200 citations d’Antoine de Saint-Exupéry

Photo d'Antoine de Saint-Exupéry, pilote et écrivain

Photo : Zyephyrus CCBYSA3.0 Wiki

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Table des matières

1) Extraits du livre Citadelle d’Antoine de Saint-Exupéry

Je suis la vie et j’organise.

Le temps te construit des racines.

Le regret de l’amour, c’est l’amour.

Qui aime le bien est indulgent au mal.

L’instinct essentiel est l’instinct de la permanence.

Ce qui importe, c’est d’aller vers et non d’être arrivé

Créer, c’est créer l’être et toute création est inexprimable.

L’essentiel n’est point des choses, mais du sens des choses.

L’homme est ainsi fait qu’il ne se réjouit que de ce qu’il forme.

Le bonheur, quand tu as créé, t’est accordé comme récompense.

Les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace.

Tu es nœud de relations et rien d’autre. Et tu existes par tes liens.

L’amour véritable commence là où tu n’attends plus rien en retour.

Tu ne t’augmentes que de ce que tu transformes, car tu es semence.

Dans le silence seul, la vérité de chacun se noue et prend des racines.

L’amour véritable ne se dépense point. Plus tu donnes, plus il te reste.

N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité.

Ils ne trouvent pas le sens des choses parce qu’il n’est point à trouver, mais à créer.

Quand tu te donnes, tu reçois plus que tu ne donnes. Car tu n’étais rien et tu deviens.

Je n’aime pas les sédentaires du cœur. Ceux-là qui n’échangent rien ne deviennent rien.

Vous n’avez le droit d’éviter un effort qu’au nom d’un autre effort, car vous devez grandir.

Celui qui règne, s’il ne règne point d’abord sur son propre corps, n’est qu’usurpateur ridicule.

Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but.

Préparer l’avenir ce n’est que fonder le présent. Il n’est jamais que du présent à mettre en ordre.

Regarde mes jardins où les jardiniers vont dans l’aube pour créer le printemps, ils ne discutent point sur les pistils ni les corolles : ils sèment des graines.

Ils croupissaient dans l’illusion du bonheur qu’ils tiraient de biens possédés. Alors que le bonheur n’est que chaleur des actes et contentement de la création.

Ne confonds pas l’amour avec le désir de la possession, lequel apporte les pires souffrances. L’amour véritable est un don, pur, mais un don de chacun à l’autre, dans le respect de ce qu’il a encore à donner.

Ceux qui n’échangent plus rien d’eux-mêmes et reçoivent d’autrui leur nourriture, fût-elle la mieux choisie et la plus délicate, ceux-là mêmes qui subtils, écoutent les poèmes étrangers sans écrire leurs propres poèmes, jouissent de l’oasis sans la vivifier, usent des cantiques qu’on leur fournit, ceux-là s’attachent d’eux-mêmes à leurs râteliers dans l’étable et, réduits au rôle de bétail, sont prêts pour l’esclavage.

J’interdis aux marchands de vanter trop leurs marchandises. Car ils se font vite pédagogues et t’enseignent comme but ce qui n’est par essence qu’un moyen, et te trompant ainsi sur la route à suivre les voilà bientôt qui te dégradent, car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour te la vendre une âme vulgaire. Or, s’il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelles aux objets.

2) Extraits du livre Courrier sud d’Antoine de Saint-Exupéry

Aimer, c’est naître.

Veille tes amours comme un berger.

Une armée sans foi ne peut conquérir.

La seule vérité est peut-être la paix des livres.

Il faut autour de soi, pour exister, des réalités qui durent.

Nous sommes les maîtres des choses quand les émotions nous répondent.

L’immobilité saisit, chaque seconde plus grave comme une syncope, puis la vie repart.

Quand on s’abandonne on ne souffre pas. Quand on s’abandonne même à la tristesse on ne souffre plus.

Nous étions perdus aux confins du monde, car nous savions déjà que voyager, c’est avant tout changer de chair.

Les bras de l’amour vous contiennent avec votre présent, votre passé, votre avenir, les bras de l’amour vous rassemblent.

3) Extraits du livre Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry

C’est véritablement utile puisque c’est joli.

Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.

On n’est jamais content là où on est. (Chap. XXII)

Qu’est-ce-qui signifie  » apprivoiser  » ? (Chap. XXI)

S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! (Chap. II)

Le langage est source de malentendus. (Chap. XXI)

Les vaniteux n’entendent jamais que les louanges.

Les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent. (Chap. XXII)

C’est tellement mystérieux, le pays des larmes. (Chap. VII)

On ne connaît que les choses que l’on apprivoise. (Chap. XXI)

On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

On risque de pleurer un peu si l’on s’est laissé apprivoiser… (Chap. XXV)

Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde.

Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. (Chap. II)

Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. (Chap. XXI)

Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes. (Chap. IV)

Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. (Chap. XXI)

Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais très peu s’en souviennent.

Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c’est qu’il cache un puits quelque part… (Chap. XXIV)

Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger, c’est que tu es un véritable sage.

J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence… (Chap. XXIV)

L’autorité repose d’abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d’aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J’ai le droit d’exiger l’obéissance parce que mes ordres sont raisonnables.

Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : « Ma fleur est là quelque part ».

C’est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une d’elles vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allé dans la bonne direction.

Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… (Chap. XXI)

Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !

C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué.

Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. (Chap. XXI)

J’ai appris, dit le Petit Prince, que le Monde est le miroir de mon Âme…
Quand elle est enjouée, le Monde lui semble gai
Quand elle est accablée, le Monde lui semble triste
Le Monde, lui, n’est ni triste ni gai.
Il est là, c’est tout
Ce n’était pas le Monde qui me troublait, mais l’Idée que
je m’en faisais…
J’ai appris à accepter sans le Juger, totalement, inconditionnellement…

4) Extraits du livre Pilote de guerre d’Antoine de Saint-Exupéry

Ton acte, c’est toi.

Vivre, c’est naître lentement.

Je me nourris de la qualité des camarades.

La saveur du pain partagé n’a point d’égal.

L’intelligence ne vaut qu’au service de l’amour.

Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit.

Que suis-je si je ne participe pas ? J’ai besoin, pour être, de participer.

Connaître, ce n’est point démontrer, ni expliquer. C’est accéder à la vision.

La Guerre n’est pas une aventure. La guerre est une maladie comme le typhus.

Je combattrai pour l’Homme. Contre ses ennemis. Mais aussi contre moi-même.

D’où suis-je ? Je suis de mon enfance. Je suis de mon enfance comme d’un pays.

Les disparus embellissent dans le souvenir. On les habille pour toujours de leur sourire le plus clair.

Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous.

Un Être n’est pas de l’empire du langage, mais de celui des actes. Notre Humanisme a négligé les actes.

Il est des victoires qui exaltent, d’autres qui abâtardissent. Des défaites qui assassinent, d’autres qui réveillent.

L’aventure repose sur la richesse des liens qu’elle établit, des problèmes qu’elle pose, des créations qu’elle provoque.

La grandeur de ma civilisation, c’est que cent mineurs s’y doivent de risquer leur vie pour le sauvetage d’un seul mineur enseveli. Ils sauvent l’Homme.

Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l’illumination n’est que la vision soudaine, par l’Esprit, d’une route lentement préparée.

On est frère en quelque chose et non frère tout court. Le partage n’assure pas la fraternité. Elle se noue dans le seul sacrifice. Elle se noue dans le don commun à plus vaste que soi.

Mais, ayant oublié l’Homme, nous avons défini notre Liberté comme une licence vague, exclusivement limitée par le tort causé à autrui. Ce qui est vide de signification, car il n’est point d’acte qui n’engage autrui.

Il est aisé de fonder l’ordre d’une société sur la soumission de chacun à des règles fixes. Il est aisé de façonner un homme aveugle qui subisse, sans protester, un maître ou un Coran. Mais la réussite est autrement plus haute qui consiste, pour délivrer l’homme, à le faire régner sur soi-même.

Je crois que la primauté de l’homme fonde la seule Égalité et la seule liberté qui aient une signification. Je crois en l’égalité des droits de l’homme à travers chaque individu. Et je crois que la liberté est celle de l’ascension de l’homme. Égalité n’est pas identité. La liberté n’est pas l’exaltation de l’individu contre l’homme.

5) Extraits du livre Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry

L’empire de l’homme est intérieur.

On ne se crée point de vieux camarades.

Les hommes seuls bâtissent leur solitude.

L’essentiel, nous ne savons pas le prévoir.

Ce n’est pas la distance qui mesure l’éloignement.

Ce que d’autres ont réussi, on peut toujours le réussir.

Il n’est qu’un luxe véritable : celui des relations humaines.

Une victoire affaiblit un peuple, une défaite en réveille un autre.

Ce n’est pas le danger que j’aime. Je sais ce que j’aime. C’est la vie.

La vérité, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos.

La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes.

Il n’y a pas de citadelle inattaquable, il n’y a que des citadelles mal attaquées.

Un spectacle n’a point de sens, sinon à travers une culture, une civilisation, un métier.

Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction.

Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.

Le rêveur devient homme d’action lorsque par sa volonté et son courage il est capable de réaliser ses rêves les plus audacieux.

Celui qui meurt pour le progrès des connaissances ou la guérison des maladies, celui-là sert la vie, en même temps qu’il meurt.

La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre.

Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort.

Celui-là qui veille modestement quelques moutons sous les étoiles, s’il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu’un serviteur. Il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l’empire.

Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.

6) Extraits du livre Vol de nuit d’Antoine de Saint-Exupéry

Les échecs fortifient les forts.

L’opinion publique, on la gouverne.

L’homme est cire vierge qu’il faut pétrir.

Nous sommes riches aussi de nos misères.

Donner un sens au silence, sans le combler.

Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire.

L’intérêt général est formé des intérêts particuliers : il ne justifie rien de plus.

Tous ces hommes, je les aime, mais ce n’est pas eux que je combats. C’est ce qui passe par eux.

Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent.

Nous ne demandons pas à être éternels, mais à ne pas voir les actes et les choses tout à coup perdre leur sens.

Si la vie humaine n’a pas de prix, nous agissons toujours comme si quelque chose dépassait, en valeur, la vie humaine… Mais quoi ?

Le responsable, ce n’est pas l’homme, c’est comme une puissance obscure que l’on ne touche jamais, si l’on ne touche pas tout le monde.

Il s’aperçut qu’il avait peu à peu repoussé vers sa vieillesse, pour  » quand il aurait le temps  » ce qui fait douce la vie des hommes. Comme si réellement on pouvait avoir le temps un jour, comme si l’on gagnait, à l’extrémité de la vie, cette paix bienheureuse que l’on s’imagine.

7) Extraits des Lettres à l’inconnue d’Antoine de Saint-Exupéry

Un Petit Prince sceptique n’est plus un Petit Prince.

Le plus triste c’est, d’un chagrin, que l’on se demande « est-ce bien la peine ».

Je découvre avec mélancolie que mon égoïsme n’est pas si grand puisque j’ai donné à autrui le pouvoir de me faire de la peine.

Les contes de fées c’est comme ça. Un matin on se réveille. On dit : ce n’était qu’un conte de fées. On sourit de soi. Mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées, c’est la seule vérité de la vie.

8) Extraits de la Lettre à un otage d’Antoine de Saint-Exupéry

La vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier.

Les miracles véritables, qu’ils font peu de bruit !

Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente.

La vie crée l’ordre, mais l’ordre ne crée pas la vie.

Respect de l’homme !… Là est la pierre de touche.

Chacun d’entre nous ne détient qu’une parcelle de vérité.

Un sourire est souvent l’essentiel. On est payé par un sourire. On est récompensé par un sourire. On est animé par un sourire.

Une civilisation […] est d’abord, dans l’homme, désir aveugle d’une certaine chaleur. L’homme, d’erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.

Cette qualité de la joie, n’est-elle pas le fruit le plus précieux de la civilisation qui est notre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matériels. Mais nous ne sommes pas un bétail à l’engrais. La prospérité et le confort ne sauraient suffire à nous combler. Pour nous qui fûmes élevés dans le culte du respect de l’homme, pèsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fêtes merveilleuses.

9) Extraits du Reportages sur la Guerre d’Espagne d’Antoine de Saint-Exupéry

Chaque individu est un miracle.

La frontière, dans la guerre civile, est invisible et passe par le cœur de l’homme.

Mais la grandeur de l’homme n’est pas faite de la seule destinée de l’espèce. Chaque individu est un empire.

Une guerre civile, ce n’est point une guerre, mais une maladie. L’ennemi est intérieur, on se bat presque contre soi-même.

Un bombardement, m’a-t-il semblé, ne disperse pas : il unifie. L’horreur fait serrer les poings et l’on se rejoint dans la même horreur.

Brusquement tu as découvert, à la faveur de l’épreuve nocturne qui t’a dépouillé de tout l’accessoire, un personnage qui vient de toi et que tu ne connaissais point. Tu le découvres grand et ne sauras plus l’oublier. Et c’est toi-même.

Les événements humains ont sans doute deux faces. Une face de drame et une face d’indifférence. Tout change selon qu’il s’agit de l’individu ou de l’espèce. Dans ses migrations, dans ses mouvements impérieux, l’espèce oublie ses morts.

10) Citations d’Antoine de Saint-Exupéry extraites d’une autre publication

L’amitié est hommage rendu.

Un objectif sans plan s’appelle un voeu.

Veux-tu être heureux ? Donne du bonheur.

Trouver sa vérité, c’est trouver son langage.

Là où est l’humilité, là aussi est la charité.

Ce qui fait la beauté des choses est invisible.

Ce qui sauve, c’est de faire un pas et encore un pas.

Joindre les mains, c’est bien, mais les ouvrir, c’est mieux.

On ne peut pas être en même temps responsable et désespéré.

Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.

Les idées valent ce que valent les hommes. (Lettre à Jules Roy)

Tous s’écartent quand ils voient passer un homme qui sait où il va.

L’amitié se fonde sur l’identité du but spirituel. (Lettre à Jules Roy)

Il est facile de combler celui-là qui n’a point d’espace dans le coeur.

Nous nous battons pour le respect de l’homme. (La morale de la pente)

Le véritable enseignement n’est point de te parler mais de te conduire.

Je crois aux actes et non aux grands mots. (Lettres à André Breton, 1942)

On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. (Lettre au General X)

L’amour, une fois qu’il a germé, donne des racines qui ne finissent plus de croître.

Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

Une démocratie doit être une fraternité ; sinon, c’est une imposture. (Écrits de guerre)

La vie, c’est le processus qui réalise les états les moins probables. (Les carnets, 1953)

La connaissance : ce n’est point la possession de la vérité, mais d’un langage cohérent.

J’aime trop ma liberté pour léser jamais celle des autres. (Lettres à André Breton, 1942)

Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, et non sur ce qui leur est fourni.

On accepte la mort quand on a trouvé son expression en autre chose. (La morale de la pente)

L’arbre de la résistance sortira un jour de notre sacrifice comme d’une graine. (Lettre au General Z)

Je ne puis que rentrer dans le silence si je ne fais pas la guerre. (Lettre au conseiller Robert Murphy)

Je ne dirai pas les raisons que tu as de m’aimer. Car tu n’en as point. La raison d’aimer, c’est l’amour.

C’est dans les caves de l’oppression que se préparent les vérités nouvelles. (Lettre aux Français, 1942)

Une fois pris dans l’événement, les hommes ne s’en effraient plus. Seul l’inconnu épouvante les hommes.

Le pouvoir est peut-être la seule chose dans ce monde qui ne gagne pas à être aimée. (Les carnets, 1953)

La sérénité est l’art de tout supporter dans ce monde en gardant le sourire et en restant bien dans sa peau.

Ce que je pense sur un homme n’est pas fonction de ce que cet homme pense sur moi. (Lettre à Jules Roy)

La paix des hommes d’iniquité en comparaison de la paix des justes ne saurait même être appelée une paix.

Le malheur de notre temps, c’est que tous nos ambitieux aiment le pouvoir pour lui-même. (Les carnets, 1953)

Le présent vous est fourni comme matériaux en vrac aux pieds du bâtisseur et c’est à vous d’en forger l’avenir.

Je me suis cru perdu, j’ai cru toucher le fond du désespoir et une fois le renoncement accepté, j’ai connu la paix.

La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose qu’une pierre. Mais, de collaborer, elle s’assemble et devient temple.

Les gens qui me ressemblent trop m’ennuient nécessairement, ne m’enseignent rien. (Lettres à André Breton, 1942)

Ce n’est pas ce que vous recevez qui vous fonde. C’est ce que vous donnez. (Message aux jeunes Américains, 1942)

Je ne puis rien acheter avec de l’argent qui vaille plus cher que le plaisir d’avoir dit ce que je voulais dire. (Écrits de guerre)

Qui n’a pas su, qui n’a pas osé, à un moment donné risquer, n’a pas le droit de se plaindre de la médiocrité de son existence.

Et nous, nous acceptons de mourir pour une forme de civilisation où le bonheur n’est pas un intolérable défi. (Aux Américains)

Il n’y a qu’un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles.

Vous croyez qu’on cultive l’homme par la qualité de la nourriture. On le cultive en sollicitant sa création. (La morale de la pente)

Toute la civilisation a consisté à établir cet admirable paradoxe que l’homme balance le pouvoir de la foule. (La morale de la pente)

Je respecte la vérité d’autrui, quand bien même je refuse de la faire mienne. C’est ça le respect de la liberté. (Lettres à André Breton, 1942)

On croit que l’homme est libre. On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre.

S’il est une consolation parmi les agitations et les peines de la société humaine, c’est la foi sincère et l’affection réciproque de bons et vrais amis.

Pour convertir l’homme en soi, il convient non de l’amputer, mais de l’exprimer à lui-même, d’offrir un but à ses aspirations et un territoire à ses énergies.

Je ne regrette rien. J’ai joué, j’ai perdu. C’est dans l’ordre de mon métier. Mais, tout de même, je l’ai respiré, le vent de la mer. (Le Vol brisé, Prison de sable, 1936)

Nous nous battons pour l’homme, pour que l’homme ne soit pas écrasé par la masse aveugle, pour que le peintre puisse peindre même s’il n’est pas compris. (Aux Américains)

Ce que je hais dans le marxisme c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme est défini comme producteur et consommateur. Le problème essentiel est celui de la distribution. (Lettre au General X)

Comment la vie construit-elle donc ces lignes de force dont nous vivons ? D’où vient le poids qui me tire vers la maison de cet ami ? Quels sont donc les instants capitaux qui ont fait de cette présence l’un des pôles dont j’ai besoin ?

Les cinquante mille soldats de mon convoi partaient en guerre pour sauver, non le citoyen des Etats-Unis, mais l’homme lui-même, le respect de l’homme, la liberté de l’homme, la grandeur de l’homme. (Lettre à un Américain)

Je préfère que l’on vende cent exemplaires d’un livre dont je ne rougis pas, que six millions d’exemplaires d’un navet. C’est de l’égoïsme bien compris, parce que les cent exemplaires auront autrement de pouvoir que les six millions. (Écrits de guerre)

Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer.

Ne comprenez-vous pas que, quelque part, nous avons fait fausse route ? La termitière humaine est plus riche qu’auparavant, nous disposons de plus de biens et de loisirs, et, cependant, quelque chose d’essentiel nous manque que nous savons mal définir. Nous nous sentons moins hommes, nous avons perdu quelque part de mystérieuses prérogatives. (Un sens à la vie, 1956)

Dans la section 10 ci-dessus, les phrases sans parenthèses sont des citations d’Antoine de Saint-Exupéry dont je n’ai pu identifier la source exacte. Écrivez-moi si vous connaissez les ouvrages en question : Denis.St-Pierre@evolution-101.com Merci.

Biographie d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) :

Écrivain poète, aviateur et reporter français, il est né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944 en mer, au large de Marseille, mort pour la France. Il est le célèbre auteur de la fable « Le Petit Prince », un des romans de jeunesse les plus lus au monde. Élève peu brillant, il obtient cependant son baccalauréat en 1917 et, après son échec à l’École navale, il s’oriente vers l’architecture et les beaux-arts. Devenu pilote lors de son service militaire en 1921, il est engagé en 1926 pour transporter le courrier en Afrique et en Amérique du Sud. Parallèlement, il publie ses premiers romans largement inspirés de ses expériences d’aviateur : Courrier sud en 1929 et Vol de nuit en 1931, qui rencontrent un grand succès. À partir de 1932, il se consacre à l’écriture et au journalisme. Plusieurs grands reportages au Viêt Nam, à Moscou et en Espagne nourriront sa réflexion sur les valeurs humaines qu’ils expriment dans Terre des hommes, publié en 1939. Humaniste et idéaliste, l’oeuvre de Saint-Exupéry est une invitation au dépassement de soi. Engagé pendant la guerre d’Espagne en tant que reporter, il combat par la suite dans l’armée de l’air lors de la Deuxième Guerre mondiale. Sa disparition en avion dans des circonstances mystérieuses en 1944 laisse un roman inachevé, ‘Citadelle’, considéré comme la somme de sa pensée. Il accède après sa mort à un statut de véritable héros. Voici une récapitulation des dates et événements importants de sa vie :

  • 1900 : Fils du vicomte de Saint-Exupéry, Antoine naît à Lyon. Il devient orphelin de père très jeune.
  • 1912 : Encore enfant, il vole pour la première fois.
  • 1921 : Il devient pilote lors de son service militaire.
  • 1926 : il entre à l’Aéropostale, et assure les courriers Toulouse – Casablanca et Dakar – Casablanca. C’est là à cette époque que l’écrivain naît aux portes du Sahara.
  • 1929 : Il publie le livre Courrier sud.
  • 1931 : Il épouse Consuelo Suncin, que sera la « rose » de son Petit Prince, ce que plusieurs présument.
  • 1931 : Il publie le livre Vol de nuit.
  • 1932 : Il devient à plein temps journaliste et écrivain.
  • 1939 : Il publie le livre Terre des hommes.
  • 1940 : il s’installe à New-York, où il écrit Le Petit Prince, qui paraîtra plus tard en France.
  • 1942 : il rejoint son escadrille en Algérie.
  • 1943 : Il publie Le Petit Prince et devient réserviste.
  • 1944 : Après s’être débattu pour obtenir une dernière mission, il décolle le 31 juillet au matin. À 14 h 30, on sait qu’il ne vole plus. Son avion aurait été abattu par des Allemands, au large de la Corse.

Photo d'Antoine de Saint-Exupéry

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3 réponses

  1. Erika dit :

    Bonjour,
    je viens de trouver la source de la citation suivante: « Connaître, ce n’est point expliquer, ni démontrer… »
    C’est extrait de « Pilote de guerre » (1942), p. 34 de l’édition numérique établie par La bibliothèque numérique romande dont vous trouverez le lien ci-dessous.
    Merci pour votre travail, précieux.

  2. Roger dit :

    Il a été un de nos livres de chevet. Aujourd’hui, je le propose à mes 6 petits enfants.
    Dans quel ouvrage disait-il « car il te faudra bien admettre que rien ne vaut que ce qui prend du temps aux hommes. »
    Merci pour votre réponse et recevez les sincères salutations d’une grand-mère de 77 ans.

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