40 citations de Jean Cocteau

Photo de Jean Cocteau dans la trentaine

Jean Cocteau en 1923

On peut naître vieux comme on peut mourir jeune.

Le critique compare toujours. L’incomparable lui échappe.

Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière.

L’art ne vaut à mes yeux que s’il est la projection d’une morale.

L’on craint la vieillesse, que l’on est pas sûr de pouvoir atteindre.

À force de plaisirs, notre bonheur s’abîme. (Vocabulaire, La Sirène)

Notre mort n’est que très simple. Celle des autres est insupportable.

La sagesse est d’être fou lorsque les circonstances en valent la peine.

Le vrai drame, c’est la distance et que les êtres ne se connaissent pas.

Plus je vieillis, plus je vois que ce qui ne s’évanouit pas, ce sont les rêves.

Mieux vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un vrai.

Tous les enfants ont un pouvoir féérique de se changer en ce qu’ils veulent.

Un chef-d’oeuvre de la littérature n’est jamais qu’un dictionnaire en désordre.

Douter de tout, c’est aussi douter du doute. Voilà ce qui guette les incrédules.

L’extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie. (l’Insolence)

L’art consacre le meurtre d’une habitude. L’artiste se charge de lui tordre le cou.

L’esprit du parti abaisse les plus grands hommes jusqu’aux petitesses du peuple.

Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles. (Poésie critique, 1959)

Je me reproche d’avoir dit trop de choses à dire et pas assez de choses à ne pas dire.

Il faut croire en la chance. Sinon comment expliquer le succès de ceux qu’on aime pas.

Oserais-je dire que le cœur concilie les choses contraires, et admet les incompatibles ?

Le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. (Le Rappel à l’ordre)

Je crois à la chance ; sans cela comment expliquer le succès des gens que nous n’aimons pas ?

Le bonheur d’un ami nous enchante, il nous ajoute, il n’ôte rien ; si l’amitié s’en offense, elle n’est pas.

On ferme avec douceur les yeux des morts. C’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants.

Apprenez qu’un bon livre ne donne jamais ce qu’on peut attendre. Il doit vous hérisser de points d’interrogation.

Un coupable puni est un exemple pour la canaille ; un innocent condamné est l’affaire de tous les honnêtes gens.

La calomnie est un propos en l’air qui aura pris du poids en retombant dans une oreille malveillante. (L’insolence)

Il y a un utile et un inutile en art. La majorité du public ne ressent pas cela, envisageant l’art comme une distraction.

Le vrai réalisme consiste à montrer les choses surprenantes que l’habitude cache sous une housse et nous empêche de voir.

Si nous pouvions mesurer la distance qui nous sépare de ceux que nous croyons les plus proche, nous aurions peur. (La difficulté d’être)

Ce que nous prenons pour la paix n’est qu’un armistice entre les conflits : la planète grouille, saigne, et ne saurait vivre sans cette violence.

On croit que le style est une façon compliquée de dire des choses simples, alors que c’est une façon simple de dire des choses compliquées.

Un étranger, qui juge notre caractère d’après notre œuvre, nous juge mieux que notre entourage, qui juge notre œuvre d’après nous. (Opium)

Le verbe « aimer » est le plus compliqué de la langue. Son passé n’est jamais simple, son présent n’est qu’imparfait et son futur toujours conditionnel.

Ce qui caractérise notre époque, c’est la crainte d’avoir l’air bête en décernant une louange, et la certitude d’avoir l’air intelligent en décernant un blâme.

La faculté de rire aux éclats est preuve d’une âme excellente. Je me méfie de ceux qui refusent le rire et refusent son ouverture. (La Difficulté d’être, 1947)

J’aime vieillir. Je déteste la conception wildienne de la « jeunesse ». Les boucles blondes, etc. L’âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. (Journal, 1942-1945)

Il faut bien comprendre que l’art… n’existe pas en tant qu’art, en tant que détaché, libre, débarrassé du créateur, mais qu’il n’existe que s’il prolonge un cri, un rire ou une plainte.

Ce que le lecteur veut, c’est se lire. En lisant ce qu’il approuve, il pense qu’il pourrait l’avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place, de dire ce qu’il n’a pas su dire, et que selon lui il dirait mieux.

Excellente est l’attitude de celui qui a bien employé le temps qu’on lui octroie et ne s’est pas mêlé d’être son propre juge. La durée humaine n’appartient qu’à ceux qui pétrissent la minute, la sculptent et ne se préoccupent pas du verdict. (La difficulté d’être)

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