Citations de Jean-Jacques Rousseau

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Pastel de Quentin de La Tour
Jean-Jacques Rousseau à 41 ans

À quoi bon chercher notre bonheur dans l’opinion d’autrui,
si nous pouvons le trouver en nous-mêmes ?
 
Aimer et être aimé sera la plus grande affaire de toute notre vie.
 
Avoir trop bonne opinion de soi, c’est une petitesse honteuse,
qui tôt ou tard rend malheureux.
 
C’est en vain qu’on cherche au loin son bonheur
quand on oublie de le cultiver soi-même.
 
Ce n’est pas en exerçant l’empire sur les autres,
c’est en dominant sur soi-même qu’on peut uniquement
se flatter de parvenir au bonheur.
 
Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans
l’homme un changement très remarquable, en substituant
dans sa conduite la justice à l’instinct.
 
Ce que l’homme perd par le contrat social,
c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce
qui le tente et qu’il peut atteindre ; ce qu’il gagne,
c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède.
 
Ce sont nos passions qui nous rendent faibles,
parce qu’il faudrait pour les contenter plus de forces
que ne nous en donna la nature.
 
Ces ravissements, ces extases que j’éprouvais quelquefois en
me promenant ainsi seul, étaient des jouissances que je devais
à mes persécuteurs : sans eux je n’aurais jamais trouvé ni
connu les trésors que je portais en moi-même.
 
C’est à la coupelle de l’adversité que la
plupart des amitiés s’en vont en fumée.
 
C’est l’imagination qui étend pour nous la mesure des possibles,
et nourrit les désirs par l’espoir de les satisfaire.
 
C’est une prévoyance très nécessaire de sentir
qu’on ne peut tout prévoir.
 
Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire le mal,
le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
 
Dans l’extrême misère, on se trouve riche de peu.
 
Dites ce qui est vrai, faites ce qui est bien. Ce qui importe à l’homme,
est de remplir ses devoirs sur la terre. C’est en s’oubliant qu’on travaille pour soi.
 
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup,
et les gens qui savent beaucoup parlent peu.
 
Il est des amitiés circonspectes, qui, craignant de se compromettre,
refusent des conseils dans les occasions difficiles, et dont la réserve
augmente avec le péril des amis ; mais une amitié véritable
ne connaît point ces timides précautions.
 
Il n’est pas si facile qu’on pense de renoncer à la vertu ;
elle tourmente longtemps ceux qui l’abandonnent.
 
Il n’y a de vraie félicité que dans la paix de l’âme,
et on ne peut jouir de cette paix que par la vertu.
 
Il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.
 
Il n’y a point de liberté sans loi.
 
Il n’y a que des sentiments purs et honnêtes qui puissent
former les nœuds de l’amitié, l’intérêt les désunit.
 
Il n’y a rien de vrai et d’expressif que ce qui part du cœur :
on le voit et on l’entend, sans le secours même de la voix et des oreilles.
 
J’aime mieux être homme à paradoxes, qu’homme à préjugés.
 
Jamais la nature ne nous trompe,
c’est toujours nous qui nous trompons.
 
Je sais et je sens que faire du bien est le plus
vrai bonheur que le cœur humain puisse goûter.
 
Je suis esclave par mes vices et libre par mes remords.
 
Je tiens l’écriture et la raison pour les seules bases
de ma croyance. Je récuse l’autorité des hommes et
n’entends me soumettre à leurs formules que pour
autant que j’en aperçoive la vérité.
 
L’impulsion du seul appétit est esclavage,
et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.
 
La conscience est une espèce de boussole
intérieure, innée et infaillible.
 
La conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de
l’homme : elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps.
 
La conversation entre amis ne s’assèche jamais.
 
La critique est une chose bien commode : on attaque
avec un mot, il faut des pages pour se défendre.
 
La foi de beaucoup d’hommes est une affaire de géographie.
 
La nature a mis dans le sentiment une persuasion que
les paroles n’opèrent point, et que l’art ne saurait imiter.
 
La plus utile et la moins avancée de toutes les connaissances
humaines me paraît être celle de l’homme.
 
La punition d’avoir pu manquer d’humanité est
de la perdre enfin tout à fait.
 
La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.
 
La vérité est le plus précieux de tous les biens.
 
L’âme résiste bien plus aisément aux vives
douleurs qu’à la tristesse prolongée.
 
L’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté,
celui qu’on pourchasse est celui de la servitude.
 
Le bien commun se montre partout avec évidence,
et ne demande que du bon sens pour être aperçu.
 
Le bonheur n’a point d’enseigne extérieure ; pour le
connaître, il faudrait lire dans le coeur de l’homme heureux.
 
Le bonheur suprême est cent fois plus doux à espérer qu’à obtenir.
 
Le cœur de l’homme est son paradis ou son enfer.
 
Le contentement se lit dans les yeux,
dans le maintien, dans l’accent, dans la démarche,
et semble se communiquer à celui qui l’aperçoit.
 
Le plaisir d’avoir ne vaut pas la peine d’acquérir.
 
Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître,
s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.
 
Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir.
 
Le principe de toute action est dans la volonté d’un homme libre.
 
Le souvenir d’une bonne action réjouit toujours l’âme.
 
Le véritable amour est inséparable de la générosité,
plus il donne, et plus il reçoit.
 
Les ailes de la conscience ne sont pas des jugements,
mais des sentiments.
 
Les biens d’un homme ne sont pas dans ses coffres,
mais dans l’usage qu’il en tire.
 
Les caractères fiers et opiniâtres sont également incapables
et de donner et de recevoir de conseil : ils ne suivent que
les impressions de leur mauvaise tête et de leur mauvais cœur.
 
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent
et nuisibles à ceux qui n’ont rien.
 
Les peuples une fois accoutumés à des maîtres
ne sont plus en état de s’en passer.
 
L’espèce de bonheur qu’il me faut, ce n’est pas tant de faire
ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
 
L’habitude de rentrer en moi-même me fit perdre enfin le
sentiment et presque le souvenir de mes maux, j’appris ainsi par
ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous.
 
L’homme est né libre et partout il est dans les fers.
 
L’homme naît naturellement bon et heureux,
c’est la société qui le corrompt et le rend malheureux.
 
L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté
le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie.
 
Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux.
 
Malheur à quiconque prêche une morale qu’il ne pratique pas.
 
Mettez toutes les leçons des jeunes gens
en action plutôt qu’en discours.
 
Moins un culte est raisonnable,
plus on cherche à l’établir par la force.
 
Ne haïssez personne, la haine est un tourment pour
celui qui entretient cette passion dans son cœur.
 
Nous n’avons point d’étude plus essentielle et plus salutaire que
celle de nous-mêmes ; c’est ce qui nous est personnellement
propre, et non ce qui nous est étranger que nous devons nous
appliquer à connaître ; il faut nous instruire de nos
défauts pour les réformer, et des dons que la nature a
mis en nous pour en régler l’usage, l’objet et la fin.
 
Nul honnête homme ne peut jamais se vanter
d’avoir du loisir tant qu’il y aura du bien à faire,
une patrie à servir, des malheureux à soulager.
 
On n’a jamais vu personne se repentir d’une bonne action.
 
On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit.
 
Ôtez à nos savants le plaisir de se faire écouter,
le savoir ne sera rien pour eux.
 
Par de légères douleurs, on apprend à supporter les grandes.
 
Plus le corps est faible, plus il commande ;
plus il est fort, plus il obéit.
 
Plus on a de passions, moins on est libre.
Elles font naître les besoins, et ceux-ci ne sont
jamais sans le désir de les satisfaire.
 
Pour bien conseiller autrui, il faut connaître le
caractère de la personne qui a besoin de conseils,
et attendre les circonstances favorables pour les faire recevoir,
sinon avec docilité, du moins sans aigreur.
 
Pour conserver un fidèle ami, il faut l’être soi-même.
Une personne qui rapporte tout à elle, qui n’aime que
relativement à sa convenance particulière, doit renoncer
aux douceurs et aux avantages de l’amitié.
 
Pour peu qu’on veuille de bonne foi s’examiner soi-même,
on s’aperçoit aisément du peu que l’on vaut, et l’on n’est pas
tenté d’être fier et orgueilleux. On ne s’estime pas au-delà de
ce qui convient, et on purifie son esprit et son cœur du
dangereux poison de la vanité et de la hauteur.
 
Quand je paye une dette, c’est un devoir que je remplis ;
quand je fais un don, c’est un plaisir que je me donne.
 
Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose
se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.
 
Qui dit tout dit peu de choses, car à la fin on ne l’écoute plus.
 
Qui ne sait pas supporter un peu de souffrance
doit s’attendre à beaucoup souffrir.
 
Quiconque est plus attaché à sa vie qu’à ses devoirs
ne saurait être solidement vertueux.
 
Rien n’a tant de poids sur le cœur humain que la voix de l’amitié
bien reconnue ; car on sait qu’elle ne nous parle jamais que
pour notre intérêt. On peut croire qu’un ami se trompe, mais
non qu’il veuille nous tromper. Quelquefois on résiste à
ses conseils, mais jamais on ne les méprise.
 
Rien n’est plus dangereux que l’autorité en des
mains qui ne savent pas en faire usage.
 
S’il y avait un peuple de dieux,
il se gouvernerait démocratiquement.
 
Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant
misérable ? C’est de l’accoutumer à tout obtenir.
 
Si c’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit.
 
Si l’homme et l’animal se distinguent, c’est parce que l’animal
est à sa naissance ce qu’il sera toute sa vie, alors que l’homme,
par sa perfectibilité apparaît comme un être dynamique
et inventif, capable de se surpasser, et de devenir
autre que ce que la nature a fait de lui.
 
S’il est quelqu’un que la vanité a rendu heureux,
à coup sûr, ce quelqu’un était un sot.
 
Tant qu’on désire, on peut se passer d’être heureux,
on s’attend à le devenir.
 
Tous les riches comptent l’or avant le mérite.
 
Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n’y garde une
forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’attachent aux
choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles.
 
Tout homme est utile à l’humanité par cela seul qu’il existe.
 
Tout homme veut être heureux ; mais, pour parvenir à l’être,
il faudrait commencer par savoir ce qu’est le bonheur.
 
Tout le charme de la société, qui règne entre de vrais amis,
consiste dans cette ouverture de cœur qui met en commun
tous les sentiments, toutes les pensées, et qui fait que chacun,
se sentant tel qu’il doit être, se montre à tous tel qu’il est.
 
Toutes les passions sont bonnes,
à condition qu’on en reste le maître.
 
Travailler est un devoir indispensable pour l’homme social ;
riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
 
Un bon cœur n’aime pas le spectacle
de la misère qu’il ne peut soulager.
 
Un homme ne doit jamais rougir d’avouer qu’il a tort, car en
faisant cet aveu, il prouve qu’il est plus sage aujourd’hui qu’hier.
 
Un impertinent est un sot, si rempli de lui-même,
qu’il compte les autres pour rien.
 
Vouloir entreprendre de corriger les vices d’autrui est une folie,
comme de s’en affecter trop vivement.
 
Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que
cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est
impossible de prévoir ni de prévenir celle qui regarde vos enfants.
 

Bibliographie de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Né à Genève et orphelin de mère, il est élevé par son père, puis par un pasteur genevois, jusqu’à ce qu’il soit recueilli à seize ans par Mme de Warens à Annecy. Il pratique différents métiers : d’abord laquais, puis musicien et secrétaire d’ambassade à Venise. En 1742, il s’installe à Paris. Il y fréquente le milieu littéraire et rencontre notamment d’Alembert, Diderot, Condillac, Grimm et Voltaire. En 1749, il remporte un concours organisé par l’Académie de Dijon. C’est le début de l’œuvre philosophique rousseauiste. La thèse qu’il défend est l’antagonisme entre la civilisation et la vertu. Rousseau rédige en 1753 le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, et devient célèbre. En 1762, il s’enfuit en Suisse par peur d’être emprisonné à cause de ses écrits controversés. Certains de ses ouvrages sont même brûlés publiquement. En 1765, il commence la rédaction de ses Confessions et rentre à Paris en 1770. Il meurt à Ermenonville en juillet 1778. Ses cendres sont transférées au Panthéon en 1794.

Sujets complémentaires, citations de :
    Albert Camus, René Descartes, Victor Hugo, Blaise Pascal, Antoine de Saint-Exupéry et Voltaire

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