190 citations de Victor HUGO en 7 catégories

1) Citations de Victor Hugo extraites de Choses vues, 1887 & 1900 :

Tout homme comprend mal son intérêt.

D‘ordinaire les empires conquérants meurent d‘indigestion.

Les grandes révolutions naissent des petites misères comme les grands fleuves des petits ruisseaux.

Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. Soyons l‘humanité.

Et de l‘union des libertés dans la fraternité des peuples, naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et qu‘on appellera la paix de l‘Europe.

Portrait de Victor Hugo en 1876

2) Citations de Victor Hugo de L’année terrible, Paris incendié, 1871 :

On peut trouver le mal en cherchant trop le bien.

Le cœur s’attendrit mieux lorsque l’esprit comprend.

Cette Société usurpe notre bien, et prend tout même à ceux qui n’ont rien.

La méchanceté naît où la hauteur cesse ; avec la petitesse on fait de la bassesse.

La rancune est un glaive oublié, mais qu’on retrouve ; hélas ! La haine est une dette.

Visage de Victor Hugo en circa 1875 en noir et blanc.

De Walery, Domaine public, Wiki

3) Citations de Victor Hugo extraites de Les misérables, 1862 :

Une affection est une conviction.

La souffrance engendre la colère.

Mieux vaut être la dent que l’herbe.

Le progrès est le mode de l’homme.

Les livres sont des amis froids et sûrs.

Une insurrection est un enthousiasme.

Le bonheur veut tout le monde heureux.

Aimer un être, c’est le rendre transparent.

Le mérite est de travailler selon ses forces.

Le malheur fait l‘éducation de l‘intelligence.

Pour but, le salut ; pour moyen, le sacrifice.

Contempler, c’est labourer ; penser, c’est agir.

Voyager, c‘est naître et mourir à chaque instant.

Je veux dire que l’homme a un tyran, l’ignorance.

La poésie, c’est tout ce qu’il y a d’intime dans tout.

La poésie d’un peuple est l’élément de son progrès.

Le vrai nom du dévouement, c’est désintéressement.

Ce n’est rien de mourir ; c’est affreux de ne pas vivre.

Chacun rêve l’inconnu et l’impossible selon sa nature.

Le rire, c’est le soleil, il chasse l’hiver du visage humain.

Rien n’est stupide comme vaincre ; la vraie gloire est convaincre.

Ainsi la paresse est mère : elle a un fils, le vol, et une fille, la faim.

Peu mentir n’est pas possible ; celui qui ment, ment tout le mensonge.

Se quereller et se dire vous, uniquement pour mieux se dire tu ensuite.

Le compliment, c’est quelque chose comme le baiser à travers le voile.

La douceur et la profondeur, c’est là toute la femme, c’est là tout le ciel.

Ayez de la chance, vous aurez le reste ; soyez heureux, on vous croira grand.

Prospérité suppose capacité : Gagnez à la loterie, vous voilà un habile homme.

Vous me demandez qui me force à parler ? Une drôle de chose ; ma conscience.

Les bras des mères sont faits de tendresse ; les enfants y dorment profondément.

Une insurrection qui éclate, c’est une idée qui passe son examen devant le peuple.

Vous me demandez ce qui me force à parler ? Une drôle de chose ; ma conscience.

L’indifférence de ces penseurs, c’est là, selon quelques-uns, une philosophie supérieure.

Aimer, c’est donner à autrui, par une sorte de pouvoir créateur, une existence supérieure.

Et rien n’est tel que le rêve pour engendrer l’avenir. Utopie aujourd’hui, chair et os demain.

On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage.

On jugerait bien plus sûrement un homme d’après ce qu’il rêve que d’après ce qu’il pense.

Aimer quelqu’un, c’est lui donner de l’importance à ses propres yeux, l’aider à croire en lui-même.

La lumière des torches ressemble à la sagesse des lâches ; elle éclaire mal, parce qu’elle tremble.

À mesure que j’avance dans la vie je me simplifie, et je deviens de plus en plus patriote de l’humanité.

Vous avez des joues qui appellent le baiser d’une sœur, et des lèvres qui réclament le baiser d’un amant.

À un certain degré de détresse, le pauvre, dans sa stupeur, ne gémit plus du mal et ne remercie plus du bien.

C’est une chose étrange, savez-vous cela ? Je suis dans la nuit. Il y a un être qui en s’en allant a emporté le ciel !

Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action ; la vive force achève ce que l’idée a ébauché.

Vrai ou faux, ce qu’on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu’ils font.

Aimer, c’est avoir dans les mains un fil pour toutes les épreuves, un flambeau pour tous les chemins, une coupe pour tous les fleuves.

Vivre oisif de la substance sociale ! Être inutile, c’est-à-dire nuisible ! Cela mène droit au fond de la misère. Malheur à qui veut être parasite ! Il sera vermine.

On s‘aime, on se sourit, on se fait des petites moues avec le bout des lèvres, on s‘entrelace les doigts des mains, on se tutoie, et cela n‘empêche pas l‘éternité.

Comme il savait le moment de se taire, il savait aussi le moment de parler. O admirable consolateur! Il ne cherchait pas à effacer la douleur par l’oubli, mais à l’agrandir et à la dignifier par l’espérance.

À ceux qui ignorent, enseignez-leur le plus de choses que vous pouvez ; la Société est coupable de ne pas donner l’instruction gratis ; elle répond de la nuit qu’elle produit. Le coupable n’est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l’ombre.

À un certain degré de misère, on est gagné par une sorte d’indifférence spectrale, et l’on voit les êtres comme des larves. Vos plus proches ne sont souvent pour vous que de vagues formes de l’ombre, à peine distinctes du fond nébuleux de la vie et facilement remêlées à l’invisible.

En attendant, étudions les choses qui ne sont plus. Il est nécessaire de les connaître, ne fût-ce que pour les éviter. Les contrefaçons du passé prennent de faux noms et s’appellent volontiers l’avenir. Ce revenant, le passé, est sujet à falsifier son passeport. Mettons-nous au fait du piège. Défions-nous. Le passé a un visage, la superstition, et un masque, l’hypocrisie. Dénonçons le visage et arrachons le masque.

Image au fusain d’un portrait de Victor Hugo en 1830

4) Citations de Victor Hugo sur l’AMOUR extraites de Les misérables, 1862 :

La fièvre nourrit le malade et l’amour l’amoureux.

Devant la volupté le cœur recule, pour mieux aimer.

L’amour est une respiration céleste de l’air du paradis.

S’il n’y avait pas quelqu’un qui aime, le soleil s’éteindrait.

Comme l’âme est triste quand elle est triste par l’amour !

Ces deux forces qui sont les deux moteurs : croire et aimer.

Quelle grande chose, être aimé ! Quelle chose plus grande encore, aimer.

Là où il y a vraiment mariage, c’est-à-dire où il y a amour, l’idéal s’en mêle.

L’amour est un enfant de six mille ans : L’amour a droit à une longue barbe blanche.

Propos de table et propos d’amour ; les uns sont aussi insaisissables que les autres.

Chacune de nos passions, même l’amour, a un estomac qu’il ne faut pas trop remplir.

Faire des compliments à celle qu’on aime est la première façon de faire des caresses.

Quand on est amoureux comme un tigre, c’est bien le moins qu’on se batte comme un lion.

Vous qui souffrez parce que vous aimez, aimez plus encore : mourir d’amour, c’est en vivre.

Le plus souverain symptôme de l’amour, c’est un attendrissement parfois presqu’insupportable.

Le suprême bonheur de la vie, c’est la conviction qu’on est aimé; aimé pour soi-même, disons mieux, aimé malgré soi-même.

L’amour a des enfantillages, les autres passions ont des petitesses. Honte aux passions qui rendent l’homme petit ! Honneur à celle qui le fait enfant !

L’avenir appartient encore bien plus aux cœurs qu’aux esprits. Aimer, voilà la seule chose qui puisse occuper et remplir l’éternité. À l’infini, il faut l’inépuisable.

Vous rappelez-vous notre douce vie lorsque nous étions si jeunes tous deux, et que nous n’avions au cœur d’autre envie, que d’être bien mis et d’être amoureux !

Nos amours ont duré toute une semaine, mais que du bonheur les instants sont courts ! S’adorer huit jours, c’était bien la peine, le temps des amours devrait durer toujours.

J’ai rencontré dans la rue un jeune homme très pauvre qui aimait : son chapeau était vieux, son habit était usé ; il avait les coudes troués ; l’eau passait à travers ses souliers, et les astres à travers son âme.

Quand l’amour a fondu et mêlé deux êtres dans une unité angélique et sacrée, le secret de la vie est trouvé pour eux ; ils ne sont plus que les deux termes d’une même destinée ; ils ne sont plus que les deux ailes d’un même esprit. Aimez, planez !

Aimer remplace presque penser. L’amour est un ardent oubli du reste. Demandez donc la logique à la passion. Il n’y a pas plus d’enchaînement logique absolu dans le cœur humain qu’il n’y a de figure géométrique parfaite dans la mécanique céleste.

L’amour participe de l’âme même. Il est de même nature qu’elle. Comme elle il est étincelle divine, comme elle il est incorruptible, indivisible, impérissable. C’est un point de feu qui est en nous, qui est immortel et infini, que rien ne peut borner et que rien ne peut éteindre. On le sent brûler jusque dans la moelle des os et on le voit rayonner jusqu’au fond du ciel.

5) Citations de Victor Hugo d’Océan – Tas de pierres, 1942 :

Le souvenir, c’est la présence invisible.

La liberté commence où l’ignorance finit.

En amour, tel mot, dit tout bas, est un mystérieux baiser de l’âme à l’âme.

La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder.

Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d’une âme qu’au fond de la mer.

6) Citations de Victor Hugo d’œuvres diverses avec références :

Le hasard bavarde, le génie écoute. (Faits et croyances)

Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. (Les Châtiments (1853)

Comme le souvenir est voisin du remords ! (Paroles sur la dune, 1843)

La vie est une fleur. L’amour en est le miel. (Le Roi s’amuse, II, 4, 1832)

Le devoir est une série d’acceptations. (Les Travailleurs de la mer, 1866)

Nous ne voyons jamais Qu’un seul côté des choses. (Les Contemplations)

Un poète est un monde enfermé dans un homme. (La légende des siècles)

Admirons les grands maîtres, ne les imitons pas. (Odes et Ballades, préface)

La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. (Les Travailleurs de la mer, 1866)

La guerre, c’est la guerre des hommes, la paix c’est la guerre des idées. (Fragments)

La mort, c‘est la montée de tout ce qui a vécu au degré supérieur. (Discours prononcé en 1865)

Mettre tout en équilibre, c‘est bien ; mettre tout en harmonie, c‘est mieux. (Quatre-vingt-treize, 1874)

Ce commencement de fraternité qui s’appelle la tolérance. (Discours du 30 mai 1878, Actes et paroles, IV)

Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout. (Le Rhin : lettres à un ami, 1845)

Les larmes sont un don. Souvent les pleurs, après l’erreur ou l’abandon, raniment nos forces brisées. (Les feuilles d’automne)

Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais, dans l’œil du vieillard, on voit de la lumière. (La légende des siècles)

La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu’elle n’illumine pas. (Choses vues)

L’observateur écoute toujours avec anxiété le retentissement des sombres coups de bélier du destin contre une conscience. (L’homme qui rit, 1869)

L’être pleuré est disparu, non parti. Nous n’apercevons plus son doux visage ; nous nous sentons sous ses ailes. Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents. (Discours prononcé le 19 janvier 1865)

L’amour, c’est l’absolu, c’est l’infini ; la vie, c’est le relatif et le limité. De là tous les secrets et profonds déchirements de l’homme quand l’amour s’introduit dans la vie. Elle n’est pas assez grande pour le contenir. (Moi, l’amour, la femme, 1838)

Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité. Être libre, rien n’est plus grave ; la liberté est pesante, et toutes les chaînes qu’elle ôte au corps, elle les ajoute à la conscience ; dans la conscience, le droit se retourne et devient devoir. Prenons garde à ce que nous faisons ; nous vivons dans des temps exigeants. (Actes et paroles, volume 5, page 32 et 33)

7) Citations de Victor Hugo d’œuvres diverses sans références

La symétrie, c’est l’ennui.

L’horizon souligne l’infini.

Qui a bu, boira. Qui a lu, lira.

La logique ne s’attendrit pas.

Se suffire, c’est être puissant.

Un service vaut ce qu’il coûte.

La haine, c’est l’hiver du cœur.

Les préjugés sont des ligatures.

L’égoïsme est la rouille du moi.

La rumeur est la fumée du bruit.

L’utopie est la vérité de demain.

Savoir, penser, rêver. Tout est là.

Être contesté, c’est être constaté.

La première égalité, c’est l’équité.

L’amour fait songer, vivre et croire.

Vous voulez la paix : créez l’amour.

Dans « connaître », il y a « naître ».

Vivre, c’est avoir la conscience d’être.

Nous avons notre ancre en nous-mêmes.

Le bonheur est parfois caché dans l’inconnu.

Aucune vertu ne peut se loger dans la haine.

La moitié d’un ami, c’est la moitié d’un traître.

Rien n’arrête une idée dont le temps est venu.

Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ?

Il est bon d’être ancien et mauvais d’être vieux.

Le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.

Les mots sont les passants mystérieux de l’âme.

Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés.

Par le mal qu’ils ont fait, les hommes sont vaincus.

La vie, c’est la communication de proche en proche.

Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière.

Pouvoir, vouloir, savoir, trois mots qui mènent le monde.

On fait la charité quand on n’a pas su imposer la justice.

Ami est quelquefois un mot vide de sens, ennemi, jamais.

Avant de s’agrandir au-dehors, il faut s’affermir au-dedans.

Le remords, c’est le crime enfoncé dans l’âme, qui s’oxyde.

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches.

Les malheureux sont ingrats ; cela fait partie de leur malheur.

Un grand artiste, c’est un grand homme dans un grand enfant.

Si l’on ne peut pardonner, cela ne vaut pas la peine de vaincre.

Qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre.

Le progrès ce n’est rien d’autre que la révolution faite à l’amiable.

L’esprit s’enrichit de ce qu’on lui donne, et le cœur, de ce qu’il donne.

Le premier des bons ménages est celui que l’on fait avec sa conscience.

Grands hommes ! Voulez-vous avoir raison demain ? Mourez aujourd’hui.

Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue.

L’eau qui ne court pas fait un marais, l’esprit qui ne travaille pas fait un sot.

Un seul esclave sur terre suffit à déshonorer la liberté de tous les hommes.

On résiste à l’invasion des armées, on ne résiste pas à l’invasion des idées.

Les plus belles années d’une vie sont celles que l’on n’a pas encore vécues.

C’est une mauvaise manière de protéger les lettres que de pendre les lettrés.

La porte de la Vérité a deux clefs : l’une s’appelle l’étude, l’autre la souffrance.

Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre, qu’un distributeur d’oubli !

Ce n’est pas la chair, qui est le réel, c’est l’âme. La chair est cendre, l’âme est flamme.

C’est une étrange prétention des hommes de vouloir que l’amour conduise quelque part.

C’est une erreur de croire qu’on épuise le sort et qu’on touche le fond de quoi que ce soit.

C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas.

Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas.

Les fortes sottises sont souvent faites, comme les grosses cordes, d’une multitude de brins.

On s’en va parce qu’on a besoin de distraction, et l’on revient parce qu’on a besoin de bonheur.

Quelle est la plus haute faculté de l’âme ? Est-ce que ce n’est pas le génie ? Non, c’est la bonté.

La suggestion consiste à faire dans l’esprit des autres une petite incision où l’on met une idée à soi.

Mieux vaut une conscience tranquille qu’une destinée prospère. J’aime mieux un bon sommeil qu’un bon lit.

C’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.

Il faut des monuments aux cités de l’homme ; autrement où serait la différence entre la ville et la fourmilière.

Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.

La véritable indulgence consiste à comprendre et à pardonner les fautes qu’on ne serait pas capable de commettre.

Les amis sont des anges silencieux, qui nous remettent sur nos pieds quand nos ailes ne savent plus comment voler.

La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l’égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l’homme libre.

Les Sociétés ne sont bien gouvernées en fait et en droit que lorsque ces deux forces, l’intelligence et le pouvoir, se superposent.

Soyez comme l’oiseau posé pour un instant sur des rameaux trop frêles, qui sent plier la branche et qui chante pourtant, sachant qu’il a des ailes.

Les diamants sont trouvés seulement dans les endroits sombres de la terre, les vérités sont trouvées seulement dans les profondeurs de la pensée.

Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.

La république, comme l’entendent certaines gens, c’est la guerre de ceux qui n’ont ni un sou, ni une idée, ni une vertu, contre quiconque a l’une de ces trois choses.

Les révolutions sont de magnifiques improvisatrices. Un peu échevelées quelquefois. Effrayante charrue que celle des révolutions ! Ce sont des têtes humaines qui roulent au tranchant du soc des deux côtés du sillon.

Combien de malheureux, qui auraient pu mieux faire, se sont mis en tête d‘écrire, parce qu‘en fermant un beau livre, ils s‘étaient dit : « J‘en pourrais faire autant ! » Et cette réflexion-là ne prouvait rien, sinon que l‘ouvrage était inimitable. En littérature comme en morale, plus une chose est belle plus elle semble facile.

La pensée échappe toujours à qui tente de l’étouffer. Elle se fait insaisissable à la compression ; elle se réfugie d’une forme dans l’autre. Le flambeau rayonne ; si on l’éteint, si on l’engloutit dans les ténèbres, le flambeau devient une voix, et l’on ne fait pas la nuit sur la parole ; si l’on met un bâillon à la bouche qui parle, la parole se change en lumière et l’on ne bâillonne pas la lumière.

Mauvais éloge d’un homme que de dire : son opinion politique n’a pas varié depuis quarante ans. C’est dire que pour lui il n’y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C’est louer une eau d’être stagnante, un arbre d’être mort ; c’est préférer l’huître à l’aigle. Tout est variable au contraire dans l’opinion ; rien n’est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses. Or cette moralité est affaire de conscience et non d’opinion. L’opinion d’un homme peut donc changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social

Courte biographie de Victor Hugo (1802 à 1885) :

Victor Hugo est l’un des plus importants poètes et dramaturges de langue française du XIXe siècle. Il est notamment célèbre pour les œuvres suivantes : La Légende des siècles, Odes et Ballades, Les Contemplations (lien externe), Notre-Dame de Paris, sans oublier Les Misérables. Il a fortement contribué au renouvellement du théâtre et de la poésie de son époque. Son exemple d’engagement politique a permis à plusieurs générations de développer une réflexion sur la participation des écrivains dans la vie sociale et politique. Ses opinions morales et politiques durant la deuxième partie de sa vie, et ses œuvres exceptionnelles ont fait de lui un personnage emblématique. Il a été honoré par des funérailles nationales et sa dépouille repose au Panthéon de Paris.

Textes complets d’œuvres de Victor Hugo :