60 citations et biographie d’André Gide

Le mal n’est jamais dans l’amour. ~ (La symphonie pastorale, 1919)

C’est un devoir que de se faire heureux. ~ (Journal, 1889-1939)

Les préjugés sont les pilotis de la civilisation. ~ (Les faux-monnayeurs, 1925)

Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. ~ (Les nouvelles nourritures, 1935)

On n’a jamais fini de parfaire un apprentissage. ~ (Les caves du Vatican, 1914)

Les fautes des autres, c’est toujours réjouissant. ~ (sans référence)

Comprendre constitue le début de l’approbation. ~ (sans référence)

L’expérience instruit plus sûrement que le conseil. ~ (sans référence)

Le coeur n’a pas de rides, il n’a que des cicatrices. ~ (sans référence)

Ne cherche pas, dans l’avenir, à retrouver le passé. ~ (Les nouvelles nourritures, 1935)

Plutôt que d’être mal loué, je préfère ne l’être point. ~ (Si le grain ne meurt, 1926)

L’amour-propre blessé n’a jamais donné rien qui vaille. ~ (Les cahiers d’André Walter, 1891)

Ne pas se soucier de paraître. Être, seul est important. ~ (Fin novembre 1890)

La hauteur de l’orgueil se mesure à la profondeur du mépris. ~ (Journal)

La vérité, fût-elle douloureuse, ne peut blesser que pour guérir. ~ (Voyage au Congo, 1927)

L’appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi. ~ (Les Nouvelles Nourritures)

La foi soulève des montagnes, oui : des montagnes d’absurdité. ~ (sans référence)

Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à la tristesse. ~ (sans référence)

Ne crois pas que ta vérité puisse être trouvée par quelque autre. ~ (sans référence)

Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse. ~ (sans référence)

On estime inutile de chercher à comprendre ce que l’on réprouve. ~ (sans référence)

Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent. ~ (‘Ainsi soit-il’ ou ‘Les jeux sont faits’, 1952)

Il est extrêmement rare que la montagne soit abrupte de tous côtés. ~ (Journal)

Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée ! ~ (Les nourritures terrestres, 1897)

Le péché, c’est ce qui obscurcit l’âme, c’est ce qui s’oppose à la joie. ~ (La symphonie pastorale, 1919)

Les choses ont une valeur correspondant à notre ardeur à les désirer. ~ (sans référence)

Avec les plus belles vertus du monde, on ne réussit rien sans méthode. ~ (sans référence)

Il entre dans toutes les actions humaines plus de hasard que de décision. ~ (sans référence)

Je n’aime pas choisir, car je me prive du plaisir de ce que je ne choisis pas. ~ (sans référence)

Il est plus facile de renoncer à ce que l’on a connu qu’à ce que l’on imagine. ~ (Journal, 1889-1939)

Ne peut rien pour le bonheur d’autrui celui qui ne sait être heureux lui-même. ~ (sans référence)

Le bonheur de l’homme ce n’est pas la liberté, c’est l’acceptation d’un devoir. ~ (sans référence)

On appelle joie cet état de l’être qui n’a besoin de rien pour se sentir heureux. ~ (sans référence)

La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, que remplace la foi tout court. ~ (sans référence)

Les plus détestables mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité. ~ (Si le grain ne meurt, 1926)

Tout a été dit, déjà. Mais comme personne n‘écoute, il faut toujours recommencer. ~ (sans référence)

Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. Le sage est celui qui s’étonne de tout. ~ (Les nourritures terrestres, 1897)

Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire. ~ (Les nourritures terrestres, 1897)

Il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu’on ne les a pas tentées. ~ (Si le grain ne meurt, 1926)

Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c’est de chercher à comprendre autrui. ~ (sans référence)

C’est un art de contempler ce que les ans nous apportent plutôt que ce dont ils nous privent. ~ (sans référence)

Les lois et les censures compromettent la liberté de pensée bien moins que ne le fait la peur. ~ (Journal du 18 octobre 1944)

Mieux vaut être détesté pour ce que tu es que d’être aimé pour quelque chose que tu n’es pas. ~ (sans référence)

Chaque désir m’a plus enrichi que la possession toujours fausse de l’objet même de mon désir. ~ (sans référence)

Ce n’est que dans l’aventure que certaines personnes réussissent à se connaître, à se retrouver. ~ (sans référence)

Mon bonheur est d’augmenter celui des autres. J’ai besoin du bonheur de tous pour être heureux. ~ (Les nourritures terrestres, 1897)

Non s’efforcer vers le plaisir mais trouver son plaisir dans l’effort même, c’est le secret de mon bonheur. ~ (Journal)

On ne peut découvrir de nouvelles contrées sans consentir à perdre le rivage de vue pendant très longtemps. ~ (sans référence)

L’harmonie ne peut être maintenue dans un ménage sans indulgence et sans menues concessions mutuelles. ~ (L’école des femmes, 1929)

La vie est plus belle que ne la consentent les hommes : la sagesse n’est pas dans la raison, mais dans l’amour. ~ (Les nouvelles nourritures, 1935)

Envier le bonheur d’autrui, c’est folie ; on ne saurait pas s’en servir. Le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure. ~ (sans référence)

On n’est sûr de ne jamais faire que ce que l’on est incapable de comprendre. Comprendre, c’est se sentir capable de faire. ~ (Les nourritures terrestres)

Pourtant j’aime les compliments ; mais ceux des maladroits m’exaspèrent ; ce qui ne me flatte pas au bon endroit me hérisse. ~ (sans référence)

Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d’horreur, que l’homme heureux n’y peut songer sans prendre honte de son bonheur. ~ (Les Nouvelles nourritures)

Je crois que c’est le propre de l’amour, de ne pouvoir demeurer le même ; d’être forcé de croître, sous peine de diminuer ; et que c’est là ce qui le distingue de l’amitié. ~ (Les Faux-Monnayeurs, 1925)

Ce qu’il y a de plus extraordinaire peut-être dans le besoin de l’extraordinaire, c’est que c’est, de tous les besoins de l’esprit, celui qu’on a le moins de peine à contenter. ~ (Journal)

Les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison. Il faut demeurer entre les deux, tout près de la folie quand on rêve, tout près de la raison quand on écrit. ~ (sans référence)

La foi comporte un certain aveuglement où se complaît l’âme croyante ; quand elle échappe aux entraves de la raison, il lui semble qu’elle bat son plein. Elle n’est que dévergondée. ~ (Journal)

Ne te détourne pas, par lâcheté, du désespoir. Traverse-le. C’est par-delà qu’il sied de retrouver motif d’espérance. Va droit. Passe outre. De l’autre côté du tunnel tu retrouveras la lumière. ~ (sans référence)

Le printemps est un devenir, c’est la saison de la préparation, de l’espoir. J’ai toujours préféré le bouton plein de promesse à l’épanouissement de la fleur, le désir à la possession, le progrès à l’achèvement, l’adolescence à l’âge mûr. ~ (Feuillets d’automne, 1949)

Les parties adverses, dans un pays, sont comparables à ces dents de rongeurs qui s’usent réciproquement l’une contre l’autre et dont l’une croît indéfiniment, jusqu’à ce que mort s’ensuive, lorsque la dent adverse vient à manquer. Il importe de maintenir l’opposition. ~ (sans référence)

Courte biographie d’André Gide (1869-1951) :

Né à Paris dans une famille de la haute bourgeoisie, il devient orphelin de père alors qu’il n’a que onze ans. Pour soulager la peine, il se réfugie dans la littérature. C’est à ce moment qu’il commence son à écrire son Journal, dont il poursuivra la rédaction toute sa vie. Il fréquente les cercles littéraires parisiens et rencontre Paul Valéry. Après un long voyage en Afrique, André Gide publie ‘Les Nourritures terrestres’ en 1897, dont le lyrisme est salué par une partie de la critique. Après des échecs au théâtre, il s’affirme comme romancier et devient un écrivain moderne de premier plan auquel on reproche parfois une certaine préciosité. Une vie privée marquée par l’homosexualité assumée est à l’origine de ses textes les plus personnels comme ‘Corydon’ en 1924 dans lequel il défend son orientation sexuelle. En 1926, il publie ‘Si le grain ne meurt’, un récit autobiographique qui relate son enfance bourgeoise, ses attirances pour les garçons et sa vénération pour sa cousine Madeleine, qu’il finit par épouser en menant une double vie. Son œuvre prend une nouvelle orientation avec la découverte des réalités du colonialisme. En 1927, plusieurs de ses lecteurs découvrent l’Afrique noire dans le journal de son voyage au Congo, dans lequel il dénonce l’administration coloniale et l’attitude de la majorité des Européens à l’égard des colonies. Au début des années 1930, il s’enthousiasme pour le communisme et l’expérience soviétique. Mais il est fortement déçu lors de son voyage sur place à l’été 1936. Il publie alors son témoignage et ses opinions anti-communistes dans : ‘Retour de l’U.R.S.S.’. En 1940, il abandonne quasiment l’écriture en se repliant sur la Côte d’Azur, puis en Afrique du Nord durant la guerre. Après ce conflit, il est mis à l’écart de la vie littéraire, mais honoré par le prix Nobel de littérature en 1947. Par la suite, il se concentre sur la publication intégrale de son Journal. Il meurt à Paris le 19 février 1951.

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