100 citations de Sénèque

Sculpture de Sénèque à la Puerta de Almodóvar à Córdoba en Espagne

De Rafaelji via Wikipedia espagnol [GFDL ou CC-BY-SA-3.0], via Wiki

Si tu veux être aimé, aime.

En tout, l’excès est un vice.

Le langage de la vérité est simple.

Le discours est le visage de l’âme.

L’arbre devient solide sous le vent.

Le style est le vêtement de la pensée.

Le calme est le bien distinctif du sage.

Tout art est une imitation de la nature.

Le travail est l’aliment des âmes nobles.

Il est parfois bon d’avoir un grain de folie.

Il faut toute la vie pour apprendre à vivre.

Un bien n’est agréable que si on le partage.

On ne se moque pas de qui rit de lui-même.

Pendant que l’on attend de vivre, la vie passe.

De n’importe où on peut s’élancer vers le ciel.

Il n’est pas de vice qui ne trouve de défenseur.

Tant qu’on est en vie, il faut apprendre à vivre.

Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse.

C’est une grande servitude qu’une grande carrière.

La philosophie n’enseigne pas à dire, mais à faire.

Dans la lutte, on descend au niveau de l’adversaire.

À force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse.

Le bon juge condamne le crime sans haïr le criminel.

Étudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux.

La conscience d’avoir bien agi est une récompense en soi.

Être asservi à soi-même est le plus pénible des esclavages.

Le véritable bien se trouve dans le repos de la conscience.

Un malheur n’a jamais que l’importance que nous lui accordons.

Ne dis pas toi-même ce que tu ne veux pas entendre d’un autre.

Celui qui ne sait pas se taire, il ne sait pas non plus parler.

L’amitié est toujours profitable, l’amour est parfois nuisible.

On ne trouve guère un grand esprit qui n’ait un grain de folie.

Commence déjà à être l’ami de toi-même. Tu ne seras jamais seul.

La méchanceté boit elle-même la plus grande partie de son venin.

C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien.

La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s’y plongent.

La vie heureuse est celle qui est en accord avec sa propre nature.

Le pire châtiment d’une mauvaise action, c’est de l’avoir commise.

La colère est comme une avalanche qui se brise sur ce qu’elle brise.

Il n’est pas de vents favorables pour celui qui ne sait pas où il va.

Ne vaut-il donc pas mieux guérir une blessure que de la venger ?

Une bonne recette pour être tranquille consiste à ne blesser personne.

Quelques-uns sont tenus en servitude, un plus grand nombre y tiennent.

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie.

L’homme pauvre, ce n’est pas celui qui n’a rien, c’est celui qui envie.

L’important n’est pas ce qu’on supporte, mais la façon de le supporter.

Non pas combien de temps, mais comment tu as vécu est la chose principale.

Nous commençons à vieillir quand nous remplaçons nos rêves par des regrets.

Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on endure, c’est la manière de l’endurer.

La vie se divise en trois moments ; ce qui fut, ce qui est, ce qui sera.

Les difficultés renforcent l’esprit, tout comme le travail fortifie le corps.

Le vice a mille formes, un seul résultat : l’homme se déplaît à lui-même.

Quand survient l’épreuve, il est trop tard pour préparer notre âme à l’assumer.

La chance n’est que la conjonction de la volonté et de circonstances favorables.

C’est en mortels que vous possédez tout, c’est en immortels que vous désirez tout.

Épargnons à la vertu le malheur de voir jamais la raison avoir recours aux vices.

Le tort commun des malheureux est de ne jamais croire à ce qui leur est favorable.

Quand le vainqueur a quitté les armes, le vaincu a le devoir de quitter sa haine.

Ce n’est pas ce que l’on supporte mais la manière de le supporter qui est important.

Celui qui cherche la sagesse est un sage, celui qui croit l’avoir trouvée est un fou.

La vie ressemble à un conte, ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur.

La déception est bien moins pénible quand on ne s’est point d’avance promis le succès.

Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi.

Celui qui a rendu un service doit se taire ; c’est à celui qui l’a reçu de parler.

On a des mots pour dire une peine légère, mais les grandes douleurs ne savent que se taire.

Plutôt que de savoir ce qui a été fait, combien il vaut mieux chercher ce qu’il faut faire.

Le plus grand obstacle à la vie est l’attente; celui qui espère trop demain, néglige aujourd’hui.

Toutes vos craintes sont des craintes de mortels, mais tous vos désirs sont des désirs d’immortels.

La raison veut décider ce qui est juste ; la colère veut qu’on trouve juste ce qu’elle a décidé.

L’une des plus belles et merveilleuses qualités de l’amitié véritable est de comprendre et d’être compris.

C’est par l’épreuve du feu qu’on reconnaît l’or pur. C’est par les épreuves qu’on reconnaît l’homme de cœur.

Chacun conduit sa vie à toute allure et souffre de tout attendre du futur et d’être insatisfait du présent.

Il n’y a dans la vertu, nul sujet de craindre aucun excès, parce qu’elle porte en elle-même la juste mesure.

Si tu veux connaître ta valeur exacte, mets de côté argent, maison, honneurs. Regarde au-dedans de toi-même.

Ce qui fait la vie brève et tourmentée, c’est l’oubli du passé, la négligence du présent, la crainte de l’avenir.

Tout ce que la constitution de l’univers nous astreint à souffrir, endurons-le en faisant preuve de grandeur d’âme.

La vie qui nous échoit n’est pas brève, nous la rendons brève ; elle ne nous fait pas défaut, nous la gaspillons.

La véritable sagesse consiste à ne pas s’écarter de la nature, mais à mouler notre conduite sur ses lois et son modèle.

L’épreuve est nécessaire à la connaissance de soi. C’est l’expérience qui nous fait prendre la mesure de nos propres forces.

Je gouvernerai ma vie et mes pensées comme si le monde entier devait être le témoin de l’une et pouvait lire dans les autres.

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.

Nous réglons notre vie sur les exemples : ce n’est pas la raison qui nous façonne ; c’est la coutume qui nous entraîne.

Même les natures difficiles et indomptées supporteront celui qui les flatte ; la caresse n’éveille ni la rudesse ni l’effroi.

La vertu est difficile à découvrir ; elle demande quelqu’un qui la dirige et la guide, les vices s’apprennent même sans maître.

Ne rends pas tes souffrances plus fortes encore, ne te charge pas de plaintes, légère est la douleur si l’imagination ne la grossit.

Toute chose est à autrui, le temps seul est à nous ; c’est l’unique bien, fugace et glissant, dont la nature nous a confié la possession.

Où vont tes regards, à quoi s’étendent tes pensées ? Tout ce qui arrivera plus tard est du domaine de l’incertain : vis dès maintenant.

Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient.

Tu as tes occupations et la vie se hâte ; sur ces entrefaits la mort sera là, à laquelle, bon gré mal gré, il faut bien finir par se livrer.

On ne peut être heureux quand on ne vit que pour soi, quand on rapporte tout à son propre intérêt. On ne vit vraiment pour soi qu’en vivant pour un autre.

Être invulnérable ne veut pas dire n’être jamais attaqué. Cela veut dire ne pas pouvoir être blessé. C’est ce qui caractérise le sage tel que j’entends le définir.

Fréquente ceux qui peuvent te rendre meilleur. Accueille ceux que tu peux rendre meilleurs. C’est une démarche réciproque : les hommes apprennent en enseignant.

L’essentiel de la vie s’écoule à mal faire, une bonne partie à ne rien faire, toute la vie à faire autre chose que ce qu’il faudrait faire. Saisis-toi de chaque heure.

Tu trouveras, dans n’importe quelle situation, des divertissements, des délassements et des plaisirs, si tu t’appliques à juger tes maux légers plutôt que de te les rendre intolérables.

Voici ce que doit être notre comportement ; vivre non pas pour le corps, mais parce qu’il est impossible de vivre sans lui. L’amour excessif que nous lui portons nous agite de craintes, nous surcharge de soucis et nous expose aux offenses.

Rien n’entraîne à de plus grands malheurs que de se conformer à la rumeur publique, en estimant que les meilleurs choix sont ceux du plus grand nombre, de se laisser conduire par la multiplicité des exemples cela parce que nous vivons non d’après la raison mais dans un esprit d’imitation.

Nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue, elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s’est écoulée dans les plaisirs et l’indolence, sans que rien d’utile en ait marqué l’emploi, le dernier, l’inévitable moment vient enfin nous presser ; et cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous sentons qu’elle est passée.

Tirons notre courage de notre désespoir même.

(Questions naturelles env. 47 ap. J.-C.)

Nos chagrins sont bien moins cuisants et nos pleurs bien moins amers quand la multitude les partage.

(La Troade – env. 60 ap. J.-C.)

L’homme heureux est donc celui qui a le jugement droit, celui qui se contente du présent, quel qu’il soit, et qui aime ce qu’il a. L’homme heureux est celui auquel la raison fait agréer toute situation de ses affaires.

(Dans La vie heureuse, Traduction nouvelle par M. Héron de Villefosse)

Ce qu’on ne peut acquérir sans peine n’en vaut pas la peine.

(Les lettres à Lucilius, LXXXVII – env. 64 ap. J.-C.)

L’homme véritable se doit d’admirer, même lorsqu’ils chutent, ceux qui entreprennent de grands efforts. La noblesse, c’est de se mesurer non aux forces qu’on sent en soi, mais à celles que comporte sa nature, d’essayer de monter au plus haut et de viser à des accomplissements impossibles même aux âmes les plus grandes.

(La vie heureuse, trad. François Rosso, p. 60)

Biographie de Sénèque (né entre l’an 4 av. J.-C. et l’an 1 ap. J.-C., mort en 65 ap. J.-C.)  :

Lucius Annaeus Seneca dit Sénèque est né à Cordoue, en Espagne. Il est le fils d’un célèbre professeur de rhétorique à Rome. Tôt dans sa vie, il se rend à Rome avec sa tante, qui était l’épouse du préfet d’Égypte. C’est là qu’il a fait ses études en philosophie. Il s’intéresse surtout au stoïcisme et à ascétisme. C’est à cette époque qu’il gagne déjà la réputation d’être un excellent orateur, défenseur acharné de la justice sociale et de la liberté. Sénèque voit la sagesse comme le but ultime de tout individu. Il considère également que le bonheur dépend de la capacité de chacun à s’éloigner des passions inférieures afin de tendre vers un idéal. C’est sur ce principe qu’il rédige un manuel de vie dans ‘Lettres à Lucilius’, son plus grand succès. En 49, il est recommandé comme précepteur à Néron par la femme de l’empereur de l’époque : Agrippine. C’est à ce titre qu’il conseille pendant des années l’un des pires empereurs romains : Néron. En 65, celui-ci l’accuse d’une tentative d’assassinat. L’empereur lui impose de choisir entre le suicide et l’exil. Fidèle à son idéologie, le stoïcien préfère mettre fin à ses jours. Sénèque nous a laissé neuf tragédies et plusieurs écrits moraux qui ont inspiré un grand nombre d’auteurs, dont Montaigne et Rousseau.

1 réponse

  1. LOUA Théodore Michel dit :

    Bonnes citations à incarner

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