130 citations d’Émile-Auguste Chartier, dit ALAIN

Portrait d'Émile Chartier, dit Alain, à environ 45 ans.

Alain, à environ 45 ans

Qui n’imite point n’invente point.

L’homme isolé est un homme vaincu.

Le propre du travail, c’est d’être forcé.

Le secret de l’action, c’est de s’y mettre.

Qui veut la guerre est en guerre avec soi.

La fonction de penser ne se délègue pas.

Le mot lâche est la plus grave des injures.

La morale commence là où s’arrête la police.

On ne donne aux gens que l’espoir que l’on a.

Un ami est celui qui nous dit nos quatre vérités.

L’égoïste est triste parce qu’il attend le bonheur.

Plus on sait, et plus on est capable d’apprendre.

Le bonheur donne force et force donne bonheur.

Il y a plus de volonté qu’on ne croit dans le bonheur.

Faire de nécessité vertu est le beau et grand travail.

Une idée est fausse dès l’instant où l’on s’en contente.

Le fanatisme est le plus redoutable des maux humains.

La raison est virile devant l’objet, puérile devant le récit.

L’école est universelle parce que le savoir est universel.

La conscience suppose une séparation de moi d’avec moi.

L’histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.

Nous respectons la raison, mais nous aimons nos passions.

La bêtise des hommes est de critiquer l’originalité des autres.

Ce n’est pas une petite science, ni facile, que de savoir vouloir.

Le besoin d’écrire est une curiosité de savoir ce qu’on trouvera.

L’intelligence, c’est ce qui dans un homme reste toujours jeune.

On n’aime guère un bonheur qui vous tombe ; on veut l’avoir fait.

Le courage nourrit les guerres, mais c’est la peur qui les fait naître.

Désordre dans le corps, erreur dans l’esprit, l’un nourrissant l’autre.

L’habitude délivre. L’habitude c’est la volonté qui possède son corps.

L’homme juste agit d’une façon juste parce qu’il porte la justice en lui.

Qui donc peut se soucier d’être heureux sans se soucier des autres ?

Qu’est-ce que le héros, si ce n’est l’homme qui choisit de croire à soi ?

Croyance. C’est le mot commun qui désigne toute certitude sans preuve.

L’homme s’ennuie du plaisir reçu et préfère de bien loin le plaisir conquis.

Les temps sont courts à celui qui pense, et interminables à celui qui désire.

Tous les vices ressemblent à la guerre, toujours menaçante, toujours évitable.

Il est bon d’avoir un peu de mal à vivre et de ne pas suivre une route tout unie.

Il y a l’avenir qui se fait et l’avenir qu’on fait. L’avenir réel se compose des deux.

A trop chercher le bonheur ailleurs, on finit par oublier celui que l’on a devant soi.

Une oeuvre qui n’apporte point quelque chose d’invisible et de neuf, on la laisse.

Ce qui est difficile, c’est de n’être jamais dupe, et cependant de tout croire de l’homme.

Plus l’existence est difficile, mieux on supporte les peines et mieux on jouit des plaisirs.

On n’ose guère avouer que l’on voudrait les plaisirs du vice en récompense de la vertu.

Les grandes idées sont comme l’air ; tout le monde les respire, tout le monde s’en nourrit.

L’homme s’occupe à chercher son bonheur, mais son plus grand bonheur est d’être occupé.

Avec le temps, quiconque est furieux s’apaise ; avec le temps, ce qui a commencé a une fin.

La cruauté est le moyen des honnêtes gens, car ils se savent bons et leur conscience les absout.

La société est une merveilleuse machine qui permet aux bonnes gens d’être cruelles sans le savoir.

Je ne chante pas parce que je suis de bonne humeur, je suis de bonne humeur parce que je chante.

Un homme cultivé ressemble à une boîte à musique. Il a deux ou trois petites chansons dans le ventre.

L’homme oriente sa voile, appuie sur le gouvernail, avançant contre le vent par la force même du vent.

Plus d’un homme instruit en est à ignorer que le seul moyen de changer d’idée est de changer d’action.

La loi du juste avenir se trouve dans les consciences libres et solitaires et ne se trouve nulle part ailleurs.

Il y a deux espèces d’hommes, ceux qui s’habituent au bruit et ceux qui essaient de faire taire les autres.

Ce n’est point parce que j’ai réussi que je suis content, mais c’est parce que j’étais content que j’aie réussi.

La religion est comme les contes. Les contes ont un grand sens, mais personne ne demande s’ils sont vrais.

Fais ce que tu dois et n’attends jamais rien en retour. Si quelque chose vient, accueille-le comme un cadeau.

Préjugé ; ce qui est jugé d’avance, c’est-à-dire avant qu’on se soit instruit. Le préjugé fait qu’on s’instruit mal.

L’action d’écrire me paraît la plus favorable de toutes pour régler nos folles pensées et leur donner consistance.

Le peintre est tenu par l’apparence ; et c’est son affaire d’enfermer tout le vrai qu’il pourra dans une seule apparence.

Derrière cette ombre de liberté qui consiste à choisir, se montre aussitôt la liberté véritable qui consiste à se dominer.

Il n’est pas difficile d’être malheureux ou mécontent ; il suffit de s’asseoir, comme fait un prince qui attend qu’on l’amuse.

Le plus grand plaisir humain est sans doute dans un travail difficile et libre fait en coopération, comme les jeux le font assez voir.

Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait du bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres.

Le maître ne nous apprend rien d’autre que ceci, qu’il faut que chacun soit son propre maître, ce qui fait tous les hommes égaux.

Le bonheur suppose sans doute toujours quelque inquiétude, quelque passion, une pointe de douleur qui nous éveille à nous-même.

Être bon avec les autres et avec soi. Les aider à vivre, s’aider soi-même à vivre ; voilà la vraie charité. La bonté est joie. L’amour est joie.

Il ne faut jamais laisser entendre, ni permettre de croire que la guerre soit compatible, en un sens quelconque, avec la justice et l’humanité.

L’attrait des habitudes et leur puissance naturelle viennent de ce bonheur que l’on trouve à faire ce que l’on fait bien, même battre les cartes.

Si je crois que je vais tomber, je tombe ; si je crois que je ne puis rien, je ne puis rien. Si je crois que mon espérance me trompe, elle me trompe.

Le mépris des richesses et des honneurs est facile en somme ; ce qui est proprement difficile, c’est, une fois qu’on les méprise bien, de ne pas trop s’ennuyer.

Tout l’art du roman vise sans doute à nous tirer d’impatience et à nous composer un plaisir d’attendre qui ne s’use point. Par cette précaution, un vrai roman est toujours trop court.

Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d’autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux.

Douter, c’est examiner, c’est démonter et remonter les idées comme des rouages, sans prévention et sans précipitation, contre la puissance de croire qui est formidable en chacun de nous.

Il faut prêcher sur la vie et non sur la mort ; répandre l’espoir et non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C’est le grand secret des sages et ce sera la lumière de demain.

Le principe du vrai courage, c’est le doute. L’idée de secouer une pensée à laquelle on se fiait est une idée brave. Tout inventeur a mis en doute ce dont personne ne doutait. C’était l’impiété essentielle.

Il y a obligation à être heureux : pour ne pas être un fardeau, pour rester ouvert aux autres et non pas demeurer en confit dans son malheur, car comment faire le bonheur de l’autre du fin fond de son propre malheur ?

La foi ne peut aller sans l’espérance. Quand les grimpeurs observent de loin la montagne, tout est obstacle ; c’est en avançant qu’ils trouvent des passages. Mais ils n’avanceraient point s’ils n’espéraient pas de leur propre foi.

Toutes nos vérités sont des erreurs redressées : quiconque pense commence toujours par se tromper. L’esprit juste se trompe d’abord tout autant qu’un autre, son travail propre est de revenir, de ne point s’obstiner, de corriger selon l’objet la première esquisse… Toutes nos erreurs sont des jugements téméraires, et toutes nos vérités, sans exception, sont des erreurs redressées.

Émile-Auguste Chartier, dit Alain, jeune homme

Alain étudiants vers 1890

Tout pouvoir sans contrôle rend fou ~ (Politique)

Le vrai désespoir est sans réflexion. ~ (Les propos de littérature, 1934)

À s’informer de tout, on ne sait jamais rien. ~ (Les propos sur l’éducation, 1932)

Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi. ~ (Eléments de philosophie)

Un cœur sans amour est une vie sans plaisirs. ~ (Les propos d’un Normand, 1912)

Les vices ne sont que des vertus à mi-chemin. ~ (Propos sur l’éducation, p.55)

Faire et non subir, tel est le fond de l’agréable. ~ (Propos sur le bonheur)

Un fou qui dit par hasard le vrai n’a pas la vérité. ~ (Propos d’un Normand)

Quand un homme a peur, la colère n’est pas loin. ~ (Propos sur le bonheur)

Dès que nous tenons une opinion, elle nous tient. ~ (Propos sur l’éducation)

Comme on vit mal avec ceux que l’ont connaît trop. ~ (Propos sur le bonheur)

Espérer ce n’est pas vouloir. Espérer, c’est être heureux. ~ (Propos sur le bonheur)

Qu’il est difficile d’être courageux sans se faire méchant. ~ (Propos II)

C’est un devoir aussi envers les autres que d’être heureux. ~ (Propos sur le bonheur)

L’orthographe est de respect ; c’est une sorte de politesse. ~ (Propos sur l’éducation, p.114)

Dès que l’on s’instruit en vue d’enseigner, on s’instruit mal. ~ (Propos sur l’éducation)

Qui est mécontent des autres est toujours mécontent de soi. ~ (Propos d’un Normand)

Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde. ~ (Mars ou La guerre jugée)

Toute l’enfance se passe à oublier l’enfant qu’on était la veille. ~ (Propos sur l’éducation)

On peut défaire n’importe quel bonheur par la mauvaise volonté. ~ (Mars ou la guerre jugée)

Rien n’est plus dangereux qu’une idée, quand on n’a qu’une idée. ~ (Propos sur la religion, 1938)

Une idée que j’ai, il faut que je la nie: c’est ma manière de l’essayer. ~ (Histoire de mes pensées)

Il n’y a de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage. ~ (Minerve ou de la sagesse)

Le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur c’est la paix même. ~ (Les propos sur le bonheur, 1925)

Savoir, et ne point faire usage de ce que l’on sait, c’est pire qu’ignorer. ~ (Propos sur l’éducation)

Un des secrets du bonheur, c’est d’être indifférent à sa propre humeur. ~ (Les propos sur le bonheur, 1925)

Ce n’est pas grand-chose d’avoir des idées, le tout est de les appliquer. ~ (Propos sur l’éducation, p.133)

Le rire est le propre de l’homme, car l’esprit s’y délivre des apparences. ~ (Système des Beaux-Arts, 1920)

Nous n’avons pas toujours assez de force pour supporter les maux d’autrui. ~ (Propos sur le bonheur)

L’erreur est facile à tous ; plus facile peut-être à celui qui croit savoir beaucoup. ~ (Propos sur l’éducation, p.131)

On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l’espère bien. ~ (Propos sur l’éducation)

La bonne humeur a quelque chose de généreux ; elle donne plutôt qu’elle ne reçoit. ~ (Les propos sur le bonheur, 1925)

Il n’est pas bon que le pouvoir d’observer se développe plus vite que l’art d’interpréter. ~ (Propos sur l’éducation)

La vie est toujours triste, si chacun attend le bonheur comme quelque chose qui lui est dû. ~ (Les propos sur le bonheur, 1925)

Tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire ; tout pouvoir est sage dès qu’il se sent jugé. ~ (Propos I)

Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste. ~ (Propos sur le bonheur, 1928)

L’action guérit cette sorte d’humeur, que nous appelons, selon les cas, impatience, timidité ou peur. ~ (Les Aventures du cœur)

Les vrais problèmes sont d’abord amers à goûter ; le plaisir viendra à ceux qui auront vaincu l’amertume. ~ (Les propos sur l’éducation, 1932)

Le maître écoute et surveille bien plus qu’il ne parle. Ce sont les grands livres qui parlent, et quoi de mieux ? ~ (Propos sur l’éducation, p.78))

Tous les arts sont comme des miroirs où l’homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même qu’il ignorait. ~ (Vingt leçons sur les Beaux-arts, Seizième leçon, 1931)

Les grandes pensées ont quelque chose d’enfantin, qui fait que les beaux esprits passeront toujours à côté sans les voir. ~ (Propos I)

Idéal : modèle qu’on se compose, en vue de l’admirer et de l’imiter. L’idéal est toujours nettoyé d’un peu de réalité qui ferait tache. ~ (Définitions)

On n’observe jamais qu’à travers les idées qu’on a, ou, autrement dit, que les moyens d’expression règnent tyranniquement sur les opinions. ~ (Propos sur l’éducation, p.124)

Michel-Ange ne s’est pas mis à peindre parce qu’il avait toutes ces figures dans la tête. Seulement il se mit à peindre, et les figures se montrèrent. ~ (le bonheur)

Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. ~ (Propos sur la religion)

L’expérience, c’est-à-dire le simple fait d’être au monde, nous met en présence d’apparences vraies, mais qui peuvent être la source des connaissances les plus fausses. ~ (Préliminaires à la mythologie)

C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. ~ (Propos sur la religion)

Chacun sait qu’une certaine espèce de fous font ce qu’on leur suggère, et qu’ils veulent aussi ce qu’ils font, ce qui fait qu’ils croient faire ce qu’ils veulent. Prouvez que nous ne sommes pas tous ainsi. ~ (Les Passions et la Sagesse, chapitres sur l’esprit et les passions)

Il est à supposer que les jurons, qui sont des exclamations entièrement dépourvues de sens, ont été inventés comme instinctivement pour donner une issue à la colère sans rien dire de blessant ni d’irréparable. ~ (Propos I)

J’en viens à ceci, que les travaux d’écolier sont des épreuves pour le caractère, et non point pour l’intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s’agit de surmonter l’humeur, il s’agit d’apprendre à vouloir. ~ (Propos sur l’éducation, p.59)

J’aime mieux une petite lueur de bon sens portée par de bons muscles, qu’une grosse tête sur un petit corps. Sans les muscles, l’idée n’irait pas loin ; une pensée chargée de matière, une pensée aux larges pieds voilà ce qui mène le monde. ~ (Propos II)

Le plus profond de la colère est la colère d’être en colère, et de savoir qu’on s’y jettera, et de la sentir monter en soi comme une tempête physique. Le mot irritation en son double sens, explique assez cela, si l’on y pense avec suite. L’enfant crie de plus en plus fort principalement parce qu’il s’irrite de crier, comme d’autres s’irritent de tousser. ~ (Les Passions et la Sagesse, 1960)

Courte biographie d’Émile-Auguste Chartier, dit Alain (1868 – 1951) :

Né à Mortagne-au-Perche (Orne) d’Étienne Chartier, vétérinaire et de Juliette-Clémence Chaline. Émile-Auguste Chartier est philosophe, journaliste, essayiste et professeur de philosophie. Pendant ses études en littérature au lycée Michelet de Vanves, il fait la rencontre importante du philosophe Jules Lagneau, qu’il reconnaît comme son maître, et qui l’oriente vers la philosophie. Il enseigne au lycée pendant plusieurs années. Lorsque débute la première guerre, il devance l’appel et s’engage immédiatement, même si la loi de l’époque permettait aux enseignants d’être dispensés de service militaire. Brigadier au 3e régiment d’artillerie, il refuse toutes les promotions. Le 23 mai 1916, il se broie le pied dans un rayon de roue de chariot de munitions. Après quelques semaines d’hospitalisation, il est affecté pour quelques mois au service de météorologie, puis il est démobilisé le 14 octobre 1917. Ayant vu des choses terribles pendant la Grande Guerre, il publie en 1921 le pamphlet Mars ou la guerre jugée. Jusqu’à la fin des années 1930, son écriture sera inspirée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascistes. En 1934, il est cofondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), dirigé par Paul Rivet et Paul Langevin. Anti-fasciste convaincu, il semble ne pas mesurer la puissance réelle et la dimension spécifique de l’hitlérisme, considérant la France comme la puissance supérieure dans le rapport de force international de l’époque. À partir de 1937, il se consacre pour l’essentiel à l’écriture privée de son Journal. Sont publiés également plusieurs recueils thématiques rassemblant ses Propos. En 1940, il accepte la défaite française et ne souhaite pas la poursuite des hostilités. Dans son Journal, le 23 juillet 1940, il va jusqu’à souhaiter la victoire allemande plutôt que celle des forces libres du Général De Gaulle. La collaboration pétainiste lui semble un moindre mal. Les années 1941 et 1942 sont très sombres pour lui d’un point de vue moral comme physique. En 1941, il perd sa compagne, amie de cœur Marie-Monique Morre-Lambelin. Son Journal (1937-1950) porte néanmoins la marque de la renaissance de son activité littéraire à partir de 1943. En mai 1950, il reçoit le Grand Prix National des Lettres. Il meurt le 2 juin 1951 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 94). Au fil des ans, il utilisa différents pseudonymes Criton, Quart d’œil, Philibert et enfin Alain pour ses chroniques dans La Dépêche de Lorient. Voici quelques œuvres importantes d’Alain :
– Les Cent un Propos d’Alain (2ème série) (1910)
– Petit Traité d’Harmonie pour les aveugles (en braille, 1918)
– Les Marchands de Sommeil (1919)
– Mars ou la guerre jugée (1921)
– Le citoyen contre les pouvoirs (1926)
– Propos de politique (1934)
– Souvenirs de guerre (1937)
– Convulsions de la force (suite à Mars)
– Vigiles de l’esprit (1942)

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