120 citations de Publilius Syrus (un ancien esclave devenu poète)

Le rire est une insulte au malheur.

Le pire des défauts est de les ignorer.

La pire tyrannie est celle de l’habitude.

Ne fais point ta joie du malheur d’autrui.

Mieux vaut recevoir que faire une injure.

Le coupable craint la loi et l’innocent le sort.

La félicité passée double le malheur présent.

Notre pire ennemi se cache dans notre cœur.

Pardonne à un ennemi, tu gagneras des amis.

Être digne d’éloges, vaut mieux que d’être loué.

On irrite celui que l’on aime en voulant être aimé.

Les mauvais cœurs n’ont jamais besoin de leçons.

Les yeux sont aveugles lorsque l’esprit est ailleurs.

Dompter sa colère, c’est vaincre un grand ennemi.

Ne promettez pas ce que vous ne pourrez pas tenir.

La réputation a une plus grande valeur que l’argent.

Même par jeu, il n’est pas permis d’offenser un ami.

Le temps de la réflexion est une économie de temps.

Les blessures de la conscience ne cicatrisent jamais.

Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure.

Il ne faut rien croire d’une âme irritée par la douleur.

Perdre un ami est la plus grande de toutes les pertes.

Supporte sans te plaindre ce qui ne peut être changé.

Le sage est maître de son cœur, le fou en est l’esclave.

Domine tes passions pour qu’elles ne te dominent pas.

L’homme meurt autant de fois qu’il perd l’un des siens.

Il y a un chemin partout où un autre a laissé des traces.

Le préjugé est fâcheux, parce qu’il exclut tout jugement.

Le courage croît à force d’oser, la peur à force d’hésiter.

Le courage du soldat dépend de la prudence du général.

Qui plaide pour un innocent est toujours assez éloquent.

L’homme généreux invente même des raisons de donner.

La douleur de l’âme pèse plus que la souffrance du corps.

C’est un mauvais plan que celui qui ne peut être modifié.

Tu dois connaître les coutumes de ton ami et non les haïr.

Par temps calme, n’importe qui peut gouverner un navire.

L’homme patient et courageux fait lui-même son bonheur.

Toute chose a la valeur que son acquéreur est prêt à payer.

Personne ne sait de quoi il est capable avant d’avoir essayé.

Ayez plutôt soin de votre conscience que de votre réputation.

L’homme n’est bon qu’à la condition de l’être à l’égard de tous.

Rien ne peut être fait à la fois précipitamment et prudemment.

Les défauts des autres enseignent au sage à corriger les siens.

Nous envions le bonheur des autres, les autres envient le nôtre.

Qui ne sait pas rendre un service n’a pas le droit d’en demander.

Mauvais est l’avis qui ne peut varier. (Sentences Ier s. av. J.-C.)

Celui qui sait se vaincre dans la victoire est deux fois vainqueur.

Un sourire bien souvent a suffi, à deux êtres pour s’unir toute une vie.

Beaucoup de gens reçoivent des conseils. Seuls les sages en profitent.

Celui à qui l’on promet plus qu’il n’est juste veut plus qu’il ne lui est permis.

La fortune est semblable au verre ; plus elle est brillante, plus elle est fragile.

Il faut plus de courage pour vaincre ses passions que pour vaincre l’ennemi.

Plus le vice en un cœur a pu s’invétérer, et moins facilement on l’en peut retirer.

Un projet qu’on n’a pas laissé mûrir, est toujours promptement suivi du repentir.

Discutée avec calme, une thèse s’éclaire, mais la vérité fuit aux cris de la colère.

Parler en mal d’un ami véritable, c’est être indigne de lui, et c’est impardonnable.

L’affliction qui tue une autre affliction, prend sa place et tient lieu de consolation.

Poursuis un but utile, et renonce à l’erreur, de vouloir accomplir un stérile labeur.

Il ne faut ni trop parler, ni se taire sans cesse, entre les deux se trouve la sagesse.

Il est bon de prévoir et de se souvenir, un œil dans le passé, et l’autre vers l’avenir.

Ne précipitez rien, trop d’empressement nuit ; il amène l’erreur, et le regret la suit.

En sachant ménager et conserver son bien, à sa famille, en outre, on assure le sien.

N’exige que le juste, et crains de l’exposer, en voulant autre chose, à te voir refuser.

Le silence des sots a bien son avantage. Un sot veut-il se taire, il passera pour sage.

Il est rare que l’homme, incertain, inégal, sache venir au bien sans passer par le mal.

La vengeance, achetée à notre détriment, est un plaisir de fou, payé trop chèrement.

On perd vite un talent que l’on n’exerce pas, ne laisse pas oisifs ton esprit ni tes bras.

Le monde avec raison poursuit de ses mépris, la juste pauvreté qui du luxe est le prix.

La trop grande franchise est dupe bien souvent, et se prend aux pièges qu’on lui tend.

Dès que dans un État la liberté succombe, tout citoyen se tait, muet comme la tombe.

Nettoyons le dedans plutôt que le dehors, et les taches de l’âme avant celles du corps.

Fou, qui veut exercer l’autorité suprême, et ne sait seulement commander à lui-même.

Deux tâches à la fois ne valent jamais rien, en voulant faire trop, on ne fait rien de bien.

Quand le sort sur quelqu’un s’acharne avec furie, ajouter le reproche est de la barbarie.

Il n’est pas permis de blesser un ami, même en plaisantant. (Sentences Ier s. av. J.-C.)

Déverser sur autrui l’injure et l’anathème, c’est la plupart du temps s’injurier soi-même.

On ne trouve jamais petite une demeure, où de véritables amis sont reçus à toute heure.

Qui à sa santé ne porte un soin extrême, ne peut de ses douleurs accuser que lui-même.

Qui dans ses jugements trop se précipite, vers un prompt repentir court encore plus vite

Si tu veux vivre heureux loin des tempêtes, fuis la foule importune, et vis dans la retraite.

Plus on suit des plaisirs l’enivrant tourbillon, plus aussi de la crainte on ressent l’aiguillon.

Laisse, sans t’en moquer, chacun faire à sa guise, de crainte qu’à ton tour on te ridiculise.

De chacun en silence observe le langage, car le discours des mœurs est la parfaite image.

Qui me trompe une fois perd toute ma confiance, et se rend à toujours digne de méfiance.

Un homme défiant, soupçonneux à l’extrême, s’il n’a pas de rivaux, s’en invente lui-même.

Au milieu des tourments la douleur est immense, pour qui vit seul et qui souffre en silence.

Le bien que l’on a semé dans la prospérité, une fois mûri se retrouve aux jours d’adversité.

Il ne faut se hâter, ni de louer personne, ni d’accuser à tort quand peut-être on soupçonne.

L’homme se garde toujours de reporter sur lui, les mêmes jugements qu’il porte sur autrui.

Sache prévoir les maux qui peuvent t’atteindre, un mal prévu d’avance est moins à craindre.

On fait une sottise, une sottise amère, en changeant ce qu’on tient contre ce qu’on espère.

La discorde a cela d’heureux, que de la paix, elle fait mieux sentir le charme et les bienfaits.

De l’esprit et du corps fuis la double paresse, car où l’esprit languit, le corps aussi s’affaisse.

Il est rare qu’un homme, fût-il des moins sots, puisse parler beaucoup, et toujours à propos.

L’homme superficiel, où le bon sens sommeille, pour ses amis du jour oublie ceux de la veille.

La force augmente en osant ; la crainte en différant. (Les sentences et adages – Ier s. av. J.-C.)

L’hypocrite cherche souvent à se déguiser, sous un masque souriant, ou sous un doux baiser.

Sur ton ivresse, crois-moi, tu t’excuses en vain ; ta faute est bien ta faute, et non celle du vin.

Bien souvent par force ce qu’on ne peut acquérir, avec un brin de douceur on le peut obtenir.

Le voyageur qui craint de s’égarer et doute, fait mieux de tourner bride à moitié de sa route.

En dépit des calomnies, poursuis ton devoir ; faire taire les envieux, n’est pas en ton pouvoir.

Quand tu vois sous tes yeux commettre une injustice, ne la protège pas d’un silence complice.

Qui se proclame heureux éveille la colère, des jaloux et des envieux qui vivent dans la misère.

Ce que tu peux donner, garde-toi de le vendre ; on a sa large part du bien qu’on sait répandre.

Le fou tremble et fléchit devant les coups du sort, le sage avec constance en supporte l’effort.

Mêlons à nos labeurs quelques ébats joyeux, l’homme après le plaisir n’en travaille que mieux.

On se repent d’un mot qu’imprudemment on lance, mais on ne s’est jamais repenti du silence.

L’erreur est personnelle, et non héréditaire, nul homme ne doit souffrir des fautes de son père.

Une leçon ne nuit jamais, quelque amère qu’elle soit. (Les sentences et adages, Ier s. av. J.-C.)

Le malheur, dès qu’on sait le craindre et le prévoir, près de notre foyer ne vient guère s’asseoir.

Au-delà du possible, imprudent qui s’engage ! Mieux vaut promettre moins, et tenir davantage.

Dire ce que l’on pense en toute franchise constamment, a ses revers et de nombreux tourments.

Pour trouver le bonheur c’est faire fausse route, que de penser sans cesse au mal que l’on redoute.

N’allez pas, entre amis, vous prendre de propos, de grands débats parfois, naissent de vilains mots.

L’empire le plus beau, le triomphe suprême, c’est l’ascendant vainqueur que l’on prend sur soi-même.

On est moins malheureux, dans la douleur commune, de voir qu’on n’est pas seul à souffrir l’infortune.

Plus longue est notre vie, et plus nos repentirs, bourreaux de nos vieux jours font de nous des martyrs.

Un esprit soupçonneux n’admet pas que personne, puisse encore avoir foi dans les gens qu’il soupçonne.

Dans la justice même il faut de la mesure, et l’extrême justice est une extrême injure. (Sentences Ier s. av. J.-C.)

On ne doit repousser, en nulle occasion, la voix de la prudence et la précaution. (Les sentences et adages – Ier s. av. J.-C.)

Il est honorable de savoir pardonner, mais suivant la gravité de la faute, il est juste de ne jamais l’oublier. (Les sentences et adages – Ier s. av. J.-C)

 

Biographie de Publius Syrus (85 av J.-C. à 43 av J.-C.) :

Poète latin, Publius Syrus a été amené de force à Rome comme esclave. Il y fera son éducation et y deviendra célèbre. Son maître, Domitius, l’affranchi en raison de ses qualités intellectuelles et ses talents. Publius Syrus est un des principaux représentants de l’art du geste. Il est de plus célèbre pour ses Sentences, série d’aphorismes extraits de ses pièces. Elles incluent des maximes et des observations piquantes, comme « Le juge est condamné quand le coupable est acquitté. »

Carte géographique qui situe la Syrie.

La Syrie, lieu de naissance de Publilius Syrus
L’Américain (Turkey orthographic projection.svg) [CC BY-SA 3.0 or GFDL], Wiki

Sujets complémentaires :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.