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Aider un proche qui pourrait être suicidaire

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Aider un proche qui pourrait être suicidaire

Table des matières

    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depression-loss_of_loved_one.jpg

    Photo de Baker131313 (Own work), Domaine public, Wikimedia Commons


    1) Sans connaissance médicale, peut-on aider un proche suicidaire ?
    Le comportement suicidaire est un appel au secours. Plusieurs personnes suicidaires demandent de l'aide en premier à un ami ou à un membre de leur famille. Chacun peut aider un proche confronté à la souffrance, avec les moyens dont il dispose, en étant prudent et surtout en respectant les limites de ses connaissances. Si l'on vous demande de l'aide dans ce contexte, ou si vous voyez des signes avant-coureurs chez l'un de vos proches (voir Section 4 ci-dessous) vous devez vous assurer que la personne en question reçoit les soins appropriés. Vous pouvez éviter un geste irrémédiable en accompagnant immédiatement votre proche vers une ressource appropriée. Par exemple, les Services d'urgence de prévention du suicide offrent du soutien non seulement aux personnes à risques, mais aussi à leurs proches. Rappelez-vous qu'il y a généralement une partie de la personne suicidaire qui veut vivre, et ce, jusqu'à la dernière minute. Votre aide peut faire grandir cette volonté de vivre.


    2) Ce que vous pouvez faire (sans connaissance médicale)

    • Si votre proche est sérieusement suicidaire, agissez immédiatement :
      - Ne le laissez pas seul.
      - Si des moyens permettant de se suicider sont à sa disposition, débarrassez-vous d'eux :
         médicaments, armes, produits toxiques, etc.
      - Trouvez très rapidement une aide professionnelle :
      Pour les personnes qui pensent au suicide, l'irréparable semble le seul moyen de s'en sortir. La force de leur désir suicidaire ne doit pas être sous-estimée. Au besoin, n'hésitez pas à aller directement à l’hôpital, ou à composer le numéro d'urgence général de votre région, par exemple, le 911 en Amérique du Nord. Ceux qui pensent au suicide ne doivent pas essayer de s'en sortir seuls. Obtenez pour eux de l'aide professionnelle IMMÉDIATEMENT.
    • Si possible, trouvez un endroit sécurisant pour parler avec l'individu et accordez-lui tout le temps nécessaire.
    • Parlez avec calme du suicide sans avoir peur d'aborder le sujet.
    • Essayez de comprendre ce qu'il vit, les problèmes qui motivent son envie de mourir.
    • Montrez que vous tenez à lui.
    • Demandez à l'individu s'il se sent suffisamment désespéré pour contempler le suicide. S'il répond « oui », demandez-lui s'il a formulé un plan, et comment et où envisage-t-il se suicider ?
    • Cherchez avec lui des solutions qui pourraient l'aider à surmonter la crise, le raccrocher aux activités qu'il aimait auparavant.
    • Demandez-lui si d’autres personnes sont informées de ses sentiments suicidaires et de qui il s’agit. Y a-t-il d’autres personnes qui devraient le savoir ? La confidentialité est bien sûr importante, mais elle n'est pas plus importante que la vie humaine. Chaque situation est unique, à vous de juger.
    • Encouragez-le à rencontrer des gens, mais à son rythme, dans la mesure de ses capacités.
      Mettez à contribution d'autres amis et membres de sa famille.
    • Formulez un plan d'activité et de repos avec la personne.
    • Soyez prêt à donner de l'aide sur-le-champ :
      La prévention doit être prise en charge le plus tôt possible. Donc, agissez rapidement. Malheureusement, les gens suicidaires hésitent parfois à l'aide, de peur qu'on ne leur dise qu'ils sont stupides, fous, coupables ou manipulateurs. Ils ont peur du rejet.
    • Écoutez :
      Donnez à votre proche toutes les occasions de soulager ses difficultés et de ventiler ses frustrations. Évitez de trop parler. Montrez-lui simplement que vous comprenez qu'elle est en détresse. Donnez-lui le soulagement de ne plus être seule avec sa douleur. Dites-lui qu'il a bien fait de s'adresser à vous. Et surtout, évitez de donner des leçons.
    • Cachez les objets qui peuvent servir au suicide :
      Le comportement suicidaire est souvent impulsif. Conséquemment, le simple fait de restreindre l'accès aux moyens de se suicider peut réduire considérablement le risque de suicide. Dans la mesure du possible, retirez les articles qui peuvent servir à poser ce geste, comme les armes à feu, les couteaux, les stupéfiants, certains médicaments en vente libre (Tylénol par exemple).
    • Assistez votre proche dans sa recherche d’aide :
      • Avec sa permission, aidez-le et accompagnez-le dans ses démarches d'évitement. Composez pour lui un des numéros d'urgence. Visitez avec lui les sites web de prévention du suicide.
      • Au besoin, offrez votre aide pour obtenir un rendez-vous avec un psychologue ou un médecin.
        Proposez votre présence au premier rendez-vous.
      • Si approprié, insistez sur le fait que la mort est irréversible et définitive, puis cherchez avec lui d’autres solutions qui pourraient l’aider à surmonter sa crise suicidaire. Évoquer clairement qu’il existe d’autres solutions que le suicide pour obtenir des changements. Démontrez à votre proche qu'il n'est pas seul pour surmonter cette crise. Vous en possiblement d’autres proches seront là pour l’aider.
      • si la situation s'y prête, félicitez votre proche d’avoir le courage de continuer à vivre et à se battre.
    • http://commons.wikimedia.org/wiki/File:I_hear_the_birds_-_Flickr_-_askmeaks.jpg

      Photo de Abhishek Singh

    3) Ce qu'il faut éviter (en partie extrait de Suicide Écoute)

    • Minimiser la gravité de ses problèmes.
    • Lui faire la morale.
    • Lui dire de ne plus penser à la mort.
    • Donner des recettes de bonheur.
    • Faire des promesses que vous ne pourrez tenir.
    • Tout faire à sa place sans lui en parler : il pourrait croire être devenu inutile.

    Évitez de lui dire de se « ressaisir » où que c'est sa faute s'il se sent ainsi. Vous risqueriez de l'isoler davantage en le décourageant d'exprimer ses pensées ou de demander de l'aide.

    4) Les signes avant-coureurs (extrait du site de la Fondation des maladies mentales)

    • il adopte une attitude négative la plupart du temps ;
    • il n’a plus d’intérêt pour les activités qu’il aimait ;
    • il s’isole, sort très peu de chez lui ;
    • il a grandement diminué ses contacts sociaux ;
    • il est plus agressif et se met fréquemment en situation de danger ;
    • il parle souvent de la mort ou de sujets qui y sont reliés ;
    • méfiez-vous du mieux-être soudain sans raison apparente.

    Cette liste n'est pas exhaustive. De plus, certains se suicident sans signes avant-coureurs. Chaque cas étant unique, toute indication de mouvement suicidaire doit être prise au sérieux. Vous trouverez aux adresses suivantes des approches plus détaillées pour identifier les signes avant-coureurs  :
        - Reconnaître les signes de l'Association québécoise de prévention du suicide.
        - Les signes d'alerte de Suicide Écoute.

    5) Questions à poser à une personne possible suicidaire (extrait de La prévention du suicide)
    La croyance selon laquelle poser de telles questions peut bouleverser quelqu'un de non suicidaire est souvent mentionnée comme raison de ne pas le faire. Certains croient même que cela pourrait donner des idées suicidaires à une personne qui n'y avait pas encore pensé. L'expérience clinique suggère que, contrairement à certaines attentes, le fait de poser ces questions a généralement pour effet de soulager la personne suicidaire, et non pas d'augmenter le risque de passage à l'acte, puisqu'on lui offre la possibilité de parler ouvertement de suicide et d'exprimer clairement ses idéations suicidaires. Quand il y a des idéations suicidaires, il est important de vérifier la présence d'une planification de suicide. La probabilité de passage à l'acte est plus élevée lorsque quelqu'un qui pense au suicide a déjà des éléments de planification. Par exemple, on pourra demander à la personne :

        - COMMENT veux-tu te suicider ?
        - OÙ veux-tu te suicider ?
        - QUAND veux-tu te suicider ?

    Ces questions donnent une indication quant au positionnement de la personne dans le processus suicidaire. Les idées suicidaires peuvent demeurer très vagues comme elles peuvent présager d'un passage à l'acte imminent. Par exemple, l'individu qui dit qu'il va prendre tant de comprimés d'un médicament est plus à risque que quelqu'un qui ne sait pas encore quoi faire, et la probabilité de passage à l'acte est encore plus élevée si la personne a de tels médicaments en sa possession.

    6) Prédispositions au suicide (extrait de La prévention du suicide)
    Le suicide est un phénomène complexe qui ne peut s'expliquer par une cause unique. Les études ont toutefois démontré que certains facteurs personnels associés à des éléments déclencheurs peuvent rendre une personne plus à risque de faire une tentative de suicide. Par ailleurs, d'autres facteurs dits de protection peuvent réduire ce risque :

    • Les antécédents de tentatives de suicide,
    • La présence d'un trouble de santé mentale. Les troubles de l'humeur, dont la dépression, les troubles anxieux, les troubles reliés aux abus de substances (alcool, drogue), la présence d'une forte impulsivité dans le tempérament,
    • L'existence de suicide ou de comportements suicidaires dans la famille,
    • L'isolement social, notamment si le soutien familial est absent,
    • Un cumul d’événements de vie négatifs tels que le décès d'un proche, une perte d'emploi, des échecs scolaires, une rupture amoureuse, des problèmes de santé, des questionnements identitaires, etc.

    7) Mythes sur le suicide (inspirés de Suicide Écoute)

    • Parler de suicide à un suicidaire est dangereux : FAUX.
      Accepter de parler du suicide, c'est permettre à l'autre de se sentir reconnu dans sa souffrance, de rompre son isolement.
    • Ceux qui en parlent ne passent pas à l'acte : FAUX.
      Il faut toujours prendre au sérieux quelqu'un qui parle de suicide. Toute tentative de suicide doit être prise au sérieux.
    • Le suicide est imprévisible, on n'y peut rien : FAUX.
      La plupart des suicides sont annoncés de façon plus ou moins explicite.
    • Le suicide est un choix individuel, on n'a pas à intervenir : FAUX.
      Celui qui pense au suicide se sent au contraire dans une impasse et considère qu'il n'a plus le choix.
    • Ceux qui veulent se suicider ont pour objectif premier de mettre fin à leurs jours : FAUX.
      Ils ne veulent surtout plus souffrir.

    8) Quoi faire à la suite d’une tentative de suicide ? (extrait de l'Association canadienne pour la santé mentale)
    Une personne peut tenter de se suicider sans avertissement ou malgré les efforts pour l’aider. La période suivant une tentative de suicide est critique. La personne devrait recevoir des soins intensifs au cours de cette période. Mettez-vous en contact avec lui régulièrement et aidez-la à établir un réseau de soutien. Il est essentiel qu’il n’ait pas l’impression qu’on l’exclut ou qu’on la fuie en raison de sa tentative de suicide.

    9) Qu’est-ce qui mène les gens à se suicider ? (extrait de l'Association canadienne pour la santé mentale)
    Les circonstances qui peuvent mener une personne à décider de mettre fin à sa vie sont nombreuses, mais les sentiments qu’une personne éprouve à l’égard de ces circonstances sont plus importants que les circonstances elles-mêmes. Tous ceux qui contemplent le suicide trouvent la vie insupportable. Ils éprouvent d’extrêmes sentiments de désespoir et d’impuissance. Dans certains cas de maladie mentale, les personnes peuvent entendre des voix ou avoir des idées délirantes qui les incitent à s’enlever la vie.

    Origine et limite de cet article
    Cet article est le résumé de plusieurs publications sérieuses sur le suicide. Mais il ne remplace d'aucune façon la consultation de professionnels de la santé.

    Informations complémentaires
    - Services d'urgence de prévention du suicide
    - Histoire : Un petit geste aux grandes conséquences
    - S'entraider pour la vie (liens vers une page web externe à ce site)
    - La clef pour prévenir le suicide, c’est le dialogue (liens vers une page web externe à ce site)
    - Une personne m’inquiète… (liens vers une page web externe à ce site)
    - La dépression et le suicide (liens vers une page web externe à ce site)
    - Pour les proches de personne suicidaire (liens vers une page web externe à ce site)

    Suggestion de lecture :
    "Le suicide, l’affaire de tous: vers une nouvelle approche", Suzanne Lamarre. Montréal : Les Éditions de l’Homme, 2014, 217 p.
    Comment aborder la question du suicide avec un membre de notre famille ou de notre entourage qui semble à risque ? Doit-on lui cacher notre inquiétude ou, au contraire, lui poser des questions précises ? Comment le faire sans aggraver la situation ? Médecin psychiatre de l’Université McGill, Suzanne Lamarre nous livre dans ces pages une nouvelle vision de la problématique du suicide. Elle fait la preuve qu’il ne faut plus se limiter à traiter les comportements suicidaires comme les symptômes d’une maladie mentale mais comme un moment clé pour réorganiser la vie avec les autres. Des histoires de cas, certaines tristes, d’autres touchantes ou qui se terminent bien, illustrent son propos.

    Suggestions de films :

    • "Une drôle d’histoire", Anna Boden et Ryan Fleck. Alliance, 2011, 101 min. Comédie dramatique.
      Craig Gilner est un jeune homme de 16 ans angoissé. Un jour, il se rend à l’hôpital et est examiné par un psychiatre. L’aile psychiatrique pour adolescents étant temporairement fermée, il doit séjourner dans la section des adultes. Un des patients, Bobby, devient vite à la fois le mentor et le protégé de Craig. Durant les cinq jours qui lui sont imposés dans l’aile psychiatrique, Craig fait des découvertes sur la vie, l’amour et les pressions associées au fait de grandir.
    • "Cake", Daniel Barnz. Montréal : Équinoxe Films, 2015, 102 min. Drame.
      Victime d’un terrible accident qui a changé son existence à jamais, Claire a la peau recouverte de cicatrices et elle est plus sensible à la douleur. Dépendante aux médicaments et aigrie dans ses relations avec les autres, elle a des idées suicidaires depuis qu’une femme de son groupe de soutien s’est enlevé la vie. Afin de mieux la connaître, Claire noue une amitié avec son mari et son jeune fils. Ces rencontres agissent comme des baumes sur ses plaies, ce qui ne l’empêche pas de devoir affronter une bonne fois pour toutes, les démons de son passé.
    • "Je vais bien, ne t’en fais pas", Philippe Lioret. Montréal : Équinoxe Films, 2007, 104 min. Drame psychologique.
      À son retour de vacances, Lili apprend que son frère jumeau Loïc a quitté le domicile familial cinq jours plus tôt, sans laisser d’adresse. L’étudiante de 19 ans a du mal à accepter qu’une dispute entre lui et son père ait pu inspirer à son frère un tel comportement. Convaincue qu’il lui est arrivé quelque chose, la jeune fille perd complètement l’appétit et sombre dans une profonde dépression qui contraint ses parents à la faire interner. En isolation complète, forcée de s’alimenter, Lili remonte la pente et, peu avant sa sortie de l’hôpital, retrouve l’espoir à la lecture d’une carte postale de Loïc, la première d’une série dans laquelle celui-ci cherche à la rassurer. Feignant de ne pas voir que le petit ami de sa copine est amoureux d’elle, Lili tente, pendant toute une année, de remonter la trace de son jumeau.

Comment aider un proche déprimé

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Comment aider un proche déprimé

Table des matières

  1. Écouter et s’intéresser à ce que la personne vit
  2. Prendre sa souffrance au sérieux
  3. Montrer son affection
  4. Comprendre autant que possible
  5. Être tolérant
  6. Respecter le point de vue de la personne déprimée
  7. Éviter certains sujets de conversation
  8. Éviter les blâmes et les reproches
  9. Ne pas être moralisateur
  10. Conseiller avec une extrême prudence
  11. Éviter la répétition
  12. Favoriser l'intimité
  13. Offrir de l'aide sans qu'on vous le demande
  14. Être préparé au rejet
  15. S'engager et rassurer
  16. Comment savoir si notre aide est adéquate ?
  17. Se coordonner avec les autres intervenants
  18. Pourquoi est-ce que votre proche dépressif a besoin de votre aide ?
  19. Voici des comportements à éviter
Stimuler la personne déprimée
  1. Favoriser les contacts sociaux
  2. Changer de lieu
  3. Favoriser les activités de loisirs
  4. Favoriser l'exercice physique
  5. Faire renaître l'estime de soi
  6. Faire renaître l'espoir peu à peu
  7. Amener votre proche à explorer des solutions
  8. Aider votre proche à trouver et participer à un groupe de soutien

Créer un environnement favorable

  1. Établir un climat de paix
  2. Favoriser une bonne alimentation
  3. Aider votre proche dans ses tâches domestiques
  4. Faire confiance de la bonne façon
  5. Montrer l’exemple
  6. Être raisonnablement positif
  7. Savoir quoi dire à un être cher déprimé

Consulter un professionnel de la santé au besoin

  1. Au besoin, amener la personne à consulter
  2. Au besoin, trouver un médecin ou un thérapeute
  3. Évaluer le risque de suicide et agir en conséquence
  4. Reconnaître ses limites
  5. Si la personne suit un traitement, ne pas semer le doute
  6. Si la personne suit un traitement, continuer à la soutenir
  7. S'informer sur la déprime et la dépression

Prendre soin de soi en tant qu’aidant

  1. Ne pas s'oublier
  2. Ne pas se blâmer
  3. Connaître les difficultés pour mieux les surmonter
  4. Déterminer clairement son rôle

Fin de cet article

  • Limite de cet article
  • Conclusion
  • Sujets complémentaires

  • Si l'un de vos proches souffre de tristesse profonde, il est important de le convaincre que vous tenez à lui et que vous êtes prêt à l'aider. Et pour bien soutenir cette personne, il est utile de savoir comment s'y prendre :

    1. Écouter et s’intéresser à ce que la personne vit :
      http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Towards_Light.jpg

      Photo de Fabin [CC-BY-SA-3.0]


      Pour une personne déprimée, la plus grande qualité d'un aidant est sa capacité d’écoute. Pour encourager votre proche à parler, vous devez avoir une attitude d'ouverture, de douceur et de patience. De cette façon, votre soutien sera d’un réconfort immense. Laissez la personne déprimée parler à coeur ouvert. Exprimer ses sentiments est parfois difficile. Les personnes déprimées ne veulent pas être bousculées ou se sentir sur la défensive. Écoutez attentivement, parlez peu et maintenez constamment un contact visuel. Ainsi, la personne souffrante se sentira en confiance et acceptée telle qu’elle est.
    2. Prendre sa souffrance au sérieux :
      La personne déprimée a besoin que l'on prenne son état émotionnel au sérieux. Donc ne banalisez pas sa souffrance. Et surtout, évitez de prononcer des phrases telles que :
        - Tu en fais des histoires pour un problème qui n'est pas si grave.
        - Bien des gens vivent des choses plus tragiques que toi et ne sont pas déprimés.
        - Chacun a ses propres problèmes.
        - Ton problème n'est pas si sévère. J'ai vécu des choses bien pires et j'ai survécu.
    3. Montrer son affection :
      Une des meilleures choses que vous puissiez faire pour aider votre proche est de lui montrer par vos gestes que vous tenez à lui. Si vous sentez que l'autre a besoin de réconfort physique, n'hésitez à l’enlacer dans vos bras. Un gros câlin peut faire tellement de bien. Il est également très utile d'affirmer votre soutien inconditionnel, en disant par exemple :
        - Je t'aime inconditionnellement, peu importe ce que tu dis ou fais.
        - À mes yeux, tu es tellement important(e).
        - Je ne t’abandonnerai jamais.

      Le soutien d'une personne de confiance est capital, en particulier lors d’angoisses profondes. Même si votre proche semble indifférent, sachez qu'il apprécie vos efforts pour l'aider. Donc, n'en doutez pas, si votre proche est sévèrement déprimé, votre soutien est une aide précieuse.
    4. Comprendre autant que possible :
      La personne déprimée agace parfois ses proches quand elle se plaint, quand elle n'arrive pas à travailler ni à participer à la vie de tous les jours. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais l'effet de sa condition. Faites l'effort de comprendre la situation de votre proche affligé. Voici les symptômes typiques des gens déprimés :
        - Tristesse
        - Insomnies et fatigue au réveil
        - Intolérance aux petites contrariétés de la vie
        - Perte d’intérêt générale
        - Renfermement sur soi
        - Indifférence affective
        - Comportement parfois agressif
      Pour vous aider à mieux comprendre votre proche, remémorez-vous vos propres périodes sombres. Rappelez-vous jusqu'à quel point tout devenait difficile sinon pénible dans cet état de tristesse. Imaginez jusqu'à quel point il vous serait difficile de vivre de cette façon pour une longue période.
    5. Être tolérant :
      Évitez de répondre à l’agressivité par l’agressivité. À cause de leur souffrance, les personnes déprimées prononcent parfois des paroles blessantes sans raison apparente. Ne prenez pas ces offenses trop à coeur. Reconnaissez que la personne en question ne vous veut aucun mal. Ses sautes d'humeur ne sont pas personnelles. Si une autre personne avait été à votre place, c'est elle qui aurait été offensée. Au nom de l’affection que vous avez pour votre proche, soyez tolérant et pardonnez.
    6. Respecter le point de vue de la personne déprimée :
      Certains croient à tort que le meilleur moyen d'aider les gens déprimés est d'être débordant d'enthousiasme. En général, les choses ne sont pas complètement roses. Objectivement on ne peut pas nier la présence de certaines situations difficiles. Une personne profondément déprimée focalise exclusivement sur les aspects négatifs de sa vie. Donc si le contexte s'y prête, reconnaissez la présence des difficultés. Mais exprimez-les d'une façon réaliste, en présentant le positif et le négatif. Voici quelques exemples :
        - Souffrir est humain, s'en sortir et ne plus souffrir l'est aussi.
        - Certaines choses sont pénibles, mais le temps vient à bout de tout.
        - Un bon nombre de personnes sont déprimées. Sans que ce soit facile, plusieurs s'en sortent.

        - En faisant référence au problème de votre proche : C'est vrai qu'il y a ce problème, mais il est surmontable.
    7. Éviter certains sujets de conversation :
      La plupart des gens ne se rendent pas compte des conséquences d’un simple sujet de conversation. Un mauvais choix de votre part peut empirer momentanément la condition d’une personne déprimée. Certes, il est parfois nécessaire d’aborder des sujets difficiles, par exemple la nécessité de consulter
      (voir Consulter un professionnel de la santé au besoin ci-dessous). Mais à moins d’avoir une très bonne raison, évitez les sujets de conversation qui pourraient aggraver la condition de votre proche. Évidemment, il est très important d'écouter celui-ci avec intérêt. Donc, lorsque votre proche aborde lui-même sa condition de personne déprimée, respectez son choix et prêtez une oreille attentive. Surtout, n'essayez pas d'éviter le sujet comme s'il était honteux d'être déprimé. Parlez de cette condition librement, si c'est le bon moment et si votre proche est ouvert.
    8. Éviter les blâmes et les reproches :
      Culpabiliser ou blâmer votre proche pour son état dépressif n’aidera en rien. Au contraire, cette attitude peut accentuer sa conscience de ses faiblesses ou de ce qu’il perçoit
      el. Pire encore, elle peut fermer votre proche à la communication, si nécessaire à la guérison. Il est donc nuisible d'accabler celui-ci en le critiquant et en essayant de le motiver brutalement avec des phrases telles que :
        - Moi dans ta situation, je ferais preuve de courage.
        - Bouge-toi un peu au lieu de traîner au lit tous les matins.
        - Tout ça, c'est dans ta tête que ça se passe, c’est donc facile à régler.
        - Tu es si égoïste, tu ne penses qu’à toi.
        - Je suis déçu de toi.
        - C’est de ta faute.
        - Tu ne devrais pas commencer à te sentir mieux depuis tout ce temps ?
    9. Ne pas être moralisateur :
      Si la condition de votre proche est sévère, il ne peut pas quitter son état dépressif par la force de sa volonté, tout comme un asthmatique ne peut pas guérir sa maladie en faisant preuve d'une grande détermination. Dans ce contexte, il est inutile de lui demander de réagir promptement et de se secouer. Donc, éviter les phrases telles que :
        - Tu ne sembles pas avoir suffisamment de volonté pour t’en sortir.
        - Tu pourrais faire un peu d'efforts.
        - Tu es entièrement responsable de tes émotions, prends-toi en main.
        - Réagis, tu n’as qu’à te secouer.
        - Arrête d'agir bêtement.
        - Quand on veut, on peut.
        - Crois-moi, je sais exactement ce que tu ressens, je sais qu'il suffit de vouloir pour s'en sortir.
        - Nous sommes le résultat de nos pensées, donc ton problème est facile à régler.

      La plupart du temps, ces phrases sont inutiles et parfois dangereuses. Elles peuvent aggraver la situation, car la personne dépressive se sentira incomprise ou culpabilisera, ce qui augmentera sa souffrance. Le résultat final sera probablement qu'elle prendra encore plus conscience de ses faiblesses et elle se repliera davantage sur elle-même.
    10. Conseiller avec une extrême prudence :
      Il est contre-productif d’accabler votre proche de « bons conseils », car les personnes déprimées ont généralement beaucoup plus besoin d'être écoutées que d'être conseillées. Mais, si la situation s'y prête, un conseil bien choisi peut-être utile. Gardez cependant en tête que certains conseils (même prononcés avec les meilleures intentions) peuvent être offensants, par exemple :
        - À ta place, je ferais ceci ou cela...
        - Bouge-toi un peu et ça ira mieux.
        - Ne te laisse pas aller de cette façon !

      De telles observations ont souvent pour effet d'accentuer le sentiment d'impuissance de la personne déprimée. Finalement, si vous jugez qu'un conseil est vraiment pertinent, commencez par demander à votre proche ce que vous pouvez faire pour lui. Écouter attentivement sa réponse et faites ce qu'il demande (si c'est pertinent). Cela aura pour effet de le rendre plus réceptif. Par la suite, si vous jugez que le moment est approprié pour exprimer votre conseil :
        - Présentez-le comme votre point de vue, non pas comme la vérité absolue.
        - Ne lui demandez pas immédiatement ce qu'il pense de votre conseil.
        - Donnez-lui du temps pour réfléchir à ce que vous venez de dire.
    11. Éviter la répétition :
      Les gens déprimés ont horreur que l'on répète toujours les mêmes suggestions ou conseils. Malheureusement, cette tendance est présente chez plusieurs aidants. Lorsqu'ils n'ont pas persuadé la personne déprimée la première fois, certains tentent de corriger la situation simplement en répétant. La personne déprimée peut voir dans cette façon d'insister un manque de respect. Certains ont même l'impression qu'on les traite comme des enfants. Cela peut affaiblir votre relation avec la personne déprimée au moment où vous avez particulièrement besoin de communiquer efficacement avec elle.
    12. Favoriser l'intimité :
      Passez régulièrement du temps de qualité avec votre proche, entre autres seul à seul. Proposez des sorties ou trouvez des activités que vous pouvez faire ensemble. Cela donne à votre proche l'occasion de se confier sur ce qui ne va pas. L'important est de créer une atmosphère chaleureuse dans laquelle votre proche a envie de partager ses sentiments.
    13. Offrir de l'aide sans qu'on vous le demande :
      Il est rare que les individus dépressifs demandent de l’aide. Plusieurs d'entre eux ont honte et se referment sur eux-mêmes. Pourtant dans leur condition, l'aide de leur famille et/ou de leurs amis est extrêmement importante. C'est souvent grâce au soutien de ceux-ci qu'ils réussissent à se sentir moins isolés et qu'ils trouvent ainsi la motivation d'améliorer leur condition. En résumé, si l'un de vos proches est déprimé, n'attendez pas qu'il vous le demande pour lui offrir votre aide.
    14. Être préparé au rejet :
      Parfois, la personne déprimée ne veut tout simplement pas parler. Elle pourrait même rejeter agressivement l'aide que vous proposez en disant par exemple : «  ça ne changera rien », «  tu ne peux pas comprendre » ou « tu ne peux pas m’aider ». Donc attendez-vous aux refus, surtout lors des premiers essais. Votre proche changera peut-être d'idée plus tard. L'important est de manifester votre présence, d'offrir votre soutien et d'être respectueusement tenace.
    15. S'engager et rassurer :
      Note : ce qui suit est pertinent seulement si vous êtes prêt à vous engager à aider votre proche jusqu'à sa guérison. Si la condition de votre proche est sévère, il a besoin d'être rassuré. Alors, dites-lui clairement que vous êtes là pour de bon et que vous lui donnerez tout le soutien dont il aura besoin aussi longtemps qu'il en aura besoin. De cette façon, votre proche se sentira aimé et il saura qu'il peut se concentrer sur son rétablissement sans se soucier du temps que cela prendra. Cela est un élément important qui contribue à sa guérison.
    16. Comment savoir si notre aide est adéquate ?
      Il y a deux façons de répondre à cette question. Premièrement, observez attentivement le comportement de votre proche dans diverses situations. Deuxièmement, si celui-ci est ouvert, n'hésitez pas à le questionner sur votre façon d'agir. Si vous vous y prenez de la bonne façon, votre proche ne sera pas offensé. Il sera plutôt heureux de l'intérêt que vous lui portez.
    17. Se coordonner avec les autres intervenants :
      Si la personne déprimée a d'autres proches autour d'elle, essayez de coordonner votre soutient avec ceux-ci. Sinon, vos efforts pourraient être contrecarrés sans le vouloir par un autre proche, qui agit tout comme vous, pour le bien de la personne déprimée. De plus, si cette personne est traitée par des professionnels de la santé, assurez-vous que votre façon d'aider est en harmonie avec les approches thérapeutiques de ceux-ci.
    18. Pourquoi est-ce que votre proche dépressif a besoin de votre aide ?
      Des études indiquent que certaines personnes dépressives n'obtiennent pas d’assistance pour les raisons suivantes :
        - Elles ne reconnaissent pas les signes de la dépression ou sont dans le déni.
        - Elles craignent d’être jugées.
        - Elles ne veulent pas être un fardeau.
      Cela explique pourquoi votre aide est importante.
    19. Voici des comportements à éviter :

    Stimuler la personne déprimée

    1. Favoriser les contacts sociaux :
      De nombreuses personnes déprimées se coupent de leur entourage. Si c'est le cas pour votre proche, encouragez-le à maintenir ses activités sociales. En particulier, encouragez-le à faire des efforts pour garder le contact avec ses amis. Proposez-lui d'aller au centre commercial, au cinéma, au restaurant avec les copains. Sans être autoritaire, soyez un peu directif au besoin. Ne dites pas « Préfères-tu sortir ou rester à la maison ? », dites plutôt « Allez, je t’emmène manger dans un bon restaurant. » Finalement, encouragez les amis et la famille de votre proche déprimé à le rencontrer et le soutenir dans son épreuve.
    2. Changer de lieu :
      Il peut être intéressant pour quelques heures de changer de lieu. Donc, proposez à votre proche une nouvelle destination. Et visitez un lieu touristique local, si possible un endroit qui offre une vue sur de beaux paysages. Pour plusieurs personnes, les grandes étendues d'eau calme sont une source d'inspiration, donc la mer ou un grand lac pourrait être une destination intéressante.
    3. Favoriser les activités de loisirs :
      Votre proche déprimé se sent peut-être trop fatigué pour participer aux activités qu’ils trouvaient agréables auparavant. Moins il est actif, moins il sera motivé à le devenir. C'est un cercle vicieux qui alimente le sentiment de dépression. Alors sans le harceler, encouragez votre proche à reprendre les activités qui lui procuraient du plaisir : passe-temps, divertissements, activités sportives, artistiques ou culturelles. Rappelez-vous cependant qu’il peut être contre-productif de brusquer votre proche ou de lui imposer trop d’activités trop vite. Une personne sévèrement dépressive s’épuise rapidement, car elle lutte constamment contre sa fatigue accumulée et ses idées noires.
    4. Favoriser l'exercice physique :
      Il est très utile d'encourager votre proche à faire de l’exercice physique, quitte à en faire avec lui. Bouger libère des substances en nous qui contribuent à diminuer la tension et à améliorer notre sommeil. De plus, l’exercice physique régulier favorise une certaine valorisation personnelle, ce qui est très utile pour l'estime de soi.
    5. Faire renaître l'estime de soi :
      Les gens déprimés ont typiquement une piètre opinion d'eux-mêmes. Une bonne façon d'améliorer l'estime de soi est de réaliser des choses dont nous sommes fiers. Donc, encouragez votre proche (au besoin accompagnez-le) à participer à de telles activités, par exemple :
        - création d'oeuvres artistiques : peinture, sculpture, écriture…
        - bénévolat,
        - être membre d'une chorale, participer à un groupe s'il joue d'un instrument de musique,
        - planification et réalisation d'une bonne action.
    6. Faire renaître l'espoir peu à peu :
      Favorisez le renouveau de l'espoir chez votre proche en l'aidant à trouver des projets ou activités qui contribueront à diminuer sa tristesse. Commencez par des choses simples. Par exemple, un premier projet pourrait être :
        - la visite d'un ami de longue date,
        - un weekend à l'extérieur de la ville,
        - une semaine de vacances à l'étranger.
      Après une activité de courte durée, si votre proche a fait du progrès, suggérez-lui de s'investir (avec votre soutien au besoin) dans un projet de plus grande ampleur, par exemple :
        - retourner aux études,
        - faire un séjour de bénévolat dans un pays en voie de développement,
        - démarrer sa propre petite entreprise.
    7. Amener votre proche à explorer de nouvelles solutions :
      Essayez de trouver avec lui ce qui pourrait diminuer sa souffrance. Par exemple, demandez à votre proche :
        - Quelles activités te donnent un plaisir immédiat ?
        - Quels sont les éléments positifs de ta vie ?
        - J’ai des idées pour t’aider à gérer ta tristesse. Aimerais-tu les entendre ?
        - Dans le passé, qu'est-ce qui a soulagé efficacement ton découragement ?

      Pour faire passer la crise, incitez (sans exagérer) votre proche à faire une activité de soulagement immédiat. Une fois la crise apaisée, explorez avec lui comment changer son quotidien. Sinon, le même contexte pourrait donner le même résultat.
    8. Aider votre proche à trouver et participer à un groupe de soutien :
      Si vous jugez que cela peut lui être utile, encouragez votre proche à participer à un groupe d’entraide, mais ne l’obligez pas. Il ira quand il sera prêt. Entre-temps, vous pouvez faciliter les choses, faire des recherches, vous renseigner sur le lieu, la date et l’heure des rencontres et même communiquer avec l’animateur. Pour identifier les groupes de soutien de votre région, faites une recherche avec Internet. Utilisez comme clef de recherche « groupe de soutien dépression » suivie du nom de votre localité, par exemple « groupe de soutien dépression Montréal ».

    Créer un environnement favorable

    1. Établir un climat de paix :
      Pour mieux aider votre proche, essayez d’instaurer un climat de paix et d'harmonie à la maison. À tout le moins, essayez de réduire ou d'éviter les conflits inutiles.
    2. Favoriser une bonne alimentation :
      Pour une personne déprimée, il est difficile de maintenir une bonne alimentation. Les carences et des déséquilibres alimentaires peuvent avoir des effets négatifs, à court terme (perte ou prise de poids, troubles digestifs, douleurs musculaires, fatigue, troubles de la concentration…) et à plus long terme (diabète, maladies cardiovasculaires…). Ces malaises physiques peuvent avoir à leur tour un impact négatif sur l’état dépressif. Pour prévenir ces différents risques, une alimentation équilibrée est de première importance. Donc, si approprié, faites le marché de votre proche et cuisinez pour lui. Ne lui interdisez pas les gâteries qui sont parfois bonnes pour le moral. L'approche à adopter est de commencer les repas avec des aliments sains, et au besoin de terminer avec le dessert de son choix.
    3. Aider votre proche dans ses tâches domestiques :
      Les personnes déprimées vivent généralement une baisse d'énergie, donc offrir ses services pour les tâches ménagères peut être très précieux. Même si elles n’en donnent pas l’impression, les personnes qui souffrent de tristesse profonde sont sensibles à toutes formes d'aide. Mais attention à ne pas être trop envahissant. Si votre proche se sent surprotégé, vous risquez de renforcer son sentiment de dévalorisation. Donc, observez attentivement la façon dont il réagit à vos offres de soutien.
    4. Faire confiance de la bonne façon :
      Il ne faut pas prendre en pitié votre proche déprimé. Le fait d’être perçu comme une victime diminuera son estime de soi. Votre proche doit sentir que vous avez confiance en sa capacité d'affronter des difficultés. Cela demande un certain équilibre, car il ne faut ni dramatiser ni banaliser (Paragraphe 2 au tout début de cet article) la condition de votre proche. Le discours à adopter est : « Je sais que ce n’est pas facile, mais je suis là pour toi et j’ai confiance en ta capacité à surmonter ce défi ».
    5. Montrer l’exemple :
      Sans exagérer, essayez d’avoir un comportement équilibré et paisible devant votre proche. Par exemple : mangez sainement, allez dormir tôt, levez-vous tôt, évitez de fumer et de trop boire, essayez d'être toujours calme et souriant, gardez votre résidence propre et bien rangée, soignez raisonnablement votre apparence, etc.
    6. Être raisonnablement positif :
      Les personnes dépressives ont une vision négative d'elles-mêmes, du monde et de l'avenir. Vous pouvez les aider en leur montrant doucement le côté positif des choses et en les rassurant sur leur capacité de s'en sortir. Votre proche est déprimé parce qu'il focalise à outrance sur les choses négatives. C’est donc à vous de présenter la vie différemment. Parlez-lui de ce que vous vivez, de vos occupations, partager avec lui vos défis, vos moments de joie et montrez-lui le côté positif des choses. Surtout, encouragez-le doucement à garder espoir. Il ne s'agit pas de suggérer bêtement à celui-ci de garder le moral. En fait, il est contre-indiqué de dire avec désinvolture que tout ira bien toujours ou que tout sera facile. Ne minimisez pas les épreuves que votre proche perçoit. Mais autant que possible présenter avec conviction les joies et opportunités que l’avenir lui réserve. Soyez celui qui voit la vie du bon côté et en parle avec crédibilité.
    7. Savoir quoi dire à un être cher déprimé :
      Il est parfois difficile de savoir quoi dire à un proche déprimé. Il est important d’aborder une personne dans cette situation sans la fâcher ni l’insulter. Si vous ne savez pas par où commencer, les questions suivantes (pour votre proche) peuvent être utiles :
        - Comment puis-je t’aider ?
        - Quand as-tu commencé à te sentir comme ça ?
        - Quel événement a déclenché ce changement ?
        - As-tu pensé à demander de l’aide
       ?
      Encouragez la personne déprimée à parler de ses sentiments et encore une fois écoutez sans la juger. Finalement, ne vous attendez pas à ce que votre proche s’ouvre immédiatement. Donnez-lui le temps de comprendre ses sentiments. Soyez respectueux, patient, mais persistant.

    Consulter un professionnel de la santé au besoin

    1. Au besoin, amener la personne à consulter :
      Si la situation est grave, il est dans l’intérêt de votre proche de consulter rapidement un médecin ou un autre professionnel de la santé. Mais attention, la dernière chose à faire est de lui répéter constamment de se faire soigner. Amenez-le plutôt à s'exprimer sur sa douleur et à lui faire progressivement comprendre qu’il souffre peut-être inutilement. Proposez-lui alors de l’accompagner chez le médecin. Certes, il se fera prier, mais insistez respectueusement sur le fait que plusieurs personnes s'en sortent avec, entre autres, de l'aide médicale. Il faut donc insister prudemment. Si votre proche refuse, proposez une rencontre avec un omnipraticien en prétextant une consultation pour ses maux physiques, par exemple, son épuisement et son manque de sommeil. Rendez-lui la tâche facile en recherchant un médecin pour lui, et en l'accompagnant s'il accepte, voir le paragraphe suivant.
    2. Au besoin, trouver un médecin ou un thérapeute :
      Si la condition de votre proche est sévère, il est probablement incapable de trouver un professionnel de la santé qui répond à ses besoins spécifiques. Vous lui rendrez un grand service en faisant ce travail pour lui. Dans le cadre de ces recherches, assurez-vous de mentionner tous les symptômes qui vous inquiètent et surtout ne minimisez pas l'ampleur de la souffrance de votre proche. De plus, il est parfois frustrant de ne pas obtenir l’aide nécessaire à cause de longues listes d’attente, de contraintes financières, de distances géographiques… Le lien suivant présente notamment des organisations qui vous aideront dans vos recherches : S'informer sur la déprime et la dépression. Finalement, il est parfois nécessaire d'agir immédiatement, voir le paragraphe suivant.
    3. Évaluer le risque de suicide et agir en conséquence :
      Si vous apprenez par confidence qu'un proche pense au suicide, vous devez agir immédiatement. Puisque ce dernier pense mettre fin à ses jours, il est probable que certains maux physiques accompagnent sa dépression, par exemple une grande fatigue. Faites-le parler à ce sujet. Et utilisez au besoin ce prétexte pour l’amener sur-le-champ consulter un médecin avec vous (si possible son médecin traitant). S’il refuse, il n’y a pas de secret à garder, puisqu’il y a une personne est en danger. Il faut plutôt alerter de façon efficace son entourage, un médecin, ou toute personne susceptible d’intervenir afin d’éviter qu'il ne passe à l’acte.
      Mais, parfois la situation n’est pas claire en ce qui concerne les intentions d’un proche déprimé. Voici un extrait du site de la Fondation des maladies mentales sur les signes avant-coureurs du suicide :
        - Il adopte une attitude négative la plupart du temps.
        - Il n’a plus d’intérêt pour les activités qu’il aimait.
        - Il a grandement diminué ses contacts sociaux.
        - Il sort très peu de chez lui.
        - Il est plus agressif et se met fréquemment en situation de danger.
        - Il parle souvent de la mort ou de sujets qui y sont reliés.
      Soyez attentif pour reconnaître tout changement rapide d’humeur ou de comportement. Si vous doutez du niveau d'urgence de la situation, n'hésitez pas à appeler un service d'urgence de prévention du suicide. Ils pourront probablement répondre à vos questions. Ne vous lancez pas dans de longues lectures pour analyser le comportement de votre proche. Posez plutôt des questions à des gens compétents. Entre autres, les bénévoles des services d'urgence de prévention du suicide vous aideront à clarifier le niveau de risque que représente votre proche. Cliquez sur le lien que je répète ici pour trouver le numéro à composer dans votre pays.
    4. Reconnaître ses limites :
      Vous ne pouvez pas diagnostiquer la dépression, entre autres parce qu'il existe plusieurs variantes de cette maladie liées à des causes différentes, parfois très complexes. Pour cette raison et bien d'autres, seul un professionnel de la santé peut poser un diagnostic fiable. De plus, évitez le piège de croire que l'on peut guérir une personne souffrant de cette maladie simplement avec beaucoup d’efforts, de l'amour et de bonnes intentions. Il faut beaucoup plus que cela. Une personne en dépression a besoin d’aide bien au-delà de ses proches.
    5. Si la personne suit un traitement, ne pas semer le doute :
      Soyez positif par rapport au traitement. Surtout, évitez de faire en sorte que votre proche doute de ses décisions ou de la compétence de son médecin. Par exemple, si vous n'êtes pas d'accord avec l'utilisation d'antidépresseurs, ne faites pas de commentaires à ce sujet. Au contraire, faites en sorte (sans mentir) que votre proche ait confiance dans les soins qu'il reçoit, par exemple en approuvant le choix de son médecin.
    6. Si la personne suit un traitement, continuer à la soutenir :
      Le fait que votre proche suive un traitement ne signifie aucunement que vous devez moins vous occuper de lui. De plus au besoin, aidez respectueusement votre proche à prendre ses médicaments régulièrement et à se souvenir des dates de ses rendez-vous médicaux.
    7. S'informer sur la déprime et la dépression :
      Divers organismes actifs en santé mentale diffusent de l’information sur ces sujets. Voici quelques exemples :
       &fvnbsp;- Services d'urgence de prévention du suicide
        - Revivre
        - France-Dépression
        - Info-depression.fr
        - Mediagoras
        - La dépression fait mal
        - La Fondation des maladies mentales, section sur la dépression
        - Répertoire des centres de crise du Québec
        - La Société pour les troubles de l'humeur du Canada
        - L’Association canadienne de la santé mentale, section sur l'humeur
        - Déprimés anonymes : Soutien téléphonique sur la détresse émotionnelle (Canada)
        - Mental Health America : Réseau américain de soutien pour personnes aux prises avec la maladie mentale
        - La dépression en savoir plus pour en sortir (PDF)
        - Guide d’autosoins pour la dépression, Simon Fraser University et BC Mental health and Addiction Services (PDF)

      Information pour les aidants :
        - Association d'aidants en France : Association Française des aidants
        - Association d'aidants en France : Union nationale des amis et familles de personnes malades et/ou handicapées psychiques
        - Association d'aidants au Québec : Regroupement des Aidantes et Aidants Naturels
        - Vaincre la dépression ensemble
        - L’aide à apporter à votre enfant ou à votre adolescent dépressif
        - Vivre avec une personne atteinte d'une maladie mentale

        Suggestions de lecture :
          - Vivre avec la dépression: comment vivre avec un dépressif, Matthew & Ainsley Johnstone Paris: Dauphin 2014
          - La dépression: 100 questions pour comprendre et guérir, Florian Ferreri. Paris: O. Jacob, 2012, 176 p.
          - La dépression en 60 questions: comment s’en sortir, Jean-Luc Ducher. Paris: O. Jacob, 2011, 273 p.
          - 10 étapes pour sortir de la dépression, Sue Atkinson. Paris: Empreinte temps présent, 2012, 149 p.
          - Dépression: s’enfermer ou s’en sortir, Antoine Pelissolo. Paris: le Muselier, 2015, 125 p.
          - Dépression: reconnaître et comprendre pour enfin se reconstruire, Marc Lucas. Paris: F. Lanore, 2015, 107 p.
          - La dépression, une épreuve pour grandir?, Moussa Nabati. Paris: LGF, 2010, 278 p.
      Vous trouverez beaucoup d'informations en effectuant des recherches Internet. Sélectionnez en priorité les sites web non commerciaux. Si vous lisez l'anglais, certains sites web américains sont particulièrement bien documentés sur ce sujet.

    Prendre soin de soi en tant qu’aidant

    1. Ne pas s'oublier :
      La personne qui soutient un proche ne doit pas oublier de penser à elle afin de conserver son énergie. Elle doit être à l’écoute de ses besoins et de ses limites. Une des meilleures choses que vous pouvez faire pour votre proche en difficulté est de rester en bonne santé physique et psychologique. L'incertitude, la fatigue et le stress de cette situation, peuvent vous affecter, n'oubliez donc pas de bien vous nourrir, de dormir suffisamment et de vous réserver du temps pour continuer vos activités de loisirs. Surtout, ne vous isolez pas avec votre proche. Se replier sur soi, s’enfermer dans une bulle seul avec cette personne n'est pas une solution. Il est important que vous preniez le temps de vous reposer et de pratiquer des activités personnelles dans lesquelles VOUS trouvez du plaisir.
    2. Ne pas se blâmer :
      Les causes de la tristesse profonde sont complexes et inconnues en grande partie. Conséquemment, à l'exception des cas d'abus évidents, il est impossible de déterminer qui ou quoi a causé l'état dépressif. Vous n’êtes donc pas responsable de ce qui arrive à votre proche. Et culpabiliser ou vous blâmer pour sa condition ne peut que lui nuire.
    3. Connaître les difficultés pour mieux les surmonter :
      Vivre avec un proche en dépression, c’est vivre avec une personne qui possède certaines des caractéristiques suivantes :
        - est parfois hyper sensible et devient facilement irritable,
        - a tendance à accentuer les difficultés de la vie,
        - ne peut plus gérer son stress,
        - vit d’échec en échec selon elle,
        - n’a plus de plaisir de vivre,
        - n’a plus de but ni d’idéal à atteindre dans la vie,
        - est continuellement en déficit d’énergie,
        - fait de crises de temps à autre et peut même devenir accusatrice,
        - compte parfois sur ses proches pour diminuer sa douleur de vivre.
    4. Déterminer clairement son rôle :
      Votre rôle est celui d’accompagner votre proche dans son rétablissement et non pas d’agir à sa place. Avec l’entraide, la patience et la chaleur humaine, il devient possible de faire équipe avec celui-ci (et son médecin s'il y a lieu) pour travailler à son rétablissement. Finalement, bien que votre rôle soit important, ne tentez pas de remplacer les professionnels de la santé auprès de votre proche.
    Limite, consultation de thérapeutes :
    Le contenu de ce site web ne remplace d’aucune façon la consultation de thérapeutes (psychologues, médecins, psychiatres…). Les gens qui en ont besoin doivent consulter des spécialistes accrédités.

    Conclusion :
    Que recherche essentiellement une personne déprimée ? Quelqu'un :
      - à qui parler, qui prendra le temps d'être réellement à son écoute,
      - qui ne la jugera pas et ne cherchera pas à lui donner des conseils,
      - qui saura la soutenir sans l'infantiliser ni l’étouffer,
      - qui sera prêt à lui consacrer toute son attention,
      - qui se sentira concerné,
      - qui la respectera,
      - en qui elle a confiance et qui gardera le secret (si elle demande la confidentialité),
      - qui sera disponible,
      - qui saura la rassurer et qui acceptera son point de vue.
    La chose la plus importante que vous pouvez faire pour votre proche est de lui montrer que vous êtes prêt à l'aider et que vous l'aimez inconditionnellement. Certaines personnes déprimées prennent un bon moment pour remonter la pente. Donc ne soyez pas déçu s'il y a peu de progrès à court terme. Soutenir votre proche efficacement demandera de votre part non seulement du dévouement, mais aussi bonne dose de patience.

    « Il n'existe pas de meilleur exercice pour le coeur
    que de se pencher pour aider quelqu'un à se relever. »
    John A. Holmes

    Sujets complémentaires :
        -
    Services d'urgence de prévention du suicide
        - Réconfortez
        - Encourager les autres
        - Influencer nos émotions par nos pensées
        - Le découragement ne durera pas
        - Dédramatisez vos problèmes
        - Ne créez pas vous-même votre souffrance
        - L'inquiétude : on ne sait jamais
        - Épreuves ou opportunités
        - Douleur chronique
        - Pensées sur les épreuves, les malheurs et la souffrance

    Services d'urgence de prévention du suicide

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    Services d'urgence de prévention du suicide

    Voici les coordonnées de services d'urgence de prévention du suicide (principalement francophones) :

    En Belgique :

    Au Canada, principalement au Québec :

    En France :

    En Suisse :

    À l'nternational :

    Au besoin, n'hésitez pas à aller directement à l’hôpital, ou à composer le numéro d'urgence général de votre région, par exemple le 911 en Amérique du Nord. Pour les personnes qui pensent au suicide, l'irréparable semble le seul moyen de s'en sortir. La force de leur désir suicidaire ne doit pas être sous-estimée. La première chose à faire, c'est de parler à quelqu'un. Ceux qui pensent au suicide ne doivent pas essayer de s'en sortir seuls. Ils doivent chercher de l'aide IMMÉDIATEMENT. Le simple fait de parler à quelqu'un peut apporter un soulagement énorme et immédiat. Certaines personnes ne peuvent pas parler à leur famille ou à des amis. Il est parfois plus facile de se confier à un inconnu. Il existe des centres d'entraide partout dans le monde, dans lesquels travaillent des bénévoles formés pour être à l'écoute des autres. N'hésitez pas à faire appel à eux. Ils sont là pour vous aider. Bien qu'il n'y ait pas de solution miracle, il est vrai que :

    • Le suicide est une solution permanente à un problème temporaire.
    • Lorsque nous sommes déprimés, nous avons tendance à voir seulement un présent défavorable. Une semaine ou un mois plus tard, la vie peut nous apparaître différente.
    • La plupart des gens qui ont un jour pensé à se suicider sont aujourd'hui heureux d'être en vie. Ils reconnaissent qu'ils voulaient arrêter de souffrir non pas vraiment mettre fin à leur vie.
    • Si quelqu'un passe une longue période à se sentir déprimé ou suicidaire, il souffre peut-être de dépression clinique, soit une maladie causée par un déséquilibre chimique et qui peut en général être soignée avec l'aide de médicaments et/ou d'une thérapie appropriée. Si c'est votre cas, n'hésitez pas à consulter.

    Informations complémentaires :
         - Cliquez ici si vous êtes un proche d’une personne suicidaire
         - Je suis déprimé, je ressens de l’anxiété ou je pense au suicide *
         - Tu penses au suicide ... arrête-toi un instant et lis ceci ! *
         - Aider à reprendre envie de vivre (site d'orientation chrétienne) *
         * : lien vers une page web externe à ce site.