Comment réduire l’inquiétude et les soucis ?

Par Denis St-Pierre • Auteur et éditeur d’Evolution-101
L’inquiétude est une route qui ne mène nulle part. Ne la laissez pas diriger votre vie.

Nous sommes tous inquiets de temps à autre. Mais certaines personnes vont plus loin et pensent constamment à leurs soucis.

Plusieurs d'entre elles n’ont pas plus de raisons de s'inquiéter que les autres, mais elles réagissent différemment aux mêmes situations risquées. Le calme n'est donc pas le résultat d’une vie sans difficulté. Il résulte plutôt d’une attitude mentale adéquate par rapport aux épreuves de la vie.

Nous avons tous vécu des inquiétudes pour des choses qui nous semblent aujourd'hui sans importance. Mais pourquoi s'inquiète-t-on ainsi pour des riens ? La réponse est que nous créons des conditions pour que les problèmes nous atteignent émotionnellement.

Si vous travaillez du lundi au vendredi, avez-vous remarqué que certains soucis semblent plus lourds le vendredi que le dimanche ? Ceci s'explique par le fait que nous sommes généralement plus fatigués les vendredis. Donc, bien que les faits derrière nos soucis soient objectifs, la façon dont nous les percevons est subjective et dépend de nous. Alors, la solution est de créer des conditions défavorables aux soucis. Voici une liste d’activités qui contribuent à créer de telles conditions :

Approches pour vaincre l'inquiétude

1) Environnement apaisant

  • Environnement calme et silencieux
    Nos pensées sont influencées positivement par un environnement calme, sans bruit irritant. Autant que possible, recherchez un tel environnement afin de diminuer le poids de vos soucis.
  • Bain de nature
    Un contact direct avec la nature peut avoir un effet surprenant sur nos soucis. Lorsque vous êtes en forêt, près d'une source, au bord d'un lac, restez là immobile pendant quelques minutes ; laissez-vous pénétrer par cette beauté et ce silence profond. Peu à peu, ce calme se reflétera dans vos pensées.
  • Endroit propre et en ordre
    Gardez votre résidence et votre lieu de travail propre et en ordre. Le simple fait de se trouver dans un lieu plaisant influence notre état d’âme. En effet, lorsque nous sommes dans un lieu agréable suffisamment longtemps, cette harmonie se reflète dans nos pensées.
  • Limiter les nouvelles anxiogènes
    Les bulletins de nouvelles et les réseaux sociaux nous exposent continuellement à des drames sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir. Choisissez un ou deux moments par jour pour vous informer et évitez de le faire juste avant de dormir. Votre esprit aura ainsi beaucoup moins de matière à inquiétude.

2) Activités de distraction

  • Lecture inspirante
    La lecture de textes inspirants est une bonne façon de s’éloigner psychologiquement de nos soucis. Le type de lecture dépend de vous. Par exemple, lire sur l'optimisme est pour certains une activité de réduction de l'inquiétude. Il vous appartient de découvrir le type de lecture qui vous stimule positivement.
  • Musique
    La musique harmonieuse (principalement la musique classique) influence notre humeur. Et tout le monde sait que nos soucis nous paraissent moins lourds lorsque nous sommes de bonne humeur.
  • Passe-temps
    Lorsque vous êtes occupés à votre passe-temps favori, vos pensées sont absorbées par celui-ci et vous devenez ainsi moins affectés par vos soucis.

3) Corps et détente

  • Exercice cardiovasculaire
    Si votre condition de santé le permet, faites de l’exercice cardiovasculaire (p. ex. natation, vélo, jogging…) et observez l’effet que ce type d’activité a momentanément sur vos soucis.
  • Réduire la fatigue
    La fatigue est un facteur très important de susceptibilité aux soucis. Nos problèmes sont tellement plus lourds lorsque nous sommes épuisés. Alors, comment diminuer la fatigue : meilleure gestion du stress, changer ses standards de performance, meilleure gestion des priorités, meilleure alimentation, plus d'exercices physiques…
  • Période d’immobilisation
    Il s’agit simplement de s’asseoir sans bouger. Après un certain temps d’immobilisation (par exemple 20 minutes), vous constaterez que vous contrôlez un peu vos pensées et que vous pouvez donc volontairement moins penser à vos soucis. Limites : l’effet de cette technique est temporaire et de beaucoup diminué par la fatigue et le stress.
  • Technique de détente
    Si vous connaissez une technique de détente (p. ex. Yoga ou Tai chi), il peut être intéressant de l’utiliser pour vous éloigner psychologiquement de vos soucis.
  • Brèves pauses
    Au travail ou ailleurs, prenez plusieurs très courtes pauses, si possible dans un endroit calme. Vous n'avez pas nécessairement à fermer les yeux. Regardez simplement au même endroit, demeurez immobile et comptez lentement vos respirations jusqu’à 12 minimum.
  • Respirer lentement
    Malgré sa simplicité, ralentir notre respiration a un effet immédiatement apaisant. En plus de l'impact physiologique de cette pratique, votre stress sera réduit en vous concentrant simplement sur votre respiration plutôt que sur le sujet qui vous inquiète. Donc, aussitôt que vous ressentez de l'inquiétude, combattez ce malaise en respirant plus lentement. Ceci peut être facilité en comptant vos respirations.

4) Relations humaines

  • L’influence de notre entourage
    On ne peut éviter d’être influencé par nos semblables. Parfois, cette influence augmente notre inquiétude, parfois elle nous réconforte. Observez l’impact que les gens ont sur vous et vous verrez que certaines personnes ont tendance à vous stresser par leur négativisme, alors que d’autres vous remontent le moral. Il est utile d’être conscient de l’influence que nos fréquentations ont sur nous. En décidant de passer du temps avec une personne plutôt qu’une autre, nous augmentons ou diminuons le poids de nos soucis.
  • L’écoute des autres
    La pratique de l’écoute peut devenir une façon de focaliser sur les gens qui nous entourent, ce qui a pour effet de nous distraire de nos soucis. De plus, en écoutant les problèmes des autres, on se rend parfois compte du ridicule de nos propres problèmes.
  • L’amour
    L'amour est une force qui affecte positivement notre être entier. Lorsque nous avons des relations harmonieuses avec les autres, l'inquiétude nous atteint beaucoup moins. Une section complète de ce site web traite de l'amélioration des relations humaines.

5) Vie intérieure

  • Pratiquer la gratitude
    Les soucis attirent notre attention sur ce qui pourrait mal tourner. La gratitude fait l’inverse : elle la ramène vers ce qui va bien. Chaque soir, notez trois choses positives de votre journée, même modestes. Avec le temps, votre regard sur la vie devient plus serein.
  • Revenir au moment présent
    L’inquiétude porte presque toujours sur l’avenir. Lorsque vous vous surprenez à imaginer ce qui pourrait arriver, ramenez votre attention sur ce que vous faites maintenant : les sons autour de vous, les sensations de votre corps, la tâche en cours. Le présent est rarement aussi menaçant que l’avenir imaginé.
  • Prier
    Si vous êtes croyant, la prière peut être utilisée comme un moyen d'être moins inquiet. Les gens qui prient sont en général mieux armés pour faire face aux épreuves et à l’enchaînement de soucis qu’elles déclenchent parfois.

6) Gestion des pensées

  • Écrire ses soucis
    Mettre ses inquiétudes sur papier permet de les sortir de notre tête et de les regarder avec plus de recul. Une fois écrites, elles paraissent souvent moins nombreuses et moins graves que lorsqu’elles tournaient en boucle dans nos pensées.
  • Réserver un moment aux soucis
    Plutôt que de laisser l’inquiétude envahir toute votre journée, accordez-lui un rendez-vous fixe, par exemple 15 minutes en fin d’après-midi. Lorsqu’un souci se présente en dehors de cette période, notez-le et reportez-le à plus tard. Plusieurs constatent qu’au moment venu, le souci a perdu de son importance.
  • Distinguer ce qui dépend de vous
    Devant un souci, demandez-vous : « Puis-je faire quelque chose ? » Si oui, déterminez une première action concrète et passez à l’acte. Sinon, rappelez-vous que s’inquiéter ne changera rien à la situation et dirigez votre énergie ailleurs.
  • Remettre en question le pire scénario
    L’inquiétude nous fait souvent envisager le pire comme s’il était certain. Demandez-vous quelle est la probabilité réelle que ce scénario se produise et ce que vous feriez s’il se produisait. Le plus souvent, la réponse est rassurante : le pire est peu probable et vous seriez capable d’y faire face.

7) Choix d’une approche de réduction de l'inquiétude

Il est préférable de commencer modestement et d’augmenter progressivement l’ampleur de nos efforts. En d’autres termes, je vous suggère d’essayer initialement seulement une des 23 approches précédentes. Si elle ne vous convient pas, essayez une autre approche, jusqu’à ce que vous ayez trouvé chaussure à votre pied.

8) Limite : petits soucis

Cette page web présente des approches appropriées pour les petits soucis quotidiens. Ces approches ne sont pas nécessairement adaptées aux problèmes plus sérieux. Une section de ce site web est dédiée principalement à ce type de difficultés : Les épreuves.

9) Les erreurs à éviter

  • Vouloir tout changer en même temps : choisissez une seule approche et tenez-la au moins une semaine.
  • Culpabiliser quand un souci revient : c'est normal, l'objectif est de réduire la fréquence, pas d'atteindre la perfection.
  • S'isoler : l'entourage positif est un levier puissant, ne le négligez pas.
  • Confondre petits soucis et problèmes sérieux : si l'inquiétude envahit votre vie, consultez un professionnel.

10) Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour voir un effet ?

Certaines techniques agissent immédiatement (respiration lente, pauses). Pour un changement durable, comptez quelques semaines de pratique régulière.

Puis-je combiner plusieurs approches ?

Oui, mais commencez par une seule. Une fois qu'elle est devenue une habitude, ajoutez-en une deuxième.

Et si rien ne fonctionne ?

L'inquiétude excessive peut relever d'un trouble anxieux. Un psychologue peut vous aider à identifier les bons outils.

11) Résumé

L'inquiétude n'est pas une fatalité : c'est une réaction que l'on peut moduler. En créant des conditions défavorables aux soucis (lecture inspirante, nature, musique, entourage positif, respiration lente, etc.), on réduit leur emprise. Commencez par une seule approche, tenez-la une semaine, puis ajoutez-en une autre. Et rappelez-vous : les petits soucis quotidiens se gèrent avec ces outils ; les problèmes sérieux méritent un accompagnement professionnel.

12) Conclusion

Décidez une fois pour toutes de vous libérer des soucis qui empoisonnent votre existence. Nous nous rendons trop souvent la vie difficile en nous inquiétant inutilement. En général, notre vie n’est pas difficile à cause de malheurs ou de calamités (ce qui n'arrive que rarement). Notre vie est trop souvent difficile parce que nous faisons des montagnes avec des riens.

Les soucis n’éliminent pas les épreuves de demain, mais ils font en sorte qu’aujourd’hui soit une épreuve.

13) Suggestion de lecture :

« Soucis : arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien »,
R. Ladouceur, L. Bélanger et É. Léger. Paris: O. Jacob, 2010, 149 pages. Conçu pour tous ceux qui se font du souci sans arrêt, ce manuel décrit de façon très accessible les différents troubles de l’anxiété. Il explique comment les gérer pour pouvoir enfin vivre plus tranquillement et sans inquiétude excessive.

Test psychologique sur l'inquiétude :
"Questionnaire Pourquoi s'inquiéter du psychologue Patrick Gosselin et ses collègues

Un homme inquiet se mord un doigt.
20 minutos, CC BY-SA 2.1
Par Denis St-Pierre • Auteur et éditeur d’Evolution-101
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