Comment lutter contre la procrastination ?

La procrastination, c’est-à-dire la tendance à remettre à plus tard des tâches pénibles, peut être un véritable handicap dans la vie professionnelle et personnelle. Elle est une pure perte d’énergie. Le but de cet article est de vous donner une trousse d’outils à utiliser selon les différentes circonstances pour combattre ce mauvais penchant.

1) Commencer souvent
Le plus difficile est de commencer. C’est ce qui nécessite le plus de volonté. La motivation nait et croit avec l’action, c’est-à-dire que se mettre en mouvement change souvent notre perception du niveau de difficulté. Après quelques minutes d’activités, il est typique de réaliser que la tâche est moins déplaisante que nous le croyions. Au début de votre combat contre la procrastination, il donc est préférable de commencer fréquemment, avec de courtes sessions de travail. Ne vous donnez pas pour objectif initialement de terminer toute la besogne, ni même de progresser significativement, car l’ampleur du travail à accomplir stimule l’inertie. Après chaque période d’activité (fréquentes et courtes), vous aurez un peu progressé et ceci améliorera votre perception de la tâche à accomplir.

Dessin d’un homme soumis à la tentation avec un petit diable sur une épaule et un ange sur l’autre.

De Zarateman [CC0], via Wikimedia Commons

2) Commencer modestement
Généralement, plus une tâche est petite, moins il sera difficile de la commencer. Par exemple, il est moins difficile de se décider à :

  • lire un seul chapitre d’un document ennuyeux, plutôt que le document au complet,
  • tondre une section du gazon par jour, plutôt que le gazon en entier,
  • nettoyer une seule pièce, plutôt que la maison au complet.

Si une tâche ne peut être divisée en différentes parties, alors séparez-la simplement en période de temps. Par exemple, prenez l’engagement suivant avec vous-même : « Pendant les dix prochaines minutes, j’accomplirai la tâche suivante…. » Après quelques cycles, augmentez la cadence, par exemple prenez un engagement de 12 minutes plutôt que 10 et ainsi de suite.

3) Se récompenser
Créez du contentement par anticipation en vous offrant un plaisir à condition de terminer une tâche désagréable. Par exemple, permettez-vous regarder un film passionnant après avoir terminé un certain travail. Le désir de voir un film devient alors une motivation qui diminue la résistance à exécuter une corvée.

4) Se préparer
Un travail difficile devient moins ardu lorsque tout est en place pour faciliter son exécution, par exemple :

  • amasser tous les outils nécessaires pour une réparation spécifique à la maison.
  • se familiariser avec la carte routière avant de se rendre en voiture à une nouvelle destination,
  • préparer sa tenue la veille d’une longue journée de travail,

En plus de faciliter la motivation, une bonne préparation permet généralement d’être plus productif, ce qui réduit la durée de nos tâches désagréables.

Une jeune dame blasée assise dans une bibliothèque.

5) Écrire un plan quotidien
Sans planification, il est trop facile de se laisser emporter par la fébrilité de la vie moderne et de se rendre compte trop tard que certaines tâches importantes ne sont pas terminées. Un plan quotidien vous aidera à équilibrer vos journées et cela facilitera la réalisation de vos activités désagréables, trop souvent remises au lendemain. Par ailleurs, il est important que votre planification ne devienne pas une source d’hésitation. Si votre plan contient des objectifs, assurez-vous en premier lieu qu’ils soient raisonnables. Lorsque votre procrastination sera sous contrôle, il sera temps alors d’avoir des objectifs plus ambitieux.

Projet difficile et des plages horaires :
Si vous avez devant vous un travail long et difficile, sortez votre calendrier et planifiez des plages horaires pour celui-ci. Cela vous donnera un temps fixe pour démarrer ces futures sessions de travail, ce qui aide à vaincre la procrastination.

6) Reconnaître le perfectionnisme
Vouloir que chaque activité soit parfaitement est une perte de temps. Et cela peut se transformer en procrastination, car l’effort nécessaire pour atteindre la perfection est énorme. Si vous êtes perfectionniste, reconnaissez qu’il n’est pas désirable de tout faire impeccablement. Certes, il est essentiel de bien faire les choses importantes. Mais travaux ne sont pas cruciaux. Pour contrer le perfectionnisme, changez l’ordre d’exécution de vos tâches. Accomplissez en premier les éléments obligatoires, en ne faisant que le nécessaire dans un premier temps. S’il vous reste du temps à la fin d’un cycle de travail, alors peut-être qu’un peu de superflu peut être réalisé. Pour de plus amples informations à ce sujet, cliquez ici : « Devenir moins perfectionniste ».

7) Communiquer ses objectifs
L’orgueil est un défaut. Mais puisque nous en avons tous une certaine dose, pourquoi ne pas l’utiliser pour moins procrastiner ? Voici comment : dites à vos proches que vous visez un certain but, alors votre fierté vous poussera à ne pas les décevoir. Par exemple, si tous vos amis savent que votre objectif est de faire du sport trois fois par semaine, vous serez motivé par l’inquiétude de passer à leurs yeux pour quelqu’un qui manque de volonté.

8) Choisir le bon moment
Nous avons tous une période de la journée pendant laquelle nous sommes plus productifs. Utilisez cette période de rendement optimal pour réaliser vos tâches difficiles, ainsi vous aurez moins de difficulté à vous motiver et à rester concentré. Par exemple, certains sont particulièrement productifs en matinée entre 10h et 12h. Pour eux, il est avantageux d’exécuter des travaux laborieux pendant cette période.

9) Résister aux distractions
Il est plus facile de se motiver dans un environnement qui facilite le travail, notamment l’absence d’interruption. Malheureusement, plusieurs distractions peuvent déranger votre concentration : appels téléphoniques, courriels, réseaux sociaux, conversations de collègues, etc. Il est préférable de s’éloigner de ces éléments perturbateurs. Si possible, choisissez un espace de travail dépourvu de ces interruptions. Et prenez l’habitude de dire « non » ou « plus tard » aux personnes qui viennent vous déranger.

10) Écouter sa musique
Si vous aimez la musique, exécutez vos corvées en écoutant vos mélodies préférées, si le contexte le permet. Le désir d’écouter votre musique vous aidera à prendre la décision d’exécuter vos tâches désagréables.

11) Donner un sens à ses efforts
Pour combattre la procrastination, il est utile de se rappeler pourquoi une tâche doit être faite. Par exemple :

  • un étudiant sera plus motivé s’il pense au moment où il obtiendra son diplôme,
  • un parent de famille qui fait la vaisselle sera plus motivé s’il se rappelle qu’il agit ainsi pour le bien de ses enfants,
  • un travailleur qui réalise des heures supplémentaires sera plus motivé s’il imagine le voyage qu’il pourra s’offrir.

12) Se débarrasser des petites choses
Afin d’augmenter votre productivité, si une chose demande moins de deux minutes, faites-la immédiatement. Voici pourquoi :

  • Les très petites tâches demandent autant de temps en planification qu’en exécution,
  • Les très petites tâches peuvent vite s’accumuler en un nombre difficile à gérer,
  • Les très petites tâches encombrent notre esprit inutilement, lorsqu’elles sont procrastinées.

13) Démasquer les fausses excuses
Pour surmonter la procrastination, il est utile de dresser la liste des fausses excuses qui pourraient vous empêcher d’agir. Par exemple :

  • « Je le ferai plus tard. »
  • « C’est trop difficile, j’en suis incapable. »
  • « Je travaille mieux sous pression. »
  • « Je serai en meilleure forme demain. »
  • « Je n’ai pas assez de temps aujourd’hui. »

Une fois vos excuses clairement identifiées, faites leur passer l’épreuve d’un examen rationnel. Par exemple, si votre excuse est « Je n’ai pas assez de temps aujourd’hui. » et que vous avez cependant du temps pour des choses moins importantes. Alors il s’agit d’une fausse excuse. Un bon nombre d’excuses ne survivent pas à une analyse rationnelle comme celle-ci, car la majorité ne sont que des caprices déguisés en fausses justifications.

14) Travailler en équipe
Le procrastinateur qui travaille en équipe est plus motivé à se corriger. Donc si le contexte le permet, réalisez avec une autre personne (un collègue sympathique si possible) la tâche que vous repoussez indûment. Cela a plusieurs avantages. Premièrement, le travail en question sera peut-être moins désagréable (parfois même plaisant), s’il est fait en équipe. Deuxièmement, vous devrez planifier avec votre équipier des périodes d’activité. La présence prévue de quelqu’un vous incitera à ne pas reporter les sessions de travail, car vous vous serez engagé envers cette personne.

15) L’approche sandwich
Cette technique consiste à diviser une tâche désagréable en petites portions et d’y insérer en « sandwich » une activité agréable. Par exemple, travailler 15 minutes et ensuite se distraire 5 minutes et ainsi de suite. Évidemment, cette technique ralentit initialement le travail, mais avec le temps la durée des activités amusantes peut être réduite tout en gardant la même motivation, grâce au pouvoir de l’habitude.

16) Développer de bonnes habitudes
Les habitudes (une fois bien ancrées) sont des comportements que l’on ne remet pas en question. Les activités habituelles demandent donc moins de volonté pour être effectué. Par exemple, la personne qui a pour coutume d’exécuter une même tâche pénible tous les samedis matin n’a plus à se motiver autant pour commencer la tâche le temps venu. Elle le fait par habitude sans même y penser, ou presque. Évidemment pour ce faire, il est nécessaire que l’habitude soit vraiment bien enracinée.

Choisir une approche facile au début
Le plus important est d’agir. Ne vous laissez pas impressionner par la longueur de cet article. Parmi les paragraphes précédents, choisissez celui qui vous semble le plus facile et passez à l’action en focalisant uniquement sur ce paragraphe. Au début, vous ne verrez peut-être qu’une faible amélioration. Mais, ne vous découragez pas, modifier son comportement demande des efforts et du temps. Donc, essayez de nouveau, et ce sera un peu moins laborieux la deuxième fois et ainsi de suite.

Faire un essai :
Vous n’avez rien à perdre en essayant d’instaurer une première habitude. Mais, ne voyez pas cette tentative comme une obligation. Ne vous mettez pas non plus de pression inutile. L’objectif est simplement de faire un essai avec une première habitude. Et c’est l’occasion, sans risque, d’avoir davantage de contrôles sur votre vie.

Éviter l’épuisement
Changer votre attitude par rapport à certaines tâches pénibles est un grand défi. Évitez d’être épuisé lors de ce changement, sinon votre motivation et votre capacité à faire les sacrifices nécessaires pour vaincre la procrastination seront diminuées. Évidemment, cela ne doit pas devenir une raison pour ne jamais entreprendre de changer son comportement.

Conclusion
Prendre la décision ferme de se débarrasser de la procrastination est un choix important, car une fois bien intégré dans notre comportement, ce changement a le pouvoir d’améliorer notre vie. Mais soyons réalistes. La procrastination est un problème difficile à résoudre. À court terme, il est impossible d’éliminer totalement celle-ci. Cependant avec des efforts sincères, nous pouvons avec le temps vaincre cette tendance nuisible. Plusieurs l’on fait.

À force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse. Sénèque

« Contrôlez l’utilisation de votre temps et vous contrôlerez la direction de votre vie. »

 

Annexe : Pourquoi combattre la procrastination ?

Lorsqu’une personne contrôle efficacement sa tendance à procrastiner, elle peut être récompensée de différentes façons :

  • Diminution du stress ;
  • Amélioration de l’estime de soi ;
  • Sommeil plus réparateur, notamment en évitant l’inquiétude de terminer à temps ;
  • Meilleure qualité du travail accompli ;
  • Meilleure rétention des leçons et concepts appris en travaillant ;
  • Fierté d’être maintenant en meilleur contrôle de soi ;
  • Réduction de la consommation de stimulant ;
  • Amélioration générale de la qualité de vie.