120 citations de Jean-Jacques Rousseau

Portrait de pastel de Jean-Jacques Rousseau à 41.

Pastel de l’artiste Quentin de La Tour de Jean-Jacques Rousseau à 41 ans

Il n’y a point de liberté sans loi.

Il n’y a pas de véritable action sans volonté.

Tous les riches comptent l’or avant le mérite.

La vérité est le plus précieux de tous les biens.

La conversation entre amis ne s’assèche jamais.

Le plaisir d’avoir ne vaut pas la peine d’acquérir.

Faire un homme heureux, c’est mériter de l’être.

Le cœur de l’homme est son paradis ou son enfer.

Dans l’extrême misère, on se trouve riche de peu.

On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit.

Je suis esclave par mes vices et libre par mes remords.

Le souvenir d’une bonne action réjouit toujours l’âme.

L’homme qui se compare est éternellement malheureux.

Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir.

On n’a jamais vu personne se repentir d’une bonne action.

Tout homme est utile à l’humanité par cela seul qu’il existe.

Fais ton bien avec le moindre mal d’autrui qu’il est possible.

La foi de beaucoup d’hommes est une affaire de géographie.

Par de légères douleurs, on apprend à supporter les grandes.

J’aime mieux être homme à paradoxes, qu’homme à préjugés.

Qui dit tout dit peu de choses, car à la fin on ne l’écoute plus.

Malheur à quiconque prêche une morale qu’il ne pratique pas.

Une injustice qu’on voit et qu’on tait, on la comment soi-même.

Il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.

Aimer et être aimé sera la plus grande affaire de toute notre vie.

Le principe de toute action est dans la volonté d’un homme libre.

Si la vie est courte pour le plaisir, qu’elle est longue pour la vertu.

Si c’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit.

Le bonheur suprême est cent fois plus doux à espérer qu’à obtenir.

S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement.

Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit.

Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l’établir par la force.

Toutes les passions sont bonnes, à condition qu’on en reste le maître.

La conscience est une espèce de boussole intérieure, innée et infaillible.

Un bon cœur n’aime pas le spectacle de la misère qu’il ne peut soulager.

Mettez toutes les leçons des jeunes gens en action plutôt qu’en discours.

Jamais la nature ne nous trompe, c’est toujours nous qui nous trompons.

C’est une prévoyance très nécessaire de sentir qu’on ne peut tout prévoir.

Les ailes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments.

La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.

La punition d’avoir pu manquer d’humanité est de la perdre enfin tout à fait.

Tant qu’on désire, on peut se passer d’être heureux, on s’attend à le devenir.

C’est à la coupelle de l’adversité que la plupart des amitiés s’en vont en fumée.

Ôtez à nos savants le plaisir de se faire écouter, le savoir ne sera rien pour eux.

L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.

Les biens d’un homme ne sont pas dans ses coffres, mais dans l’usage qu’il en tire.

Le véritable amour est inséparable de la générosité, plus il donne, et plus il reçoit.

Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer.

Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien.

Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l’imagination est sans frontières.

Un impertinent est un sot, si rempli de lui-même, qu’il compte les autres pour rien.

Qui ne sait pas supporter un peu de souffrance doit s’attendre à beaucoup souffrir.

S’il est quelqu’un que la vanité a rendu heureux, à coup sûr, ce quelqu’un était un sot.

Rien n’est plus dangereux que l’autorité en des mains qui ne savent pas en faire usage.

Quiconque est plus attaché à sa vie qu’à ses devoirs ne saurait être solidement vertueux.

C’est en vain qu’on cherche au loin son bonheur quand on oublie de le cultiver soi-même.

Toute passion est bonne quand on en est maître, mais mauvaise quand on en est assujetti.

Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le cœur humain puisse goûter.

Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.

Avoir trop bonne opinion de soi, c’est une petitesse honteuse, qui tôt ou tard rend malheureux.

L’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.

Il n’y a de vraie félicité que dans la paix de l’âme, et on ne peut jouir de cette paix que par la vertu.

L’homme naît naturellement bon et heureux, c’est la société qui le corrompt et le rend malheureux.

Ne haïssez personne, la haine est un tourment pour celui qui entretient cette passion dans son cœur.

L’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté, celui qu’on pourchasse est celui de la servitude.

Vouloir entreprendre de corriger les vices d’autrui est une folie, comme de s’en affecter trop vivement.

Le bien commun se montre partout avec évidence, et ne demande que du bon sens pour être aperçu.

La critique est une chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.

Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu.

À quoi bon chercher notre bonheur dans l’opinion d’autrui, si nous pouvons le trouver en nous-mêmes ?

La plus utile et la moins avancée de toutes les connaissances humaines me paraît être celle de l’homme.

Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs.

Il n’est pas si facile qu’on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l’abandonnent.

Il n’y a que des sentiments purs et honnêtes qui puissent former les nœuds de l’amitié, l’intérêt les désunit.

L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie.

Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ? C’est de l’accoutumer à tout obtenir.

La nature a mis dans le sentiment une persuasion que les paroles n’opèrent point, et que l’art ne saurait imiter.

Quand je paye une dette, c’est un devoir que je remplis ; quand je fais un don, c’est un plaisir que je me donne.

Il faudrait, pour vivre en paix, ne s’offenser de rien et n’offenser personne. (Les pensées d’un esprit droit, 1826)

La conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de l’homme : elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps.

C’est l’imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, et nourrit les désirs par l’espoir de les satisfaire.

Le bonheur n’a point d’enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le coeur de l’homme heureux.

Tout homme veut être heureux ; mais, pour parvenir à l’être, il faudrait commencer par savoir ce qu’est le bonheur.

L’espèce de bonheur qu’il me faut, ce n’est pas tant de faire ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.

Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire le mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.

Plus on a de passions, moins on est libre. Elles font naître les besoins, et ceux-ci ne sont jamais sans le désir de les satisfaire.

Un homme ne doit jamais rougir d’avouer qu’il a tort, car en faisant cet aveu, il prouve qu’il est plus sage aujourd’hui qu’hier.

Travailler est un devoir indispensable pour l’homme social ; riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.

S’il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c’est un hommage que l’honnête homme doit rendre à sa propre dignité.

Il n’y a rien de vrai et d’expressif que ce qui part du cœur : on le voit et on l’entend, sans le secours même de la voix et des oreilles.

Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce qu’il faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature.

Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l’accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l’aperçoit.

Ce n’est pas en exerçant l’empire sur les autres, c’est en dominant sur soi-même qu’on peut uniquement se flatter de parvenir au bonheur.

Nul honnête homme ne peut jamais se vanter d’avoir du loisir tant qu’il y aura du bien à faire, une patrie à servir, des malheureux à soulager.

Le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixent mes sens, en chassant de mon âme toute autre agitation. (Les rêveries du promeneur solitaire)

Dites ce qui est vrai, faites ce qui est bien. Ce qui importe à l’homme, est de remplir ses devoirs sur la terre. C’est en s’oubliant qu’on travaille pour soi.

Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct.

Le premier sentiment de l’homme fut celui de son existence, son premier soin celui de sa conservation. (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755)

Les caractères fiers et opiniâtres sont également incapables et de donner et de recevoir de conseil : ils ne suivent que les impressions de leur mauvaise tête et de leur mauvais cœur.

Il y a des gens qui aiment mieux tout risquer et tout perdre par orgueil, que de reconnaître leurs torts, et de se rétracter avec prudence et simplicité. (Les pensées d’un esprit droit, 1826)

L’habitude de rentrer en moi-même me fit perdre enfin le sentiment et presque le souvenir de mes maux, j’appris ainsi par ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous.

Je tiens l’écriture et la raison pour les seules bases de ma croyance. Je récuse l’autorité des hommes et n’entends me soumettre à leurs formules que pour autant que j’en aperçoive la vérité.

Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux.

Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui regarde vos enfants.

Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre.

Pour bien conseiller autrui, il faut connaître le caractère de la personne qui a besoin de conseils, et attendre les circonstances favorables pour les faire recevoir, sinon avec docilité, du moins sans aigreur.

Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n’y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles.

Ce que l’homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre ; ce qu’il gagne, c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède.

Pour conserver un fidèle ami, il faut l’être soi-même. Une personne qui rapporte tout à elle, qui n’aime que relativement à sa convenance particulière, doit renoncer aux douceurs et aux avantages de l’amitié.

J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.

Ces ravissements, ces extases que j’éprouvais quelquefois en me promenant ainsi seul, étaient des jouissances que je devais à mes persécuteurs : sans eux je n’aurais jamais trouvé ni connu les trésors que je portais en moi-même.

Il est des amitiés circonspectes, qui, craignant de se compromettre, refusent des conseils dans les occasions difficiles, et dont la réserve augmente avec le péril des amis ; mais une amitié véritable ne connaît point ces timides précautions.

Tout le charme de la société, qui règne entre de vrais amis, consiste dans cette ouverture de cœur qui met en commun tous les sentiments, toutes les pensées, et qui fait que chacun, se sentant tel qu’il doit être, se montre à tous tel qu’il est.

Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire ; ceci est à moi et trouva assez de gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755)

Si l’homme et l’animal se distinguent, c’est parce que l’animal est à sa naissance ce qu’il sera toute sa vie, alors que l’homme, par sa perfectibilité apparaît comme un être dynamique et inventif, capable de se surpasser, et de devenir autre que ce que la nature a fait de lui.

Pour peu qu’on veuille de bonne foi s’examiner soi-même, on s’aperçoit aisément du peu que l’on vaut, et l’on n’est pas tenté d’être fier et orgueilleux. On ne s’estime pas au-delà de ce qui convient, et on purifie son esprit et son cœur du dangereux poison de la vanité et de la hauteur.

Rien n’a tant de poids sur le cœur humain que la voix de l’amitié bien reconnue ; car on sait qu’elle ne nous parle jamais que pour notre intérêt. On peut croire qu’un ami se trompe, mais non qu’il veuille nous tromper. Quelquefois on résiste à ses conseils, mais jamais on ne les méprise.

La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme. (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755)

Nous n’avons point d’étude plus essentielle et plus salutaire que celle de nous-mêmes ; c’est ce qui nous est personnellement propre, et non ce qui nous est étranger que nous devons nous appliquer à connaître ; il faut nous instruire de nos défauts pour les réformer, et des dons que la nature a mis en nous pour en régler l’usage, l’objet et la fin.

Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice. Tous veulent que les conditions soient égales pour tous, et la justice n’est que cette égalité. Le citoyen ne veut que les lois et que l’observation des lois. Chaque particulier dans le peuple sait bien qu s’il y a des exceptions, elles ne seront pas en sa faveur. Ainsi tous craignent les exceptions, et qui craint les exceptions aime la loi.

Bibliographie de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) :

Né à Genève et orphelin de mère, il est élevé par son père, puis par un pasteur genevois, jusqu’à ce qu’il soit recueilli à seize ans par Mme de Warens à Annecy. Il pratique différents métiers : d’abord laquais, puis musicien et secrétaire d’ambassade à Venise. En 1742, il s’installe à Paris. Il y fréquente le milieu littéraire et rencontre notamment d’Alembert, Diderot, Condillac, Grimm et Voltaire. En 1749, il remporte un concours organisé par l’Académie de Dijon. C’est le début de l’œuvre philosophique rousseauiste. La thèse qu’il défend est l’antagonisme entre la civilisation et la vertu. Rousseau rédige en 1753 le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, et devient célèbre. En 1762, il s’enfuit en Suisse par peur d’être emprisonné à cause de ses écrits controversés. Certains de ses ouvrages sont même brûlés publiquement. En 1765, il commence la rédaction de ses Confessions et rentre à Paris en 1770. Il meurt à Ermenonville en juillet 1778. Ses cendres sont transférées au Panthéon en 1794.

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