Combattre la procrastination

Table des matières

« Faire ce qu’on a à faire au bon moment, c’est s’éviter une pression inutile et fatigante. C’est donc prendre soin de soi. »

Introduction
La procrastination, c’est-à-dire la tendance à remettre à plus tard des tâches pénibles, peut être un véritable handicap dans la vie professionnelle et personnelle. Elle est une pure perte d’énergie. Le but de cet article est de vous donner une trousse d’outils à utiliser selon les différentes circonstances pour combattre ce mauvais penchant.

1) Commencer souvent
Le plus dur est de commencer. C’est ce qui nécessite le plus de volonté. La motivation vient avec l’action, c’est-à-dire que se mettre en mouvement change souvent notre perception du niveau de difficulté. Après quelques minutes d’activités, il est typique de réaliser que la tâche est moins ardue que nous le pensions. Au début de votre combat contre la procrastination, il donc est préférable de commencer souvent, en ayant de courtes sessions de travail. Ne vous donnez pas pour objectif initialement de terminer toute la besogne, ni même de progresser significativement, car l’ampleur du travail à accomplir est une des causes de l’inertie. Donc, commencez souvent avec de courtes sections de travail. Après chaque période d’activité, vous aurez un peu progressé et ceci améliorera votre perception de la tâche à accomplir.

2) Commencer petit
Généralement, plus une tâche est petite, moins il sera difficile de l’exécuter. Par exemple, il est moins difficile de se décider à :
     – lire un seul chapitre d’un document ennuyeux, plutôt que le document au complet,
     – tondre une section du gazon par jour, plutôt que le gazon en entier,
     – nettoyer une seule pièce par week-end, plutôt que la maison au complet.
Si une tâche ne peut être divisée en différentes parties, alors séparez-la simplement en période de temps. Par exemple, prenez l’engagement suivant avec vous-même : « Pendant les dix prochaines minutes, j’accomplirai la tâche suivante…. » Après quelques cycles, augmentez la cadence, par exemple prenez un engagement de 12 minutes de containtes plutôt que 10 et ainsi de suite.

3) Utiliser la gratification conditionnelle
Créez du bonheur par anticipation en vous offrant un plaisir à condition de terminer une tâche désagréable. Par exemple, permettez-vous d’aller au cinéma seulement après avoir terminé un certain travail. Le désir de voir un film intéressant devient alors une motivation qui diminue la résistance à exécuter une corvée.

4) Se préparer
Une tâche difficile devient moins ardue lorsque tout est en place pour faciliter son exécution, par exemple :
    – préparer sa tenue la veille d’une longue journée de travail,
    – se familiariser avec la carte routière avant de se rendre en voiture à une nouvelle destination,
    – amasser tous les outils nécessaires pour une réparation spécifique à la maison.
En plus de faciliter la motivation, une bonne préparation permet souvent d’être plus productif, ce qui réduit la durée de nos tâches désagréables.

5) Écrire un plan quotidien
Sans planification, il est trop facile de se laisser emporter par la fébrilité de la vie moderne et de se rendre compte trop tard que certaines tâches importantes n’ont pas été effectuées. Un plan quotidien vous aidera à équilibrer vos journées et cela facilitera la réalisation de vos tâches désagréables, trop souvent remises au lendemain. Par ailleurs, il est important que votre planification ne devienne pas une source d’hésitation. Si votre plan contient des objectifs, assurez-vous en premier lieu qu’ils soient raisonnables. Lorsque votre procrastination sera sous contrôle, il sera temps alors d’avoir des objectifs plus ambitieux.

6) Reconnaître le perfectionnisme
Vouloir que chaque tâche soit parfaitement réalisée est une cause perdue. Et cela peut se transformer en procrastination, car l’effort nécessaire pour atteindre la perfection est énorme. Si vous êtes perfectionniste, reconnaissez qu’il n’est pas désirable de tout faire parfaitement. Certes, il est essentiel de bien faire les choses importantes. Mais tout n’est pas important. Pour contrer le perfectionnisme, changez l’ordre d’exécution de vos tâches. Accomplissez en premier les éléments obligatoires, en ne faisant que le nécessaire dans un premier temps. S’il vous reste du temps à la fin d’un cycle de travail alors peut-être qu’un peu de superflu peut être réalisé. Pour de plus amples informations à ce sujet, cliquez ici : « Devenir moins perfectionniste ».

7) Communiquer ses objectifs
L’orgueil est un défaut. Mais puisque nous en avons tous une certaine dose, pourquoi ne pas l’utiliser pour nous motiver ? Voici comment : dites à vos proches que vous visez un certain objectif, alors votre orgueil vous poussera à ne pas les décevoir. Par exemple, si tous vos amis savent que votre objectif est de faire du sport trois fois par semaine, vous serez motivé par l’inquiétude de passer à leurs yeux pour quelqu’un qui manque de volonté.

8) Choisir le bon moment
Nous avons tous une période de la journée pendant laquelle nous sommes plus productifs. Utilisez cette période de rendement optimal pour réaliser vos tâches difficiles, ainsi vous aurez moins de difficulté à vous motiver et à rester concentré. Par exemple, certains sont particulièrement productifs en matinée entre 10h et 12h. Pour eux, il est avantageux d’exécuter des travaux ardus pendant cette période.

9) Résister aux distractions
Il est plus facile de se motiver dans un environnement qui facilite le travail, notamment l’absence d’interruption. Malheureusement, plusieurs choses peuvent déranger votre concentration : communications téléphoniques, courriels, réseaux sociaux, demandes de la part collègues, etc. Il est préférable de s’éloigner de ces éléments perturbateurs. Si possible, choisissez un espace de travail dépourvu de ces distractions. Et prenez l’habitude de dire « non » ou « plus tard » aux personnes qui viennent vous distraire.

10) Écouter sa musique
Si vous aimez la musique, si possible exécuter vos corvées en écoutant vos mélodies préférées. Le désir d’écouter de belles chansons vous aidera à prendre la décision d’exécuter des tâches désagréables.

11) Donner un sens à ses efforts
Pour combattre la procrastination, il est utile de se rappeler pourquoi une tâche doit être réalisée.
Par exemple :
     – un étudiant sera plus motivé s’il pense au moment où il obtiendra son diplôme,
     – un père de famille qui fait la vaisselle sera plus motivé s’il se rappelle qu’il agit ainsi pour le bien de ses enfants,
     – un travailleur qui réalise des heures supplémentaires sera plus motivé s’il imagine le voyage qu’il pourra s’offrir.

12) Démasquer les fausses excuses
Pour surmonter la procrastination, il est utile de dresser la liste des excuses qui pourraient vous empêcher d’agir, par exemple :
     – « Je le ferai plus tard. »
     – « C’est trop difficile, j’en suis incapable. »
     – « Je travaille mieux sous pression. »
     – « Je serai en meilleure forme demain. »
     – « Je n’ai pas assez de temps aujourd’hui. »
Une fois vos excuses clairement identifiées, faites leur passer l’épreuve d’un examen rationnel. Par exemple, si votre excuse est « Je n’ai pas assez de temps aujourd’hui. », et que vous avez cependant du temps pour des choses moins importantes. Alors il s’agit d’une fausse excuse. Un bon nombre d’excuses ne survivent pas à une analyse rationnelle comme celle-ci, car la majorité ne sont que des caprices déguisés en fausses justifications.

13) Travailler en équipe
Le procrastinateur qui travaille en équipe est plus motivé à se corriger. Donc si le contexte le permet, réalisez avec une autre personne (un ami si possible) la tâche que vous repoussez indûment. Cela a plusieurs avantages. Premièrement, la tâche en question sera peut-être moins désagréable (parfois même plaisante), si elle est faite en équipe. Deuxièmement, vous devrez planifier avec votre équipier des périodes de travail. La présence prévue de quelqu’un vous incitera à ne pas reporter les sessions de travail, car vous vous serez engagé envers cette personne.

14) Utiliser l’approche sandwich
Cette technique consiste à diviser une tâche désagréable en petites portions et d’y insérerer en « sandwich » une activité agréable. Par exemple, travailler 15 minutes et ensuite se distraire 5 minutes et ainsi de suite. Évidemment, cette technique ralentit initialement le travail, mais avec le temps la durée des activités agréables peut être réduite tout en gardant la même motivation, grâce au pouvoir de l’habitude.

15) Développer de bonnes habitudes
Les habitudes (une fois bien ancrées) sont des comportements que l’on ne remet pas en question à chaque occurrence. Les activités habituelles demandent donc généralement moins de volonté. Par exemple, la personne qui a pour coutume d’exécuter une même tâche pénible tous les samedis matin n’a plus à se motiver autant pour débuter la tâche le temps venu. Elle le fait par habitude sans même y penser, ou presque. Évidemment pour ce faire, il est nécessaire que l’habitude soit vraiment bien enracinée.

Choisir une approche facile au début
Le plus important est d’agir. Ne vous laissez pas impressionner par la longueur de cet article. Parmi les paragraphes précédents, choisissez celui qui vous semble le plus facile et passez à l’action en focalisant uniquement sur ce paragraphe. Au début, vous ne verrez peut-être qu’une petite amélioration. Mais, ne vous découragez pas, changer son comportement demande des efforts et du temps. Donc, essayez de nouveau, et ce sera un peu moins difficile la deuxième fois et ainsi de suite.

Éviter l’épuisement
Changer votre attitude par rapport à certaines tâches pénibles est une transformation importante. Si possible, évitez d’être épuisé lors de ce changement, sinon votre motivation et votre capacité à faire les sacrifices nécessaires pour vaincre la procrastination seront diminuées. Donc, si vous êtes très fatigué, reposez-vous avant de tenter de changer vos habitudes. Évidemment, cela ne doit pas devenir une raison pour ne jamais entreprendre de changer son comportement.

Conclusion
Il appartient à chacun de nous de prendre la décision ferme de se débarrasser de la procrastination. C’est un choix très important, car ce changement, une fois bien intégré dans notre comportement, a le pouvoir de nous faire progresser significativement vers un mieux-être. Mais nous devons demeurer réalistes. La procrastination est un problème difficile à résoudre. À court terme, il est impossible d’éliminer totalement celle-ci. Cependant avec des efforts sincères, nous pouvons avec le temps vaincre cette tendance nuisible.

« Contrôlez l’utilisation de votre temps et vous contrôlerez la direction de votre vie. »

 

Dessin d’un homme soumis à la tentation avec un petit diable sur une épaule et un ange sur l’autre.

De Zarateman [CC0], via Wikimedia Commons

Annexe : Pourquoi combattre la procrastination ?

Lorsqu’une personne contrôle efficacement sa tendance à procrastiner, elle peut être récompensée de différentes façons :

  • Meilleure qualité du travail accompli ;
  • Diminution du stress ;
  • Réduction de la consommation de stimulant ;
  • Sommeil plus réparateur, notamment en évitant l’inquiétude de terminer à temps ;
  • Amélioration de l’estime de soi ;
  • Meilleure rétention des leçons et concepts appris en travaillant ;
  • Fierté d’être maintenant en meilleur contrôle de soi ;
  • Amélioration générale de la qualité de vie.

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