170 citations d’Albert CAMUS avec table des matières

Table des matières

Portrait d'Albert Camus en 1957

Albert Camus en 1957

1) Caligula, 1938 :

Le mensonge n’est jamais innocent.

On est toujours libre au dépens de quelqu’un.

Aimer un être, c’est accepter de vieillir avec lui.

C’est si bon de se contredire de temps en temps, cela repose.

On ne peut aimer celui de ses visages qu’on essaie de masquer en soi.

Le crime aussi est une solitude, même si on se met à mille pour l’accomplir.

Je viens de comprendre enfin l’utilité du pouvoir : il donne ses chances à l’impossible.

Gouverner, c’est voler, tout le monde sait ça. Mais il y a la manière. Pour moi je volerai franchement.

Parce que j’ai envie de vivre et d’être heureux. Je crois qu’on ne peut être ni l’un ni l’autre en poussant l’absurde dans toutes ses conséquences.

Il me disait que la vie n’est pas facile, mais qu’il y avait la religion, l’art, l’amour qu’on nous porte. Il répétait souvent que faire souffrir était la seule façon de se tromper. Il voulait être un homme juste.

Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.

Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

2) Carnets :

Le besoin d’avoir raison, marque d’esprit vulgaire.

Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.

Vivre avec ses passions suppose qu’on les a asservies.

J’ai connu assez de choses pour pouvoir renoncer à presque tout.

La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas.

Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.

La démocratie ce n’est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité.

Il y a des défauts qu’on n’avoue jamais, et d’autres qu’il ne coûte rien de se reconnaître.

On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu’en le mettant sans cesse en face de ses défauts.

La plus grande économie qu’on puisse réaliser dans l’ordre de la pensée c’est d’accepter la non-intelligibilité du monde, et de s’occuper de l’homme.

À trente ans, un homme devrait se tenir en main, savoir le compte exact de ses défauts et de ses qualités, connaître sa limite, prévoir sa défaillance, être ce qu’il est. Et surtout les accepter.

À trente ans, presque du jour au lendemain, j’ai connu la renommée. Je ne le regrette pas. J’aurais pu en faire plus tard de mauvais rêves. Maintenant, je sais ce que c’est. C’est peu de chose.

La première chose à apprendre pour un écrivain c’est l’art de transposer ce qu’il sent dans ce qu’il veut faire sentir. Les premières fois c’est par hasard qu’il réussit. Mais ensuite il faut que le talent vienne remplacer le hasard. Il y a ainsi une part de chance à la racine du génie.

3) La Peste, 1947 :

Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur.

L’habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même.

Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

C’est au moment du malheur qu’on s’habitue à la vérité, c’est-à-dire au silence.

La vérité c’est comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur.

Il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. L’instituteur le sait bien.

Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c’est trop bête. » Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l’empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s’en apercevrait si l’on pensait pas toujours à soi.

4) Le mythe de Sisyphe, 1942 :

Créer, c’est vivre deux fois.

Comprendre c’est avant tout unifier.

Créer, c’est aussi donner une forme à son destin.

L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites.

Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités.

Pourquoi faudrait-il aimer rarement pour aimer beaucoup ?

Et c’est bien là le génie : l’intelligence qui connaît ses frontières.

Comprendre le monde pour un homme, c’est le réduire à l’humain.

Penser, c’est réapprendre à voir, à être attentif, c’est diriger sa conscience.

Ne pas croire au sens profond des choses, c’est le propre de l’homme absurde.

Il n’y a d’amour généreux que celui qui se sait en même temps passager et singulier.

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde.

Un homme est toujours la proie de ses vérités. Une fois qu’il les a admises, il ne peut plus s’en libérer.

Se tuer, dans un sens, et comme au mélodrame, c’est avouer. C’est avouer qu’on est dépassé par la vie ou qu’on ne la comprend pas.

Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme.

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.

L’œuvre d’art naît du renoncement de l’intelligence à raisonner le concret. Elle marque le triomphe du charnel. C’est la pensée lucide qui la provoque, mais dans cet acte même elle se renonce.

5) Les Justes, 1949 :

Point d’amour sans un peu d’innocence.

Il est plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.

On commence par vouloir la justice et on finit par organiser une police.

J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.

Il y a trop de sang, trop de dure violence. Ceux qui aiment vraiment la justice n’ont pas droit à l’amour.

La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre. J’étais libre et je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves.

6) L’Été, 1954 :

Je me révolte, donc je suis.

Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.

Il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer.

7) L’Étranger, 1942 :

L’absurdité est surtout le divorce de l’homme et du monde.

Mentir, ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi et surtout, dire plus que ce qui est, et en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent.

Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d’indifférence ou d’hostilité est appel déguisé.

8) L’homme Révolté, 1951 :

L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est.

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.

Aucun être, même le plus aimé, et qui nous le rende le mieux, n’est jamais en notre possession.

Ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige, même si ce qu’elle obtient est encore ignoble.

Le dialogue, relation des personnes, a été remplacé par la propagande ou la polémique, qui sont deux sortes de monologue.

Le fascisme, c’est le mépris, en effet. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.

Au fond des prisons, le rêve est sans limites, la réalité ne freine rien. L’intelligence dans les chaînes perd en lucidité ce qu’elle gagne en fureur.

Tout le malheur des hommes vient de l’espérance qui les arrache au silence de la citadelle, qui les jette sur les remparts dans l’attente du salut.

Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin.

Tout homme est un criminel qui s’ignore. Le criminel objectif est celui qui, justement, croyait être innocent. Son action, il la jugeait subjectivement inoffensive, ou même favorable à l’avenir de la justice.

La logique du révolté est de vouloir servir la justice pour ne pas ajouter à l’injustice de la condition, de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel et de parier, face à la douleur des hommes, pour le bonheur.

Ce n’est pas la souffrance de l’enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. Après tout, la douleur, l’exil, la claustration, sont quelquefois acceptés quand la médecine ou le bon sens nous en persuadent. Aux yeux du révolté, ce qui manque à la douleur du monde, comme aux instants de son bonheur, c’est un principe d’explication.

9) Noces, 1939 :

Bien pauvres sont ceux qui ont besoin de mythes.

Il n’y a pas tellement de vérités dont le coeur soit assuré.

Il n’est pas une vérité qui ne porte avec elle son amertume.

Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.

Il y a un temps pour vivre et un temps pour témoigner de vivre.

Et il est vrai qu’une certaine intensité de vie ne va pas sans injustice.

Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde.

pour un homme, prendre conscience de son présent, c’est ne plus rien attendre.

Qu’est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène ?

L’espoir, au contraire de ce que l’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner.

Il vient toujours un moment où l’on a trop vu un paysage, de même qu’il faut longtemps avant qu’on l’ait assez vu.

Car les mythes sont à la religion ce que la poésie est à la vérité, des masques ridicules posés sur la passion de vivre.

Car s’il y a un péché contre la vie, ce n’est peut-être pas tant d’en désespérer que d’espérer une autre vie, et se dérober à l’implacable grandeur de celle-ci.

On vit avec quelques idées familières. Deux ou trois. Au hasard des mondes et des hommes rencontrés, on les polit, on les transforme. Il faut dix ans pour avoir une idée bien à soi – dont on puisse parler.

10) Discours :

La valeur la plus calomniée aujourd’hui est certainement la valeur de liberté. ~ (Discours de Suède, 1958)

Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. ~ (Discours de réception du prix Nobel de littérature, 1957)

Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. ~ (Discours de réception du prix Nobel de littérature, 1957)

Il n’y a pas d’évolution possible dans une Société totalitaire. La terreur n’évolue pas, sinon vers le pire, l’échafaud ne se libéralise pas, la potence n’est pas tolérante. Nulle part au monde on n’a pu voir un parti ou un homme disposant du pouvoir absolu ne pas en user absolument. ~ (Le discours prononcé le 15 mars 1957 à Paris)

11) Autres citations avec références :

La méfiance engendre la méfiance. ~ (Combat, 1945)

Nul homme n’est hypocrite dans ses plaisirs. ~ (La chute, 1956)

Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. ~ (Entretien pour la revue « Caliban », 1951)

Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. ~ (L’envers et l’endroit, 1937)

Je suis un enfant capricieux, avec tout l’égoïsme de l’enfant, sans en avoir l’innocence. ~ (Les possédés, 1959)

Nous pensions que le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu’on fait contre le destin qui nous est imposé. ~ (Lettre à un ami allemand, 1945)

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. ~ (Lettres d’Albert Camus à René Char)

La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. ~ (Actuelles : Sur Hiroshima, Combat, 8 août 1945)

Je n’ai jamais cru au pouvoir de la vérité par elle-même. Mais c’est déjà beaucoup de savoir qu’à énergie égale, la vérité l’emporte sur le mensonge. C’est à ce difficile équilibre que nous sommes parvenus. ~ (Lettre à un ami allemand, 1945)

J’ai choisi la justice, pour rester fidèle à la terre. Je continue à croire que ce monde n’a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens, et c’est l’homme, parce qu’il est le seul être à exiger d’en avoir. ~ (Lettre à un ami allemand, 1945)

Pour l’ordre social, ce sera un équilibre entre le gouvernement et ses gouvernés. Et cet accord doit se faire au nom d’un principe supérieur. Ce principe, pour nous, est la justice. Il n’y a pas d’ordre sans justice et l’ordre idéal des peuples réside dans leur bonheur. ~ (Actuelles : Combat 12 octobre 1944, Actuelles I, p.43)

Les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu’ils savent, c’est rêver. Tandis que nous, nous savons qu’il faut se dépêcher d’aimer, partager le même lit, se donner la main, craindre l’absence. Quand on aime, on ne rêve à rien. ~ (Le malentendu, 1944)

Non, un homme ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon… ~ (Note : cette citation n’est pas d’Albert Camus, mais de son père. Il le cite dans « Le premier homme »)

12) Citations sans référence :

L’intégrité n’a pas besoin de règles.

Pour se connaître, il faut s’accepter.

La vie est la somme de tous nos choix

Parler de ses peines, c’est déjà se consoler.

Une amitié saine comprend aussi des défauts.

L’honneur est la dernière richesse des pauvres.

La sécurité et la logique ne vont pas ensemble.

Vieillir, c’est passer de la passion à la compassion.

La pensée d’un homme est avant tout sa nostalgie.

Le sens de la vie est la plus pressante des questions.

L’héroïsme est peu de choses, le bonheur est plus difficile.

Mieux vaut souffrir certaines injustices que les commettre.

N’attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.

La longueur du chemin importe peu, la volonté suffit à tout.

Je m’efforce de ne pas mépriser ce à quoi je n’ai pas accès.

Le plus haut des tourments humains est d’être jugé sans loi.

N’être plus écouté, c’est cela qui est terrible lorsqu’on est vieux.

Heureux les cœurs qui peuvent se plier, ils ne seront jamais brisés.

Seule la vérité peut affronter l’injustice. La vérité, ou bien l’amour.

La révolution consiste à aimer un homme qui n’existe pas encore.

Le bon pouvoir est l’administration saine et prudente de l’injustice.

Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur.

Vivre en homme libre, c’est refuser d’exercer et de subir la terreur.

C’est cela l’amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.

On fait la guerre avec le désespoir de ceux qui ne veulent pas la faire.

Il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

L’art et le monde sont toujours en recherche d’équilibre ou d’opposition.

Qui aurait besoin de pitié, sinon ceux qui n’ont compassion de personne.

L’œuvre d’art naît du renoncement de l’intelligence à raisonner le concret.

Ceux qui manquent de courage ont toujours une philosophie pour le justifier.

De toutes les écoles de patience et de lucidité, la création est la plus efficace.

Aller jusqu’au bout, ce n’est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.

L’œuvre d’art permet de mesurer la valeur morale de l’homme qui la compose.

Tout ce qui dégrade la culture, raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.

La rébellion la plus élémentaire exprime, paradoxalement, l’aspiration à un ordre.

On ne peut pas dissocier la politique de la morale sans produire les barbarismes.

La grandeur de l’homme réside dans sa décision d’être plus fort que sa condition.

Qui oserait me condamner dans ce monde sans juge, où personne n’est innocent.

Tout accomplissement est une servitude. Il oblige à un accomplissement plus haut.

Ce qu’on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir.

Le premier besoin de l’homme, son premier droit, son premier devoir, c’est la liberté.

Une chandelle ne perd rien de sa flamme quand elle contribue à en allumer une autre.

Il est toujours aisé d’être logique. Il est presque impossible d’être logique jusqu’au bout.

Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient.

Le grand courage, c’est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.

Sans travail, la vie devient pourrie. Mais quand le travail est sans âme, la vie étouffe et meurt.

C’est finalement au plus fort de l’hiver, que j’ai compris qu’il existait en moi un invincible printemps.

Je ne puis pardonner à la Société contemporaine qu’elle soit une machine à désespérer les hommes.

Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.

Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.

Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’avoir tort.

L’homme n’est rien en lui-même. Il n’est qu’une chance infinie. Mais il est le responsable infini de cette chance.

Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme.

L’effort le plus épuisant de ma vie a été de juguler ma propre nature pour la faire servir à mes plus grands desseins.

L’homme n’est pas entièrement coupable ; il n’a pas commencé l’histoire ; ni tout à fait innocent, puisqu’il la continue.

L’instant du désespoir est unique, pur, sûr de lui-même, sans pitié dans ses conséquences, son pouvoir est sans merci.

Peut-être que la plus grande œuvre d’art a moins d’importance en elle-même que dans l’épreuve qu’elle exige de l’homme.

Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?

Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir: ils savent que l’amour existe.

L’homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l’écraser.

Le seul moyen d’affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu’on fasse de sa propre existence un acte de révolte.

Être différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même.

Qu’est-ce donc que l’exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?

Dans cet effort quotidien où l’intelligence et la passion se mêlent et se transportent, l’homme absurde découvre une discipline qui fera l’essentiel de ses forces.

Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n’est pas éclairée.

Ne marche pas devant moi, je ne suivrai peut-être pas. Ne marche pas derrière moi, je ne te guiderai peut-être pas. Marche juste à côté de moi et sois mon ami.

On veut gagner de l’argent pour vivre heureux et tout l’effort et le meilleur d’une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin.

Le bouddhisme c’est l’athéisme devenu religion. La renaissance à partir du nihilisme. Exemple unique, je crois. Et précieux à méditer pour nous qui sommes aux prises avec le nihilisme.

Le bonheur, pourquoi le refuser ? En l’acceptant, on n’aggrave pas le malheur des autres, et ça aide même à lutter pour eux. Je trouve regrettable cette honte qu’on éprouve à se sentir heureux.

Courte biographie d’Albert Camus (1913 à 1960)

Albert Camus est un écrivain et philosophe français d’origine Algérienne. Politiquement engagé, il est notamment contre la prolifération nucléaire dès le tout début de l’ère atomique. Conscient des problèmes de son temps, son œuvre humaniste insiste souvent sur notre prise de conscience de l’absurde de la vie. En 1942, il publie le Mythe de Sisyphe. Cette œuvre fondatrice représente bien sa pensée : l’homme est en tenaille entre son désir de clarté et l’absence de sens de la vie. Selon Camus, nous sommes condamnés à porter un rocher en haut d’une pente et à le voir redescendre, et à recommencer à l’infini, tout comme Sisyphe. Toujours selon lui, tout homme peut quand même accéder au bonheur par la prise de conscience de sa réalité absurde. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1957.

Œuvres d’Albert Camus

  • L’envers et l’endroit. ~ Alger : Charlot, 1937
  • Noces. ~ Alger : Charlot, 1939
  • L’étranger. ~ Paris : Gallimard, 1942
  • Le mythe de Sisyphe. ~ Paris : Gallimard, 1942
  • Le malentendu ; Caligula. ~ Paris : Gallimard, 1944
  • Lettres à un ami allemand. ~ Paris : Gallimard, 1945
  • La Peste. ~ Paris : Gallimard, 1947
  • L’état de siège. ~ Paris : Gallimard, 1948
  • Actuelles : chroniques 1944-1948. ~ Paris : Gallimard, 1950
  • Les justes : pièces en cinq actes. ~ Paris : Gallimard, 1950
  • L’homme révolté. ~ Paris : Gallimard, 1951
  • Actuelles II : Chroniques 1948-1953. ~ Paris : Gallimard, 1953
  • L’été. ~ Paris : Gallimard, 1954
  • La chute. ~ Paris : Gallimard, 1956
  • L’exil et le royaume. ~ Paris : Paris : Gallimard, 1957
  • Actuelles III : Chronique algérienne 1939-1958. ~ Paris : Paris : Gallimard, 1958
  • Discours de Suède. ~ Paris : Paris : Gallimard, 1958
  • Les possédés : pièce en trois parties adaptée du roman de Dostoïevski. ~ Paris : Paris : Gallimard, 1959
  • Carnets, mai 1935 ~ février 1942. ~ Paris : Gallimard, 1962
  • Carnets, janvier 1942 –~mars 1951. ~ Paris : Gallimard, 1964
  • Essais. ~ Paris : Gallimard, 1965
  • La mort heureuse. ~ Paris : Gallimard, 1971
  • Caligula ~ Paris : Gallimard, 1984
  • Le Premier homme. ~ Paris : Gallimard, 1994

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