discours de Suède, 1958)

La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre.

(Les justes, 1949)

Je suis un enfant capricieux, avec tout l’égoïsme de l’enfant, sans en avoir l’innocence.

(Les possédés, 1959)

Il y a des défauts qu’on n’avoue jamais, et d’autres qu’il ne coûte rien de se reconnaître.

(Les carnets I, mai 1935 – février 1942)

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde.

(Le Mythe de Sisyphe)

On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu’en le mettant sans cesse en face de ses défauts.

(Les carnets II)

Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d’indifférence ou d’hostilité est appel déguisé.

(L’Étranger)

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver.

(Lettres d’Albert Camus à René Char)

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.

(Le Mythe de Sisyphe)

Il n’y a pas d’évolution possible dans une société totalitaire. La terreur n’évolue pas, sinon vers le pire, l’échafaud ne se libéralise pas, la potence n’est pas tolérante. Nulle part au monde on n’a pu voir un parti ou un homme disposant du pouvoir absolu ne pas en user absolument.

(Le discours prononcé le 15 mars 1957 à Paris)

Biographie d’Albert Camus (1913 à 1960)
Albert Camus est un écrivain et philosophe français d’origine Algérienne. Politiquement engagé, il est notamment contre la prolifération nucléaire dès le tout début de l’ère atomique. Conscient des problèmes de son temps, son œuvre humaniste insiste souvent sur notre prise de conscience de l’absurde de la vie. En 1942, il publie le Mythe de Sisyphe. Cette œuvre fondatrice représente bien sa pensée : l’homme est en tenaille entre son désir de clarté et l’absence de sens de la vie. Selon Camus, nous sommes condamnés à porter un rocher en haut d’une pente et à le voir redescendre, et à recommencer à l’infini, tout comme Sisyphe. Toujours selon lui, tout homme peut quand même accéder au bonheur par la prise de conscience de sa réalité absurde. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1957.

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