La résilience : histoire de fougères et de bambous

Forêt de bambous de très grande taille.
Photo de Alain Van den Hende [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia

C’était un jour ordinaire, qui ressemblait à tous les autres, lorsque j’ai décidé que j’en avais assez. J’ai alors tout laissé tomber… À ce moment-là, je ne voyais aucune issue, c’est pourquoi je me suis avoué battu. J’ai donc renoncé à ma vie telle qu’elle était. Je suis ensuite allé loin dans la forêt pour parler à une personne âgée que l’on disait hautement évoluée.

J’ai marché dans les bois pendant une demi-journée, afin de rencontrer l’homme qui allait m’aider. Il se tenait près d’une maison très modeste, occupé à jardiner. Quand il m’a vu, il m’a aussitôt invité à prendre le thé. Il remarqua la morosité sur mon visage, et me demanda ce qui n’allait pas. Je lui racontai mes malheurs. Et il m’écouta attentivement et sereinement.

Le thé terminé, le vieil homme m’invita à me rendre sur un magnifique terrain à l’arrière de sa petite maison. Il y avait quelques fougères et bambous, près d’une grande quantité d’arbres. Le vieillard me demanda d’examiner ces deux types de plantes, car il voulait me raconter une histoire à leur sujet :
– Il y a huit ans, j’ai planté quelques graines de fougère et de bambou exactement en même temps. Et j’en ai pris bien soin. En quelques mois, les fougères commencèrent à germer, elles devinrent rapidement des plantes monumentales. Pendant ce temps, les graines de bambou étaient toujours sous terre.

J’écoutais attentivement, le sage continua son récit :
– Une année entière s’est écoulée. Les fougères poussaient encore et encore, mais pas les bambous. Patiemment, j’ai continué à les arroser. Une deuxième année s’est écoulée et les bambous refusaient toujours de se manifester.

Après avoir vérifié du regard mon intérêt, le vieil homme poursuivit :
– Je n’ai pas abandonné après la troisième année, ni après la quatrième année. Cinq ans plus tard, j’ai finalement vu quelques brindilles timides se montrer. En comparaison avec les fougères, elles étaient minuscules. Mais les bambous reprirent peu à peu le terrain. En douze mois, ils devinrent des arbres solides de plus de 10 mètres.

J’étais stupéfait d’entendre ce revirement. Avec toute mon attention, l’homme sage continua :
– Les bambous ont pris cinq ans à développer de grandes racines parce qu’ils devaient se préparer à s’élever très haut.
C’est à ce moment que je compris la raison d’être de cette leçon de botanique : parfois les choses prennent du temps, parce qu’elles se préparent à l’abri des regards afin d’aller bien haut par la suite. L’important est de persister et de ne pas se décourager.

Après cette conversation, j’ai quitté la forêt et j’ai repris mon travail avec courage. J’espère que cette histoire vous aidera à garder la foi et à ne jamais abandonner. Ne vous dites pas à quel point le problème est grand, dites plutôt au problème à quel point VOUS êtes grand. Si vous n’obtenez pas ce que vous désirez, ne renoncez pas, ne perdez pas espoir. Qui sait, vous êtes peut-être en train de développer les racines grâce auxquelles vous atteindrez des sommets.

« La résilience est la capacité à faire face aux adversités de la vie, transformer la douleur en force motrice pour se surpasser et en sortir fortifié. Une personne résiliente comprend qu’elle est l’architecte de sa propre joie et de son propre destin. »

Idée originale : conte oriental
Adaptation : Denis St-Pierre

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