Comment aider un proche déprimé ?

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Si l’un de vos proches souffre de tristesse profonde, il est important de le convaincre que vous tenez à lui et que vous êtes prêt à l’aider. Et pour bien soutenir cette personne, il est utile de savoir comment s’y prendre :

  1. Écouter et s’intéresser à ce que la personne vit :
    Pour une personne déprimée, la plus grande qualité d’un aidant est sa capacité d’écoute. Pour encourager votre proche à parler, vous devez avoir une attitude d’ouverture, de douceur et de patience. Encouragez la personne à parler de sa souffrance. Exprimer ses sentiments est parfois difficile. Les personnes déprimées ne veulent pas être bousculées. Écoutez attentivement, parlez peu et maintenez constamment un contact visuel.
  2. Prendre sa souffrance au sérieux :

    La personne déprimée a besoin que l’on prenne son état émotionnel au sérieux. N’essayez pas de sortir votre proche de la déprime avec de bons raisonnements, même si ses inquiétudes vous semblent irrationnelles. Vos tentatives bien intentionnées donneront l’impression que vous ne prenez pas ses émotions au sérieux. Le simple fait de reconnaître la douleur et la tristesse que votre proche éprouve peut grandement l’aider à se sentir compris et soutenu. Donc ne banalisez pas sa souffrance. Et surtout, évitez de prononcer des phrases telles que :

    • Bien des gens vivent des choses plus tragiques que toi et ne sont pas déprimés.
    • Chacun a ses propres problèmes.
    • Ton problème n’est pas si grave. J’ai vécu des choses bien pires et j’ai survécu.
  3. Montrer son affection :

    Une des meilleures choses que vous puissiez faire pour aider votre proche est de lui montrer par vos gestes que vous tenez à lui. Si vous sentez que la personne en question a besoin de réconfort physique, et si votre relation le permet, n’hésitez à la prendre dans vos bras. Cela peut faire tellement de bien. Il est également très utile d’affirmer votre soutien inconditionnel, en disant par exemple :

    • Je t’aime peu importe ce que tu dis ou fais.
    • À mes yeux, tu es tellement important(e).
    • Je ne t’abandonnerai jamais.

    Le soutien d’une personne de confiance est capital, en particulier lors d’angoisses profondes. Même si votre proche semble indifférent, sachez qu’il apprécie vos efforts pour l’aider.

  4. Une dame encourage une personne déprimée.

    Image par Serena Wong de Pixabay

  5. Comprendre autant que possible :

    La personne déprimée agace parfois ses proches quand elle se plaint, quand elle n’arrive pas à travailler ni à participer à la vie de tous les jours. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais l’effet de sa condition. Faites l’effort de comprendre la situation de votre proche affligé. Voici les symptômes typiques des gens déprimés :

    • Tristesse
    • Insomnies et fatigue au réveil
    • Intolérance aux petites contrariétés
    • Perte d’intérêt général
    • Renfermement sur soi
    • Indifférence affective
    • Comportement parfois agressif

    Pour vous aider à mieux comprendre votre proche, remémorez-vous vos propres périodes sombres. Rappelez-vous jusqu’à quel point tout devenait difficile dans cet état de désespoir. Imaginez jusqu’à quel point il vous serait difficile de vivre de cette façon pour une longue période.

  6. Être tolérant :
    À cause de leur souffrance, les personnes en dépression prononcent parfois des paroles blessantes sans raison apparente. Ne prenez pas ces offenses trop à cœur. Reconnaissez que la personne déprimée ne vous veut aucun mal. Ses sautes d’humeur ne sont pas personnelles. Si une autre personne avait été à votre place, c’est elle qui aurait été offensée. Au nom de l’affection que vous avez pour votre proche, soyez tolérant et pardonnez.
  7. Respecter le point de vue de la personne déprimée :

    Certains croient à tort que le meilleur moyen d’aider les gens déprimés est d’être débordant d’enthousiasme. En général, les choses ne sont pas complètement roses. Objectivement, on ne peut pas nier la présence de certaines situations difficiles. Une personne profondément déprimée focalise exclusivement sur les aspects négatifs de sa vie. Donc si le contexte s’y prête, reconnaissez la présence des difficultés. Mais exprimez-les d’une façon réaliste, en présentant le positif et le négatif. Voici quelques exemples :

    • Un bon nombre de personnes sont déprimées. Sans que ce soit facile, plusieurs s’en sortent.
    • Souffrir est humain, s’en sortir et ne plus souffrir l’est aussi.
    • Certaines choses sont pénibles, mais le temps vient à bout de tout.
  8. Éviter certains sujets de conversation :La plupart des gens ne se rendent pas compte des conséquences d’un simple sujet de conversation. Un mauvais choix de votre part peut empirer momentanément la condition d’une personne déprimée. Certes, il est parfois nécessaire d’aborder des sujets difficiles, par exemple la nécessité de consulter (voir Au besoin, amener la personne à consulter : ci-dessous). Mais à moins d’avoir une très bonne raison, évitez les sujets de conversation qui pourraient aggraver la condition de votre proche. Évidemment, il est très important d’écouter celui-ci avec intérêt. Donc, lorsque votre proche aborde lui-même sa condition de personne déprimée, respectez son choix et prêtez une oreille attentive. Surtout, n’essayez pas d’éviter le sujet comme s’il était honteux d’être déprimé.
  9. Éviter de faire des reproches :

    Culpabiliser ou blâmer votre proche pour son état dépressif n’aidera en rien. Au contraire, cette attitude peut accentuer sa conscience de son état de faiblesse. Pire encore, elle peut fermer votre proche à la communication, si nécessaire à la guérison. Il est donc nuisible d’accabler celui-ci en le critiquant et en essayant de le motiver brutalement avec des phrases telles que :

    • Bouge-toi un peu au lieu de traîner au lit tous les matins.
    • Tout ça, c’est dans ta tête que ça se passe, c’est donc facile à régler.
    • Tu es si égoïste, tu ne penses qu’à toi.
    • Je suis déçu de toi.
    • C’est de ta faute.
    • Tu ne devrais pas commencer à te sentir mieux depuis tout ce temps ?
  10. Ne pas culpabiliser la personne déprimée :

    Si la condition de votre proche est sévère, il ne peut pas quitter son état dépressif par la force de sa volonté, tout comme un asthmatique ne peut pas guérir sa maladie en faisant preuve d’une grande détermination. Dans ce contexte, il est inutile de lui demander de réagir promptement et de se secouer. Donc, évitez les phrases telles que :

    • Tu ne sembles pas avoir suffisamment de volonté pour t’en sortir.
    • Tu pourrais faire un peu d’effort.
    • Tu es entièrement responsable de tes émotions, prends-toi en main.
    • Réagis, tu n’as qu’à te secouer.
    • Arrête d’agir bêtement.
    • Quand on veut, on peut.
    • Crois-moi, je sais exactement ce que tu ressens, je sais qu’il suffit de vouloir pour s’en sortir.
    • Nous sommes le résultat de nos pensées, donc ton problème est facile à régler.

    La plupart du temps, ces phrases sont inutiles et parfois dangereuses. Elles peuvent aggraver la situation, car la personne dépressive se sentira incomprise ou culpabilisera, ce qui augmentera sa souffrance. Le résultat final sera probablement qu’elle prendra encore plus conscience de ses faiblesses et elle se repliera davantage sur elle-même.

  11. Une femme sur le point de tomber, tend la main.

  12. Conseiller sans offenser :

    Il est contre-productif d’accabler votre proche de «bons conseils», car les personnes déprimées ont généralement beaucoup plus besoin d’être écoutées que d’être conseillées. Mais, s’il le demande, un conseil bien choisi peut-être utile. Gardez cependant en tête que certains conseils (même prononcés avec les meilleures intentions) peuvent être offensants, par exemple :

    • À ta place, je ferais ceci ou cela…
    • Bouge-toi un peu et ça ira mieux.
    • Si tu veux aller mieux, il faut que…
    • Ne te laisse pas aller de cette façon !

    De telles observations sont typiquement contre-productives car si la personne déprimée ne sent pas le courage d’y répondre, vos suggestions auront pour résultat d’accentuer le sentiment de culpabilité, de dévalorisation de soi et d’impuissance. Finalement, si vous jugez qu’un conseil est vraiment pertinent, commencez par demander à votre proche ce que vous pouvez faire pour lui. Écouter attentivement sa réponse et faites ce qu’il demande (si c’est pertinent). Cela aura pour effet de le rendre plus réceptif. Par la suite, si vous jugez que le moment est approprié pour exprimer votre avis :

    • Présentez votre conseil comme un point de vue, non pas comme la vérité absolue.
    • Donnez-lui du temps pour réfléchir à ce que vous venez de dire.
    • Ne lui demandez pas immédiatement ce qu’il pense.
  13. Éviter la répétition :
    Les gens déprimés ont horreur que l’on répète toujours les mêmes suggestions ou conseils. Malheureusement, cette tendance est présente chez plusieurs aidants. Lorsqu’ils n’ont pas persuadé la personne déprimée la première fois, certains tentent de corriger la situation simplement en répétant. La personne déprimée peut percevoir un manque de respect dans cette façon d’insister. Certains ont même l’impression qu’on les traite comme des enfants. Cela peut affaiblir votre relation avec la personne déprimée au moment où vous avez particulièrement besoin de communiquer efficacement avec elle.
  14. Éviter les solutions miracles :
    Il est important d’éviter de proposer à la personne déprimée des solutions miracles et trop radicales mais malheureusement illusoires. En voyant la santé mentale d’un être cher se détériorer, on peut être tenté de croire qu’un changement radical de vie pourrait l’aider, comme par exemple un changement de travail, un déménagement ou un voyage lointain. Typiquement, ces changements de vie auront pour unique effet de perturber les repères d’une personne déjà fragilisée.
  15. Favoriser l’intimité :
    Passez régulièrement du temps de qualité avec votre proche, entre autres seul à seul. Proposez des sorties ou trouvez des activités que vous pouvez faire ensemble. Cela donne à votre proche l’occasion de se confier sur ce qui ne va pas. L’important est de créer une atmosphère chaleureuse dans laquelle votre proche a envie de partager ses sentiments.
  16. Offrir de l’aide sans qu’on vous le demande :
    Il est rare que les individus dépressifs demandent de l’aide. Plusieurs d’entre eux ont honte et se referment sur eux-mêmes. Pourtant dans leur condition, l’aide de leur famille ou de leurs amis est extrêmement importante. C’est souvent grâce au soutien de ceux-ci qu’ils réussissent à se sentir moins isolés et qu’ils trouvent ainsi la motivation d’améliorer leur condition. En résumé, si l’un de vos proches est déprimé, n’attendez pas qu’il vous le demande pour lui offrir votre aide.
  17. Être prséparé au rejet :
    Parfois, la personne déprimée ne veut tout simplement pas parler. Elle peut même rejeter hargneusement l’aide qu’on lui offre disant par exemple : «ça ne changera rien», «tu ne peux pas comprendre» ou «tu ne peux pas m’aider». Donc attendez-vous aux refus, surtout lors des premiers essais. Votre proche changera peut-être d’idée plus tard. L’important est de manifester votre présence, d’offrir votre soutien et d’être aimablement tenace.
  18. S’engager et rassurer :
    À noter, ce qui suit est pertinent seulement si vous êtes prêt à vous engager à aider votre proche jusqu’à sa guérison :
    Si la condition de votre proche est sévère, il a besoin d’être rassuré. Alors, dites-lui clairement que vous êtes là pour de bon et que vous lui donnerez tout le soutien dont il aura besoin aussi longtemps qu’il en aura besoin. De cette façon, votre proche se sentira aimé et il saura qu’il peut se concentrer sur son rétablissement sans se soucier du temps que cela prendra. Cela est un élément important qui contribue à sa guérison.
  19. Comment savoir si notre aide est adéquate ?
    Il y a deux façons de répondre à cette question. Premièrement, observez attentivement le comportement de votre proche dans diverses situations. Deuxièmement, si celui-ci est ouvert, n’hésitez pas à le questionner sur votre façon d’agir. Si vous vous y prenez de la bonne façon, votre proche ne sera pas offensé. Il sera plutôt heureux de l’intérêt que vous lui portez.
  20. Se coordonner avec les autres intervenants :
    Si la personne déprimée a d’autres proches autour d’elle, essayez de coordonner votre soutien avec ceux-ci. Sinon, vos efforts pourraient être contrecarrés par un autre proche, qui agit pour le bien de la même personne déprimée, mais qui le fait d’une manière très différente. De plus, si cette personne est traitée par des professionnels de la santé, assurez-vous que votre soutien est en harmonie avec les approches thérapeutiques de ceux-ci. Pour ce faire, demandez à votre proche s’il accepte que vous soyez présent lorsqu’il rencontre les thérapeutes.
  21. Pourquoi est-ce que votre proche dépressif a besoin de votre aide ?

    Des études indiquent que certaines personnes dépressives n’obtiennent pas d’assistance pour les raisons suivantes :

    • Elles ne reconnaissent pas les signes de la dépression ou sont dans le déni.
    • Elles craignent d’être jugées.
    • Elles ne veulent pas être un fardeau.

    Cela explique pourquoi votre aide est importante.

  22. Comportements à éviter :
    Lien vers les comportements à éviter en présence d’une personne déprimée.

Stimuler la personne déprimée :

  1. Favoriser les contacts sociaux :
    De nombreuses personnes déprimées se coupent de leur entourage. Si c’est le cas pour votre proche, encouragez-le à maintenir ses activités sociales. En particulier, encouragez-le à faire des efforts pour garder le contact avec ses amis. Proposez-lui d’aller au centre commercial, au cinéma, au restaurant avec les copains. Sans être autoritaire, soyez un peu directif au besoin. Ne dites pas « Préfères-tu sortir ou rester à la maison ? », dites plutôt « Allez, je t’emmène manger dans un bon restaurant. » Finalement, encouragez les amis et la famille de votre proche déprimé à le rencontrer et le soutenir dans son épreuve. Mais attention, considérez qu’une personne dépressive se fatigue très vite, alors éviter de brusquer votre proche en imposant trop de sorties en peu de temps. Donc commentez lentement, et si tout va bien augmentez progressivement les sorties.
  2. Favoriser les activités de loisirs :
    Votre proche déprimé se sent peut-être trop fatigué pour participer aux activités qu’ils trouvaient agréables auparavant. Moins il est actif, moins il est motivé à le devenir. C’est un cercle vicieux qui alimente son désespoir. Encouragez progressivement la personne à reprendre les activités qui lui procuraient du plaisir : passe-temps, divertissements artistiques, clubs, etc. Rappelez-vous cependant qu’il peut être contre-productif de brusquer votre proche ou de lui imposer trop d’activités trop vite. Une personne déprimée s’épuise rapidement, car elle lutte constamment contre sa fatigue accumulée et ses idées noires.
  3. Changer de lieu :
    Il peut être apaisant de changer de lieu pour quelques heures. Donc, proposez à votre proche une nouvelle destination, une promenade à la campagne par exemple. Si possible choisissez un endroit calme qui offre une vue sur de beaux paysages naturels. En particulier, les grandes étendues d’eau sont une source d’inspiration et de calme ; donc la mer, les lacs et les rivières sont des destinations intéressantes. Le simple fait d’être en contact avec la nature a un effet positif sur notre moral.
  4. Favoriser l’exercice physique :
    Il est très utile d’encourager votre proche à faire de l’exercice physique, quitte à en faire avec lui. Bouger libère des substances en nous qui contribuent à diminuer la tension et à améliorer notre sommeil. De plus, l’exercice physique régulier favorise une certaine valorisation personnelle, ce qui est très utile pour l’estime de soi.
  5. Valoriser :
    Une personne dépressive se sent profondément dévalorisée. Donc il est utile de relever son estime de soi. Soulignez ses qualités, ses bons coups, ses réussites, etc. Rappelez-lui les difficultés qu’elle a résolues dans le passé. S’il y a lieu, mentionnez le courage dont elle a fait preuve devant certains problèmes. Finalement, scrutez de mémoire son passé pour trouver des situations dans lesquelles elle a aidé une personne ou la société dans son ensemble. Lui rappeler de tels événements contribuera à son sentiment d’utilité pour les autres.
  6. Faire renaître l’estime de soi :

    Les gens déprimés ont typiquement une piètre opinion d’eux-mêmes. Une bonne façon d’améliorer l’estime de soi est de réaliser des choses dont nous sommes fiers. Donc, encouragez votre proche (au besoin accompagnez-le) à participer à de telles activités, par exemple :

    • création d’œuvres artistiques : dessin, peinture, photographie‎, sculpture, écriture, artisanat du bois, composition de musique, etc.
    • être membre d’une chorale, participer à un groupe s’il joue d’un instrument de musique,
    • bénévolat,
    • planification et réalisation d’une bonne action.
  7. Faire renaître l’espoir peu à peu :

    Favorisez le renouveau de l’espoir chez votre proche en l’aidant à trouver un ou des projets, aspirations ou rêves qui contribueront à diminuer sa tristesse. Commencez par des choses simples, par exemple, un premier projet pourrait être :

    • la visite d’un ami proche,
    • un week-end à l’extérieur de la ville,
    • une semaine de vacances dans un endroit beau et calme,
    • une semaine de vacances dans un autre pays.

    Après une activité de courte durée, si votre proche a fait du progrès, suggérez-lui de s’investir (avec votre soutien au besoin) dans un projet de plus grande ampleur, par exemple :

    • retourner aux études,
    • faire un séjour de bénévolat dans un pays en voie de développement,
    • démarrer une petite entreprise.
  8. Amener votre proche à explorer de nouvelles solutions :

    Essayez de trouver avec lui ce qui pourrait diminuer sa souffrance. Par exemple, demandez à votre proche :

    • Quelles activités te donnent un plaisir immédiat ?
    • Dans le passé, qu’est-ce qui a efficacement amélioré ton moral ?
    • J’ai des idées pour t’aider. Aimerais-tu les entendre ?
  9. Aider le à participer à un groupe de soutien :
    Si vous jugez que cela peut lui être utile, encouragez votre proche à participer à un groupe d’entraide, mais ne l’obligez pas. Il ira quand il sera prêt. Entre-temps, vous pouvez faciliter les choses, faire des recherches, vous renseigner sur le lieu, la date et l’heure des rencontres et même communiquer avec l’animateur. Pour identifier les groupes de soutien de votre région, faites une recherche avec Internet. Utilisez comme clef de recherche «groupe de soutien dépression» suivi du nom de votre localité, par exemple «groupe de soutien dépression Montréal».
  10. S’adapter à la condition du moment : Les neuf suggestions précédentes ne sont pas bénéfiques à tout moment. Vous devez déterminer la condition de votre proche afin de choisir une activité utile pour lui maintenant. Par exemple, si une personne en dépression est dans une phase qui la rend irritable, il est inutile de l’inviter à des rencontres sociales. Au contraire, lorsque son état s’améliore, alors les contacts sociaux peuvent contribuer à sa guérison. Donc, observez attentivement votre proche, afin de choisir une activité appropriée à sa condition du moment. Au besoin, questionnez son médecin ou psychologue à ce sujet.

Soutenir au quotidien :

  1. Établir un climat de paix :
    Pour mieux aider votre proche, essayez d’instaurer un climat de paix et d’harmonie à la maison. À tout le moins, essayez de réduire ou d’éviter les conflits inutiles.
  2. Favoriser une bonne alimentation :
    Pour une personne déprimée, il est difficile de maintenir une bonne alimentation. Les carences et les déséquilibres alimentaires peuvent avoir des effets négatifs : perte ou prise de poids, troubles digestifs, douleurs musculaires, fatigue, troubles de la concentration, etc. Ces malaises physiques peuvent avoir à leur tour un impact négatif sur l’état dépressif. Pour prévenir ces différents risques, une alimentation équilibrée est de première importance. Donc, si approprié, faites le marché de votre proche et cuisinez pour lui. Ne lui interdisez pas les gâteries qui sont parfois bonnes pour le moral. L’approche à adopter est de commencer les repas avec des aliments sains, et au besoin de terminer avec le dessert de son choix.
  3. Aider votre proche dans ses tâches domestiques :
    Les personnes déprimées vivent généralement une baisse d’énergie, donc offrir ses services pour les tâches ménagères peut être très précieux. Même si elles n’en donnent pas l’impression, les personnes qui souffrent de tristesse profonde sont sensibles à toutes formes d’aide. Mais attention à ne pas être envahissant. Si votre proche se sent surprotégé, vous risquez de renforcer son sentiment de dévalorisation. Donc, observez attentivement la façon dont il réagit à vos offres de soutien.
  4. Faire confiance de la bonne façon :
    Il ne faut pas prendre en pitié votre proche déprimé. Le fait d’être perçu comme une victime diminuera son estime de soi. Votre proche doit sentir que vous avez confiance en sa capacité d’affronter des difficultés. Cela demande un certain équilibre, car il ne faut ni dramatiser ni banaliser (Paragraphe 2 au tout début de cet article) la condition de votre proche. Le discours à adopter est : «Je sais que ce n’est pas facile, mais je suis là pour toi et j’ai confiance en ta capacité à surmonter ce défi.»
  5. Montrer l’exemple :
    Sans exagérer, essayez d’avoir un comportement équilibré et paisible devant votre proche. Par exemple : mangez sainement, allez dormir tôt, levez-vous tôt, évitez de fumer et de trop boire, essayez d’être toujours calme et souriant, gardez votre résidence propre et bien rangée, soignez raisonnablement votre apparence, etc.
  6. Être raisonnablement positif :
    Les personnes dépressives ont une vision négative d’elles-mêmes, du monde et de l’avenir. Vous pouvez les aider en leur montrant doucement le côté positif des choses et en les rassurant sur leur capacité de s’en sortir. Votre proche est déprimé parce qu’il focalise à outrance sur les choses négatives. C’est donc à vous de présenter la vie différemment. Parlez-lui de ce que vous vivez, de vos occupations, partager avec lui vos défis, vos moments de joie et montrez-lui le côté positif des choses. Surtout, encouragez-le doucement à garder espoir. Il ne s’agit pas de suggérer bêtement à celui-ci de garder le moral. En fait, il est contre-indiqué de dire avec désinvolture que tout ira bien toujours ou que tout sera facile. Ne minimisez pas les épreuves que votre proche perçoit. Mais autant que possible présenter avec conviction les joies et opportunités que l’avenir lui réserve. Soyez celui qui voit la vie du bon côté et en parle avec crédibilité.
  7. Savoir quoi dire à un être cher déprimé :
    Il est parfois difficile de savoir quoi dire à un proche déprimé. Il est important d’aborder une personne dans cette situation sans l’irriter ni l’insulter. Si vous ne savez pas par où commencer, les questions suivantes (pour votre proche) peuvent être utiles :
    – Comment vas-tu aujourd’hui ?
    – As-tu bien dormi ?
    – As-tu besoin de quelque chose ?
    Encouragez la personne déprimée à parler de ses sentiments et encore une fois écoutez sans la juger. Finalement, ne vous attendez pas à ce que votre proche s’ouvre immédiatement. Donnez-lui le temps de comprendre ses sentiments. Soyez respectueux, patient mais persistant.

Consulter un professionnel de la santé au besoin :

  1. Au besoin, amener la personne à consulter :
    Si sa condition est grave, il est dans l’intérêt de votre proche de consulter rapidement un médecin ou un autre professionnel de la santé. Mais attention, la dernière chose à faire est de lui répéter constamment de se faire soigner. Amenez-le plutôt à s’exprimer sur sa douleur et à lui faire progressivement comprendre qu’il souffre peut-être inutilement. Proposez-lui alors de l’accompagner chez le médecin. Certes, il se fera prier, mais insistez respectueusement sur le fait que plusieurs personnes s’en sortent avec, entre autres, de l’aide médicale. Il faut donc insister prudemment. Si votre proche refuse, proposez une rencontre avec un omnipraticien en prétextant une consultation pour ses maux physiques, par exemple, son épuisement et son manque de sommeil. Rendez-lui la tâche facile en recherchant un médecin pour lui, et en l’accompagnant s’il accepte.
  2. Au besoin, trouver pour lui un médecin ou un thérapeute :
    Si la condition de votre proche est sévère, il est probablement incapable de trouver un professionnel de la santé qui répond à ses besoins spécifiques. Vous lui rendrez un grand service en faisant cette recherche pour lui. Dans ce contexte, il est parfois frustrant de ne pas obtenir l’aide nécessaire à cause de longues listes d’attente, de contraintes financières, de distances géographiques… Le lien suivant présente notamment des organisations qui vous aideront dans vos recherches : Trouver de l’aide sur la déprime et la dépression. Finalement, il est parfois nécessaire d’agir immédiatement, voir le paragraphe suivant.
  3. Évaluer le risque de suicide et agir en conséquence :
    Si vous apprenez par confidence qu’un proche pense au suicide, vous devez agir immédiatement. Puisque ce dernier pense mettre fin à ses jours, il est probable que certains maux physiques accompagnent sa dépression, par exemple une grande fatigue. Faites-le parler à ce sujet. Et utilisez au besoin ce prétexte pour l’amener à consulter un médecin avec vous (si possible son médecin traitant). S’il refuse, il n’y a pas de secret à garder, puisqu’une personne est en danger. Il faut alors alerter son entourage, un médecin, ou toute personne susceptible d’intervenir afin d’éviter qu’il ne passe à l’acte.
    Parfois, la situation n’est pas claire en ce qui concerne les intentions d’un proche déprimé. Les messages verbaux suivants indiquent un danger. Ils sont extraits de Reconnaître les signes de l’AQPS :
    – Je ne m’en sortirai jamais.
    – Vous seriez bien mieux sans moi.
    – Bientôt, vous aurez la paix.
    – J’ai fait mon testament.
    De plus, soyez attentif pour reconnaître tout changement rapide d’humeur ou de comportement. Si vous doutez du niveau d’urgence de la situation, n’hésitez pas à appeler un service d’urgence de prévention du suicide. Ils pourront probablement répondre à vos questions. Ne vous lancez pas dans de longues lectures pour analyser le comportement de votre proche. Posez plutôt des questions à des gens compétents. Entre autres, les bénévoles des services d’urgence de prévention du suicide vous aideront à clarifier le niveau de risque que représente votre proche. Cliquez sur le lien que je répète ici pour trouver le numéro à composer dans votre pays.
  4. Reconnaître ses limites :
    Vous ne pouvez pas diagnostiquer la dépression, entre autres parce qu’il existe plusieurs variantes de cette maladie liées à des causes différentes, parfois très complexes. Pour cette raison et bien d’autres, seul un professionnel de la santé peut poser un diagnostic fiable. De plus, évitez le piège de croire que l’on peut guérir une personne souffrant de cette maladie simplement avec beaucoup d’efforts, de l’amour et de bonnes intentions. Il faut beaucoup plus que cela. Une personne en dépression a besoin d’aide bien au-delà de ses proches.
  5. Si la personne suit un traitement, ne pas semer le doute :
    Soyez positif par rapport au traitement. Surtout, évitez de faire en sorte que votre proche doute de ses décisions ou de la compétence de son médecin. Par exemple, si vous n’êtes pas d’accord avec l’utilisation d’antidépresseurs, ne faites pas de commentaires à ce sujet. Au contraire, faites en sorte (sans mentir) que votre proche ait confiance dans les soins qu’il reçoit, par exemple en approuvant le choix de son médecin.
  6. Si la personne suit un traitement, continuer à la soutenir :
    Le fait que votre proche suive un traitement ne signifie aucunement que vous devez moins vous occuper de lui. De plus au besoin, aidez respectueusement votre proche à prendre ses médicaments régulièrement et à se souvenir des dates de ses rendez-vous médicaux.
  7. Avoir accès au dossier médical de votre proche :
    Dans plusieurs pays, le patient a droit en tout temps au contenu de son dossier médical. Si votre proche consent à ce que vous y ayez accès, dites-lui d’en informer le personnel médical. Alors ceux-ci accepteront probablement de vous transmettre des informations à caractère confidentiel (diagnostic, ­traitement, etc.) au sujet de votre proche.
  8. Trouver de l’aide sur la déprime et la dépression :

    Cliquez ici pour une liste d’organismes qui offrent de l’aide (certains par téléphone) sur la déprime et la dépression.
    Suggestions de lecture sur les dépressions : :

    • Vivre avec la dépression: comment vivre avec un dépressif, Matthew & Ainsley Johnstone Paris: Dauphin 2014
    • La dépression: 100 questions pour comprendre et guérir, Florian Ferreri. Paris: O. Jacob, 2012, 176 p.
    • La dépression en 60 questions: comment s’en sortir, Jean-Luc Ducher. Paris: O. Jacob, 2011, 273 p.
    • 10 étapes pour sortir de la dépression, Sue Atkinson. Paris: Empreinte temps présent, 2012, 149 p.
    • Dépression: s’enfermer ou s’en sortir, Antoine Pelissolo. Paris: le Muselier, 2015, 125 p.
    • Dépression: reconnaître et comprendre pour enfin se reconstruire, M. Lucas. Paris: F. Lanore, 2015
    • La dépression, une épreuve pour grandir ? Moussa Nabati. Paris : LGF, 2010, 278 p.

    Vous trouverez beaucoup d’informations en effectuant des recherches Internet. Sélectionnez en priorité les sites web non commerciaux. Si vous lisez l’anglais, certains sites web américains sont particulièrement bien documentés sur ce sujet.

Prendre soin de soi en tant qu’aidant :

  1. Ne pas s’oublier :
    La personne qui soutient un proche ne doit pas oublier de penser à elle afin de conserver son énergie. Elle doit être à l’écoute de ses besoins et de ses limites. Une des meilleures choses que vous pouvez faire pour votre proche en difficulté est de rester en bonne santé physique et psychologique. L’incertitude, la fatigue et le stress de cette situation, peuvent vous affecter, n’oubliez donc pas de bien vous nourrir, de dormir suffisamment et de vous réserver du temps pour continuer vos activités de loisirs. Surtout, ne vous isolez pas avec votre proche. Se replier sur soi, s’enfermer dans une bulle seul avec cette personne n’est pas une solution. Il est important que vous preniez le temps de vous reposer et de pratiquer des activités personnelles dans lesquelles VOUS trouvez du plaisir.
  2. Connaître les difficultés pour mieux les surmonter :

    Vivre avec un proche en dépression, c’est vivre avec une personne qui possède certaines des caractéristiques suivantes :

    • est parfois hyper sensible et devient facilement irritable,
    • a tendance à accentuer les difficultés de la vie,
    • ne peut plus gérer son stress,
    • n’a plus de plaisir de vivre,
    • n’a plus de buts ni d’idéal à atteindre dans la vie,
    • est continuellement en déficit d’énergie,
    • fait des crises de temps à autre et peut même devenir accusatrice.
  3. Déterminer clairement son rôle :
    Votre rôle est celui d’accompagner votre proche dans son rétablissement et non pas d’agir à sa place. Avec l’entraide, la patience et la chaleur humaine, il devient possible de faire équipe avec celui-ci (et son médecin s’il y a lieu) pour travailler à son rétablissement. Finalement, bien que votre rôle soit important, ne tentez pas de remplacer les professionnels de la santé auprès de votre proche.

Limite, consultation de thérapeutes :
Cet article ne remplace d’aucune façon la consultation de thérapeutes (psychologues, médecins, psychiatres…). Les gens qui en ont besoin doivent consulter des spécialistes accrédités.

Conclusion :
La chose la plus importante à faire pour votre proche est de lui montrer que vous l’aimez inconditionnellement. Et finalement, certaines personnes déprimées prennent un bon moment pour remonter la pente. Donc ne soyez pas déçu s’il y a peu de progrès à court terme. Soutenir votre proche efficacement demandera de votre part non seulement du dévouement, mais aussi bonne dose de patience.

«Il n’existe pas de meilleur exercice pour le cœur que de se pencher pour aider quelqu’un à se relever.» John A. Holmes

Table des matières

  1. Écouter et s’intéresser à ce que la personne vit
  2. Prendre sa souffrance au sérieux
  3. Montrer son affection
  4. Comprendre autant que possible
  5. Être tolérant
  6. Respecter le point de vue de la personne déprimée
  7. Éviter certains sujets de conversation
  8. Éviter de faire des reproches
  9. Ne pas culpabiliser la personne déprimée
  10. Conseiller sans offenser
  11. Éviter la répétition
  12. Éviter les solutions miracles
  13. Favoriser l’intimité
  14. Offrir de l’aide sans qu’on vous le demande
  15. Être préparé au rejet
  16. S’engager et rassurer
  17. Comment savoir si notre aide est adéquate ?
  18. Se coordonner avec les autres intervenants
  19. Pourquoi est-ce que votre proche dépressif a besoin de votre aide ?
  20. Comportements à éviter
Stimuler la personne déprimée :

Soutenir au quotidien :

Consulter un professionnel de la santé au besoin :

Prendre soin de soi en tant qu’aidant :

Fin de cet article :

2 réponses

  1. LEVOISIN dit :

    Une personne déprimée a besoin de voir du monde et de voir que la vie reste belle (naissances, réussites… dans son entourage) pour ne pas continuellement ruminer des idées noires… Mais tout dépend de son stade de dépression.
    En tout cas vous avez raison sur ce point : il faut qu’elle sorte de chez elle. Voyages, pourquoi pas, sinon expositions, théâtre, cinéma… et la rattacher à tout ce qu’elle aime peut lui être bénéfique.

  2. Michelle dit :

    Bonjour,
    Je vous comprends, je passe ce cap également. J’en arrive doucement au bout de ce que je peux faire depuis trois ans d’aide, physique, temps, morale, financière. Il arrive un moment ou on ne sait plus y arriver, on espère le bout du tunnel et pensant y arriver malheureusement d’autres facteurs viennent tout remettre en cause. Et c’est reparti pour un tour, mais que faire d’autre que de continuer encore et encore par amour pour cette personne, non franchement ce n’est pas facile du tout d’aimer, de tenir le coup, impossible de ne pas en souffrir soi-même, même si la médecine est là un moment, ce sont les finances qui ne suivent plus et la boucle est bouclée. Comment continuer ? Je pense que beaucoup de personnes ont ce problème, ce n’est pas facile de s’en sortir dans ce monde ou tout est payant quand il faut se faire aider et qu’on est dans la détresse à tout point de vue.

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