Conte sur le véritable bonheur : les souhaits du pêcheur

Texte de Denis St-Pierre Idée originale d'un auteur inconnu
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Introduction

Il était une fois, au bord d'une mer d'émeraude, un pêcheur qui vivait dans une humble cabane aux volets bleus. Chaque matin, il hissait sa voile usée par le vent salé, et chaque soir, il rentrait avec quelques poissons, juste assez pour vivre. Sa vie était simple, paisible, mais son cœur, sans qu'il le sache, avait soif d'autre chose.

Un jour, alors qu'il tirait ses filets, il sentit une résistance inhabituelle. Un poisson d'écailles argentées, aux yeux aussi profonds que la mer, se débattait. Soudain, une voix douce et claire s'éleva :

— Pêcheur, épargne ma vie. En échange, je réaliserai trois de tes souhaits.

Les trois souhaits

Le pêcheur, stupéfait, relâcha le poisson. Il réfléchit un instant, puis, pensant à sa cabane qui laissait entrer la pluie, il murmura :

— J'aimerais que ma maison soit plus grande.

En un clin d'œil, les murs de bois s'écartèrent. Une véranda apparut, offrant une vue imprenable sur la mer. Le pêcheur sourit, mais il regarda autour de lui et pensa : "Si seulement elle était aussi plus belle..."

Il retourna au bord de l'eau et demanda :

— Poisson, que ma maison devienne luxueuse !

Le poisson plongea, et des poutres de chêne sculpté remplacèrent les planches rugueuses. Des vitraux colorés étincelèrent au soleil. La maison était superbe, presque royale.

Mais au lieu de la joie, une étrange lourdeur envahit le cœur du pêcheur. "Si seulement..." pensa-t-il encore.

Pour la troisième et dernière fois, il appela le poisson magique.

— Je veux un château, là, sur la falaise !

La mer s'agita, et sa maison se mua en un château de pierre blanche, avec des tours élancées pointant vers le ciel. Le pêcheur marcha dans les couloirs immenses, écoutant le bruit de ses pas résonner dans le vide. Les pièces étaient froides, silencieuses. Il se sentit plus seul que jamais.

Le bonheur n'est pas toujours au bout du chemin ; il se trouve parfois sous nos pas.

Conclusion

Le poisson apparut une dernière fois.

— Je t'ai accordé trois vœux, et ils t'ont rendu malheureux. Que demandes-tu pour réparer cela

Le pêcheur baissa la tête, honteux. Il demanda alors, d'une voix douce :

— Alors, accorde-moi une demeure où je pourrai enfin trouver le bonheur.

Le poisson le regarda avec des yeux anciens, pleins de sagesse, et disparut dans une vague argentée.

Quand le pêcheur ouvrit les yeux, il était assis sur le seuil de son humble cabane aux volets bleus. La mer d'émeraude s'étendait devant lui, les mouettes riaient dans le ciel, et le vent salé caressait son visage.

Il comprit alors que le bonheur qu'il cherchait n'avait jamais été ailleurs. Il était là, depuis le début, dans l'odeur du bois, le bruit des vagues et la liberté d'un homme vivant au rythme de la mer.

Le pêcheur ne fit plus jamais de souhaits. Il avait découvert ce que les richesses ne peuvent offrir : la paix intérieure.

Maison humble d'un pêcheur tout près de la mer.
Une maison heureuse vaut mieux que mille possessions.

Morale :

Le véritable bonheur ne réside pas dans ce que l'on possède, mais dans notre capacité à apprécier ce que nous avons. Comme le pêcheur, nous cherchons parfois bien loin ce qui est déjà devant nous.

Les richesses remplissent une maison, mais seule la paix intérieure apporte le bonheur.