65 citations d’Aldous Huxley

Photo de profil d’Aldous Huxley en 1925

Aldous Huxley agé de 31 ans

62400 répétitions font une vérité.

Le bonheur n’est jamais grandiose.

Qui contrôle le passé contrôle l’avenir.

Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore.

Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison.

On croit les choses parce qu’on a été conditionné à les croire.

Parodies et caricatures sont les plus pénétrantes des critiques.

Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d’autrui.

Voyager c’est découvrir que tout le monde se trompe sur les autres pays.

Il est impossible d’avoir quelque chose pour rien. Le bonheur, il faut le payer.

Tout événement ressemble essentiellement à la nature de l’homme qui le subit.

La plupart des êtres humains ont une capacité infinie à tout prendre pour acquis.

C’est là qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire.

La peur chasse l’intelligence, chasse la bonté, chasse toute idée de beauté et de vérité.

Les mots sont magiques en ce sens qu’ils influent sur les cerveaux de ceux qui les utilisent.

L’idéalisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volonté de puissance.

J’aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur.

L’expérience, ce n’est pas ce qui nous arrive, c’est ce que nous faisons avec ce qui nous arrive.

Il n’y a qu’une seule partie de l’univers que nous pouvons changer d’une façon certaine : soi-même.

Il y a trois sortes d’intelligences : l’intelligence humaine, l’intelligence animale et l’intelligence militaire.

Être un homme complet, équilibré, c’est une entreprise difficile, mais c’est la seule qui nous soit proposée.

La qualité du comportement moral est inversement proportionnelle au nombre d’êtres humains concernés.

Nous marchons à tâtons dans un univers dont nous ne connaissons que les apparences les plus grossières.

Le silence est aussi plein de sagesse et d’esprit en puissance que le marbre non taillé est riche de sculpture.

Les mots peuvent ressembler aux rayons X ; si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi.

Qu’est-ce que j’éprouverais si je le pouvais, si j’étais libre, si je n’étais pas asservi par mon conditionnement ?

Il faut autant de travail pour écrire un mauvais livre qu’un bon ; il sort avec la même sincérité de l’âme de l’auteur.

Le secret du génie est d’insuffler l’esprit de l’enfance dans l’âge adulte ce qui signifie ne jamais perdre son enthousiasme.

Le bien de l’humanité doit consister en ce que chacun jouit au maximum du bonheur qui peut, sans diminuer le bonheur des autres.

Toute découverte de la science pure est subversive en puissance ; toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible.

Notre vie s’améliore seulement si nous prenons des risques et le plus grand de tous les risques est d’être honnête envers soi-même.

La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.

À une époque de technologie avancée, le plus grand danger pour les idées, la culture et l’esprit risque davantage de venir d’un ennemi au visage souriant que d’un adversaire inspirant la terreur et la haine.

Si vous vous êtes mal comporté repentez-vous, faites amende honorable et promettez de mieux vous comporter la fois prochaine. Ne ressassez pas vos erreurs. Se trainer dans la boue n’a jamais été le meilleur moyen de se nettoyer.

Sous l’effet de la raillerie, il se sentait un paria, et se sentant un paria, il se conduisait comme tel, ce qui fortifiait le préjugé contre lui et intensifiait le mépris et l’hostilité qu’éveillaient ses défauts physiques. (Le meilleur des mondes, 1932)

Ceux qui aiment sentir qu’ils ont toujours raison, et qui attachent une grande importance à leurs propres opinions, feraient bien de rester chez eux. En voyage, vous perdez vos convictions aussi facilement que vos lunettes, mais il est plus difficile de les remplacer.

La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude.

Le royaume des cieux est dans l’esprit de chacun, non pas dans le vacuum collectif d’une foule. Le Christ a promis qu’il serait présent là où deux ou trois personnes seraient rassemblées, il n’a jamais dit qu’il serait au milieu de milliers d’êtres en train de se contaminer réciproquement à grandes lampées de poison grégaire.

Il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des Sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir. (Extrait d’un discours qu’il a prononcé en 1961 à la California Medical School de San Francisco)

Citations extraites de « Les portes de la perception » publié en 1954 :

L’homme connaît tant d’autres choses ; il ne se connaît pas lui-même.

Les mots ont des sens différents pour des gens situés à des niveaux d’être différents.

Le progrès technologique n’abolit pas les obstacles ; il en change simplement la nature.

Trop prise au sérieux, la théologie peut éloigner les hommes de la vérité, au lieu de les mener vers elle.

L’esprit se préoccupait primordialement, non pas de mesures et de situations, mais d’être et de signification.

Tous les hommes désirent la paix, mais il y en a peu, en vérité, qui désirent les choses qui conduisent à la paix.

Se voir comme les autres nous voient est un don fort salutaire. Voir les autres comme ils se voient est tout aussi précieux.

Les mots peuvent causer de la confusion et créer des enchevêtrements ; mais l’absence de mots engendre une obscurité totale.

Nous pouvons mettre en commun des renseignements sur des expériences éprouvées, mais jamais les expériences elles-mêmes.

Dans les arts plastiques, c’est le sujet qui se charge de proposer ; ce qui dispose, en fin de compte, c’est le tempérament de l’artiste.

Nous vivons ensemble, nous agissons et réagissons les uns sur les autres ; mais toujours, et en toutes circonstances, nous sommes seuls.

La recherche de la Réalité et de l’Éternité impose une discipline que la grande majorité des hommes et des femmes ne sont pas disposés à subir.

Comme toujours, il est immensément plus facile de disserter sur de telles méthodes, et de faire des lectures à leur sujet, que de les mettre en pratique.

Les petites choses faites dans un esprit d’amour fervent sont infiniment plus précieuses que des choses beaucoup plus grandes faites avec moins d’amour.

La réalité ne peut être passée sous silence, sauf moyennant un prix à payer ; et plus on persiste à la passer sous silence, plus le prix à payer devient élevé et terrible.

Aujourd’hui, après deux guerres mondiales et trois révolutions majeures, nous savons qu’il n’y a pas de corrélation nécessaire entre la technologie plus avancée et la morale plus avancée.

Aider l’homme à surmonter ces passions, tel est le but de tout enseignement moral ; et cette domination est un préliminaire et un accompagnement essentiel de la vie de spiritualité mystique.

Quiconque prête quelque attention à ses processus mentaux ne tarde pas à découvrir qu’une forte proportion de son temps est dépensée à remâcher et ruminer le passé et à goûter par avance l’avenir.

L’inquiétude est toujours de la vanité, parce qu’elle ne sert à rien de bon. Voire, même si le monde entier était jeté dans la confusion, avec toutes les choses qui s’y trouvent, l’inquiétude à ce sujet serait encore de la vanité.

Mais la seule chose que nous connaissions au sujet de l’avenir, c’est que nous sommes profondément ignorants de ce qui va advenir, et que ce qui arrive effectivement est en général fort différent de ce que nous avions prévu.

Un homme peut avoir réussi à vaincre ses passions, à les remplacer par un désir fixe et univoque d’éclaircissement, et se trouver néanmoins gêné dans son avance par le flot des distractions sans intérêt qui font irruption dans son conscient.

La familiarité n’engendre pas nécessairement la compréhension ; voire, elle se met souvent en travers de la compréhension. Nous prenons la chose familière comme allant de soi, et n’essayons même pas de découvrir ce qu’elle est.

L’histoire des religions, même les plus avancées, est horriblement mouvementée. Leurs enseignements ont inspiré certains hommes à poursuivre la sainteté ; elles ont servi à d’autres de justification à tous genres d’activité destructrice et diabolique.

L’expérience montre que des états d’esprit tels que l’orgueil, la colère, la cupidité et l’envie sont totalement incompatibles avec la connaissance de la réalité ultime ; et cette incompatibilité existe pour les personnes de toutes les variétés de tempérament et d’éducation.

Être secoué hors des ornières de la perception ordinaire, avoir l’occasion de voir pendant quelques heures intemporelles le monde extérieur et l’intérieur, non pas tels qu’ils apparaissent à un animal obsédé par la survie ou à un être humain obsédé par les mots et les idées, mais tels qu’ils sont appréhendés, directement et inconditionnellement […] c’est là une expérience d’une valeur inestimable pour chacun.

Mais l’homme qui revient après avoir franchi la Porte dans le Mur ne sera jamais tout à fait le même que l’homme qui y était entré. Il sera plus sage, mais moins prétentieusement sûr ; plus heureux, mais moins satisfait de lui ; plus humble en reconnaissant son ignorance, et pourtant mieux équipé pour comprendre les rapports entre les mots et les choses, entre le raisonnement systématique et le Mystère insondable dont il essaye, à jamais et en vain, d’avoir la compréhension.

Quand on considère un groupe de religions organisées, ou les croyances et les pratiques religieuses d’un groupe d’individus, comment peut-on distinguer entre le plus vrai et le moins vrai, le meilleur et le moins bon ? L’une des réponses données par tous les grands maîtres religieux, c’est que « vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». Mais malheureusement, il faut souvent longtemps pour observer les fruits ; les pleines conséquences de l’adhésion à une religion ne se manifesteront pas en toutes circonstances.

Biographie courte d’Aldous Huxley (1894-1963) :

Surtout connu comme romancier et essayiste, Aldous Huxley a aussi écrit des nouvelles, de la poésie, des récits de voyage et des scénarios de film. Il est né à Godalming dans le Surrey anglais, au sein d’une famille intellectuelle, qui le pousse à faire de longues études. Son père, en plus d’être écrivain, exerçait le métier d’herboriste. Son grand-père, Thomas Henry Huxley, est un des plus importants naturalistes du XIXe siècle. Son frère Julian Huxley est un biologiste connu pour ses théories sur l’évolution. La famille de sa mère, quant à elle, est plutôt littéraire. À 17 ans, Aldous contracte une maladie (keratitis punctata) qui endommage gravement sa vision pour quelques années. Quasiment aveugle, il est déclaré inapte au service lors de la Première Guerre mondiale. Une fois rétabli, il étudie la littérature anglaise au Collège Balliol d’Oxford, où il fait preuve de capacités intellectuelles bien supérieure à la moyenne. Au début de la vingtaine, il devient journaliste et critique d’art. Il voyage et fréquente l’intelligentsia européenne de l’époque. Profondément préoccupé par les bouleversements que connaît le monde occidental, il écrit de grands romans (p.ex. Le Meilleur des mondes et La Paix des profondeurs) sur les menaces que fait peser le mariage du pouvoir politique, du progrès technologique, du béhaviorisme et du nationalisme d’état. Il épouse Maria Nys. Ils auront ensemble un seul enfant, Matthew, qui deviendra épidémiologiste. En 1928, il publie un roman à fort succès : Contrepoint, dans lequel il présente une vision ironique de la Société de l’époque. En 1937, Huxley s’installe à Hollywood et publie La Fin et les Moyens. Il y affirme que dans les civilisations modernes, les gens ne sont pas incapables de s’entendre sur la manière de parvenir à un monde de liberté, de paix et de justice pour tous. À cette époque, il gagne très bien sa vie surtout en écrivant des scénarios de films. Cet argent lui permet d’aider des écrivains et autres artistes qui fuient Allemagne Nazie. Après la Seconde Guerre mondiale, Huxley demande la citoyenneté américaine, qui lui est refusée parce qu’il ne peut envisager de défendre les États-Unis par les armes. Sa première épouse meurt d’un cancer du sein en 1955. En 1956, il se remarie avec Laura Archera, elle-même auteur. Elle écrira plus tard la biographie de son mari. En 1959, Huxley, qui était resté citoyen britannique, refuse le titre de Knight Bachelor que lui offre le gouvernement Macmillan. En 1960, on lui diagnostique un cancer de la gorge, sa santé se détériore alors graduellement. Pendant ce temps, il est régulièrement invité à s’exprimer dans de prestigieuses universités américaines. Voici un extrait du discours qu’il a prononcé en 1961 à la California Medical School de San Francisco : « Il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des Sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir. » Il meurt paisiblement, le 22 novembre 1963. L’annonce de sa mort fut éclipsée dans les médias par celle de John F. Kennedy, survenue le même jour.

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