Aider un proche qui pourrait être suicidaire

Table des matières

    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depression-loss_of_loved_one.jpg

    Photo de Baker131313 (Own work), Domaine public, Wikimedia Commons


    1) Sans connaissance médicale, peut-on aider un proche suicidaire ?
    Le comportement suicidaire est un appel au secours. Plusieurs personnes suicidaires demandent de l’aide en premier à un ami ou à un membre de leur famille. Chacun peut aider un proche confronté à la souffrance, avec les moyens dont il dispose, en étant prudent et surtout en respectant les limites de ses connaissances. Si l’on vous demande de l’aide dans ce contexte, ou si vous voyez des signes avant-coureurs chez l’un de vos proches (voir Section 4 ci-dessous) vous devez vous assurer que la personne en question reçoit les soins appropriés. Vous pouvez éviter un geste irrémédiable en accompagnant immédiatement votre proche vers une ressource appropriée. Par exemple, les Services d’urgence de prévention du suicide offrent du soutien non seulement aux personnes à risques, mais aussi à leurs proches. Rappelez-vous qu’il y a généralement une partie de la personne suicidaire qui veut vivre, et ce, jusqu’à la dernière minute. Votre aide peut faire grandir cette volonté de vivre.


    2) Ce que vous pouvez faire (sans connaissance médicale)

    • Si votre proche est sérieusement suicidaire, agissez immédiatement :
      – Ne le laissez pas seul.
      – Si des moyens permettant de se suicider sont à sa disposition, débarrassez-vous d’eux :
         médicaments, armes, produits toxiques, etc.
      – Trouvez très rapidement une aide professionnelle :
      Pour les personnes qui pensent au suicide, l’irréparable semble le seul moyen de s’en sortir. La force de leur désir suicidaire ne doit pas être sous-estimée. Au besoin, n’hésitez pas à aller directement à l’hôpital, ou à composer le numéro d’urgence général de votre région, par exemple, le 911 en Amérique du Nord. Ceux qui pensent au suicide ne doivent pas essayer de s’en sortir seuls. Obtenez pour eux de l’aide professionnelle IMMÉDIATEMENT.
    • Si possible, trouvez un endroit sécurisant pour parler avec l’individu et accordez-lui tout le temps nécessaire.
    • Parlez avec calme du suicide sans avoir peur d’aborder le sujet.
    • Essayez de comprendre ce qu’il vit, les problèmes qui motivent son envie de mourir.
    • Montrez que vous tenez à lui.
    • Demandez à l’individu s’il se sent suffisamment désespéré pour contempler le suicide. S’il répond « oui », demandez-lui s’il a formulé un plan, et comment et où envisage-t-il se suicider ?
    • Cherchez avec lui des solutions qui pourraient l’aider à surmonter la crise, le raccrocher aux activités qu’il aimait auparavant.
    • Demandez-lui si d’autres personnes sont informées de ses sentiments suicidaires et de qui il s’agit. Y a-t-il d’autres personnes qui devraient le savoir ? La confidentialité est bien sûr importante, mais elle n’est pas plus importante que la vie humaine. Chaque situation est unique, à vous de juger.
    • Encouragez-le à rencontrer des gens, mais à son rythme, dans la mesure de ses capacités.
      Mettez à contribution d’autres amis et membres de sa famille.
    • Formulez un plan d’activité et de repos avec la personne.
    • Soyez prêt à donner de l’aide sur-le-champ :
      La prévention doit être prise en charge le plus tôt possible. Donc, agissez rapidement. Malheureusement, les gens suicidaires hésitent parfois à l’aide, de peur qu’on ne leur dise qu’ils sont stupides, fous, coupables ou manipulateurs. Ils ont peur du rejet.
    • Écoutez :
      Donnez à votre proche toutes les occasions de soulager ses difficultés et de ventiler ses frustrations. Évitez de trop parler. Montrez-lui simplement que vous comprenez qu’elle est en détresse. Donnez-lui le soulagement de ne plus être seule avec sa douleur. Dites-lui qu’il a bien fait de s’adresser à vous. Et surtout, évitez de donner des leçons.
    • Cachez les objets qui peuvent servir au suicide :
      Le comportement suicidaire est souvent impulsif. Conséquemment, le simple fait de restreindre l’accès aux moyens de se suicider peut réduire considérablement le risque de suicide. Dans la mesure du possible, retirez les articles qui peuvent servir à poser ce geste, comme les armes à feu, les couteaux, les stupéfiants, certains médicaments en vente libre (Tylénol par exemple).
    • Assistez votre proche dans sa recherche d’aide :
      • Avec sa permission, aidez-le et accompagnez-le dans ses démarches d’évitement. Composez pour lui un des numéros d’urgence. Visitez avec lui les sites web de prévention du suicide.
      • Au besoin, offrez votre aide pour obtenir un rendez-vous avec un psychologue ou un médecin.
        Proposez votre présence au premier rendez-vous.
      • Si approprié, insistez sur le fait que la mort est irréversible et définitive, puis cherchez avec lui d’autres solutions qui pourraient l’aider à surmonter sa crise suicidaire. Évoquer clairement qu’il existe d’autres solutions que le suicide pour obtenir des changements. Démontrez à votre proche qu’il n’est pas seul pour surmonter cette crise. Vous en possiblement d’autres proches seront là pour l’aider.
      • si la situation s’y prête, félicitez votre proche d’avoir le courage de continuer à vivre et à se battre.
    • http://commons.wikimedia.org/wiki/File:I_hear_the_birds_-_Flickr_-_askmeaks.jpg

      Photo de Abhishek Singh

    3) Ce qu’il faut éviter (en partie extrait de Suicide Écoute)

    • Minimiser la gravité de ses problèmes.
    • Lui faire la morale.
    • Lui dire de ne plus penser à la mort.
    • Donner des recettes de bonheur.
    • Faire des promesses que vous ne pourrez tenir.
    • Tout faire à sa place sans lui en parler : il pourrait croire être devenu inutile.

    Évitez de lui dire de se « ressaisir » où que c’est sa faute s’il se sent ainsi. Vous risqueriez de l’isoler davantage en le décourageant d’exprimer ses pensées ou de demander de l’aide.

    4) Les signes avant-coureurs (extrait du site de la Fondation des maladies mentales)

    • il adopte une attitude négative la plupart du temps ;
    • il n’a plus d’intérêt pour les activités qu’il aimait ;
    • il s’isole, sort très peu de chez lui ;
    • il a grandement diminué ses contacts sociaux ;
    • il est plus agressif et se met fréquemment en situation de danger ;
    • il parle souvent de la mort ou de sujets qui y sont reliés ;
    • méfiez-vous du mieux-être soudain sans raison apparente.

    Cette liste n’est pas exhaustive. De plus, certains se suicident sans signes avant-coureurs. Chaque cas étant unique, toute indication de mouvement suicidaire doit être prise au sérieux. Vous trouverez aux adresses suivantes des approches plus détaillées pour identifier les signes avant-coureurs  :
        – Reconnaître les signes de l’Association québécoise de prévention du suicide.
        – Les signes d’alerte de Suicide Écoute.

    5) Questions à poser à une personne possible suicidaire (extrait de La prévention du suicide)
    La croyance selon laquelle poser de telles questions peut bouleverser quelqu’un de non suicidaire est souvent mentionnée comme raison de ne pas le faire. Certains croient même que cela pourrait donner des idées suicidaires à une personne qui n’y avait pas encore pensé. L’expérience clinique suggère que, contrairement à certaines attentes, le fait de poser ces questions a généralement pour effet de soulager la personne suicidaire, et non pas d’augmenter le risque de passage à l’acte, puisqu’on lui offre la possibilité de parler ouvertement de suicide et d’exprimer clairement ses idéations suicidaires. Quand il y a des idéations suicidaires, il est important de vérifier la présence d’une planification de suicide. La probabilité de passage à l’acte est plus élevée lorsque quelqu’un qui pense au suicide a déjà des éléments de planification. Par exemple, on pourra demander à la personne :

        – COMMENT veux-tu te suicider ?
        – OÙ veux-tu te suicider ?
        – QUAND veux-tu te suicider ?

    Ces questions donnent une indication quant au positionnement de la personne dans le processus suicidaire. Les idées suicidaires peuvent demeurer très vagues comme elles peuvent présager d’un passage à l’acte imminent. Par exemple, l’individu qui dit qu’il va prendre tant de comprimés d’un médicament est plus à risque que quelqu’un qui ne sait pas encore quoi faire, et la probabilité de passage à l’acte est encore plus élevée si la personne a de tels médicaments en sa possession.

    6) Prédispositions au suicide (extrait de La prévention du suicide)
    Le suicide est un phénomène complexe qui ne peut s’expliquer par une cause unique. Les études ont toutefois démontré que certains facteurs personnels associés à des éléments déclencheurs peuvent rendre une personne plus à risque de faire une tentative de suicide. Par ailleurs, d’autres facteurs dits de protection peuvent réduire ce risque :

    • Les antécédents de tentatives de suicide,
    • La présence d’un trouble de santé mentale. Les troubles de l’humeur, dont la dépression, les troubles anxieux, les troubles reliés aux abus de substances (alcool, drogue), la présence d’une forte impulsivité dans le tempérament,
    • L’existence de suicide ou de comportements suicidaires dans la famille,
    • L’isolement social, notamment si le soutien familial est absent,
    • Un cumul d’événements de vie négatifs tels que le décès d’un proche, une perte d’emploi, des échecs scolaires, une rupture amoureuse, des problèmes de santé, des questionnements identitaires, etc.

    7) Mythes sur le suicide (inspirés de Suicide Écoute)

    • Parler de suicide à un suicidaire est dangereux : FAUX.
      Accepter de parler du suicide, c’est permettre à l’autre de se sentir reconnu dans sa souffrance, de rompre son isolement.
    • Ceux qui en parlent ne passent pas à l’acte : FAUX.
      Il faut toujours prendre au sérieux quelqu’un qui parle de suicide. Toute tentative de suicide doit être prise au sérieux.
    • Le suicide est imprévisible, on n’y peut rien : FAUX.
      La plupart des suicides sont annoncés de façon plus ou moins explicite.
    • Le suicide est un choix individuel, on n’a pas à intervenir : FAUX.
      Celui qui pense au suicide se sent au contraire dans une impasse et considère qu’il n’a plus le choix.
    • Ceux qui veulent se suicider ont pour objectif premier de mettre fin à leurs jours : FAUX.
      Ils ne veulent surtout plus souffrir.

    8) Quoi faire à la suite d’une tentative de suicide ? (extrait de l’Association canadienne pour la santé mentale)
    Une personne peut tenter de se suicider sans avertissement ou malgré les efforts pour l’aider. La période suivant une tentative de suicide est critique. La personne devrait recevoir des soins intensifs au cours de cette période. Mettez-vous en contact avec lui régulièrement et aidez-la à établir un réseau de soutien. Il est essentiel qu’il n’ait pas l’impression qu’on l’exclut ou qu’on la fuie en raison de sa tentative de suicide.

    9) Qu’est-ce qui mène les gens à se suicider ? (extrait de l’Association canadienne pour la santé mentale)
    Les circonstances qui peuvent mener une personne à décider de mettre fin à sa vie sont nombreuses, mais les sentiments qu’une personne éprouve à l’égard de ces circonstances sont plus importants que les circonstances elles-mêmes. Tous ceux qui contemplent le suicide trouvent la vie insupportable. Ils éprouvent d’extrêmes sentiments de désespoir et d’impuissance. Dans certains cas de maladie mentale, les personnes peuvent entendre des voix ou avoir des idées délirantes qui les incitent à s’enlever la vie.

    Origine et limite de cet article
    Cet article est le résumé de plusieurs publications sérieuses sur le suicide. Mais il ne remplace d’aucune façon la consultation de professionnels de la santé.

    Informations complémentaires
    Services d’urgence de prévention du suicide
    Histoire : Un petit geste aux grandes conséquences
    S’entraider pour la vie (liens vers une page web externe à ce site)
    La clef pour prévenir le suicide, c’est le dialogue (liens vers une page web externe à ce site)
    Une personne m’inquiète… (liens vers une page web externe à ce site)
    La dépression et le suicide (liens vers une page web externe à ce site)
    Pour les proches de personne suicidaire (liens vers une page web externe à ce site)

    Suggestion de lecture :
    Le suicide, l’affaire de tous: vers une nouvelle approche“, Suzanne Lamarre. Montréal : Les Éditions de l’Homme, 2014, 217 p.
    Comment aborder la question du suicide avec un membre de notre famille ou de notre entourage qui semble à risque ? Doit-on lui cacher notre inquiétude ou, au contraire, lui poser des questions précises ? Comment le faire sans aggraver la situation ? Médecin psychiatre de l’Université McGill, Suzanne Lamarre nous livre dans ces pages une nouvelle vision de la problématique du suicide. Elle fait la preuve qu’il ne faut plus se limiter à traiter les comportements suicidaires comme les symptômes d’une maladie mentale mais comme un moment clé pour réorganiser la vie avec les autres. Des histoires de cas, certaines tristes, d’autres touchantes ou qui se terminent bien, illustrent son propos.

    Suggestions de films :

    • Une drôle d’histoire“, Anna Boden et Ryan Fleck. Alliance, 2011, 101 min. Comédie dramatique.
      Craig Gilner est un jeune homme de 16 ans angoissé. Un jour, il se rend à l’hôpital et est examiné par un psychiatre. L’aile psychiatrique pour adolescents étant temporairement fermée, il doit séjourner dans la section des adultes. Un des patients, Bobby, devient vite à la fois le mentor et le protégé de Craig. Durant les cinq jours qui lui sont imposés dans l’aile psychiatrique, Craig fait des découvertes sur la vie, l’amour et les pressions associées au fait de grandir.
    • Cake“, Daniel Barnz. Montréal : Équinoxe Films, 2015, 102 min. Drame.
      Victime d’un terrible accident qui a changé son existence à jamais, Claire a la peau recouverte de cicatrices et elle est plus sensible à la douleur. Dépendante aux médicaments et aigrie dans ses relations avec les autres, elle a des idées suicidaires depuis qu’une femme de son groupe de soutien s’est enlevé la vie. Afin de mieux la connaître, Claire noue une amitié avec son mari et son jeune fils. Ces rencontres agissent comme des baumes sur ses plaies, ce qui ne l’empêche pas de devoir affronter une bonne fois pour toutes, les démons de son passé.
    • Je vais bien, ne t’en fais pas“, Philippe Lioret. Montréal : Équinoxe Films, 2007, 104 min. Drame psychologique.
      À son retour de vacances, Lili apprend que son frère jumeau Loïc a quitté le domicile familial cinq jours plus tôt, sans laisser d’adresse. L’étudiante de 19 ans a du mal à accepter qu’une dispute entre lui et son père ait pu inspirer à son frère un tel comportement. Convaincue qu’il lui est arrivé quelque chose, la jeune fille perd complètement l’appétit et sombre dans une profonde dépression qui contraint ses parents à la faire interner. En isolation complète, forcée de s’alimenter, Lili remonte la pente et, peu avant sa sortie de l’hôpital, retrouve l’espoir à la lecture d’une carte postale de Loïc, la première d’une série dans laquelle celui-ci cherche à la rassurer. Feignant de ne pas voir que le petit ami de sa copine est amoureux d’elle, Lili tente, pendant toute une année, de remonter la trace de son jumeau.

3 Responses

  1. Rosr says:

    Bonjour.
    Mon ex petit copain veut se suicider et je ne sait plus quoi faire pour l’en empecher. J’ai vraiment besoin d’aide !

  2. O. says:

    Bonjour,

    Je recherche une façon d’aider mon frère que je sens très très mal et qui a déjà essayé il y a 9 mois de se suicidé. Habitant loin de chez lui environ 700km je ne sais pas ce que je peux faire afin qu’il ne repasse pas à l’acte. Hier il me reparlé de mort et en même temps a tenue à ce que je sache qu’il m’aimait … C’est très bizarre tout cela. Que puis je faire ? SVP si vous avez un renseignement à me donner n’hésitez pas. Merci

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