75 citations d’Épicure

1) Citations d’Épicure extraites De la nature

L’amitié est comme une terre où l’on sème.

Le dernier degré du bonheur est l’absence de tout mal.

Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse.

Seul celui qui peut se passer de la richesse est digne d’en jouir.

Le bonheur n’est que dans le contentement de l’esprit et du cœur.

Il ne faut pas tant regarder ce que l’on mange qu’avec qui l’on mange.

L’homme qui a l’âme en paix n’est importun ni à lui-même ni aux autres.

Chacun de nous quitte la vie avec le sentiment qu’il vient à peine de naître.

L’âme vile est enflée d’orgueil dans la prospérité et abattue dans l’adversité.

Si Zeus voulait écouter les voeux des hommes, tous périraient, car ils demandent beaucoup de choses qui sont nuisibles à leurs semblables.

Buste d'épicure en marbre

2) Citations d’Épicure extraites des Lettres à Ménécée

Qui aime l’argent sans rester juste est criminel.

Gardez-vous de regarder la fortune comme une déesse.

Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.

Il n’y a pas moyen de vivre agréablement si l’on ne vit pas avec prudence.

Le sage […] se moque du destin, dont certains font le maître absolu des choses.

Mieux vaut échouer après avoir bien raisonné que réussir après avoir mal raisonné.

Le plaisir n’est pas un mal en soi, mais certains plaisirs apportent plus de peine que de plaisir.

Le plus grand plaisir pour le corps consiste à ne pas souffrir, et pour l’âme, à être sans trouble.

À propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage en résultera-t-il si je ne le satisfais pas

Il n’est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête, et juste. Ni d’être sage, honnête, et juste sans être heureux.

Stupide est celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu’il souffrira en mourant, mais parce qu’il souffre à l’idée qu’elle approche.

Familiarise-toi avec l’idée que la mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation; or, la mort est privation de toute sensibilité.

Le sage ne choisit nullement la nourriture la plus abondante mais la plus agréable, il ne cherche pas non plus à jouir du moment le plus long, mais du plus agréable.

Quand on est jeune, il faut se mettre à philosopher ; et quand on est vieux, il ne faut pas se lasser de philosopher. Car il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme.

Il y a des cas où nous passons par-dessus de nombreux plaisirs, chaque fois qu’un désagrément plus grand résulte pour nous de ces plaisirs ; et nous pensons que bien des douleurs sont préférables à des plaisirs, lorsqu’un plus grand plaisir s’ensuit pour nous, après avoir longtemps supporté les douleurs.

Tout plaisir, parce qu’il a une nature qui nous est appropriée, est un bien, et pourtant tout plaisir n’est pas à choisir. De même encore, toute souffrance est un mal, mais toute souffrance n’est pas toujours par nature à refuser. C’est toutefois par la mesure comparative et l’examen de ce qui est utile et de ce qui est dommageable qu’il convient de discerner tous ces états, car, selon les moments, nous usons du bien comme d’un mal ou, à l’inverse, du mal comme d’un bien.

Les mets les plus simples apportent autant de plaisir que la table la plus richement servie, quand est absente la souffrance que cause le besoin, et du pain et de l’eau procurent le plaisir le plus vif, quand on les mange après une longue privation. L’habitude d’une vie simple et modeste est donc une bonne façon de soigner sa santé, et rend l’homme par surcroît courageux pour supporter les tâches qu’il doit nécessairement remplir dans la vie. Elle lui permet encore de mieux goûter une vie opulente, à l’occasion, et l’affermit contre les revers de la fortune.

3) Citations d’Épicure extraites des Maximes capitales

On ne peut pas être sans crainte quand on inspire la crainte.

Le juste jouit d’une parfaite tranquillité d’âme, l’injuste par contre est rempli du plus grand trouble.

Dans la chair, le plaisir ne s’accroît pas une fois que la douleur liée au besoin est supprimée, mais varie seulement.

La mort n’a aucun rapport avec nous ; car ce qui est dissous est insensible, et ce qui est insensible n’a aucun rapport avec nous.

Ce qui est bienheureux et incorruptible n’a pas soi-même d’ennuis ni n’en cause à un autre, de sorte qu’il n’est sujet ni aux colères ni aux faveurs ; en effet, tout cela se rencontre dans ce qui est faible.

Si les doutes sur les réalités célestes ne nous perturbaient pas du tout, ni ceux qui ont trait à la mort, dont on redoute qu’elle soit jamais quelque chose en rapport avec nous, ou encore le fait de ne pas bien comprendre les limites des douleurs ou des désirs, nous n’aurions pas besoin de l’étude de la nature.

4) Citations d’Épicure extraites des Sentences vaticanes

L’homme juste est le plus tranquille de tous les hommes. L’injuste est le moins.

Il faut se dégager soi-même de la prison des affaires quotidiennes et publiques.

Ne fais rien dans ta vie, qui te fasse redouter que ton voisin en prenne connaissance.

Ce n’est pas tant l’aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide.

Toute amitié doit être recherchée pour elle-même, elle a cependant l’utilité pour l’origine.

Il est difficile, pour qui commet l’injustice, de rester caché, mais avoir la certitude de continuer à le rester, cela est possible.

Chassons entièrement les viles habitudes, comme des hommes mauvais qui pendant longtemps nous ont grandement nui.

Personne, voyant le mal, ne le choisit, mais attiré par l’appât d’un bien vers un mal plus grand que celui-ci, l’on est pris au piège.

Ni la très grande richesse ne peut délivrer l’âme de ses troubles ou lui procurer une joie réelle, ni l’estime et l’admiration de la foule.

Parmi les choses dont la sagesse se munit pour la félicité de la vie tout entière, de beaucoup la plus importante est la possession de l’amitié.

Voix de la chair ; ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid ; celui qui dispose de cela, et a l’espoir d’en disposer à l’avenir, peut lutter pour le bonheur.

Tout en ayant une nature mortelle et en disposant d’un temps limité, tu t’es élevé grâce aux raisonnements sur la nature jusqu’à l’illimité et l’éternité, et tu as observé : ce qui est, ce qui sera et ce qui a été.

Si c’est légitimement que les parents se mettent en colère contre les enfants, il est certes, sans objet, de résister et de ne pas demander à obtenir le pardon ; si ce n’est pas légitimement mais d’une manière déraisonnable, il est tout à fait ridicule d’enflammer leur déraison en nourrissant sa propre colère, et de ne pas chercher, par d’autres dispositions, à les changer en parents bienveillants.

5) Citations d’Épicure sans référence

La gaîté rend les fardeaux légers.

Il faut tout ensemble rire et philosopher.

Il est plus doux de donner que de recevoir.

Il faut savoir jouir de ce qui est à sa portée.

Vivre les malheurs d’avance, c’est les subir deux fois.

Se suffire à soi-même est la plus grande des richesses.

Faites toutes choses comme si quelqu’un vous regardait.

Ne gâche pas ce que tu as en désirant ce que tu n’as pas.

L’habitude de régimes de vie simples rend l’homme résolu.

Mon coeur est saturé de plaisir quand j’ai du pain et de l’eau.

Soyez modéré afin de goûter les joies de la vie en abondance.

Tous nos actes visent à écarter de nous la souffrance et la peur.

Il faut que le jeune homme aussi bien que le vieillard cultivent la philosophie.

Il est toujours temps d’être heureux : ne retardons point le moment de l’amitié.

Pour rendre un homme heureux, n’ajoute pas à ses richesses, mais retire-lui ses désirs.

Rien ne peut suffire à celui qui considère comme étant peu de chose ce qui est suffisant.

Quand on se suffit à soi-même, on arrive à posséder ce bien inestimable qu’est la liberté.

Les nourritures savoureusement simples vous régalent aussi bien qu’un ordinaire fastueux.

Ce n’est pas ce que nous avons, mais ce que nous apprécions qui constitue notre abondance.

Les plantes qui résistent au vent se cassent, alors que les plantes souples survivent aux ouragans.

Rien ne vient de rien. Rien ne se fait de rien, car, si cela était, tout se ferait de tout. (Lettre à Hérodote)

La philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements, nous procure la vie heureuse.

Il faut méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque quand on l’a, on a tout, et lorsqu’il manque, nous faisons tout pour l’avoir.

Dans la recherche commune des arguments, celui qui est vaincu a gagné davantage, à proportion de ce qu’il vient d’apprendre.

La démocratie est avant tout inventive de questionnement. Elle pose en tout cas comme problème global celui du questionnement.

Entre toutes les choses que la sagesse nous a données pour vivre heureusement, il n’y en a point de si considérable que celle d’un véritable ami.

Parmi les désirs, certains sont naturels, d’autres sont vains. Parmi les désirs naturels, certains sont nécessaires, d’autres sont simplement naturels.

La pauvreté mesurée aux besoins de notre nature est une grande richesse ; la richesse, par contre, pour qui ne connaît pas de bornes, est une grande pauvreté.

La richesse qui est conforme à la nature a des bornes et est facile à se procurer, mais celle imaginée par les vaines opinions est sans limites et difficile à acquérir.

De même que la médecine n’est d’aucun profit si elle ne chasse pas la souffrance du corps, la philosophie est inutile si elle ne chasse pas la souffrance de l’esprit.

Ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid ; celui qui dispose de cela, et a l’espoir d’en disposer à l’avenir, peut lutter comme il arrive, et coulera des jours heureux.

Tout plaisir est, de par sa nature même, un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ; pareillement toute douleur est un mal, mais toute douleur ne doit pas être évitée à tout prix.

On ne peut parvenir à la vie heureuse sans la prudence, l’honnêteté et la justice, et que prudence, honnêteté, justice ne peuvent s’obtenir sans le plaisir. Les vertus, en effet, naissent d’une vie heureuse, laquelle à son tour est inséparable des vertus.

Celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc, la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus.

Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs de l’homme déréglé, ni de ceux qui consistent dans les jouissances matérielles, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble.

Biographie d’Épicure (342 à n 270 av. J.-C.) :

Philosophe grec né près d’Athènes, Épicure est le fondateur de l’épicurisme. Cette doctrine peut être résumée par ces quatre énoncés : 1) Les dieux ne sont pas à craindre ; 2) La mort n’est pas à craindre ; 3) On peut atteindre le bonheur et 4) On peut supprimer la douleur. En physique, il soutient que tout ce qui existe est composé d’atomes indivisibles. Les atomes se meuvent au hasard dans le vide et peuvent se combiner pour former des agrégats de matière. En logique, il considère que la sensation est à l’origine de toute connaissance. Il établit ainsi les bases de l’empirisme. Épicure nous invite à connaître la nature pour la démystifier, pour éviter de voir des causes magiques là où il n’y a qu’un mécanisme répétitif et amoral. Selon lui, la souffrance morale vient du fait que l’on attribue à la nature une volonté ou un libre-arbitre. En jugeant ainsi son action, on déduit que la nature est « malveillante » ou « bienveillante » à notre égard. Mais, si la nature est aveugle, il est absurde de louer ou de blâmer ses actions, toujours selon Épicure. En éthique, ce philosophe prétend que le souverain bien est le plaisir, défini essentiellement comme « absence de douleur ». Sa doctrine est fréquemment interprétée à tort comme une philosophie de la recherche excessive du plaisir. En réalité, il s’agit plutôt d’une philosophie d’équilibre, fondée sur l’idée que toute action entraîne à la fois des effets plaisants et des effets amenant la souffrance. Il s’agit donc pour l’épicurien d’agir prudemment en recherchant les actions associées à l’absence de douleur. La clef du bonheur est de connaître ses propres limites ; c’est pourquoi l’excès doit être évité, car il apporte la douleur. Les écrits d’Épicure furent presque tous détruits lorsque le christianisme fut instauré religion d’État de l’Empire romain, si bien que de nos jours, il ne subsiste que des fragments de l’œuvre d’Épicure, souvent rapportés par Diogène Laërce, auteur du iiie siècle.

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