90 citations d’Arthur Schopenhauer

Table des matières

Portrait peint d’Arthur Schopenhauer à 67 ans

Arthur Schopenhauer à 67 ans, artiste peintre Jules Lunteschütz

Arthur Schopenhauer : 1) Citations de ‘Aphorismes sur la sagesse dans la vie’

On n’est libre qu’en étant seul.

L’ignorance est la fille de la paresse.

Tout ce qui est exquis mûrit lentement.

Le destin mêle les cartes et nous jouons.

Le sommeil est un emprunt fait à la mort.

La vanité rend causeur ; l’orgueil, taciturne.

L’orgueil à bon marché, c’est l’orgueil national.

On allège les maux en les supportant en commun.

Qui critique les autres travaille à son propre amendement.

L’éloignement et la longue absence nuisent à toute amitié.

Chacun est enfermé dans sa conscience comme dans sa peau.

Les deux plus grands ennemis du bonheur sont la douleur et l’ennui.

Plus un homme est bête et moins l’existence lui semble mystérieuse.

Le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir.

La richesse est pareille à l’eau de mer : plus on en boit, plus on a soif.

L’essentiel pour le bonheur de la vie, c’est ce que l’on a en soi-même.

Ma philosophie ne m’a rien rapporté, mais elle m’a beaucoup épargné.

Mieux vaut manifester sa raison par tout ce que l’on tait que par ce qu’on dit.

Le besoin sexuel est le plus violent de nos appétits : le désir de tous nos désirs.

Ce n’est le plus souvent que la perte des choses qui nous en enseigne la valeur.

Attribuer une haute valeur à l’opinion des hommes, c’est leur faire trop d’honneur.

Vaincre des obstacles est la plénitude de la jouissance dans l’existence humaine.

Le sommeil est pour l’ensemble de l’homme ce que le remontage est à la pendule.

Toutes les richesses ne sauraient satisfaire un caractère avide, envieux et méchant.

Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception ; le sage évite les maux.

Chaque matin est une petite jeunesse, chaque coucher avec sa nuit de sommeil une petite mort.

Quand on veut vivre parmi les hommes, il faut laisser chacun exister et l’accepter avec l’individualité, quelle que soit, qui lui a été départie.

La santé par-dessus tout l’emporte tellement sur les biens extérieurs qu’en vérité un mendiant bien portant est plus heureux qu’un roi malade.

Dans la jeunesse, c’est la contemplation ; dans l’âge mûr, la réflexion qui domine ; l’une est le temps de la poésie, l’autre plutôt celui de la philosophie.

Ne combattez l’opinion de personne ; songez que, si l’on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n’en aurait pas fini, quand on atteindrait l’âge de Mathusalem.

Un homme d’esprit, dans la solitude la plus absolue, trouve dans ses propres pensées et dans sa propre fantaisie de quoi se divertir agréablement, tandis que l’être borné aura beau varier sans cesse les fêtes, les spectacles, les promenades et les amusements, il ne parviendra pas à écarter l’ennui qui le torture.

Arthur Schopenhauer : 2) Citations avec références (entre parenthèses)

Mieux vaut être seul que parmi les traîtres. ~ (Le sens du destin)

On porte ses défauts comme on porte son corps, sans le sentir. ~ (La vie et la mort, 1858)

Entre les désirs et leurs réalisations, s’écoule toute la vie humaine. ~ (Le monde comme volonté et comme représentation, 1819)

Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. ~ (Du génie, 1819)

Très peu de gens savent réfléchir, mais tous veulent avoir des opinions. ~ (L’art d’avoir toujours raison, 1831)

Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l’obscurité. ~ (Parerga et paralipomena, 1851)

Avoir l’esprit philosophique, c’est être capable de s’étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire. ~ (Le Monde comme volonté et comme représentation)

Arthur Schopenhauer : 3) Citations sans référence

Le présent seul est réel.

L’égoïsme régit le monde.

Tant vaut l’homme, tant vaut le loisir.

L’homme est un animal métaphysique.

La volonté est inaccessible à l’entendement.

La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.

Le sexe et la procréation ne sont qu’une dictature de l’espèce.

Le moyen de plaire en société est de laisser chacun parler de soi.

L’homme est ce qu’il est. Mais il ne connaît que peu à peu ce qu’il est.

La vie est un combat perpétuel, accompagné de la certitude d’être vaincu.

Ne nuis à personne, mais au contraire viens en aide à tous autant que tu peux.

Cachez soigneusement votre supériorité de crainte de vous faire des ennemis.

Les hommes en blâmant et dénigrant autrui, se louent indirectement eux-mêmes.

Moins notre vie est troublée par la crainte, plus nous pouvons l’animer par nos désirs.

C’est faire un pléonasme que de dire : ‘la volonté de vivre’, et non pas simplement la ‘volonté’.

La condition première pour être heureux dans la vie, c’est d’accepter d’être ce que nous sommes.

Ce qui rend les hommes sociables est leur incapacité à supporter la solitude et donc, eux-mêmes.

L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer.

Les neuf dixièmes de notre bonheur reposent sur la santé. Avec elle, tout devient source de plaisir.

L’instinct social des hommes ne repose pas sur l’amour de la société, mais sur la peur de la solitude.

Toutes les tendances manifestées dans les règnes végétal et animal peuvent se ramener à la volonté.

Personne n’a vécu dans le passé, personne ne vivra dans le futur ; le présent est le mode de toute vie.

Il ne faut pas empiéter sur l’avenir en demandant avant le temps ce qui ne peut venir qu’avec le temps.

Ce que les hommes appellent communément leur destin, ce ne sont souvent que leurs propres bêtises.

Les choses ne contribuent à notre bonheur ou à notre malheur que par la manière dont nous les concevons.

C’est effrayant comme nous sommes, petit à petit, emprisonnés dans le filet des actes journellement répétés.

Le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement s’attendre à un état comparativement moins douloureux.

Une compassion sans bornes qui nous unit avec tous les êtres vivants, voilà le plus solide, le plus sûr garant de la moralité.

La source la plus directe du bonheur est une humeur enjouée. Cette qualité trouve tout de suite sa récompense en elle-même.

L’homme qui a suffisamment de richesse intérieure préfère rester hors de la société, pour n’avoir rien à donner et rien à supporter.

Ne cherchons pas à fonder notre bonheur sur un trop grand nombre d’aspirations, car nous aurions trop de chances d’être déçus.

Toute grande vérité passe par trois phases : elle est d’abord ridiculisée, puis violemment combattue, avant d’être acceptée comme une évidence.

L’État n’est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive la bête carnassière, l’homme, et de faire en sorte qu’il ait l’aspect d’un herbivore.

On comprendra qu’en présence d’imbéciles et de fous il n’y a qu’une seule manière de montrer qu’on a de la raison : c’est de ne pas parler avec eux.

L’activité est indispensable au bonheur. Il faut que l’homme agisse, fasse quelque chose si cela lui est possible ou apprenne au moins quelque chose.

La vérité objective d’une proposition et la validité de celle-ci au plan de l’approbation des opposants et des auditeurs sont deux choses bien distinctes.

L’être humain est, au fond, un animal sauvage et effroyable. Nous le connaissons seulement dompté et apprivoisé par ce que nous appelons la civilisation.

L’égoïsme inspire une telle horreur que nous avons inventé la politesse pour le cacher, mais il perce à travers tous les voiles et se trahit en toute rencontre.

La satisfaction que le monde peut donner à nos désirs ressemble à l’aumône donnée aujourd’hui au mendiant et qui le fait vivre assez pour être affamé demain.

Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.

Il n’y a en effet aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était généralement acceptée.

Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture, bien qu’il soit parfaitement certain que le bonheur d’un individu dépend bien plus de ce qu’il est que de ce qu’il a.

La misère matérielle est le premier tourment du peuple ; la misère spirituelle, l’ennui (c’est-à-dire l’impression de vide et de lassitude causée par le désœuvrement), est celui des classes favorisées.

La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre propre existence, qui s’imposent à notre intellect comme une énigme dont la solution ne cesse dès lors de préoccuper l’humanité.

La compassion à l’égard des animaux est si étroitement liée à la bonté du caractère qu’on peut assurément affirmer que lorsqu’un homme se montre cru envers les animaux, il ne saurait être un homme bon.

Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l’homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l’astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi.

La politesse est sage : la grossièreté par conséquent stupide ; se faire sans nécessité et avec intention, des ennemis en commettant des impolitesses, c’est de la frénésie, tout comme de mettre le feu à sa maison.

L’homme qui reste calme dans les revers, prouve qu’il sait combien les maux possibles dans la vie sont immenses et multiples, et qu’il ne considère le malheur qui survient en ce moment que comme une petite partie de ce qui pourrait arriver.

Le monde est ma représentation. Cette proposition est une vérité pour tout être vivant et pensant, bien que, chez l’homme seul, elle arrive à se transformer en connaissance abstraite et réfléchie. Dès qu’il est capable de l’amener à cet état, on peut dire que l’esprit philosophique est né en lui.

Nous devons tous tenter de parvenir à ceci : considérer ce que nous possédons avec le regard précisément que nous aurions si cela nous était arraché ; qu’il s’agisse des biens, de la santé, des amis, des êtres aimés, de la femme et de l’enfant, la plupart du temps nous ne sentons la valeur qu’après la perte.

Attacher beaucoup trop de valeur à l’opinion est une superstition universellement répandue ; qu’elle ait ses racines dans notre nature même, ou qu’elle ait suivie la naissance des sociétés et de la civilisation, il est certain qu’elle exerce en tous cas sur toute notre conduite une influence démesurée et hostile à notre bonheur.

Le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les bonnes manières.

On ne peut être vraiment soi qu’aussi longtemps qu’on est seul ; qui n’aime donc pas la solitude n’aime pas la liberté, car on n’est libre qu’étant seul. Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices qui coûtent d’autant plus cher que la propre individualité est plus marquante. Par conséquent, chacun fuira, supportera ou chérira la solitude en proportion exacte de la valeur de son propre moi.

Courte biographie d’Arthur Schopenhauer (1788-1860)

Écrivain et philosophe allemand né à Dantzig en Prusse et mort à Francfort d’une crise cardiaque à l’âge de soixante-douze ans. Il repose au cimetière principal de Francfort. Issu d’une famille de commerçants, il est obligé de fuir à Hambourg pendant ses jeunes années à cause de l’occupation prussienne. Son père l’éduque pour devenir un négociant en lui apprenant les langues étrangères et en l’initiant aux voyages en Europe. Sa formation terminée, il travaille dans ce domaine un certain temps pour faire plaisir à son père. Pendant ce temps, il subit l’influence de sa mère qui est romancière à succès. Immédiatement après le décès de son père, Arthur Schopenhauer entreprend des études littéraires. Il termine sa thèse en 1813 : ‘De la quadruple racine du principe de raison suffisante’. Au début 1819, il publie sa plus grande œuvre, ‘Le Monde comme volonté et comme représentation’. En août de la même année, il apprend la faillite de la société dans laquelle presque tout son héritage avait été placé. Il se rend alors en Allemagne pour enseigner à l’Université de Berlin afin de soulager ses difficultés financières. Ses cours se donnent en même temps que ceux d’Hegel dans la même institution. Il critique publiquement ce dernier, lequel occupe alors toute l’attention philosophique de l’Allemagne. Il démissionne au bout de six mois, faute d’étudiants. Il fait une dépression en 1823. En 1825, il arrive enfin à vivre de ses rentes. En 1839, il est récompensé par la Société royale des sciences de Norvège pour son mémoire sur la liberté de la volonté humaine. C’est seulement vers la fin de sa vie que l’importance considérable de son œuvre est vraiment reconnue et que l’attention des philosophes se détourne de la philosophie hégélienne.
Principales œuvres d’Arthur Schopenhauer :
Aphorismes sur la sagesse dans la vie, lien externe
– Journal de voyage, 1803-1804
De la quadruple racine du principe de raison suffisante, lien externe
Essai sur le libre arbitre, lien externe
Le fondement de la morale, lien externe
– Sur la vue et les couleurs
– Manuscrits inédits, tome I et II
Le Monde comme volonté et comme représentation, lien externe, Wikisource
L’Art d’avoir toujours raison, lien externe, Wikisource
– De la Volonté dans la nature
– Les Deux Problèmes fondamentaux de l’éthique : La liberté de la volonté ;
– Philosophie du Droit et autres essais
– Correspondance complète
– Pensées et fragments
– L’art de se connaître soi-même

Liste de livres numériques, lien externe

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