100 citations de Cicéron

 Photo d'un buste de Cicéron

Buste de Cicéron de l’artiste José Luiz Bernardes Ribeiro, Wiki

Table des matières

Catégorie 1) L’amour et amitié

L’amitié commence où finit l’intérêt.

L’amitié dure davantage entre des égaux.

Rien n’est difficile pour ceux qui s’aiment.

L’ami est plus nécessaire que le feu et l’eau.

Sans la vertu, il ne peut être d’amitié véritable.

Quoiqu’il soit content de lui-même, le sage a besoin d’amis.

Pour moi c’est ravir au monde le soleil que d’ôter de la vie l’amitié.

Seuls les sentiments peuvent nous unir. L’intérêt n’a jamais forgé d’amitiés stables.

Il n’y a point d’amitié plus douce que celle qui naît de la sympathie des caractères.

La véritable amitié n’a rien de feint, rien de simulé ; tout en elle est vrai, tout vient du cœur.

Il n’est pas dans l’amitié de peste comparable à l’adulation, la flatterie, la basse complaisance.

Parmi les nombreux et solides avantages de l’amitié, le plus précieux, à mon avis, est de nous donner confiance en l’avenir.

La société la plus belle et la mieux cimentée est celle qui se forme entre des gens de bien, de mœurs semblables, et que l’amitié rapproche.

Catégorie 2) L’âme

Les maladies de l’âme sont plus funestes que celles du corps.

Si le visage est le miroir de l’âme, les yeux en sont les interprètes

Rien ne décèle plus une âme misérable et basse que l’amour de l’or.

La philosophie est la vraie médecine de l’âme. (Tusculanae disputationes, env. 45 av. J. C.)

L’âme n’a pas le pouvoir de se voir elle-même mais, tout comme l’oeil, bien qu’elle ne se voie pas, elle saisit le monde extérieur.

Catégorie 3) Apprendre

Que chacun s’exerce dans l’art qu’il connaît.

Une pièce sans livres, c’est comme un corps sans âme.

Tous, nous sommes portés par un penchant irrésistible à désirer connaître la science, en laquelle nous estimons qu’exceller est une belle chose.

Les hommes diffèrent par le savoir, mais sont tous égaux par leur aptitude au savoir, il n’est pas de race qui, guidée par la raison ne puisse parvenir à la vérité

L’homme ne doit point borner ses vues ni son zèle au seul avantage du pays où il a reçu le jour ; il doit se regarder comme un citoyen du monde entier qui, dans ce sens, ne fait qu’une seule ville.

Catégorie 4) Le bien

Il n’y a d’autre bien que ce qui est honnête.

La justice doit être cultivée pour elle-même.

Plus on est placé haut, plus on doit se montrer humble.

Qu’y a-t-il de meilleur, ou qu’y a-t-il de plus beau, que d’être bon et de faire le bien ?

Le fondement de la justice est la bonne foi, c’est-à-dire le respect de notre parole, et l’inviolable fidélité à nos engagements.

Nous devons demeurer fidèles aux inspirations de la nature, mettre tous nos avantages en commun par un échange réciproque de bons offices.

Le lâche, l’insensé, le méchant, ne peuvent être heureux ; mais l’homme honnête, l’homme courageux, le sage, ne peut être misérable. (Paradoxa Stoicorum, Ier s. av. J. C.)

La vie entière est réglée par le devoir ; que vous soyez homme public ou privé, dans le sein de votre maison ou en plein forum, que vous ayez affaire à vous-même ou à votre semblable, vous êtes soumis à des devoirs : si vous les respectez, vous êtes honnête homme ; malhonnête homme si vous les négligez.

Catégorie 5) Le bonheur

Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut.

Le plus fructueux de tous les arts, c’est l’art de bien vivre. (Tusculanae disputationes – env. 45 av. J. C.)

Vis comme un homme brave ; et si la fortune t’est contraire, affronte-la avec un coeur empli de courage.

Les chefs doivent tout rapporter à ce principe : ceux qu’ils gouvernent doivent être aussi heureux que possible.

Quand la fortune nous seconde et que le bonheur nous arrive de tous côtés, notre grand soin doit être de nous défendre contre l’orgueil, l’arrogance, la présomption hautaine.

Catégorie 6) Les six erreurs humaines

Refuser de classer de côté des priorités en réalité insignifiantes.

L’illusion qu’un gain personnel se fait toujours aux dépens des autres.

La tendance à s’inquiéter de choses que nous ne pouvons changer ou corriger.

Tenter de forcer les autres à croire les mêmes choses et à vivre de la même façon que nous.

Insister sur le fait qu’une chose est impossible parce que nous sommes incapables d’en venir à bout.

Négliger le développement et le raffinement de l’esprit et ne pas acquérir l’habitude de la lecture et de l’étude.

Catégorie 7) L’injustice

On peut être injuste de deux manières ; ou en faisant soi-même du mal à autrui, ou en laissant faire celui que l’on peut empêcher.

La plupart du temps, les hommes se portent à commettre l’injustice pour satisfaire leur cupidité, la plus insatiable et la plus injuste des passions.

Lorsqu’une injustice est commise, il importe beaucoup de distinguer si elle vient d’un de ces mouvements soudains qui le plus souvent ne durent pas, ou, si elle a été préméditée. Une faute est moins grave quand elle échappe à l’homme dans un moment d’effervescence, que lorsqu’elle est réfléchie et faite de sang-froid.

Catégorie 8) La loi

En temps de guerre la loi se tait.

Quand les armes parlent, les lois se taisent.

Nous sommes esclaves des lois pour pouvoir être libres.

Faire dépendre la justice des conventions humaines, c’est détruire toute morale.

Catégorie 9) Le mal

Qui n’empêche pas le mal le favorise.

Misérable est la vie de ceux qui aiment mieux être craints qu’être aimés.

Sous le règne du plaisir, la valeur morale ne peut en aucun cas subsister.

Ce qui doit être obtenu par le mérite, on cherche à l’avoir à prix d’argent.

Le propre de la folie est de voir les défauts d’autrui, et d’oublier les siens.

Il y a dans le coeur de l’homme je ne sais quoi de désordonné qu’exalte le plaisir et qu’abat la douleur.

C’est le propre de l’homme de se tromper ; seul l’insensé persiste dans son erreur.(Philippicae XII.5)

Catégorie 10) Le mensonge

Celui qui a l’habitude du mensonge, a aussi celle du parjure.

Comme rien n’est plus beau que de connaître la vérité, rien n’est plus honteux que d’approuver le mensonge.

On ne saurait stigmatiser par trop d’expressions le vice de ces hommes souples et trompeurs toujours prêts à parler comme vous le voulez, non comme la vérité l’exige.

Catégorie 11) La parole

Il est honteux de faire son propre éloge.

Je n’ai pas honte d’admettre ce que je ne sais pas.

La raison et la parole unissent les hommes entre eux.

L’éloquence est la lumière qui fait briller l’intelligence.

Les orateurs élèvent la voix quand ils manquent d’arguments.

Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les discours qu’on peut tenir sur moi.

Catégorie 12) La pensée

Bien agir vaut mieux que bien penser.

Chacun est tourmenté par sa propre malhonnêteté.

Aucun esprit averti n’a jamais considéré que changer d’opinion soit le fait de l’inconstance.

Il faut beaucoup de force de caractère pour détacher son esprit des sens et dégager sa réflexion des idées reçues. (Devant la mort, 1re Tusculane)

Catégorie 13) La sagesse

La sagesse est l’art de vivre.

En doutant, on atteint la vérité.

La sagesse est la santé de l’âme.

Jamais le sage ne se met en colère.

Il ne faut pas croire tout ce qu’on voit.

Selon qu’on sème, on récolte. (De oratore)

Il ne suffit pas d’acquérir la sagesse, il faut en profiter.

Vaine est la sagesse du sage qui ne saurait servir à lui-même.

De la bouche d’un sage sortent des discours plus doux que le miel.

Si nous prenons la nature pour guide, nous ne nous égarerons jamais.

Ce n’est pas assez en effet de savoir juger ce que l’on doit faire ou ne pas faire ; il faut encore savoir se tenir ferme dans le parti que la raison a approuvé.

Catégorie 14) La vertu

Nul ne peut être heureux sans la vertu.

On n’est pas privé de ce dont on n’a pas besoin.

Le plus grand théâtre de la vertu est la conscience.

On ne parvient à rien de grand sans qu’il en coûte beaucoup.

Il faut supprimer de toute notre vie l’hypocrisie et la simulation.

La vertu fait naître l’amitié, et c’est la vertu qui la rend durable.

Ne rien convoiter, c’est épargner ; ne rien acheter, c’est s’enrichir.

La gratitude est non seulement la plus grande des vertus, mais aussi la mère de toutes les autres.

Plus on est honnête homme, plus on a de peine à soupçonner les autres de ne l’être pas. (Les pensées sur l’amitié, env. 44 av. J. C.)

Catégorie 15) La vieillesse

Il n’y a que les insensés qui rejettent sur la vieillesse leurs défauts et leurs vices.

Chaque époque nous offre des fruits à cueillir qui ne viennent qu’en leur temps.

Une jeunesse déréglée et intempérante ne transmet à la vieillesse qu’un corps épuisé.

Les hommes sont comme les vins : avec le temps, les bons s’améliorent et les mauvais s’aigrissent.

L’inexpérience du jeune âge a besoin d’être gouvernée par la prudence de la vieillesse. (Le traité des devoirs – env. 44 av. J. C.)

La vieillesse est noble, lorsqu’elle se défend elle -même, garde ses droits, ne se vend à personne, et jusqu’au dernier souffle domine sur les siens.

Catégorie 16) Autres sujets

Il y a un art de savoir et un art d’enseigner.

L’homme n’est jamais moins seul que lorsqu’il est seul.

La vie des morts consiste à survivre dans l’esprit des vivants.

Le bien final et la tâche suprême d’une personne avisée est de résister à l’apparence.

À l’heure de la mort, c’est une ressource bien consolante que le souvenir d’une belle vie.

Ignorer les événements qui se sont passés avant votre naissance, c’est rester toujours enfant.

Biographie de Cicéron (106 à 43 av. J.-C.) :

Marcus Tullius Cicéro (appelé Cicéron) est originaire de Arpinum en Italie centrale. Connu pour ses textes à l’éloquence et à la rigueur classique exemplaires, il marque l’histoire romaine pour son influence politique et surtout pour son grand talent d’orateur. Il fait de longues études sur la philosophie et l’art oratoire appliqué au droit. Encore jeune, il embrasse la carrière d’administrateur en étant tour à tour questeur en Sicile, édile, préteur et enfin consul, tout en se exerçant son métier d’avocat. Avec une grande droiture morale, il utilise son pouvoir politique pour protéger la liberté de la République. Après l’assassinat de César, Cicéron s’opposa à Antoine qui cherchait à recueillir la succession de César. Il prononça au Sénat quatorze discours contre Antoine. La vengeance de celui-ci fut rapide. Quelques mois après son dernier discours, les tueurs d’Antoine lui coupèrent la tête et tranchèrent les mains qui avaient écrits de si violentes accusations contre lui. Rome perdit ce jour-là un grand écrivain. L’oeuvre épistolaire de Cicéron comprend 800 lettres. Le « De republica » est un dialogue en six livres qui étudie la meilleure formule de gouvernement d’un état. Les Tusculanes furent rédigées en cinq livres, dans lesquels il traite le problème du bonheur et de la mort. Réputé pour sa vanité et son arrogance, Cicéron n’en demeure pas moins une référence politique importante, dont la pensée d’inspiration platonicienne influencera nombre de philosophes.

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