Dédramatiser ses problèmes

« Celui dont la pensée ne va pas loin verra les ennuis de près. »

Trop souvent, nous souffrons inutilement en nous accrochant à une certaine perception de la réalité. Voici des questions qui ont pour objectif de changer votre façon de voir un problème :

  1. Quelle sera ma perception de ce problème dans un an ?
    Afin de dédramatiser mes problèmes, je fais au besoin l’exercice de me projeter dans le temps. C’est-à-dire que je me transporte par la pensée un an dans le futur. Et j’imagine la situation selon ce point de vue futuriste. Avec cette perspective, la plupart de mes difficultés diminuent en importance. Observez votre passé et vous verrez qu’une bonne partie de vos problèmes ne sont plus après un certain temps que de vagues souvenirs. Cet exercice de projection dans le temps permet de relativiser les épreuves. Vous pourrez alors vous poser la question suivante : « La situation est-elle aussi critique que je le prétends ? » Exceptionnellement, la réponse pourrait être « Oui » ; mais dans la grande majorité des cas, la réponse sera catégoriquement « Non ».
  2. Est-ce que j’ai une vision incomplète de la réalité ?

    Nous avons des œillères au sujet de certains problèmes, c’est-à-dire que nous ne voyons qu’une partie de la réalité. Les quatre questions suivantes ont pour but de favoriser notre ouverture :

    • Est-ce que j’ai pris connaissance de toutes les informations pertinentes au sujet de ce problème ?
    • Est-ce que j’ignore volontairement certaines sources d’information ?
    • Est-ce que je sélectionne (consciemment ou inconsciemment) seulement les informations qui supportent mon point de vue ?
    • Les informations crédibles confirment-elles vraiment que le problème est aussi sévère que je le prétends ?
  3.  Une dame, entourée de point d’interrogation, semble s’interroger.

  4. Est-ce que mon inquiétude est mal orientée ?
    Parfois, notre inquiétude n’est pas reliée à un véritable risque. On se soucie des choses qui nous touchent émotionnellement plutôt que des choses qui comportent un risque réel. Par exemple, un individu s’inquiète de ne pas obtenir une promotion au travail, mais ils ne se soucient pas de sa grande consommation d’alcool qui affecte sa santé. Prendre conscience que nos appréhensions sont influencées par nos émotions, plutôt que par de véritables menaces, contribue à réduire notre inquiétude.
  5. Quels sont les avantages dont je dispose ?
    Il peut être utile de comparer notre problème à des éléments positifs de notre vie, par exemple l’amour de notre famille, notre santé, nos talents, notre expérience de la vie, une certaine sagesse. Cet exercice de comparaison facilite la dédramatisation. Voici pourquoi : en focalisant sur ce qui va mal, nous avons tendance à oublier les avantages importants de notre vie. Ceux-ci ont typiquement beaucoup plus de poids que l’objet de notre inquiétude.
  6. Si je règle une inquiétude, est-ce que je vais en créer une autre ?
    Parfois, l’insécurité est en nous et nous cherchons inconsciemment un souci pour la manifester. Il est utile de déterminer si notre sujet d’inquiétude est un choix influencé de cette manière. C’est-à-dire s’il reflète notre anxiété générale plutôt que la gravité réelle du problème spécifique qui nous inquiète.
  7. Est-ce que mon comportement est la cause du problème ?
    Il est possible que nous soyons la cause de nos propres difficultés. Eh oui, certains créent des problèmes sans véritable raison. Par exemple, si nous sommes constamment négatifs. Les gens auront pour réaction de s’éloigner de nous. Et ceci peut être causé d’une inquiétude de solitude.
  8. Est-ce que mes attentes exagérées accentuent mon problème ?
    Il arrive qu’un problème soit associé à une attente, par exemple être déçu de ne pas obtenir un certain niveau de salaire que l’on croit mériter. Il est alors utile de déterminer si l’attente est adéquate ou démesurée. Est-ce que d’autres personnes dans la même situation ont cette même attente ? Cette question aide à déterminer si notre frustration s’appuie sur une attente exagérée. Si tel est le cas, le simple fait de reconnaître la présence de ce phénomène réduit un peu notre frustration. À plus long terme, il est important de travailler à mieux harmoniser nos attentes avec la réalité.
  9. Est-ce que ma fatigue accentue mon problème ?
    Une grande fatigue contribue à nous faire percevoir certaines situations de façon négative. Et cela peut avoir pour effet de monter en épingle un problème qui en temps normal aurait été considéré beaucoup moins sévèrement. Personnellement dans ce contexte, je prends un moment de silence et au besoin j’essaie de me rappeler ce qu’était ma perception de ce problème avant d’être épuisé.
  10. Est-ce que j’ai une perception utopique des problèmes dans la vie ?
    S’attendre à ne pas avoir de problèmes est illusoire. Sans être pessimiste, il faut reconnaître qu’il est normal de trouver sur son chemin un certain nombre de difficultés. Il est donc important d’ajuster notre attitude et de réaliser qu’une partie de notre temps sera dédiée à la résolution de ces problèmes. Personne n’est épargné. Ceci étant dit, derrière plusieurs obstacles se cachent des opportunités. Le paragraphe suivant traite de ce sujet.
  11. Est-ce que le problème auquel je suis confronté est une occasion de cheminer ?
    En faisant preuve d’ouverture, plusieurs difficultés peuvent devenir la fondation d’un niveau supérieur de compréhension. Ainsi, des circonstances désagréables peuvent contribuer à notre mieux-être. Les difficultés font partie de la vie, on ne peut pas y échapper. Il est donc sage de voir dans celles-ci non seulement des épreuves, mais aussi des occasions de cheminer.
  12. Est-ce que je dois changer mon comportement  ?
    Certains problèmes jettent de la lumière sur des croyances nuisibles. Quand tout va bien, il est facile de continuer à vivre avec des comportements basés sur des convictions erronées. Cependant, la vie nous bouscule de temps à autre et nous oblige à remettre en question ce qui semblait être évident. Si vous sentez que vous êtes hésitant, tiraillé ou incertain, vous êtes peut-être encombré de comportements qui ne correspondent pas à vos valeurs profondes. Alors, les épreuves deviennent une façon de jeter de la lumière sur des croyances erronées, qui autrement demeureraient cachées.
  13. Est-ce que j’ai besoin de problèmes pour me motiver à progresser ?
    Le confort et le succès nous incitent à la stagnation, alors que les difficultés et les échecs sont des sources de motivation au changement. Il y a une différence énorme entre subir un échec qui est une pure perte et se servir de cette difficulté pour avancer. Jetez un œil sur votre passé, je suis certain que vous pouvez y trouver des revers qui se sont transformés en opportunité avec le temps. Les échecs peuvent être la fondation d’une nouvelle vie. Notre vraie nature ne se manifeste jamais aussi clairement qu’au moment où nous subissons un revers important. Ce contexte difficile peut être la motivation nécessaire à notre transformation. Le confort et le succès nous empêchent de voir certaines vérités. Alors que les difficultés contribuent à lever ce voile.
Un bonhomme seul sous un nuage sombre.

Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

Personnalisation :
Les questions précédentes ne sont que des exemples. N’hésitez pas à inventer de nouvelles questions de dédramatisation et à trouver vos propres réponses. Nous sommes tous différents ; donc chacun doit trouver l’approche unique qui lui convient.

Limite, problèmes majeurs :
Les questions de dédramatisation précédentes ne sont pertinentes que pour des problèmes du type perceptif. Les problèmes très sévères demandent d’autres approches, incluant au besoin l’aide de professionnels de la santé.

Conclusion :
Lorsque je suis confronté à un problème, je me pose les questions précédentes et en général je réussis à améliorer un peu ma perception de la situation. Évidemment, cette approche n’a rien de magique. Le fait d’explorer les différentes facettes d’une situation difficile ne la fait pas disparaître. Mais à tout le moins, ce questionnement me fait cheminer vers une meilleure compréhension de la situation et de la vie en général. Et ceci fait de moi quelqu’un qui tente sincèrement d’utiliser chaque problème pour grandir un peu.

« Être heureux ne veut pas dire que tout soit parfait, cela signifie seulement que vous avez décidé de voir au-delà de vos problèmes. »