Les conversations qui tournent en dispute

« La vie est trop courte pour qu’on se dispute. » Robert Baden‑Powell 

Deux individus discutent et sont en désaccord. Chacun s’exprime avec conviction en soutenant fermement son opinion. Graduellement, la conversation s’envenime. Après un certain temps, ils ne s’écoutent plus du tout. Ils parlent en même temps et finissent par s’agresser verbalement. Les conversations qui dégénèrent ainsi en dispute ne font que nous empoisonner inutilement la vie.

« Le motif pour lequel se produisent les disputes n’est jamais aussi grave que le malaise qui en découle. » Alain de Botton

Les disputes futiles peuvent avoir des conséquences très néfastes. En particulier, le stress associé à celles-ci a tendance à se prolonger ; c’est-à-dire que cette tension peut nous poursuivre malgré nous pendant des heures, parfois mêmes pendant plusieurs jours. Il est vraiment désagréable de ressasser ainsi involontairement une dispute inutile qui aurait pu être évitée. Notre paix d’esprit vaut bien plus que l’objectif orgueilleux de convaincre quelqu’un à tout prix. Voici des suggestions pour éviter les disputes qui n’ont pas raison d’être :

Deux hommes discutent autour d’une table.

  1. Ne pas tenter d’avoir toujours raison
    Dans une conversation, le respect de l’autre devrait prévaloir sur l’objectif d’avoir raison. Il peut être utile d’exprimer ses opinions, mais insister indûment pour convaincre l’autre est irrespectueux.
  2. Éviter les offenses involontaires
    Dans un duel d’opinions, il est fréquent d’offenser notre opposant sans le vouloir. Dans ce contexte, une offense a bien des chances d’être interprétée comme une agression verbale. Combien de disputes inutiles surviennent parce que nous sommes impulsifs et que nous ne réfléchissons pas suffisamment avant de parler ? Dans une conversation, comme dans la vie en général d’ailleurs, nous devons être vigilants. Si nous laissons échapper involontairement quelques mots irrespectueux, toute la conversation tournera possiblement au vinaigre. Il est donc avantageux d’être attentif et raisonnable, afin de ne pas embrouiller nos relations avec les proches, amis et collègues.
  3. Savoir se taire
    Combien de difficultés surviennent parce qu’on ne sait pas tenir sa langue ? Donc, une façon simple d’éviter les disputes inutiles est de savoir se taire au bon moment. Lorsque vous sentez que la conversation devient trop conflictuelle, peut-être est-ce le bon moment d’arrêter de parler ou de moins parler. « Celui qui se tait le premier dans une dispute est le plus digne de louanges » (Proverbe hébreu).
  4. Prendre une pause au besoin
    Lorsque la discussion devient trop intense et inutilement conflictuelle, il est temps d’interrompre celle-ci afin de calmer les esprits. Dites alors poliment à votre interlocuteur que vous devez aller à la salle de bain. Profitez de cette pause pour réfléchir un peu. Quelques minutes de calme peuvent changer complètement l’atmosphère d’une conversation.
  5. Remettre à plus tard
    Si vous percevez que vous devenez vexé par la conversation, à titre d’exemple demandez à votre interlocuteur si celle-ci peut être remise au lendemain en prétextant la fatigue. Mais, ne vous retirez pas abruptement de la conversation. Dites plutôt que vous voulez simplement reprendre celle-ci un peu plus tard, en spécifiant exactement quand. Dans la majorité des cas, votre interlocuteur ne sera pas offensé, en particulier si vous exprimez clairement votre intérêt à poursuivre cette conversation.
  6. Éviter les sujets irritants
    Chaque individu est unique. Ce qui est anodin pour une personne, peut être un sujet irritant pour une autre. Éviter les sujets risqués est une façon simple de prévenir les disputes inutiles. Cependant, il est parfois impératif d’aborder certains sujets. Voici des conseils pour les sujets difficiles mais nécessaires : Comment aborder un sujet délicat.
  7. Reconnaître le peu d’intérêt pour nos conseils
    D’une façon générale, les gens ne veulent pas recevoir de conseils. Et lorsqu’ils ont pris récemment une décision, ils n’apprécient pas qu’on remette celle-ci en question. Donc, à moins qu’ils ne le demandent, il est préférable de ne pas donner de conseils. Évidemment, il y a des exceptions à ce principe. Mais elles sont moins fréquentes qu’on pourrait le croire.
  8. Donner le bénéfice du doute

    Si vous avez entendu des mots offensants, essayez de trouver une explication bienveillante qui vous aidera à traiter l’autre avec respect. Son comportement est peut-être influencé par la fatigue ou le stress. Voici trois questions simples qui vous aiderons à lui donner le bénéfice du doute :

    • Est-ce possible que j’aie tort, en partie ou en totalité ?
    • Est-ce qu’il y a au moins une partie de vérité dans son opinion ?
    • Si j’étais dans sa situation, est-ce que je penserais comme lui ou elle ?
  9. Mater notre orgueil
    L’orgueil a parfois pour effet de nous rendre aveugles au point de vue de l’autre. Et la fierté démesurée peut nous dresser les uns contre les autres. Inversement, l’humilité bien dosée nous aide à reconnaître la valeur d’opinions différentes de la nôtre. Et ceci contribue grandement à établir ou rétablir l’harmonie d’une conversation.
  10. Reconnaître que la vérité peut être insolante.
    Certains croient qu’ils ont le droit (sinon le devoir) de corriger leur interlocuteur lorsque celui-ci est dans « l’erreur » selon eux. Premièrement, il est rare que l’on soit certain à 100% d’avoir raison. Deuxièmement, même si vous êtes absolument certain de votre position, il n’est pas nécessairement bénéfique de corriger votre interlocuteur. Troisièmement, est-ce que votre interlocuteur désire entendre un point de vue opposé au sien ? Si ce n’est pas le cas, vous perdez probablement votre temps. Et si vous devez absolument corriger votre interlocuteur pour de très bonnes raisons, est-ce le bon moment de le faire ?
  11. Écouter davantage
    Notre interlocuteur a peut-être des informations que nous ne possédons pas. En l’écoutant attentivement, peut-être découvrirons-nous une façon différente et valable de voir la situation. Même si ce n’est pas le cas, il est quand même avantageux d’essayer de comprendre pourquoi notre interlocuteur est en désaccord avec nous.
  12. Faire des efforts pour comprendre son interlocuteur
    Chacun est unique par son passé, sa culture, son environnement, etc. Ne vous attendez pas à ce que les gens réfléchissent comme vous et soient sensibles aux mêmes choses que vous. Est-ce que vous connaissez toutes les circonstances qui ont poussé votre interlocuteur à adopter une opinion opposée à la vôtre ? Bien sûr que non ! Au besoin, demandez-lui simplement d’expliquer les raisons qui motivent sa position. Il est tout à fait normal que vos idées ne soient pas partagées de tous. Quand nous intégrons le fait que les autres ont (eux aussi) un passé qui influence leurs opinions, nous réagissons différemment aux désaccords et nous augmentons notre acceptation des autres. En réalité, les différences d’opinions sont des richesses à découvrir et à explorer.

Disputes inutiles avec un proche :
Avoir des relations harmonieuses avec les autres (en particulier avec nos proches) est d’une extrême importance. Il est donc nécessaire de porter une attention particulière aux échanges que nous avons avec eux. Dans ce contexte, les disputes inutiles valent-elles de mettre en danger des relations précieuses pour nous ? Non, bien sûr ! Rien ne crée autant de conflits que les désaccords. Lorsque la conversation (avec une personne importante pour vous) est devenue inutilement conflictuelle, essayez de remédier à la situation en utilisant (entre autres) les approches présentées ci-dessus.

Confrontation d’idées enrichissantes et respectueuses :
Si le contexte s’y prête, il est tout à fait légitime que chacun exprime et soutienne ses opinions. Dans certaines situations, il est même nécessaire de confronter les idées des autres. Cet article ne prétend pas qu’il est préférable d’éviter toutes confrontations. Il explique seulement que certaines disputes sont inutiles et sont souvent le résultat de notre ego plutôt que d’un besoin légitime d’échanger. Donc, cette page Internet ne nie pas le besoin de conversations avec échanges d’idées opposées. Au contraire, lorsque la situation et l’ambiance s’y prêtent, il est agréable et enrichissant d’explorer des points de vue différents. Tout est dans la façon de le faire. Ceci se traduit principalement par le respect des autres. En fait, lorsque celui-ci se sent accepté, il devient plus enclin à s’ouvrir, et cela rend la conversation plus enrichissante.

« La grandeur de notre âme est égale à la considération que nous avons pour les autres. »

Conclusion :
Pour être heureux, nous avons besoin de relations humaines harmonieuses. Pour ce faire, il est nécessaire de s’oublier un peu, en évitant par exemple d’imposer nos opinions. Cette attitude est un sacrifice, mais ce renoncement est un premier pas vers une véritable ouverture aux autres.

4 réponses

  1. Elyesse dit :

    Un dernier point que j’ai omis dans mon commentaire pardon, par rapport à ce qui est appelé « ego » qui est le mot latin et grec pour « moi » (fondement même de la personnalité en psychologie), je vous invite à consulter l’étude de Sigmund Freud sur la question de l’équilibre psychique ou psychanalytique (moi/ça/surmoi) et la vidéo YouTube de Catherine la psy à ce sujet https://www.youtube.com/watch?v=UUl2OAkYaSQ&ab_channel=Catherinelapsy.

  2. Elyesse dit :

    Bonjour,

    Vos discours sur ce site web sont possiblement très imprégnés de croyances ou traditions judéo-chrétiennes et bouddhiques. J’en approuve moi-même une partie, néanmoins pas dans la totalité. Premièrement, vous intégrer la notion de « verité » dans les points de vue/opinions, ainsi que de raison/tort (que je trouve personnellement prétentieux comme mots), or les points de vue ne sont pas des faits, il n’est pas question de vrai ou faux là-dedans ni même d’impartialité. Un point de vue constitue par définition un parti pris favorable ou défavorable, qui est intrisèquement lié à un/des individu(s), ce qui est totalement l’opposé d’un fait qui est donc neutre et indépendant de nous autres pauvres êtres humains. Sinon, l’existence de l’Holocauste ou du réchauffement climatique serait une simple question de point vue ! J’incite vraiment à détacher les personnes des faits réels, ce qui facilite justement la reconnaissance des faits. Isaac Newton n’a pas inventé la loi universelle de la gravitation, qui existait déjà bien avant l’apparition de l’Homme sur Terre, mais l’a simplement découvert. C’est fou ce qu’on peut ramener de choses à nos personnes ! Deuxièmement, affirmer que tous les points de vue se vaudraient revient à faire preuve de relativisme extrême (allez donc dire ça au Pape Benoît XVI ou au physicien Alan Sokal…), l’égalité humaine est bien une utopie ! Des philosophe tels que Socrate ou Platon qui luttaient contre le sophisme en sont un bel exemple ! Diriez-vous donc que l’idéologie nazie ou franquiste ait une quelconque valeur ? Je crois qu’on devrait plutôt s’interroger sur la légitimité des points de vue de chaque individu, y compris les siens, outre la part de subjectivité (la beauté ou les goûts par exemple). En ce qui concerne les faits, ils ne peuvent être que positifs, seule la fausseté peut nuire, la vérité au contraire permet de faire avancer. Je ne crois pas que l’orgueil ou l’irrespect soit d’insister à chercher à convaincre d’adhérer à un point de vue (du moment qu’il est légitime) et encore moins d’admettre un fait réel, je dirais que c’est plutôt une ferveur d’esprit qui tourne toutefois en acharnement futile, car on ne peut pas humainement forcer quelqu’un à croire à quoi ou en qui que ce soit. Regardons ce qu’ont donné les Croisades et les Guerres de Religion… En revanche, mépriser la factualité, la rectification de ses erreurs par « autrui », refuser de les avouer tout court, intolérer la contestation, refuser les conseils (bienveillants et sincères !) de qui que ce soit, refuser de se remettre en cause (c’est à la limite de la tyrannie, surtout pour des décisions qui concernent d’autres personnes) ou encore d’admettre notre ignorance de faits ; sont de ce que je crois, des comportements orgueilleux. Malheureusement, nous ne pouvons pas aider quelqu’un qui ne veut pas d’aide ou qui considère n’avoir rien à recevoir d’autres gens, même avec toute notre volonté ! Je suis persuadé désormais, qu’il vaille mieux s’éloigner autant que possible des gens, y compris des « proches », qui se comportent ainsi ou ne croient pas avec mépris en des faits ou choses légitimes, non pas par mésestime envers leurs personnes, mais par réprobation envers leurs attitudes ou mentalités. Le proverbe « Il vaut mieux être seul que mal accompagné » prend tout son sens à mes yeux dans ce cas-là. Ne pas choisir une relation toxique pour combler sa solitude, comme ne pas boire de poison pour étancher sa soif. Pour terminer, je désapprouve le mutisme ou le laisser-faire de n’importe quelle chose, la paix est évidemment ce que je préfère avant tout, sauf quand la confrontation est indispensable pour imposer des limites à des gens quels que soient leurs états d’âme (généralement mauvais) ! La vie ici-bas n’est pas un long fleuve tranquille, je la considère plutôt comme une lutte constante qui doit être exprimée ! Quant à l’offense, quoiqu’il en soit, c’est humainement impossible de lire dans les pensées « d’autrui », donc on peut forcément l’offenser involontairement, dans ce cas-là je préfère dédramatiser la situation en exprimant explicitement le véritable fonds de mes pensées et mon ressenti. Attention, je ne dis pas qu’il faille dire tout ce qui nous passe par la tête, loin de là ! Je ne suis pas non plus, comme je viens de l’affirmer, pour le mutisme, plutôt une amélioration continuelle de notre expression, ce qui passe inévitablement par des erreurs d’expression. Une expression qui s’entrecoupe pour laisser la place à l’interlocuteur de s’exprimer lui aussi, à l’attention envers ses mots et de se reposer passivement. Apprenons donc à mieux verbaliser qu’à systématiquement nous taire comme une carpe ! Les personnes qui ont une susceptibilité intolérante et ne pardonnent pas, j’encourage à s’en tenir à l’écart, je doute qu’elles se soucient réellement des personnes contre qui elles s’offusquent injustement. Si Dieu fait sortir quelqu’un de votre vie, ce n’est pas la peine de lui courir après, c’est qu’il y a une raison justifiée à ça ! A bonne entendeur, merci et au revoir.

  3. Bonjour ,

    Vous avez un site merveilleux, une mine de renseignements pour un « mieux vivre ».
    Merci beaucoup pour tout le temps que vous y mettez, pour son contenu et pour le type de présentation.

  4. Moïse Mukengere dit :

    Qu’est ce qu’on peut faire si on sens vraiment que son interlocuteur vous a blessé et ne veut pas reconnaître sa faute? Dans des telles situations moi, je me retire directement et directement à ce(tte) dérnier(e). Est-ce une bonne attitude?.

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