60 citations de Blaise Pascal

Copie d’une peinture de François II Quesnel gravée par Gérard Edelinck

Photo prise par Gérard Edelinck de la peinture de François II Quesnel qui représente Blaise Pascal

La vérité subsiste éternellement.

Penser fait la grandeur de l’homme.

On aime mieux la chasse que la prise.

Il n’est pas certain que tout soit certain.

La liberté c’est l’art de choisir ses chaînes.

L’éloquence est une peinture de la pensée.

Le temps guérit les douleurs et les querelles.

Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force.

Les belles actions cachées sont les plus estimables.

Le plaisir des grands est de pouvoir faire des heureux.

La violence et la vérité ne peuvent rien l’une sur l’autre.

Il vaut mieux savoir un peu de tout que tout sur très peu.

Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêchent l’esprit.

Travaillons donc à bien penser ; voilà le principe de la morale.

Nous souhaitons la vérité et ne trouvons en nous qu’incertitude.

C’est une maladie naturelle à l’homme de croire qu’il possède la vérité.

S’ils sont plus grands que nous… Ils ont les pieds aussi bas que les nôtres.

Deux choses instruisent l’homme de toute nature : l’instinct et l’expérience.

Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu’au néant que jusqu’au tout.

Ne pouvant faire ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.

Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur hors de nous.

La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique.

Curiosité n’est que vanité. Le plus souvent, on ne veut savoir que pour en parler.

On ne peut se passer d’une méthode pour se mettre en quête de la vérité des choses.

Quand on aime, il semble que l’on ait une toute autre âme que quand on n’aime pas.

Une graine jetée en bonne terre produit. Un principe jeté dans un bon esprit produit.

La source de toutes les hérésies est de ne pas concevoir l’accord de deux vérités opposées.

La conscience est le meilleur livre du monde. C’est celui que l’on doit consulter le plus souvent.

Presque tous les malheurs de la vie viennent des fausses idées que nous avons sur ce qui nous arrive.

La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent.

Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j’ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.

Si tous les hommes savaient ce que disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde.

Il n’est pas honteux pour l’homme de succomber sous la douleur et il est honteux de succomber sous le plaisir.

Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas justes, car il n’y obéit qu’à cause qu’il les croit justes.

La multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion ; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.

L’extrême esprit est accusé de folie, comme l’extrême défaut… C’est sortir de l’humanité que de sortir du milieu.

Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut.

Toutes les difficultés de l’homme viennent de son incapacité à s’asseoir tranquillement dans une pièce en sa seule compagnie.

Nous courons sans-souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir.

J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos, dans une chambre.

On se persuade mieux, pour l’ordinaire, par les raisons qu’on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l’esprit des autres.

La raison nous commande bien plus impérieusement qu’un maître ; car en désobéissant à l’un on est malheureux, et en désobéissant à l’autre, on est un sot.

La justice est ce qui est établi ; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées, puisqu’elles sont établies.

Ne pouvant faire qu’il soit force d’obéir à la justice, on fait qu’il soit juste d’obéir à la force, afin que le juste et le fort fussent ensemble, et que la paix fût, qui est le souverain bien.

D’où vient qu’un boiteux ne nous irrite pas et qu’un esprit boiteux nous irrite ? A cause qu’un boiteux reconnaît que nous allons droit et qu’un esprit boiteux dit que c’est nous qui boitons.

Puisqu’on ne peut être universel et savoir tout ce qu’on peut savoir sur tout, il faut savoir un peu de tout. Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose ; cette universalité est la plus belle.

Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaie de les combattre.

Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n’est que l’expérience qui nous apprend que la tête est plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir l’homme sans pensée ; ce serait une pierre ou une brute.

Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas..

Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être. Nous voulons vivre dans l’idée des autres d’une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons incessamment à embellir et conserver notre être imaginaire et négligeons le véritable.

À force de lui dire qu’il est un sot, il se croit sot.

(Les pensées, 1670)

L’amour n’a point d’âge ; il est toujours naissant.

(Les passions de l’amour, 1652)

Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison.

(Les pensées, 1670)

Voulez-vous qu’on croie du bien de vous ? N’en dites pas.

(Les pensées, 1670)

Le premier effet de l’amour, c’est d’inspirer un grand respect.

(Les passions de l’amour, 1652)

La mode et les pays règlent souvent ce que l’on appelle beauté.

(Les passions de l’amour, 1652)

Il faut savoir douter où il faut, se soumettre où il faut, croire où il faut.

(Les Pensées sur la religion, 1670)

Il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire.

(Discours sur les passions de l’amour)

Un amour ferme et solide commence toujours par l’éloquence d’action ; les yeux y ont la meilleure part.

(Les passions de l’amour, 1652)

Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

(Pensées sur la religion)

Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin.

(Pensées sur la religion)

Biographie de Blaise Pascal :

Né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand en Auvergne, Blaise Pascal est un inventeur, mathématicien, philosophe, physicien et théologien français. Enfant précoce, ses premiers travaux concernent les sciences naturelles et appliquées. A 12 ans, il rédige un traité sur la propagation des sons. Passionné de physique, il démontre la pesanteur de l’air. A 19 ans, il invente une machine à calculer, probablement la première de l’histoire. Mathématicien de premier ordre, il crée deux nouveaux champs de recherche majeurs : la géométrie projective et les statistiques de probabilités. À 31 ans, il voit la mort de près dans un accident. La religion prend alors une place importante dans sa vie, notamment en s’impliquant dans la défense des Jansénistes contre les Jésuites en écrivant une série de lettres ironiques. Puis il entreprend le vaste projet d’une apologie de la religion chrétienne. Il mourut à 39 ans sans avoir achevé cet ouvrage. Après sa mort, de nombreuses notes ont été trouvées lors du tri de ses effets personnels. Lesquelles ont été regroupées en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La première version de ces notes éparses a été publiée en 1670. Elles sont vite devenues un classique des créations de Pascal.

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