80 citations de François de La Rochefoucauld

Peinture du visage de La Rochefoucauld dans la trentaine avec de longs cheveux.

Artiste peintre : Théodore Chassériau,
Domaine public, via Wikimedia Commons

On pardonne tant que l’on aime.

La fierté est l’éclat et la déclaration de l’orgueil.

En vieillissant, on devient plus fou et plus sage.

On ne donne rien si libéralement que ses conseils.

Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour.

Il est plus nécessaire d’étudier les hommes que les livres.

On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine.

Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paraître.

Le bonheur est toujours à la portée de celui qui sait le goûter.

En amour, celui qui est guéri le premier est toujours le mieux guéri.

Tant que tu n’as pas trouvé la paix en toi, ne la cherche pas ailleurs.

Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux.

Pour juger le monde, il faut le voir de loin et l’avoir beaucoup vu de près.

Ce qu’on nomme libéralité n’est le plus souvent que la vanité de donner.

La flatterie est une fausse monnaie qui n’a de cours que par notre vanité.

On croit parfois haïr la flatterie, mais on ne haït que la manière de flatter.

C’est une espèce de coquetterie de faire remarquer qu’on n’en fait jamais.

On ne peut répondre de son courage quand on n’a jamais été dans le péril.

La durée de nos passions ne dépend pas plus de nous que la durée de notre vie.

Si nous n’avions point d’orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.

La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal.

Quand on ne trouve pas le repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs.

C’est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime.

La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu’il faut et à ne dire que ce qu’il faut.

Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n’ont jamais été rompues.

Lorsque notre haine est trop vive, elle nous met au-dessous de ceux que nous haïssons.

On se console souvent d’être malheureux par un certain plaisir qu’on trouve à le paraître.

L’amour de la justice n’est pour la plupart des hommes que la crainte de souffrir l’injustice.

La confiance que l’on a en soi fait naître la plus grande partie de celle que l’on a aux autres.

Il est plus aisé de connaître l’homme en général que de connaître un homme en particulier.

Lorsque nous ne pouvons trouver la tranquillité en nous, il est inutile de la chercher ailleurs.

On passe souvent de l’amour à l’ambition, mais on ne revient guère de l’ambition à l’amour.

La clémence des princes n’est souvent qu’une politesse pour gagner l’affection des peuples.

Il est plus difficile de dissimuler les sentiments que l’on a que de feindre ceux que l’on n’a pas.

Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s’ils n’étaient les dupes des uns les autres.

Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes.

Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice est que nous en avons plusieurs.

Un véritable ami est le plus grand de tous les biens et celui de tous qu’on songe le moins à acquérir.

Nous aimons toujours ceux qui nous admirent et nous n’aimons pas toujours ceux que nous admirons.

On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il sait en faire.

Comment prétendons-nous qu’un autre garde notre secret, si nous ne pouvons le garder nous-mêmes ?

La reconnaissance de la plupart des hommes n’est qu’une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.

Ce que recherche l’homme supérieur est en lui-même. Ce que recherche l’homme faible est dans les autres.

Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions, si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.

Notre repentir n’est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu’une crainte de celui qui nous en peut arriver.

Dans toutes les existences, on note une date ou bifurque la destinée, soit vers une catastrophe, soit vers le succès.

Il ne faut pas s’offenser que les autres nous cachent la vérité, puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes.

Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas passer pour grande lorsqu’elle n’est pas l’effet d’un grand dessein.

Il y a peu de choses impossibles d’elles-mêmes ; et l’application pour les faire réussir nous manque plus que les moyens.

Toutes nos qualités sont incertaines et douteuses en bien comme en mal, et elles sont presque toutes à la merci des occasions.

Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d’expérience malgré le nombre des années.

Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s’en apercevoir qu’il est difficile de tromper les autres sans qu’ils s’en aperçoivent.

Avoir de la vertu, c’est savoir bien faire sans que l’inclination nous y porte et s’abstenir de faire mal quoique la passion nous y pousse. (Carnets)

Ce qui fait que si peu de personnes sont agréables dans la conversation, c’est que chacun songe plus à ce qu’il veut dire qu’à ce que les autres disent.

Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde se trompe fort ; mais celui qui croit qu’on ne peut se passer de lui se trompe encore davantage.

Il faut être facile à excuser nos amis, quand leurs défauts sont nés avec eux, et qu’ils sont moindres que leurs bonnes qualités; il faut souvent éviter de leur faire voir qu’on les ait remarqués et qu’on en soit choqué, et on doit essayer de faire en sorte qu’ils puissent s’en apercevoir eux-mêmes, pour leur laisser le mérite de s’en corriger. (De la société)

Citations extraites de ‘Réflexions ou sentences et maximes morales‘ :

Peu de gens savent être vieux.

Qui vit sans folie, n’est pas si sage qu’il croit.

C’est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.

Ce qui se trouve le moins dans la galanterie, c’est de l’amour.

Le vrai moyen d’être trompé, c’est de se croire plus fin que les autres.

Il est plus aisé d’être sage pour les autres que de l’être pour soi-même.

Il n’y a guère d’homme assez habile pour connaître tout le mal qu’il fait.

Les querelles ne dureraient pas longtemps, si le tort n’était que d’un côté.

Nous promettons selon nos espérances, et nous tenons selon nos craintes.

Ce qui rend la vanité des autres insupportable, c’est qu’elle blesse la nôtre.

Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis.

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement.

La fortune fait paraître nos vertus et nos vices, comme la lumière fait paraître les objets.

Il est bien plus aisé d’éteindre un premier désir que de satisfaire tous ceux qui le suivent.

Le bien que nous avons reçu de quelqu’un veut que nous respections le mal qu’il nous fait.

Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons quelque chose qui ne nous déplaît pas.

Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.

Ce n’est pas payer trop cher la liberté de l’esprit et du cœur, que de l’acheter par le sacrifice des plaisirs.

Si nous n’avions pas tant de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.

Bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu’on puisse avoir dans la conversation.

Ce qui nous fait croire si facilement que les autres ont des défauts, c’est la facilité que l’on a de croire ce qu’on souhaite.

Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas.

Bien des gens épuisent leur fond philosophique en conseils pour leurs amis, et en demeurent dépourvus pour eux-mêmes.

L’absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume les feux.

Il n’y a pas moins d’éloquence dans le ton de la voix, dans les yeux et dans l’air de la personne qui parle, que dans le choix des paroles.

Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits au contraire ont le don de beaucoup parler, et de ne rien dire.

Courte biographie de François VI, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac (1613-1680) :

Écrivain, moraliste et mémorialiste français, surtout connu pour ses Maximes. Il appartient à l’une des plus illustres familles de la noblesse française. Jouissant de la faveur de Louis XIV, il peut se consacrer à la réflexion et à la littérature. Son oeuvre la plus célèbre parut sous le titre de Réflexions ou sentences et Maximes morales. Elle est connue sous le simple titre de Maximes. Cette oeuvre a beaucoup influencé la littérature française.

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