75 citations d’Honoré de Balzac

Quoi de plus complet que le silence ?

L’élégance est de paraitre ce que l’on est.

Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.

Tout pouvoir est une conspiration permanente.

Toute puissance et faite de patience et de temps.

Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.

Toute personne qui pense fortement fait scandale.

On peut pardonner, mais oublier, c’est impossible.

Dis-moi ce que tu as, et je te dirai ce que tu penses.

Un crime est avant tout un manque de raisonnement.

Une société d’athées inventerait aussitôt une religion.

Les sceptiques sont les hommes les plus consciencieux.

La jeunesse a d’étonnants privilèges ; elle n’effraye pas.

L’intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.

À force de parler, un homme finit par croire à ce qu’il dit.

L’amour est comme le vent, nous ne savons pas d’où il vient.

L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.

Une belle action fait accepter toutes les ignorances possibles.

En toute chose, l’on ne reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.

La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux.

C’est un signe de médiocrité que d’être incapable d’enthousiasme.

La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer.

L’homme meurt une première fois à l’âge où il perd l’enthousiasme.

L’esclave a sa vanité, il ne veut obéir qu’au plus grand des despotes.

Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité.

Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres.

Les âmes grandes sont toujours disposées à faire une vertu d’un malheur.

Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse. La peau de chagrin.

L’homme n’est ni bon ni méchant, il nait avec des instincts et des aptitudes.

La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste.

J’ai souvent éprouvé que la solitude est un bien à qui possède une belle âme.

Le cœur d’une mère est un abime au fond duquel se trouve toujours un pardon.

La jeunesse, qui n’a pas encore failli, est sans indulgence pour les fautes d’autrui.

Vous dites aimer ? Aimer ! C’est se dévouer sans attendre la moindre récompense.

Notre conscience est un juge infaillible quand nous ne l’avons pas encore assassinée.

Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard.

L’égalité peut être un droit, mais aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait.

Au premier coup d’oeil jeté sur un intérieur, on sait qui y règne de l’amour ou du désespoir.

La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais.

En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu’on ne saurait empêcher.

La passion est toute l’humanité. Sans elle, la religion, l’histoire, le roman, l’art seraient inutiles.

La possession du pouvoir, quelque immense qu’il put être, ne donne pas la science de s’en servir.

Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps. Les gens puissants veulent et veillent.

Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme est un sentiment qui manque à l’amour : la certitude.

Rien ne renforce plus l’amitié entre deux hommes que lorsque chacun des deux considère qu’il est supérieur à l’autre.

Il y a deux histoires ; l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où se trouvent les véritables causes des évènements.

L’homme supérieur se moque de ceux qui le complimentent, et complimente quelquefois ceux dont il se moque au fond du cœur.

Il est plus facile d’être amant que mari, pour la raison qu’il est plus difficile d’avoir de l’esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.

Croyez-le, le véritable amour est éternel, infini, toujours semblable à lui-même ; il est égal et pur, sans démonstrations violentes ; il se voit en cheveux blancs, toujours jeune de cœur.

Nous sommes habitués à juger les autres d’après nous et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.

L’amour véritable s’enveloppe toujours des mystères de la pudeur, même dans son expression, car il se prouve par lui-même ; il ne sent pas la nécessité, comme l’amour faux, d’allumer un incendie.

Une fois que dans le malheur un homme peut se faire un roman d’espérance par une suite de raisonnements plus ou moins justes avec lesquels il bourre son oreiller pour y reposer sa tête, il est souvent sauvé.

La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation, nous devons la plupart des grandes découvertes au : Comment ? et la sagesse dans la vie consiste à se demander à tout propos : Pourquoi ?

La société ne fait-elle pas de l’homme, suivant les milieux ou son action se déploie, autant d’hommes différents qu’il y a de variétés en zoologie ? Il a donc existé, il existera de tout temps des espèces sociales comme il y a des espèces zoologiques.

L’exercice de la pensée, la recherche des idées, les contemplations tranquilles de la science nous prodiguent d’ineffables délices, indescriptibles comme tout ce qui participe de l’intelligence, dont les phénomènes sont invisibles à nos sens extérieurs.

Tout journal est une boutique où l’on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S’il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions.

On respecte un homme qui se respecte lui-même.

(Le martyr calviniste, 1830)

Les vocations manquées déteignent sur toute l’existence.

(La Maison Nucingen)

L’amour-propre est un escroc qui ne manque jamais sa dupe.

(La Vieille Fille, 1836)

En toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs.

(La Maison du chat-qui-pelote)

Les individualités disparaissent chez un peuple nivelé par l’instruction.

(La peau de chagrin, 1831)

La vie sociale est comme la terre, elle nous donne en raison de nos efforts.

(L’envers de l’histoire contemporaine, 1848)

L’espoir est une mémoire qui désire, le souvenir est une mémoire qui a joui.

(Les Fantaisies de Claudine)

L’amour durable est celui qui tient toujours les forces de deux êtres en équilibre.

(La physiologie du mariage, 1829)

Plus nos lois tendront à une impossible égalité, plus nous nous en écarterons par les mœurs.

(Ferragus, 1885)

La vie des oisifs est la seule qui coûte cher, c’est un vol social que de consommer sans produire.

(Le médecin de campagne, 1833)

Le hasard est le résultat d’une immense équation dont nous ne connaissons pas toutes les racines.

(Z. Marcas, le 25 juillet 1840)

Le véritable amour est un océan de sensations éternelles et toujours neuves où l’on se plonge avec délice.

(Louis Lambert, 1832)

Les lois sont des toiles d’araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.

(La Maison Nucingen, 1837)

Les mythes modernes sont encore moins compris que les mythes anciens, quoique nous soyons dévorés par les mythes.

(La Vieille Fille, 1836)

La société ne vit pas seulement par des idées morales ; pour subsister, elle a besoin d’actions en harmonie avec ses idées.

(La comédie humaine)

La légèreté de l’esprit et les grâces de la conversation sont un don de la nature ou le fruit d’une éducation commencée au berceau.

(La Maison du chat-qui-pelote)

Il n’existe pas de grand talent sans une grande volonté. Ces deux forces jumelles sont nécessaires à la construction de l’immense édifice d’une gloire.

(La Muse du département, 1843)

Le langage, dans la magnificence de ses phases, n’a rien d’aussi varié, d’aussi éloquent, que la correspondance des regards et l’harmonie des sourires.

(La Comédie humaine, 1842-1852)

Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l’ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaitre l’étendue de la corruption humaine.

(Illusions perdues, 1843)

Privilège semblable à celui de la noblesse, la beauté ne se peut acquérir, elle est partout reconnue, et vaut souvent plus que la fortune et le talent, elle n’a besoin que d’être montrée pour triompher, on ne lui demande que d’exister.

(Le Cabinet des Antiques, 1874)

L’amour est comme la mer, qui vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires. Tandis que certains êtres privilégiés passent leur vie à l’admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent.

(La Vendetta, 1830)

Un homme qui se vante de ne jamais changer d’opinion est un homme qui se charge d’aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l’infaillibilité. Il n’y a pas de principe, il n’y a que des événements ; il n’y a pas de lois, il n’y a que des circonstances : l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S’il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n’en changeraient pas comme nous changeons de chemises.

(Le Père Goriot, dans La Comédie humaine, III, 1835)

Biographie d’Honoré de Balzac (1799-1851) :

Né à Tours et mort à Paris à 51 ans, Honoré de Balzac est un célèbre romancier, dramaturge et essayiste du 19e siècle. Il grandit dans une famille provinciale de petite bourgeoisie. Balzac s’installe à Paris en 1814 et débute des études de droit. C’est au cours des années 1820 qu’il commence à écrire sérieusement. Ses premières œuvres ont eu une popularité décevante. À cette époque, il est tout à tout éditeur, imprimeur et journaliste. En 1826, il crée une imprimerie qui fera faillite en quelques années. Lourdement endetté, il continue d’écrire. En 1829, il publie le roman à succès Les Chouans. Trois ans plus tard, il regroupe ses différentes créations et produit La Comédie humaine, une œuvre gigantesque qui comprend plus de 2000 personnages dans 91 ouvrages. En 1850, il épouse Ewelina Hańska. Quelques mois après son mariage, Balzac meurt à Paris à l’âge de 51 ans. C’est Victor Hugo qui prononça son oraison funèbre.

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