Les casseurs de cailloux

Un veil homme avec un large chapeau casse de cailloux.

Un tableau l’artiste Gustave Courbet (1819–1877)

Un pèlerin marche pour se rendre à un lieu de recueillement réputé pour sa grande beauté. Sur sa route, il aperçoit un homme à genoux tenant un lourd marteau.

Il s’approche et lui demande :
Bonjour, je suis désolé de vous interrompre, mais j’aimerais vous poser une question : que faites-vous ?
Mais c’est évident, je casse des cailloux, c’est dur, je suis fatigué et j’ai mal au dos.
L’homme se redresse complètement et voit le regard interrogateur du pèlerin. Il complète alors sa réponse :
Ce métier difficile est le moins payé de tous, mais c’est le seul que j’ai pu trouver.

Le pèlerin continue son chemin, et voit un peu plus loin un autre casseur de cailloux. Mais celui-ci n’a pas l’air aussi misérable que le premier.
Bonjour monsieur, que faites-vous ?
Je casse des cailloux pour gagner ma vie. C’est un travail épuisant, mais il me permet de nourrir ma famille. C’est pourquoi, je suis chanceux d’avoir trouvé ce travail.

Le pèlerin poursuit sa route et s’approche d’un troisième casseur de cailloux. Mais celui-ci est souriant. Il semble même heureux malgré son labeur.
Bonjour monsieur, que faites-vous ?
Moi, je bâtis une cathédrale magnifique ! Répondit-il avec fierté.

Ce texte est inspiré d’une fable du même nom de l’écrivain et poète Charles Peguy (1873-1914).

Morale de cette fable :

Vous l’aurez compris, la différence entre ces trois hommes se situe dans le sens que chacun donne à un même travail. Le troisième casseur de pierres transcende la stricte notion de son occupation pour inscrire son geste dans la réalisation d’une œuvre collective d’une grande beauté. Indépendamment de notre place dans la société, nous avons tous la possibilité de donner une autre symbolique, une autre dimension à notre occupation, car quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière.

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