Poèmes inspirants sur le deuil

À celle qui n’est plus.

Dans ce moment épouvantable,
Où des sens fatigués, des organes rompus,
La mort avec fureur déchire les tissus,
Lorsqu’en cet assaut redoutable
L’âme, par un dernier effort,
Lutte contre ses maux et dispute à la mort
Du corps qu’elle animait le débris périssable ;
Dans ces moments affreux où l’homme est sans appui,
Où l’amant fuit l’amante, où l’ami fuit l’ami,
Moi seul, en frémissant, j’ai forcé mon courage
À supporter pour toi cette effrayante image.
De tes derniers combats j’ai ressenti l’horreur ;
Le sanglot lamentable a passé dans mon cœur ;
Tes yeux fixes, muets, où la mort était peinte,
D’un sentiment plus doux semblaient porter l’empreinte ;
Ces yeux que j’avais vus par l’amour animés,
Ces yeux que j’adorais, ma main les a fermés !

Auteur : Nicolas de Chamfort, écrit à la mort d’Anne-Marie Buffon, le plus grand amour de sa vie.

 

La mort n’est rien

Je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
Nous le sommes toujours.
 
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi.
 
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été.
sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
 
Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement
parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends, je ne suis pas loin,
juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

Une dame pleure dans les bras d’un homme.

Photo: Mikhail Evstafiev, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Auteurs : Texte d’origine en anglais d’un auteur inconnu, traduit et modifié par Charles Péguy

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1 réponse

  1. ARVOR dit :

    Ce texte, qui est très beau, n’est ni de St-Augustin, ni de Charles Péguy. Péguy a repris un texte anglais prononcé à la mort de L’Archevêque de CANTORBERRY, l’a simplifié, (l’original comprend au moins 6 ou 7 pages…), et l’a mis en poème. Ce qui n’enlève rien ni à Charles, ni au texte.

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