90 citations et une courte biographie de Jean de la Fontaine

Portrait de Jean De La Fontaine avec les longs cheveux de son époque

Aide-toi, le ciel t’aidera.

Ne t’attends qu’à toi seul.

Autant de têtes, autant d’avis.

À l’oeuvre, on connaît l’artisan.

Tel est pris qui croyait prendre.

Petit poisson deviendra grand.

Aucun n’est prophète chez soi.

Tout est mystère dans l’amour.

Mots dorés en amour font tout.

De tout inconnu le sage se méfie.

Deux sûretés valent mieux qu’une.

La méfiance est mère de la sûreté.

Ventre affamé n’a point d’oreilles.

Le coeur fait tout, le reste est inutile.

Il est bien malaisé de régler ses désirs.

Beaucoup mieux seul qu’avec des sots.

On tient toujours du lieu dont on vient.

Le besoin est un docteur en stratagème.

En toute chose, il faut considérer la fin.

Il connaît l’univers et ne se connaît pas.

La rareté du fait donne du prix à la chose.

C’est souvent du hasard que naît l’opinion.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

L’avarice perd tout en voulant tout gagner.

C’est double plaisir de tromper le trompeur.

Chacun a son défaut, où toujours il revient.

Il se faut s’entraider, c’est la loi de la nature.

Le trop d’expédients peut gâter une affaire.

Il ne faut point juger les gens sur l’apparence.

On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

Il n’est meilleur ami ni parent que soi-même.

Nous ne croyons le mal que quand il est venu.

Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire.

Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux.

La plus belle victoire est de vaincre son coeur.

Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte.

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.

Nous faisons cas du beau, nous méprisons l’utile.

Gens trop heureux font toujours quelque faute…

Pour mieux vous contempler, demeurez au désert.

D’un magistrat ignorant, c’est la robe qu’on salue.

Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.

La douleur est toujours moins forte que la plainte.

Toute puissance est faible, à moins que d’être unie.

Chacun croit aisément ce qu’il craint et ce qu’il désire.

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs.

Les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs.

Un sot plein de savoir est plus sot qu’un autre homme.

La grâce, plus belle encore que la beauté. (Adonis, 1658)

Si quelque affaire t’importe, ne la fais point par procureur.

On a souvent besoin d’un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat)

Il est bon d’être charitable ; mais envers qui ? C’est là le point.

Rien n’a d’empire sur l’amour, l’amour en a sur toutes choses.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

La mort ne surprend point le sage : il est toujours prêt à partir.

Propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament.

Quand le mal est certain, la plainte ni la peur ne change le destin.

Entre nos ennemis les plus à craindre sont souvent les plus petits.

Concluons que la providence sait ce qu’il nous faut mieux que nous.

L’homme est de glace aux vérités ; il est de feu pour les mensonges.

Tout l’univers obéit à l’amour ; aimez, aimez, tout le reste n’est rien.

Qu’importe à ceux du firmament qu’on soit mouche ou bien éléphant ?

Laissez-leur prendre un pied chez vous, ils en auront bientôt pris quatre.

Il est bon de parler et meilleur de se taire. (L’Ours et l ‘Amateur des jardins)

Ne soyons pas si difficiles : les plus accommodants, ce sont les plus habiles.

Une morale nue apporte de l’ennui ; le conte fait passer le précepte avec lui.

On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter.

Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : « adieu prudence ».

Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi.

Le trop d’attention qu’on a pour le danger fait le plus souvent qu’on y tombe.

Le bien n’est bien qu’en tant que l’on s’en peut défaire ; sans cela, c’est un mal.

Les petits, en toute affaire, esquivent fort aisément ; les grands ne le peuvent faire.

Un tiens vaut, se dit-on, mieux que deux tu l’auras : l’un est sûr, l’autre ne l’est pas.

De tous les plaisirs, le plaisir le plus doux, c’est de se voir loué de ceux que chacun loue.

S’il fallait condamner tous les ingrats qui sont au monde, à qui pourrait-on pardonner ?

Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins…

Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre, qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.

Il ne faut jamais se moquer des misérables : car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ?

Sur les ailes du temps la tristesse s’envole ; le temps ramène les plaisirs. (La jeune veuve, 1668)

Chose étrange ! On apprend la tempérance aux chiens, et l’on ne peut l’apprendre aux hommes !

On se voit d’un autre oeil qu’on ne voit son prochain, lynx envers nos pareils et taupe envers nous.

Quand le moment viendra d’aller trouver les morts, j’aurai vécu sans soin, et mourrai sans remords.

Il ne faut jamais vendre la peau de l’Ours qu’on ne l’ait mis par terre. (L’Ours et les deux Compagnons)

Chacun se dit ami : mais fou qui s’y repose ; rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose.

L’absence est aussi bien un remède à la haine qu’un appareil contre l’amour. (Les deux perroquets, le roi et son fils, 1678)

L’homme est ainsi bâti : quand un sujet l’enflamme, l’impossibilité disparaît à son âme. (fable : Les deux chiens et l’âne mort)

Chez les amis, tout s’excuse, tout passe ; chez les amants, tout plaît, tout est parfait ; chez les époux, tout ennuie et tout lasse.

Tenez toujours divisés les méchants : la sûreté du reste de la terre dépend de là. Semez entre eux la guerre, ou vous n’aurez avec eux nulle paix.

Qu’un ami véritable est une douce chose, il cherche vos besoins au fond de votre cœur, il vous épargne la pudeur de les découvrir par vous-même.

Je n’appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu’on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux.

Biographie de Jean De La Fontaine (1621-1695) :
Né dans la bourgeoisie provinciale, Jean de la Fontaine succédera à son père comme maître des Eaux et Forêts à Château-Thierry, un village du nord de la France. Ses tournées d’inspection lui feront connaître la nature, qu’il décrira fréquemment dans ses fables. Malgré son poste prestigieux, le jeune homme est surtout attiré par les lettres. Il lit énormément, surtout les auteurs latins et grecs. Il fréquente les cercles littéraires parisiens. La Fontaine débute la composition intensive de ballades, de poèmes et de chansons soutenu par son premier mécène, le surintendant des Finances Fouquet. La publication de contes en 1665 et un recueil de fables en 1668 le rendent célèbre. Ses plus grands succès en librairie sont ses trois recueils de fables. En 1684, il est élu à l’Académie française.

1 réponse

  1. Maymouna dit :

    Merci beaucoup pour ces citations, ça m’a vraiment aidé.

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