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185 citations d’Antoine de Saint-Exupéry

Photo d'Antoine de Saint-Exupéry, pilote et écrivain

Photo: Zyephyrus CCBYSA3.0 Wiki

Table des matières

1) Extraits du livre Citadelle d’Antoine de Saint-Exupéry

Qui aime le bien est indulgent au mal.

Ce qui importe, c’est d’aller vers et non d’être arrivé

L’essentiel n’est point des choses, mais du sens des choses.

Connaître une vérité peut-être n’est-ce que la voir en silence.

L’homme est ainsi fait qu’il ne se réjouit que de ce qu’il forme.

L’amour véritable commence là où tu n’attends plus rien en retour.

Tu ne t’augmentes que de ce que tu transformes, car tu es semence.

Tu es nœud de relations et rien d’autre. Et tu existes par tes liens.

N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité.

Ils ne trouvent pas le sens des choses parce qu’il n’est point à trouver, mais à créer.

Quand tu te donnes, tu reçois plus que tu ne donnes. Car tu n’étais rien et tu deviens.

Vous n’avez le droit d’éviter un effort qu’au nom d’un autre effort, car vous devez grandir.

Celui qui règne, s’il ne règne point d’abord sur son propre corps, n’est qu’usurpateur ridicule.

Appelles-tu liberté le droit d’errer dans le vide ? C’est plutôt un renoncement à notre vocation d’homme.

Regarde mes jardins où les jardiniers vont dans l’aube pour créer le printemps, ils ne discutent point sur les pistils ni les corolles : ils sèment des graines.

S’il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelles aux objets.

Le pouvoir, s’il est amour de la domination, je le juge ambition stupide. Mais s’il est acte de créateur et exercice de la création, alors ce pouvoir je le célèbre.

Ils croupissaient dans l’illusion du bonheur qu’ils tiraient de biens possédés. Alors que le bonheur n’est que chaleur des actes et contentement de la création.

Ne confonds point l’amour avec le délire de la possession, lequel apporte les pires souffrances. Car au contraire de l’opinion commune, l’amour ne fait point souffrir.

Je n’ai point d’espoir de sortir par moi de ma solitude. La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose que pierre. Mais, de collaborer, elle s’assemble et devient temple.

Seule compte la démarche, car c’est elle qui dure et non le but qui n’est que l’illusion du voyageur, lorsqu’il marche de crête en crête, comme si le but atteint avait un sens.

Préparer l’avenir ce n’est que fonder le présent. Il n’est jamais que du présent à mettre en ordre. À quoi bon discuter cet héritage. L’avenir, tu n’as point à le prévoir, mais à le permettre.

Je n’aime pas les sédentaires du cœur. Ceux-là qui n’échangent rien ne deviennent rien. Et la vie n’aura point servi à les mûrir. Et le temps coule pour eux comme la poignée de sable et les perd.

Ceux qui n’échangent plus rien d’eux-mêmes et reçoivent d’autrui leur nourriture, fût-elle la mieux choisie et la plus délicate, ceux-là mêmes qui subtils, écoutent les poèmes étrangers sans écrire leurs propres poèmes, jouissent de l’oasis sans la vivifier, usent des cantiques qu’on leur fournit, ceux-là s’attachent d’eux-mêmes à leurs râteliers dans l’étable et, réduits au rôle de bétail, sont prêts pour l’esclavage.

2) Extraits du livre Courrier sud d’Antoine de Saint-Exupéry

Aimer, c’est naître.

La souffrance est presque une amie.

Une armée sans foi ne peut conquérir.

Tout est simple : vivre, ranger les bibelots, mourir…

Il faut autour de soi, pour exister, des réalités qui durent.

Nous sommes les maîtres des choses quand les émotions nous répondent.

Nous vivons les uns sur les autres en face de notre propre image, la plus bornée !

Chaque jour, pour l’ouvrier, qui commence à bâtir le monde, le monde commence.

Les drames sont rares dans la vie. Il y a si peu d’amitiés, de tendresses, d’amours à liquider.

Dans la vie quotidienne, le moindre pas prend l’importance d’un fait et le désastre moral y perd un peu de sens.

Nous étions perdus aux confins du monde, car nous savions déjà que voyager, c’est avant tout changer de chair.

3) Extraits du livre Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry

C’est véritablement utile puisque c’est joli.

Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.

On ne connaît que les choses que l’on apprivoise.

Les vaniteux n’entendent jamais que les louanges.

Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur.

Pour les vaniteux, les autres hommes sont des admirateurs.

Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part.

Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir.

On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons.

Qu’il s’agisse de la maison, des étoiles ou du désert, ce qui fait leur beauté est invisible.

Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m’avoir connu. Tu seras toujours mon ami.

Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger, c’est que tu es un véritable sage.

J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence.

Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis.

L’autorité repose d’abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d’aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J’ai le droit d’exiger l’obéissance parce que mes ordres sont raisonnables.

Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : « Ma fleur est là quelque part ».

C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué.

Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !

J’ai appris, dit le Petit Prince, que le Monde est le miroir de mon Âme…
Quand elle est enjouée, le Monde lui semble gai
Quand elle est accablée, le Monde lui semble triste
Le Monde, lui, n’est ni triste ni gai.
Il est là, c’est tout
Ce n’était pas le Monde qui me troublait, mais l’Idée que
je m’en faisais…
J’ai appris à accepter sans
le Juger, totalement, inconditionnellement…

4) Extraits du livre Pilote de guerre d’Antoine de Saint-Exupéry

La saveur du pain partagé n’a point d’égal.

Que suis-je si je ne participe pas ? J’ai besoin, pour être, de participer.

Connaître, ce n’est point démontrer, ni expliquer. C’est accéder à la vision.

Un Etre n’est pas de l’empire du langage, mais de celui des actes. Notre Humanisme a négligé les actes.

L’aventure repose sur la richesse des liens qu’elle établit, des problèmes qu’elle pose, des créations qu’elle provoque.

La grandeur de ma civilisation, c’est que cent mineurs s’y doivent de risquer leur vie pour le sauvetage d’un seul mineur enseveli. Ils sauvent l’Homme.

Mais, ayant oublié l’Homme, nous avons défini notre Liberté comme une licence vague, exclusivement limitée par le tort causé à autrui. Ce qui est vide de signification, car il n’est point d’acte qui n’engage autrui.

5) Extraits du livre Terre des hommes, 1939 d’Antoine de Saint-Exupéry

L’empire de l’homme est intérieur.

On ne se crée point de vieux camarades.

Je suis de mon enfance comme d’un pays.

Les hommes seuls bâtissent leur solitude.

L’essentiel, nous ne savons pas le prévoir.

L’imbécile, s’il dit des vers, on le croit poète.

L’esclave fait son orgueil de la braise du maître.

Ce n’est pas la distance qui mesure l’éloignement.

Ce que d’autres ont réussi, on peut toujours le réussir.

Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme.

Il n’est qu’un luxe véritable: celui des relations humaines.

La vérité pour l’homme, c’est ce qui fait de lui un homme.

La vérité, pour l’un, fut de bâtir, elle est, pour l’autre, d’habiter.

Ce n’est pas le danger que j’aime. Je sais ce que j’aime. C’est la vie.

La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes.

La grande promesse des temps à venir, redonner de la divinité à l’homme.

Il faut que l’on nous parle un simple langage pour se faire entendre de nous.

Il n’y a pas de citadelle inattaquable, il n’y a que des citadelles mal attaquées.

Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction.

Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.

Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.

Le rêveur devient homme d’action lorsque par sa volonté et son courage il est capable de réaliser ses rêves les plus audacieux.

Celui qui meurt pour le progrès des connaissances ou la guérison des maladies, celui-là sert la vie, en même temps qu’il meurt.

La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre.

Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort.

Celui-là qui veille modestement quelques moutons sous les étoiles, s’il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu’un serviteur. Il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l’empire.

Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.

6) Extraits du livre Vol de nuit d’Antoine de Saint-Exupéry

Les échecs fortifient les forts.

L’opinion publique, on la gouverne !

L’homme est cire vierge qu’il faut pétrir.

Chaque seconde emporte quelque chose.

Nous sommes riches aussi de nos misères.

Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire.

Une victoire affaiblit un peuple, une défaite en réveille un autre.

La vie se contredit tant, on se débrouille comme on peut avec la vie.

L’intérêt général est formé des intérêts particuliers : il ne justifie rien de plus.

Ce qui est vivant bouscule tout pour vivre et crée, pour vivre, ses propres lois.

Tous ces hommes, je les aime, mais ce n’est pas eux que je combats. C’est ce qui passe par eux.

Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent.

Si la vie humaine n’a pas de prix, nous agissons toujours comme si quelque chose dépassait, en valeur, la vie humaine…

Il s’aperçut qu’il avait peu à peu repoussé vers sa vieillesse, pour « quand il aurait le temps » ce qui fait douce la vie des hommes. Comme si réellement on pouvait avoir le temps un jour, comme si l’on gagnait, à l’extrémité de la vie, cette paix bienheureuse que l’on s’imagine. Mais il n’y a pas de paix. Il n’y a peut-être pas de victoire.

7) Extraits de Lettres à l’inconnue d’Antoine de Saint-Exupéry

Je baigne dans ce temps vide où je n’ai plus rien à rêver.

On écoute la musique du coeur. C’est joli pour qui sait entendre.

Le plus triste c’est, d’un chagrin, que l’on se demande « est-ce bien la peine ».

Je découvre avec mélancolie que mon égoïsme n’est pas si grand puisque j’ai donné à autrui le pouvoir de me faire de la peine.

Les contes de fées c’est comme ça. Un matin on se réveille. On dit : ce n’était qu’un conte de fées. On sourit de soi. Mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées, c’est la seule vérité de la vie.

8) Extraits du livre Lettre à un otage, 1944 d’Antoine de Saint-Exupéry

Le plaisir véritable est plaisir de convive.

La vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier.

Les miracles véritables, qu’ils font peu de bruit !

Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente.

La vie crée l’ordre, mais l’ordre ne crée pas la vie.

La vérité d’hier est morte, celle de demain est encore à bâtir. Aucune synthèse valable n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne détient qu’une parcelle de vérité.

Un sourire est souvent l’essentiel. On est payé par un sourire. On est récompensé par un sourire. On est animé par un sourire. Et la qualité d’un sourire peut faire que l’on meure.

Il faut allaiter longtemps un enfant avant qu’il exige. Il faut longtemps cultiver un ami avant qu’il réclame son dû d’amitié. Il faut s’être ruiné durant des générations à réparer le vieux château qui croule, pour apprendre à l’aimer.

Cette qualité de la joie, n’est-elle pas le fruit le plus précieux de la civilisation qui est notre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matériels. Mais nous ne sommes pas un bétail à l’engrais. La prospérité et le confort ne sauraient suffire à nous combler. Pour nous qui fûmes élevés dans le culte du respect de l’homme, pèsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fêtes merveilleuses.

9) Extraits de Reportages sur la Guerre d’Espagne d’Antoine de Saint-Exupéry

Chaque individu est un miracle.

Une guerre civile, ce n’est point une guerre, mais une maladie.

Une foi neuve est semblable à la peste. Elle attaque par l’intérieur.

En guerre civile, l’ennemi est intérieur, on se bat presque contre soi-même.

La frontière, dans la guerre civile, est invisible et passe par le cœur de l’homme.

Nous sommes des hommes. Pour nous ne jouent pas les lois du nombre ni de l’espace.

Mais la grandeur de l’homme n’est pas faite de la seule destinée de l’espèce. Chaque individu est un empire.

Un bombardement, m’a-t-il semblé, ne disperse pas : il unifie. L’horreur fait serrer les poings et l’on se rejoint dans la même horreur.

Brusquement tu as découvert, à la faveur de l’épreuve nocturne qui t’a dépouillé de tout l’accessoire, un personnage qui vient de toi et que tu ne connaissait point. Tu le découvres grand et ne sauras plus l’oublier. Et c’est toi-même.

Les événements humains ont sans doute deux faces. Une face de drame et une face d’indifférence. Tout change selon qu’il s’agit de l’individu ou de l’espèce. Dans ses migrations, dans ses mouvements impérieux, l’espèce oublie ses morts.

10) Citations d’Antoine de Saint-Exupéry extraites d’une autre publication

Vivre, c’est naître lentement.

Chacun est seul responsable de tous.

Un objectif sans plan s’appelle un voeu.

Veux-tu être heureux ? Donne du bonheur.

Trouver sa vérité, c’est trouver son langage.

Ce qui fait la beauté des choses est invisible.

L’intelligence ne vaut qu’au service de l’amour.

Ce qui sauve, c’est de faire un pas et encore un pas.

C’est l’esprit qui mène le monde et non l’intelligence.

Joindre les mains, c’est bien, mais les ouvrir, c’est mieux.

Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.

On ne peut pas être en même temps responsable et désespéré.

Tous s’écartent quand ils voient passer un homme qui sait où il va.

Il est facile de combler celui-là qui n’a point d’espace dans le coeur.

La vérité, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos.

Dans le silence seul, la vérité de chacun se noue et prend des racines.

Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre.

L’amour véritable ne se dépense point. Plus tu donnes, plus il te reste.

Il est vain, si l’on plante un chêne, d’espérer s’abriter bientôt sous son feuillage.

Celui-là qui se plaint que le monde lui a manqué, c’est qu’il a manqué au monde.

Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

L’amour, une fois qu’il a germé, donne des racines qui ne finissent plus de croître.

La vie, c’est le processus qui réalise les états les moins probables. (Les carnets, 1953)

Une démocratie doit être une fraternité ; sinon, c’est une imposture. (Écrits de guerre)

La connaissance : ce n’est point la possession de la vérité, mais d’un langage cohérent.

Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, et non sur ce qui leur est fourni.

Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais très peu s’en souviennent.

On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. (Un sens à la vie, 1956)

Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but.

Je ne dirai pas les raisons que tu as de m’aimer. Car tu n’en as point. La raison d’aimer, c’est l’amour.

Le pouvoir est peut-être la seule chose dans ce monde qui ne gagne pas à être aimée. (Les carnets, 1953)

Une fois pris dans l’événement, les hommes ne s’en effraient plus. Seul l’inconnu épouvante les hommes.

La sérénité est l’art de tout supporter dans ce monde en gardant le sourire et en restant bien dans sa peau.

La paix des hommes d’iniquité en comparaison de la paix des justes ne saurait même être appelée une paix.

Le présent vous est fourni comme matériaux en vrac aux pieds du bâtisseur et c’est à vous d’en forger l’avenir.

Le malheur de notre temps, c’est que tous nos ambitieux aiment le pouvoir pour lui-même. (Les carnets, 1953)

Je me suis cru perdu, j’ai cru toucher le fond du désespoir et une fois le renoncement accepté, j’ai connu la paix.

On ne sait prévoir que des répétitions et comprendre, c’est dégager le quelque chose qui se répète.(Carnet, 1953)

Je ne puis rien acheter avec de l’argent qui vaille plus cher que le plaisir d’avoir dit ce que je voulais dire. (Écrits de guerre)

Qui n’a pas su, qui n’a pas osé, à un moment donné risquer, n’a pas le droit de se plaindre de la médiocrité de son existence.

Il n’y a qu’un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles.

L’essentiel, le plus souvent, n’a point de poids. L’essentiel ici, en apparence, n’a été qu’un sourire. Un sourire est souvent l’essentiel.

En somme je fais mon métier. Je n’éprouvee rien d’autres que le plaisir physique d’actes nourris de sens qui se suffisent à eux-mêmes.

S’il est une consolation parmi les agitations et les peines de la société humaine, c’est la foi sincère et l’affection réciproque de bons et vrais amis.

On croit que l’homme est libre. On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre.

Les hommes ne se respectent plus les uns les autres. Huissiers sans âme, ils dispersent au vent un mobilier sans savoir qu’ils anéantissent un royaume.

Pour convertir l’homme en soi, il convient non de l’amputer, mais de l’exprimer à lui-même, d’offrir un but à ses aspirations et un territoire à ses énergies.

Je ne regrette rien. J’ai joué, j’ai perdu. C’est dans l’ordre de mon métier. Mais, tout de même, je l’ai respiré, le vent de la mer. (Le Vol brisé, Prison de sable, 1936)

Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l’illumination n’est que la vision soudaine, par l’Esprit, d’une route lentement préparée.

Comment la vie construit-elle donc ces lignes de force dont nous vivons ? D’où vient le poids qui me tire vers la maison de cet ami ? Quels sont donc les instants capitaux qui ont fait de cette présence l’un des pôles dont j’ai besoin ?

Je préfère que l’on vende cent exemplaires d’un livre dont je ne rougis pas, que six millions d’exemplaires d’un navet. C’est de l’égoïsme bien compris, parce que les cent exemplaires auront autrement de pouvoir que les six millions. (Écrits de guerre)

C’est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une d’elles vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allé dans la bonne direction.

Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer.

Ne comprenez-vous pas que, quelque part, nous avons fait fausse route ? La termitière humaine est plus riche qu’auparavant, nous disposons de plus de biens et de loisirs, et, cependant, quelque chose d’essentiel nous manque que nous savons mal définir. Nous nous sentons moins hommes, nous avons perdu quelque part de mystérieuses prérogatives. (Un sens à la vie, 1956)

Dans la section 10 ci-dessus, les phrases sans parenthèses sont des citations d’Antoine de Saint-Exupéry dont je n’ai pu identifier la source exacte. Écrivez-moi si vous connaissez les ouvrages en question : Denis.St‑Pierre@evolution‑101.com Merci.

Biographie d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) :

Écrivain poète, aviateur et reporter français, il est né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944 en mer, au large de Marseille, mort pour la France. Il est le célèbre auteur de la fable « Le Petit Prince », un des romans de jeunesse les plus lus au monde. Élève peu brillant, il obtient cependant son baccalauréat en 1917 et, après son échec à l’École navale, il s’oriente vers l’architecture et les beaux-arts. Devenu pilote lors de son service militaire en 1921, il est engagé en 1926 pour transporter le courrier en Afrique et en Amérique du Sud. Parallèlement, il publie ses premiers romans largement inspirés de ses expériences d’aviateur : Courrier sud en 1929 et Vol de nuit en 1931, qui rencontrent un grand succès. À partir de 1932, il se consacre à l’écriture et au journalisme. Plusieurs grands reportages au Viêt Nam, à Moscou et en Espagne nourriront sa réflexion sur les valeurs humaines qu’ils expriment dans Terre des hommes, publié en 1939. Humaniste et idéaliste, l’oeuvre de Saint-Exupéry est une invitation au dépassement de soi. Engagé pendant la guerre d’Espagne en tant que reporter, il combat par la suite dans l’armée de l’air lors de la Deuxième Guerre mondiale. Sa disparition en avion dans des circonstances mystérieuses en 1944 laisse un roman inachevé, ‘Citadelle’, considéré comme la somme de sa pensée. Il accède après sa mort à un statut de véritable héros. Voici une récapitulation des dates et événements importants de sa vie :

  • 1900 : Fils du vicomte de Saint-Exupéry, Antoine naît à Lyon. Il devient orphelin de père très jeune son père.
  • 1912 : Encore enfant, il vole pour la première fois.
  • 1921 : Il devient pilote lors de son service militaire.
  • 1926 : il entre à l’Aéropostale, et assure les courriers Toulouse – Casablanca et Dakar – Casablanca. C’est là à cette époque que l’écrivain naît aux portes du Sahara.
  • 1929 : Il publie le livre Courrier sud.
  • 1931 : Il publie le livre Vol de nuit.
  • 1932 : Il devient à plein temps journaliste et écrivain.
  • 1939 : Il publie le livre Terre des hommes.
  • 1931 : Il épouse Consuelo Suncin, que sera la « rose » de son Petit Prince, ce que plusieurs présument.
  • 1939 : Il publie le livre Terre des hommes.
  • 1940 : il s’installe à New-York, où il écrit Le Petit Prince, qui paraîtra plus tard en France.
  • 1942 : il rejoint son escadrille en Algérie.
  • 1943 : Il publie Le Petit Prince et devient réserviste.
  • 1944 : Après s’être débattu pour obtenir une dernière mission, il décolle le 31 juillet au matin. À 14 h 30, on sait qu’il ne vole plus. Son avion aurait été abattu par des Allemands, au large de la Corse.

Copies électroniques et gratuites des livres suivants (wikilivres) :

Photo d'Antoine de Saint-Exupéry

3 réponses

  1. Erika dit :

    Bonjour,
    je viens de trouver la source de la citation suivante: « Connaître, ce n’est point expliquer, ni démontrer… »
    C’est extrait de « Pilote de guerre » (1942), p. 34 de l’édition numérique établie par La bibliothèque numérique romande dont vous trouverez le lien ci-dessous.
    Merci pour votre travail, précieux.

  2. Roger dit :

    Il a été un de nos livres de chevet. Aujourd’hui, je le propose à mes 6 petits enfants.
    Dans quel ouvrage disait-il « car il te faudra bien admettre que rien ne vaut que ce qui prend du temps aux hommes. »
    Merci pour votre réponse et recevez les sincères salutations d’une grand-mère de 77 ans.

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