Citations de François de La Rochefoucauld

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Artiste peintre : Théodore Chassériau,
Domaine public, via Wikimedia Commons

Le bonheur est toujours à la portée de celui qui sait le goûter.
 
Il est plus aisé d’être sage pour les autres que de l’être pour soi-même.
 
Tant que tu n’as pas trouvé la paix en toi, ne la cherche pas ailleurs.
 
Tout le monde se plaint de sa mémoire,
et personne ne se plaint de son jugement.
 
Ce n’est pas payer trop cher la liberté de l’esprit et du cœur,
que de l’acheter par le sacrifice des plaisirs.
 
Ce qui fait que si peu de personnes sont agréables dans la
conversation, c’est que chacun songe plus à ce qu’il veut dire
qu’à ce que les autres disent.
 
Ce qui rend la vanité des autres insupportable,
c’est qu’elle blesse la nôtre.
 
Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses
deviennent ordinairement incapables des grandes.
 
Il est plus aisé de connaître l’homme en général
que de connaître un homme en particulier.
 
Il est plus difficile de dissimuler les sentiments
que l’on a que de feindre ceux que l’on n’a pas.
 
Il est plus facile de paraître digne des emplois
qu’on n’a pas que de ceux que l’on exerce.
 
Il ne faut pas s’offenser que les autres nous cachent la vérité,
puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes.
 
La clémence des princes n’est souvent qu’une
politesse pour gagner l’affection des peuples.
 
La confiance que l’on a en soi fait naître la
plus grande partie de celle que l’on a aux autres.
 
La durée de nos passions ne dépend pas plus de
nous que la durée de notre vie.
 
La flatterie est une fausse monnaie qui
n’a de cours que par notre vanité.
 
La reconnaissance de la plupart des hommes n’est
qu’une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.
 
La véritable éloquence consiste à dire
tout ce qu’il faut et à ne dire que ce qu’il faut.
 
La vérité ne fait pas tant de bien dans le
monde que ses apparences y font de mal.
 
L’absence diminue les médiocres passions et augmente
les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume les feux.
 
L’amour de la justice n’est pour la plupart des
hommes que la crainte de souffrir l’injustice.
 
Le bien que nous avons reçu de quelqu’un
veut que nous respections le mal qu’il nous fait.
 
Le vrai moyen d’être trompé, c’est de se croire plus fin que les autres.
 
Les amitiés renouées demandent plus de soins
que celles qui n’ont jamais été rompues.
 
Les hommes ne vivraient pas longtemps en société,
s’ils n’étaient les dupes des uns les autres.
 
Les querelles ne dureraient pas longtemps,
si le tort n’était que d’un côté.
 
Lorsque notre haine est trop vive, elle nous
met au-dessous de ceux que nous haïssons.
 
Lorsque nous ne pouvons trouver la tranquillité en nous,
il est inutile de la chercher ailleurs.
 
Notre repentir n’est pas tant un regret du mal que nous
avons fait, qu’une crainte de celui qui nous en peut arriver.
 
Nous aimons toujours ceux qui nous admirent et nous
n’aimons pas toujours ceux que nous admirons.
 
Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie,
et nous y manquons souvent d’expérience malgré le nombre des années.
 
Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions,
si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.
 
Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous
sommes, que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas.
 
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens
que ceux qui sont de notre avis.
 
Nous promettons selon nos espérances,
et nous tenons selon nos craintes.
 
On croit parfois haïr la flatterie,
mais on ne haït que la manière de flatter.
 
On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses
grandes qualités, mais par l’usage qu’il sait en faire.
 
On ne donne rien si libéralement que ses conseils.
 
On ne peut répondre de son courage quand
on n’a jamais été dans le péril.
 
On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine.
 
On pardonne tant que l’on aime.
 
On passe souvent de l’amour à l’ambition,
mais on ne revient guère de l’ambition à l’amour.
 
On se console souvent d’être malheureux par
un certain plaisir qu’on trouve à le paraître.
 
Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme
qui leur est utile à la louange qui les trahit.
 
C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul.
 
Quand on croit servir les autres,
on ne fait que se servir à travers eux.
 
Quand on ne trouve pas le repos en soi-même,
il est inutile de le chercher ailleurs.
 
Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas
passer pour grande lorsqu’elle n’est pas l’effet d’un grand dessein.
 
Rien n’empêche tant d’être naturel, que l’envie de le paraître.
 
Si nous n’avions pas tant de défauts, nous ne prendrions
pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.
 
Toutes nos qualités sont incertaines et douteuses en bien
comme en mal, et elles sont presque toutes à la merci des occasions.
 
Un ami véritable est le plus grand de tous les biens.
 

Biographie de François VI, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac (1613-1680) :
Écrivain, moraliste et mémorialiste français, surtout connu pour ses Maximes. Il appartient à l’une des plus illustres familles de la noblesse française. Jouissant de la faveur de Louis XIV, il peut se consacrer à la réflexion et à la littérature. Son oeuvre la plus célèbre parut sous le titre de Réflexions ou sentences et Maximes morales. Elle est connue sous le simple titre de Maximes. Cette oeuvre a beaucoup influencé la littérature française.

Sujets complémentaires, citations de :
    Albert Camus
    René Descartes
    Victor Hugo
    Blaise Pascal
    Antoine de Saint-Exupéry
    Voltaire

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